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 Sujet du message: Lumières et "racisme"
MessagePosté: 06 Juin 2005, 09:21 
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Bonjour à tous,


Si le XVIIIème siècle est siècle des Lumières, ces Lumières n’étaient pas toujours sans mélange. Si des lecteurs sont intéressés, j’aimerais débattre un peu ici de ce qu’on appelle souvent « l’ombre des Lumières », c’est-à-dire du développement à cette époque, à la suite des premières théories de l’homme, de diverses hiérarchisations sociales ou savantes entre des groupes humain qu’on commençait à nommer « races ».

Le XVIIIème siècle passe pour le siècle de l’ « invention du racisme » et plus spécifiquement du racisme pseudo-scientifique. En réalité les choses ont plus compliquées : il faut, je crois, se méfier des discours faussement vertueux qui se plaisent à voir dans ce siècle l’origine de toutes les tares intellectuelles de l’humanité, et dans les philosophes les fourriers du colonialisme et des crimes de masse des XIXème et XXème siècle. Toutefois il existe un certain nombre d’arguments troublants en faveur de cette sinistre réputation. :(

Plutôt que de donner d’emblée mon propre point de vue sous forme d’un exposé :wink: , je suggère que nous réfléchissions ensemble à la question.
Le siècle des Lumières mérite-t-il sa réputation sulfureuse en matière de « racisme »? Et si oui, cette dimension est-elle une nouveauté, fruit amer de la « crise de la conscience européenne » à côté d’autres plus doux comme l‘émergence de la liberté individuelle, la critique rationnelle de la tradition et le progrès scientifique? Ou bien au contraire s’inscrit-elle dans la continuité d’une ancienne forme de pensée européenne, voire humaine? :?:

J’attends vos avis et arguments avec impatience :D .

Amicalement,
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MessagePosté: 26 Juin 2005, 15:50 
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Bonjour à tous,

Hum, vu le nombre mirobolant d’amateurs pour traiter du « racisme » des Lumières sous forme de discussion, je poste un petit exposé sur la question, assorti de quelques références bibliographiques. J’y joins en conclusion des éléments qui pourront servir à relancer un éventuel débat. :wink:


La notion de « race » appliquée à l’homme est ancienne : l’origine du mot en français est discutée. On le fait dériver soit de l’italien razza, « sorte de gens », soit du provençal rassa, « bande d’individus ». Le terme semble bien être péjoratif dans les deux cas. Deux origines latines lui sont attribuées : il provient soit, avec transformation du -o final en -a, de ratio, « division », « ordre », soit, par apocope des deux premières syllabes, de generatio, « famille, descendance ».
Quoi qu’il en soit, le terme apparaît en langue française au XVème siècle et désigne une subdivision du genre humain fondée sur une origine commune. Il marque ainsi le lignage (le cas le plus connu est celui des « trois races » de rois de France :wink: ), ou la famille au sens large, comprenant ascendants et descendants : selon le Dictionnaire de l‘Académie (1690), la race en matière humaine est une « lignée, lignage, extraction, tous ceux qui viennent d‘une même famille ». Dès le XVIème siècle s’y trouve associée l’idée de traits héréditaires définissant le groupe désigné, mais uniquement pour les animaux.
C’est à la toute fin du XVIIème siècle et à l’orée du XVIIIème siècle que ce dernier concept commence à être transféré au domaine humain et que la « race » se met à désigner un groupe humain caractérisé par une série de caractères héréditaires communs… et c’est là que commence aussi l’histoire de ce qu’on appelle le « racisme » des Lumières. :(

Le premier emploi du terme dans ce sens apparaît en France chez François Bernier en 1684, dans une publication du Journal des Savants. Ce médecin français y propose une typologie nouvelle de l’espèce humaine, divisée en quatre « races » réparties selon des critères géographiques : Européens, Africains, Asiatiques et Lapons. Ces groupes, outre leur répartition, se distinguent par un certain nombre de caractéristiques physiques et culturelles. D’emblée la hiérarchisation est complète et radicale. Les Européens, auxquels sont adjoints les Américains (au sens des Indiens d’Amérique) sont pour Bernier les mieux lotis par la nature, au point qu'eux seuls, au fond, méritent le nom d’hommes. Le reste appartient malgré les apparences à l’animalité. Les Africains sont des « barbets », les Asiatiques des « porcs », et les Lapons des « vilains animaux ». On est encore dans les généralités, mais déjà significatives et appelées à une longue postérité.

