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 Sujet du message: Claude-Edme Labille, par Pajou
MessagePosté: 14 Mar 2010, 20:54 
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:arrow: texte extrait du catalogue Pajou, Sculpteur du Roi (1730-1809) (RMN, 1997)

Image

(C) RMN - droits réservés
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:arrow: Claude-Edme Labille (1705-1788)
:arrow: par Augustin Pajou (1730-1809)
:arrow: buste en marbre
:arrow: H. : 0,455 m (avec le piédouche en marbre blanc : 0,625 m)
:arrow: L. : 0,310 m
:arrow: pr. : 0,275 m
:arrow: incisé au revers : Pajou. Regis Sculptor. 1784.
:arrow: Paris, Musée du Louvre, Département des Sculptures (inv. N. 15487).

:arrow: Historique : Adélaïde Labille-Guiard, inventaire après décès de son atelier dans le pavillon du Collège des Quatre-Nations, Paris, 13 floréal an XI (29 avril 1803); Jacques-Augustin-Catherine Pajou, Paris, son inventaire après décès, 11 décembre 1828; Augustin-Désiré Pajou, Paris, donné par lui au Louvre en 1852.



"Claude-Edme Labille (1705-1788) tenait une riche boutique de toilettes féminines à l'enseigne A la toilette, rue Neuve-des-Petits-Champs. L'élégance de cet établissement est suggérée par le fait que Jeanne Bécu, la future M me du Barry, alors âgée de dix-huit ans, y fut employée en 1761-1762. Il n'est pas étonnant que la fille de Labille, la célèbre portraitiste Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803), ait traduit avec tant de verve et d'exactitude bien informée, et de panache, les délicates étoffes et fourrures de ses modèles.

L'indéniable qualité de ce buste a été aussitôt reconnue ("tête d'étude sublime", Réflexions impartiales sur les progrès de l'art en France : cf. Deloynes, t. XIV, n° 331, p. 32), de même que son caractère profondément classique ("le buste du père de M me Guiard rappelle une tête antique de vieillard", Mercure de France, octobre 1785, p. 39).

Guilhem Scherf a souligné que Pajou avait suivi l'exemple de Houdon dans son approche de l'art antique afin d'arriver à cette composition si harmonieusement simple en apparence. Le visage, d'une intense intériorité méditative, est placé au-dessus d'une poitrine nue tronquée par une courbe élégante, tout comme dans le Diderot de Houdon, dont une terre cuite fut montrée pour la première fois en 1771 (Scherf dans cat. exp. Duisburg-Karlsruhe-Gotha-Paris, 1989-1990, n° 47; cf. aussi Hecht, 1994).
En fait, le Labille est très proche d'un buste de Cicéron autrefois célèbre et souvent reproduit, alors dans la collection Mattei à Rome et aujourd'hui à Aspley House à Londres (acheté par le duc de Wellington à la vente du cardinal Fesch en 1816; Goette, 1985, p. 295-300).

Pajou a été particulièrement attentif à la nature complexe et introspective du Cicéron et aux cheveux doucement modelés. Nous ignorons ce que cette référence pouvait signifier pour Pajou ou son modèle. Le mercier, représenté à l'âge de soixante-dix-neuf ans, s'était alors retiré depuis plusieurs années à Etampes (Passez, 1973, p. 31). Etait-il apprécié pour sa sagesse - que l'on peut raisonnablement induire de ses traits de hibou - ou bien le compliment cicéronien était-il avant tout destiné à sa fille ? Pajou remerciait peut-être ainsi M me Labille-Guiard pour son propre portrait au pastel exécuté quelque temps auparavant.

Image

(C) RMN / Michèle Bellot

Augustin Pajou (1730-1809)
par Mme Labille-Guiard (1749-1803)
pastel (1782)
0,710 x 0,580 m
Paris, musée du Louvre



Il est certain que le buste était fort important pour elle, puisqu'il fut exposé au même Salon que son superbe autoportrait avec ses élèves (Passez, 1973, n° 62). De plus elle cita le buste dans son tableau, juste à droite de son chevalet, à côté d'une statuette de vierge vestale (qui semble être une terre cuite du modèle connu de Houdon : Arnason, 1975, p. 11-12, fig. 52).

Image

© The Metropolitan Museum of Art

Autoportrait avec deux pupilles
par Mme Labille-Guiard (1749-1803)
huile sur toile (1785)
2,110 x 1,510 m



Autoportrait et buste restèrent ensemble dans l'atelier du peintre jusqu'à sa mort en 1803. Nous ne savons pas exactement comment le portrait sculpté entra en possession de la famille Pajou : était-ce un cadeau du second époux de M me Labille-Guiard, le peintre François-André Vincent (1746-1816), au sculpteur âgé ou à son fils ? Ou fut-il acheté par le père ou le fils ? A la mort de ce dernier, il fut inventorié comme portrait du père de Monsieur Vincent - l'indication "père" étant une confusion manifeste pour beau-père.


James David Draper."

_________________
"Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."

Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)

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Regi et regno fidelissima


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