La notion se retrouve un peu plus tard dans le domaine non plus géographique mais politique, chez Boulainvilliers, dans ses ouvrages posthumes publiés respectivement publiés en 1727 et 1732 : Histoire de l’ancien gouvernement de France et Essai sur la noblesse. Ces textes divisent la population française en deux « races », la race noble, issue des conquérants francs, et la race populaire, issue des autochtones gaulois. Distinguées par leur sang, « bleu » ou « rouge », ces deux races sont liées par un rapport de domination fondé à la fois sur l’histoire et sur la nature : la première est destinée à régir les destinées de la seconde. Boulainvilliers est un théoricien du féodalisme qu’il s’efforce de défendre contre les attaques de la monarchie absolue, et non un naturaliste, mais il use de concepts en voie de développement dans les « sciences » de son époque pour asseoir sa théorie politique, et à ce titre il constitue un moment très important dans l’histoire du « racisme » occidental.

Le pas suivant nous entraîne hors de France, avec le grand Karl Linné, qui reprend dans son Systema Naturae, un des plus importants livres du XVIIIème siècle, la division de Bernier et l’intègre à sa nomenclature scientifique. L’ordre des Anthropomorphes comprend donc pour lui quatre subdivisions en genres, répartis géographiquement : Européens, Asiatiques, Africains et Américains. La division est légèrement différente de chez Bernier (les Américains constituent un genre à part et les Lapons ne sont plus séparés des Asiatiques) mais la hiérarchisation est la même. Ce qui Linné désignait en latin comme des genres, genera , sera popularisé sous le terme de « races » par tous ses successeurs.

Peu de temps après, les relations entre ces différents « genres » anthropomorphes, ou « races », furent conceptualisées par Pierre-Louis de Maupertuis, sous forme d’une théorie de la "dégénération", qui voulait que les « races » à peau sombre dérivent d’une altération de celles à peu blanche. Dans sa Dissertation physique à l’occasion du nègre blanc (un Africain albinos) Maupertuis écrivait : « Le blanc est la couleur des premiers hommes, et ce n’est que par quelque accident que le noir est devenu la couleur héréditaire des grandes familles qui peuplent la zone toride. » Mais c’est le comte de Buffon, dans son Histoire Naturelle, qui popularisera cette thèse, largement répandue par la suite dans les cercles intellectuels occidentaux du siècle. Il ira très loin dans cette direction, en s’appuyant sur des comparaisons avec le monde animal, et en viendra à s’interroger sur l’humanité des races les plus « dégénérées », écrivant par exemple : « Le Nègre serait à l’homme ce que l’âne est au cheval. Ou plutôt, si le Blanc était homme, le Nègre ne serait plus un homme, ce serait un animal à part entière comme le singe. » Toutefois, la possibilité de fécondation entre les « races », associé à sa peur d’ébranler trop gravement les dogmes de l’Église catholique fondés sur le mythe de la Création, dissuada Buffon de sortir définitivement les Noirs et les Asiatiques « dégénérés » de l’humanité. La tentation en était pourtant grande : « Les changements (entraînés par la « dégénération » sont devenus si grands et si sensibles qu’il y aurait lieu de croire que le Nègre, le Lapon et le Blanc forment des espèces différentes, si, d’un côté, l’on n’était assuré qu’il n’y a eu qu’un seul homme de créé, et de l’autre que ce Blanc, ce Lapon et ce Nègre, si dissemblants entre eux, peuvent cependant s’unir et se propager. » :shock: :x

Mais la « science » de l’époque ne s’en tint pas là, et donna joyeusement dans la comparaison systématique entre « races » situés en bas de l’échelle ainsi constituée et animaux :( . Dès les années 1750, un médecin anglais, John Askins, avait inventé l’idée d’un « polygénisme » à prétention scientifique, qui lui servait à la fois à contester le récit de la Genèse et à affirmer l’infériorité absolue des Noirs. A peu près contemporain de Buffon, un anatomiste hollandais, Pierre Camper, inventa dans les dernières années du siècle le concept d‘« angle » facial, supposé être un critère « scientifique » permettant d’évaluer les rapports d’une « race » avec l’humanité. L’ angle facial le plus bas, celui des Africains, était selon lui plus proche de celui des grands singes que de celui des Européens, indice d’une parenté « naturelle » entre habitants de l’Afrique et simiens… :shock: :x

Tout était désormais en place pour les pires délires pseudo-scientifiques du XIXème siècle et leurs sinistres applications. En attendant, bien des philosophes ne se privèrent pas de reprendre des théories dont, contrairement à ce qu’on prétend parfois, ils ne sont aucunement les inventeurs, mais plutôt les vulgarisateurs. Ils les propagèrent largement dans l’Europe « éclairée » où elles devaient connaître une riche descendance. Les exemples sont multiples, en voici quelques-uns : Voltaire se prononça fortement en faveur du polygénisme, moins par « racisme » pur que par antichristianisme, car il y voyait un commode outil de démolition des dogmes chrétiens. Dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, il n’hésita pas à affirmer que les Noirs étaient des animaux, capables de s’unir aux singes et d’engendre des hybrides. David Hume écrivit dans le même ordre d’idées, et Kant, dans ses cours de l’Université de Könisberg, se fit le propagateur des théories de Linné et de Buffon sur l’échelle des « races » et la dégénération, dont il affirma avec force le caractère « scientifique », frayant la voie et donnant une caution intellectuelle majeure à des pans entiers de l’enseignement « universitaire » du siècle suivant.

Les Lumières, heureusement, ne se résument pas à ce triste épisode de la pensée humaine : elles contiennent l’antidote à côté du poison. :D

En effet, l’échelle des « races » fut contestée aussitôt que créée et l’unité du genre humain fut proclamée par des penseurs comme Rousseau ou Diderot : c’est au nom de cette unité que furent combattus l’esclavage et la traite des Africains, la haine des Juifs et d’autres formes encore de discriminations. Les plus avancés des philosophes, et surtout après eux certains politiques, révolutionnaires français ou parlementaires anglais par exemple, à qui l’obligation où ils se trouvèrent de porter le débat dans le champ de la politique concrète ouvrit les yeux, saisirent ce qui nous paraît aujourd’hui une évidence mais ne l’était guère à leur époque : à savoir que ces théories et discours « racistes » ne relevaient aucunement de la « science » dont ils se paraient, mais constituaient au contraire une idéologie politique au service d’intérêts divers. Bien des hommes des Lumières Raynal, Diderot, Condorcet, Fox, Wilberforce, Clarkson, Forster, Humboldt, Payne, Mirabeau, Grégoire ou Robespierre (on pourrait prolonger la liste) surent identifier derrière le discours rationalisant et faussement universaliste l‘instrument d’une forme particulière de domination économique et politique : ils le dénoncèrent avec force et en démontèrent brillamment le mécanisme. :bravo:

Si le siècle suivant donna plutôt la part belle à leurs adversaires, en attendant les monstruosités du XXème siècle, leurs voix ne doivent pas être oubliées pour autant, ni les résultats qu‘ils obtinrent : l‘abolition de l‘esclavage, et l‘interdiction de la traite sont, au moins autant que le polygénisme, l’ « angle facial », l’échelle des « races » et la théorie de la dégénération, des fruits des Lumières. :D

Enfin, en guise de conclusion et pour compliquer un peu les choses, une question mérite d’être posée, tout en sachant qu’il n’y existe probablement pas de réponse simple et complètement limpide. :oops:

Dans quelle mesure le contenu profond des théories « racistes » du XVIIIème siècle appartient-il réellement aux Lumières? Ne relève-t-il pas plutôt d’un tout autre type de pensée, plus ancien, que certaines formes d’exploitation humaine spécifiques du XVIIIème siècle conduisirent à recycler? Son habillage rationaliste et « scientifique », emprunté aux Lumières ne serait alors que la forme prise par sa nécessaire modernisation… Si l‘on y réfléchit, des indices nombreux vont dans ce sens : l’idée d’une hiérarchisation de divers groupes humains en fonction de leur apparence physique n’est aucunement née au siècle des Lumières, ni en Europe, mais en plein âge classique, au tout début du XVIIème siècle. C’était en Amérique du Sud, en milieu catholique (espagnol et portugais), et il s’agissait d’un pur système idéologique sans prétention rationaliste ni scientifique, destiné à justifier une structure sociale ségrégationniste. Le Code Noir, le plus effrayant monument du racisme « légal » de l’histoire de France avant le XXème siècle, n’appartient pas au règne de Louis XV mais à celui du Roi Soleil. De même, la « bestialisation » des Noirs, qui fait suite à celle des Indiens, est plutôt une création de la Renaissance liée à la conquête de l‘Amérique et aux débuts du système esclavagiste qu‘une véritable « invention » des savants des Lumières. Si l’on creuse plus profond, le thème de l’animalité de l’ « autre », qu‘il s‘agisse d‘une altérité physique, religieuse, culturelle ou géographique, remonte au minimum au Moyen-Age, et plus probablement à l’Antiquité : les figures « animalisées » du juif et du sarrasin, mais aussi celle du fou et de la femme dans l’imaginaire occidental ne le prouvent que trop. L’idée même que des « tares » physiques ou morales pouvaient, par transmission héréditaire, contribuer à la création d’une population spécifique destinée par « nature » à l’oppression ou à la relégation n’est pas une invention du XVIIIème siècle, loin de là. C’est sur cette croyance que reposent bien des peurs et bien des persécutions de l’histoire occidentale : les juifs là encore, les gitans mais aussi les lépreux et leurs descendants supposés les « cagots » (qui furent victimes de discriminations officielles jusqu‘à la fin du XVIIIème siècle en France, et de persécutions plus ou moins voilées jusqu‘à nos jours) en sont les victimes les plus connues, et il existe d’autres exemples.

Alors que penser, le « racisme » est-il un authentique fruit des Lumières, ou une très vieille déviation de la pensée humaine à laquelle celles-ci ne firent que donner des habits neufs, adaptés à l’ordre économique et social des Temps modernes? :?:

Pour approfondir ces questions difficiles, quelques titres.

C. Delacampagne, Une histoire du racisme (2000) : une synthèse claire et commode, mais très courte.
M. Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières (1971) : un grand classique, incontournable mais d’accès assez difficile au profane.
P. Pluchon, Nègres et Juifs au XVIIIème siècle. Le racisme au siècle des Lumières (1984) : très hostile aux Lumières, assez sommaire : à prendre avec précautions mais utile pour sa documentation.
L. Sala-Molins, Le Code Noir ou le calvaire de Canaan (1987) et Les Misères des Lumières : sous la Raison, l’outrage (1992). Encore plus excessif que Pluchon dans la charge « anti-Lumières », à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Il s'agit davantage de pamphlets que de travaux historiques à proprement parler, mais les deux sont riches et faciles à lire. Et l'indignation de Sala-Molins est rafraichissante et dans une large mesure communicative. :D

J'ajoute trois ouvrages excellents, qui dépassent le cadre des Lumières, mais sont indispensables pour mettre la question en perspective : J. Delumeau, La peur en Occident (1978) ; M. Olender (éd.) Le racisme : mythes et sciences (1981) ; L. Poliakov, Le mythe arien (1971)

Voilà, bonnes lectures et bon été à tous! :D


Amicalement,
CC


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MessagePosté: 26 Juin 2005, 23:13 
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Merci Claudine pour ces deux importantes contributions. :P

Voilà une bien difficile question. N'ayant pas d'avis bien formé :oops: , je ne fais que jeter des questions ou réflexions sur les différents thèmes abordés plus haut. :wink:

1. :arrow: Faut-il voir dans les statuts de pureté de sang (Limpieza de sangre) en Espagne - qui, pour protéger la Foi, excluaient les nouveaux convertis de toutes les charges publiques - une législation "raciale", "raciste" :?: avant l'heure ou est-ce anachronique ?

2. :arrow: Le Code Noir n'avait-il pas pour but, du moins en théorie, de limiter l'arbitraire des planteurs en fixant les "droits et devoirs" de chacune des parties ? Ne pouvait-il pas être vu - tout monstrueux soit-il - comme un progrès, du point de vue du Roi, lui permettant de reprendre en main socialement, les colonies ? :?:
Que sait-on de la réelle application, sur le terrain, de ce code ?

3. :arrow: L'Indien comme le Noir est bien reconnu, du point de vue religieux, comme étant un homme puisque l'on prend soin de l'évangéliser. Comment expliquer ce paradoxe : l'esclave est un homme donc évangélisable tout en étant un bien meuble, selon le code noir ? :shock:

4. :arrow: Quant aux Lumières, comment les philosophes pouvaient-ils décemment concilier un refus affiché de l'esclavage et en tirer profit en ayant des parts dans les compagnies négrières (Montesquieu, Voltaire, Diderot) ? :?: :?
De même, Condorcet en tête, la plupart des philosophes ne préconise pas une abolition pure et simple de l'esclavage mais une abolition progressive afin de ménager les intérêts des planteurs coloniaux... :shock: :(
Pour moi cela ternit quelque peu leur image traditionnelle d'hommes "éclairés"... :cry:

Si l'on peut se féliciter de l'abolition de 1794, on peut souligner aussi qu'elle est sans doute, selon Olivier Pétré-Grenouilleau, plus due à la chute des Girondins, à la pression militaire anglaise dans les Caraïbes et au désir de restaurer le calme à Saint-Domingue - secouée par les révoltes depuis 1791 - que l'aboutissement logique de la campagne abolitionniste des philosophes et/ou députés français.

Maintenant, sur la question de savoir si les théories raciales ou "racistes" des Lumières ont engendré ou non le racisme contemporain, j'avoue mon ignorance. :oops: :wink:

_________________
"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 27 Juin 2005, 09:44 
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Bonjour Louis-Auguste,

Que de questions! :lol: J’y réponds rapidement, vu que nous sommes à la veille de la fermeture du forum…

Je les prends dans l’ordre.

:arrow: La « pureté » du sang inventée par le régime espagnol en 1449, en partie sous pression populaire, appartient-elle au domaine du racisme? Les historiens, vous le savez sans doute, ne sont pas d’accord à ce sujet. Plusieurs prétendent que non, en s’appuyant sur la date (très antérieure aux premières théories des « races ») et sur le fait que les statuts discriminatoires visaient quatre groupes, deux religieux, un (supposé) « pathologique », et un que nous dirions « politique » au sens large : respectivement, les descendants des juifs, ceux des musulmans, ceux des lépreux et ceux des condamnés de l’Inquisition. Difficile d’y trouver des « races », évidemment.
Mais il est également difficile de ne pas voir là au moins une des sources majeures du racisme, sinon un des ses premiers avatars : en effet, ce ne sont pas les « irréguliers » qui sont exclus mais leurs descendants, ce qui suppose une transmission héréditaire des « tares » justifiant l’exclusion. Ces tares en elles-mêmes, résumées sous le concept d’ « impureté », relèvent d’un mélange entre religieux, physique et moral qui annonce les plus hideuses dérives du racisme moderne. Enfin, les images des exclus véhiculées par l’ « idéologie » du système appartiennent à des registres qui, là encore, se retrouveront (ou plutôt se retrouvent, hélas :( ) quasiment tels quels dans le racisme : les juifs par exemple sont supposés être d’origine extra-humaine (ils descendent du démon), marqués de traits physiques particuliers (nez crochu, lèvres épaisses, mauvaise odeur), atteints de maladies (pertes de sang), d’une sexualité monstrueuse et surdéveloppée (vieux poncif romain, destiné à resservir par la suite contre à peu près tous les groupes qu’on voudra déprécier dans l’imaginaire occidental). Racisme ou non? :?: A vous de choisir… :wink:

:arrow: Le Code Noir représentait-il un « progrès »? On peut le soutenir (ne lisez pas Sala-Molins si vous nourrissez ce genre d’idée, vous vous sentirez coupable :mrgreen: ) dans une certaine mesure. Il obligeait les propriétaires d’esclaves à entretenir ceux-ci décemment et établissait une très faible limitation des peines applicables (il prévoyait tout de même diverses tortures et mutilations en cas de fuite, la mort dans à peu près tous les cas d’infraction, par exemple pour tout esclave qui frappait un Blanc au visage, etc. Je dis ça pour que d’éventuels lecteurs n’aillent pas croire qu’il s’agit d’une législation « humaniste » :wink: ). Mais il reste le plus célèbre monument législatif d’une institution fondée sur le présupposé de l’infériorité des Noirs et c’est à ce titre que je le citais (il est intéressant de remarquer également que son article premier, ajouté après la mort de Colbert à l’instigation des Jésuites, expulse les Juifs des colonies… mais c’est un autre débat :lol: ) . Notez toutefois un élément qui va dans le sens d’une spécificité du « racisme » des Lumières : le Code permettait les mariages entre maîtres et esclaves affranchies et assurait aux enfants nés de ces mariages la liberté et l‘égalité en droit avec les Blancs. Ces dispositions, qui créaient une classe d’hommes de couleur libres et jouissant d’un statut identique à celui des Blancs, ont été abrogées par Louis XV, qui a interdit les mariages entre personnes de couleurs différentes et forgé une législation excluant soigneusement de toute forme de « citoyenneté » les hommes de couleur en tant que tels. Louis XVI a continué dans le même sens et aggravé cette législation. Influence des théories « scientifiques » qui commençaient se développer sur l‘infériorité des « Nègres » ? Ou pragmatisme cynique visant à satisfaire les colons blancs? Je n’ai pas d’avis sur le sujet mais si vous en avez un je serai ravie de le connaître.

Pour ce qui est de l’application du Code Noir, pour ce qu’on en sait elle a été à peu près nulle dans ses dispositions favorables aux esclaves, et féroce dans les autres. Pas de surprise. :(

:arrow: La compatibilité du baptême avec l’animalisation des Indiens et des Noirs dans le christianisme n’est pas vraiment un problème, dans la mesure où cette animalisation n’a jamais été « complète » (pas plus que celle des femmes) : les groupes touchés étaient supposés proches des animaux, partageant avec eux un certain nombre de traits qui les destinaient à l’état de servitude ou facilitaient leur destruction, mais toujours humains. C’est aussi vrai du reste chez les « savants » racistes, aucun ne prétendra jamais que les Noirs ou les Asiatiques sont des animaux complets, même si certains en auront la tentation.
A ce sujet, est-ce que vous connaissez le très beau (et très drôle - dans le genre grinçant) conte philosophique de Vercors, Les animaux dénaturés? Il se situe au XXème siècle et sort donc du cadre du forum, mais tant pis, si vous ne l’avez jamais lu je vous le conseille vivement. :wink:
Quant au statut de « bien meuble » de l’esclave, il vient du droit romain et n’a jamais posé de problèmes aux jurisconsultes, du moins que je sache. Le christianisme n’ a jamais remis cette catégorie du droit en cause… Pourquoi l’aurait-il fait? Quand il s’est trouvé au pouvoir en occident, il y avait longtemps que le stoïcisme avait affirmé la valeur morale de l’esclave (contre Aristote qui corrélait esclavage et infériorité intellectuelle et morale) : cela lui suffisait largement. Mais on est là un peu en dehors de la question du « racisme ».

:arrow: Les philosophes et l’esclavage : attention peut-être aux simplifications. Voltaire et Montesquieu n’ont jamais condamné l’esclavage en tant que tel, seulement la dureté du sort réservé aux esclaves et l’usage fait de leur couleur pour justifier la cruauté à leur égard. Donc pas de contradiction chez eux. Diderot, lui, a condamné l’institution elle-même en terme virulents, mais je ne suis pas aussi certaine que vous qu’il ait spéculé dans le commerce négrier. Pouvez-vous me donner votre source à ce sujet? Merci d’avance : quoi qu’il en soit, cela peut diminuer leur prestige en tant qu’hommes à vos yeux, mais cela ne diminue pas la validité de leur engagement, enfin… j’espère! :lol:

Par ailleurs, il est exact qu’aucun philosophe ni aucun révolutionnaire (sauf des extrémistes comme Chaumette et encore brièvement) n’a préconisé l’abolition immédiate de l’esclavage. Tous voulaient l’interdiction de la traite et une abolition à moyen terme. Cela nous paraît aujourd’hui choquant, j’en suis bien d’accord, mais il ne faut pas exagérer le cynisme de ces abolitionnistes « prudents» : ils ne regardaient pas uniquement l’intérêt des planteurs mais aussi celui (supposé) des esclaves, dont ils estimaient qu’il ne passait pas par une abolition brutale. C’est pourquoi ils préconisaient une abolition progressive, assortie d’un ensemble de mesures destinées à permettre l’intégration des esclaves libérés dans la société. Peu convaincant, bien sûr… :(
Je n’ai pas d’autre réponse qu’un avis personnel, à prendre comme tel :wink: . Il est certain qu’il est tentant, aujourd’hui, de jeter la pierre aux hommes du XVIIIème siècle et à leur prudence du haut de nos « principes » rigoureux et intransigeants (principes dont ils sont les pères, soit dit en passant ) : c’est ce que fait, là encore, un historien comme Sala-Molins. Peut-être néanmoins, avant de nous abandonner sans frein aux joies pures de la réprobation moralisante et de jouer les petits Robespierre :wink: , faut-il nous rappeler que nous-mêmes, beaux esprits éclairés du XXIème siècle, nous accommodons de bien des horreurs à nos portes, au nom d’une prudence assez peu différente de celle des philosophes et des révolutionnaires… A se demander si notre sainte indignation envers nos ancêtres ne dissimule pas un malaise envers nous-mêmes et notre propre lâcheté, plus qu’une authentique générosité. :?:

:arrow: Quant à l’abolition de l’an II… Qu’en dire? Il est certain qu’elle est indissociable de circonstances exceptionnelles (souvent caricaturées du reste, y compris par Petré-Grenouilleau dans son livre par ailleurs magnifique :wink: ) : elle ne leur est pas, pour autant, entièrement dûe car elle aurait été tout simplement inimaginable sans tout le travail préalable des philosophes et des politiques : faute d’en avoir créé la cause immédiate, ceux-ci en ont créé la possibilité mentale et c’est énorme. Il est dommage de l’oublier, tout comme il l’est aussi de rabaisser ce qui reste, malgré ses limites, une première dans l’histoire humaine.

Je laisse de côté pour le moment votre dernière question, pour ne pas trop prolonger ce message et pour permettre à vous de répondre... et à moi de réfléchir :lol: C’est un sujet difficile…

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 29 Juin 2005, 20:35 
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Merci pour vos réponses, Claudine. :P :wink:

Claudine Cavalier a écrit:
Diderot, lui, a condamné l’institution elle-même en terme virulents, mais je ne suis pas aussi certaine que vous qu’il ait spéculé dans le commerce négrier. Pouvez-vous me donner votre source à ce sujet? Merci d’avance.


Mes sources ? Louis Sala-Molins dans un article trouvé sur le net. :mrgreen:
Il incrimine même l'abbé Raynal :roll: :shock: mais ça, je n'ai pas osé le mettre, n'en étant pas sûr alors que dans le cas de Diderot, il me semble bien l'avoir lu ailleurs déjà. :roll:

[...]
Question :Vous parlez de l'obscénité du silence des philosophes des Lumières sur la question de l'esclavage. Pourquoi ce mutisme ?

L. S.-M. - Les Lumières se moquent du catéchisme qui pose le principe de « tout homme image de Dieu » induisant une égalité fondamentale. Net et clair en langage d'aujourd'hui : les Noirs portent le péché de Canaan, et sont donc légitimement esclaves ; mais, « images de Dieu », ils sont anthropologiquement aussi parfaits que les Blancs et parfaitement évangélisables.

Ce schéma est en radicale contradiction avec le soubassement épistémologique des philosophes des Lumières. En leur temps, la science anthropologique, c'est Buffon. Avec Buffon apparaît une rude hiérarchisation des races. Les Noirs jouent des coudes avec les orangs-outans pour occuper le palier le plus bas de la pyramide des races. Buffon voit dans le Blanc une perfection éthique, esthétique, physique. Quand les philosophes évoquent la perfectibilité et la dégénérescence, ils parlent pour le Blanc de perfectibilité morale. Pour les Noirs, anthropologiquement dégénérés, il s'agit d'une perfectibilité qui leur permette de se « blanchir ». Ce qui pour les Blancs est d'ordre purement moral est pour les Noirs d'ordre anthropologique. Les Lumières critiquent ici et là les excès des violences inutiles perpétrées par les négriers, mais à aucun moment elles ne remettent clairement en question et jusqu'au bout le principe de l'esclavage des Noirs. Il y a comme une incapacité, pour ces gens de lettres cimentés dans les schémas de Buffon, de voir les Noirs autrement qu'en dégénérescence et en attente d'un improbable mouvement vers l'accomplissement parfait du Blanc.

Prenez le cas de Diderot et de Raynal. Malgré leurs belles paroles, ils ne sont pas les derniers à toucher des dividendes sur l'esclavage. Ils montrent par leur pratique qu'on peut pleurer sur le triste sort fait aux esclaves noirs tout en engageant de l'argent dans les compagnies négrières et en touchant des bénéfices.[...]

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"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 29 Juin 2005, 21:22 
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Régicide
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Inscription: 20 Fév 2005, 18:49
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Bonsoir Louis-Auguste,

ah ah, pas de surprise! Sacré Sala-Molins! :lol: Le problème est que, malgré ses indéniables qualités, il n' est pas une référence complètement fiable, vu sa haine un peu délirante envers les Lumières et leurs représentants. Cette haine le pousse parfois à des pratiques à la limite de l'honnêteté intellectuelle et il faut toujours vérifier un renseignement donné par lui... Du reste, son propos dans votre citation est globalement assez faux. Tous les philosophes des Lumières sont loin d'avoir été des adeptes de l'anthropologie de Buffon, sans compter que celle-ci n'entrainait pas forcément le type de raisonnement qu'il décrit...


Enfin bon, pour Raynal, pas de problème : il a effectivement spéculé sur la traite. Mais pour Diderot... :? je vais essayer de regarder ça de plus près dans une bonne biographie. Je remettrai un message sur le sujet, à la rentrée probablement car je ne pense pas avoir le temps de faire la recherche d'ici demain soir... :wink:

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 09 Juin 2006, 14:38 
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Inscription: 08 Mar 2006, 09:11
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Il s’agirait de savoir si des exemples de comportement raciste ou d’actes volontairement discriminatoires ont existé sous le siècle des lumières

Certains forumeurs évoqueront à juste titre l’effroyable existence du commerce triangulaire qui déjà en lui-même nous donne une « vision » de la considération pour le peuple noir à cette époque. Mais d’autres rétorqueront que cette pratique esclavagiste n’avait pas de raison raciale à priori et qu’un hasard de l’histoire a fait d’une partie de la population africaine soit soumise à cet odieux trafic.

Rien n’est plus faux.

Après de nombreux recoupements et vérifications, le racisme existait bel et bien sous Louis XV, Louis XVI et même après la révolution Française.

L’histoire du Chevalier de Saint-George est, à cet effet, assez révélatrice.

Joseph De Bologne de Saint -Georges petit génie de la musique mais aussi des armes dont l’escrime, fut un artiste puis un militaire métis originaire de la Guadeloupe qui devint très célèbre durant la période qui précéda la révolution. Il fut pressenti pour devenir directeur de l’Opéra de Paris - voyons ce que nous apprend sa biographie à ce sujet ( Emil F. Smidak ) :

Citation:
« La Correspondance littéraire, philosophique et critique » du baron Von Grimm, revue destinée à renseigner plusieurs princes étrangers sur la vie parisienne, nous apprend que la nomination de Saint-George échoua [ pour la direction de l’Opéra de Paris ] en raison de la vive opposition de certaines demoiselles de l'Opéra, dont les célèbres chanteuses Sophie Arnould, Rosalie Levasseur et la danseuse Marie-Madeleine Guimard.


Mais c’est en lisant la suite de cette biographie de cet illustre chevalier qu’on apprend :

Citation:
Les autorités religieuses font pression sur Louis XVI pour abolir l'esclavage. Vers 1776, le Roi fustige cette détestable institution. Cependant, les réactions des propriétaires d'esclaves et des négriers sont si fortes que de nouvelles mesures raciales sont adoptées en 1778.
Le Roi ordonne aux nègres, mulâtres et gens de couleur vivant à Paris de se faire délivrer des papiers d'identité. On exige des capitaines de navires qu'ils se mettent en relation avec l'Amirauté avant d'autoriser de tels passagers à débarquer. Les unions interraciales sont interdites pour les Africains ou des personnes d'origine africaine arrivées sur le sol français avant le 9 août 1777. Saint-George n'ayant pas toujours vécu à Paris est dépourvu de papiers d'identité et doit donc se faire recenser. Le maître La Boëssière se charge de représenter son protégé afin de lui éviter le désagrément de ce recensement discriminatoire.


Le Chevalier de Saint-George qui avait ses entrées à Versailles ne fut jamais très « bien vu » et il semble qu’il eut à subir plusieurs agressions physiques, sorte de « ratonnades » avant l’époque…

Après s’être battu pour la France ( Officier du 13e régiment de chasseurs à cheval dit Légion des américains qui, en avril 1793, a arrêta à Lille le Général Miaczinski et ainsi provoqua l'échec de la trahison de Dumouriez. ), l’homme fut bien vite oublié et à part les habitants d’une petite rue du 1er arrondissement de Paris qui se souvient du « Mozart noir » ?

Il existe deux livres assez différents dans leur évocation sur le chevalier de Saint George ; le premier est de Alain Guédé, journaliste au Canard enchaîné, le second est de Claude Ribbe, historien déjà auteur d’un livre sur un ami de Saint George, le général Dumas…

James Saint-Angel


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MessagePosté: 24 Oct 2006, 19:29 
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Inscription: 24 Avr 2005, 20:54
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Localisation: Bavière
Peut-on véritablement plaquer ce concept et cette notion au XVIIIème siècle, alors qu'ils n'apparaissent qu'au XIXème siècle et prend tout son sens au XXème siècle ?
Pouvons-nous juger, objectivement, les contemporains de l'Europe moderne à ce sujet ?
Je ne le pense pas... :?

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MessagePosté: 26 Oct 2006, 10:24 
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Inscription: 10 Mai 2006, 12:32
Messages: 777
Localisation: Paris
duc de Raguse a écrit:
Peut-on véritablement plaquer ce concept et cette notion au XVIIIème siècle, alors qu'ils n'apparaissent qu'au XIXème siècle et prend tout son sens au XXème siècle ?
Pouvons-nous juger, objectivement, les contemporains de l'Europe moderne à ce sujet ?
Je ne le pense pas... :?

Je ne parviens pas vraiment à comprendre ce raisonnement que l'on retrouve souvent quand on aborde certains thèmes sensibles, comme celui du racisme.
Je perçois ce que vous voulez dire sur la nécessité d'une sorte de mise en perspective culturelle, sociale et historique.
Néanmoins, cela me gêne, ça bloque quelque part. :shock: :lol:
Sans doute que je pense trop simplement.
Que dire alors de ces concepts et notions, même à la sauce XVIIIème ? Pourquoi ne pas reconnaître clairement les choses, même après tous ces filtres que j'évalue plus ou moins ? :roll:

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MessagePosté: 26 Oct 2006, 12:06 
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Inscription: 24 Avr 2005, 20:54
Messages: 48
Localisation: Bavière
Mon cher,

Le racisme, à en croire sa définition stricte, est le fait de croire en l'inégalité des races humaines et d'en établir une idéologie.
Je ne pense pas que les modernistes aient été dans ce cas, même si l'on ne peut nier le sentiment de supériorité que certains affichaient dans les colonies et lors de la traite des noirs.
Mais asservir certaines civilisations ou peuples ne fut pas chose nouvelle dans l'histoire humaine au XVIIIème siècle. Lorsqu'une cité grecque était vaincue par sa voisine, dans certains cas elle était rasée et sa population réduite en esclavage. Dans les civilisations amérindiennes, asiatiques et africaines cela se pratiquait aussi. Peut-on parler de racisme pour autant ?
De xénophobie certainement, mais de racisme, je ne sais trop... :?

Bien à vous, :wink:

duc de Raguse.

P.S. : ne voyez nullement en moi un défenseur du commerce triangulaire !

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