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MessagePosté: 27 Mai 2016, 12:52 
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Un article intéressant de Maxime Triquenaux :

:arrow: Laclos, Casanova et la culture du viol, ou du danger de fétichiser le XVIII e siècle

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Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 03 Jan 2017, 17:32 
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LE XVIIIè SIÈCLE ENTRE FETICHE ET TABOU
CRITIQUE DU BILLET
«LACLOS, CASANOVA ET LA CULTURE DU VIOL,
OU DU DANGER DE FÉTICHISER LE XVIIIè SIÈCLE»


Le XVIIIè; "un siècle élégant et frivole, libre de mœurs, vif d'esprit, voué coupablement et délicieusement à une fête insouciante."(1) Dénonçant cette"vision tronquée et partielle de la littérature et de la culture du XVIIIè siècle,au service d'une thèse idéologique de type réactionnaire", le billet signé M.T. oppose, à la légende d'un "âge d'or de l'Ancien Régime", la réalité sans âge de "la violence des hommes sur les femmes."
Trois œuvres emblématiques de ce siècle sont mises sur la sellette pour témoigner de cette "vérité": "Les Liaisons Dangereuses","Le verrou" de Fragonard,"Histoire de ma vie " de Casanova.
Loin d'éclairer ce que l'auteur nomme " la réalité des textes", ce billet ajoute un nouveau chapitre à la légende de l'âge d'airain du XVIIIè au service d'enjeux idéologiques du XXIè siècle. . Il est assez surprenant que le XVIIIè siècle français habituellement considéré comme féministe, féminin même,(2) soit ainsi dans la ligne de mire des héritières de ces égéries des Lumières qui leur ont donné naissance.(3) Dans ce maquis des tendances du féminisme, on peut certainement reconnaitre la signature de celles auxquelles nous devons le bannissement du mot «mademoiselle» et qui vous feront un procès pour leur avoir ouvert la porte.

LES LIAISONS DANGEREUSES

1/ La lettre-clef

Qu'un court extrait d'une lettre des" Liaisons dangereuses" puisse à lui seul révéler les enjeux d'une œuvre aussi "irréductible à l'univoque" que ne l'est "le roman le plus intelligent"(4) a de quoi étonner. En quoi donc ce passage peut-il bien être, comme l'affirme l'auteur,"essentiel pour comprendre le projet d'ensemble de Laclos"?
La relation d'un viol pouvant difficilement passer pour anodine, la Lettre XCVI est certes assez marquante, néanmoins, il serait bien difficile de lui attribuer une fonction particulière, un rôle charnière. L'auteur du billet explique que c'est la brutalité même de la description»,«La violence brute qui en émane» qui, contrastant en cela avec les canons de l'évocation toujours très "gazée" de la sexualité, nous donne les clefs de lecture de l’œuvre.
Dans cette Lettre XCVI, Valmont relate le viol de Cécile à Mme de Merteuil en usant de métaphores guerrières qui, en 1782, ont perdu le panache qu'elles pouvaient avoir en 1664 dans la bouche de Dom Juan (Acte I,scène 2). L'emploi du lexique militaire, loin de renforcer la violence de la scène, de plonger le lecteur dans le réalisme cru de l'action, la dénature en la reléguant au registre conventionnellement«libertin»des garnisons.
Même si cet extrait exprime une certaine violence, c'est plus le résultat du cynisme de sa relation que de la brutalité de l'action. En ce sens le ton n'est pas différent de celui de l'ensemble de l’œuvre: il n'est donc pas justifié d'attribuer à ce passage une valeur particulière. Il ne s'y cache ni confession ni profession de foi, contrairement à la fameuse Lettre LXXXI de la Marquise de Merteuil, qui permettrait de "mieux saisir les enjeux du roman".

2/ La violence de la domination masculine :

L'auteur définit ainsi les enjeux du roman :
"Les Liaisons dangereuses sont, selon moi, pour qui sait lire, une mise en lumière aussi brillante et lumineuse que violente et crue de la violence du viol, et plus généralement de la violence de la domination des hommes sur les femmes dans les sociétés occidentales "
De quoi l'auteur parle-t-il ? De la violence de la domination masculine dans la société française au XVIIIème siècle ? Pour cela, il conviendrait de se référer à des ouvrages d'histoire, de sociologie plutôt qu'à un roman. Qui plus est, pouvait-on trouver plus mauvais exemple que"Les liaisons dangereuses" ? Ce roman de femmes, d'un auteur féministe, où l'héroïne commandite un viol, où la plupart des figures féminines "vivent en femmes qui s'appartiennent", ce roman, éclairerait la "domination des hommes" ! Certes Laclos, écrivain des Lumières, ne se démarque pas de l'opinion publique de son temps en dénonçant les formes sociales de domination masculine que sont le mariage et l'éducation des filles mais «on ne peut pas(...)perdre le roman dans une intemporelle guerre des sexes»(5) ni le réduire au schéma manichéen dominant(s)-dominée(s). S'il est une "réalité des textes" incontestable, c'est le romancier lui-même qui nous la révèle en distribuant les rôles de dominant(e)s et dominé(e)s selon des critères où le genre est exclu. Oui, il y a guerre; pas des sexes mais par le sexe. Le viol de Cécile en est la meilleure démonstration, Valmont (sous la domination de la Marquise), après avoir beaucoup rechigné à la tâche, ne s'y résout que parce que l'enjeu n'est pas sa domination sur Cécile mais celle de Mme de Merteuil sur le Comte de Gercourt.
En conclusion de cette réflexion sur la domination masculine dans le roman citons Michel Delon "qui sait lire"Les liaisons dangereuses":"le roman fait voler en éclats deux principes, celui d'une essence féminine et celui d'une prééminence masculine dans l'initiative amoureuse et sociale"(6)
Quant à la "domination des hommes sur les femmes dans les sociétés occidentales" au XVIIIè siècle et particulièrement en France, posons-nous la question:"la réalité des textes" dans "Les liaisons dangereuses" se conformerait-elle à la réalité sociale ? Celle-ci se révèle, pour qui sait fuir les conditionnements idéologiques, bien plus complexe et dynamique que les affirmations pour le moins réductrices de l'auteur du billet.



3/ Le libertinage :

Dire, comme l'auteur, que Laclos, dans cette scène du viol, montre la sexualité sans gaze, relève, selon nous, d'une conception fort contestable de la sexualité et induit de graves contresens sur la nature du libertinage dans le roman: La sexualité dans cette scène est totalement absente: aucune expression du désir, du trouble, de l'émoi, du plaisir, ni sensualité, ni sentiment. Valmont, tout à sa stratégie d'officier d'alcôve, opère un viol à froid; il analyse; observe; évalue; avance; change ses positions; prend poste… La sexualité est étrangère et hors sujet. Cécile ne l'intéresse pas, pas encore.
Prétendre extraire du roman de Laclos la définition suivante du libertinage ne reviendrait pas à le réduire mais à le dévitaliser:
"un monde où la gloire des hommes s'acquiert par la conquête des femmes et où les femmes ne sont jamais que des proies au service de ce jeu faussé de la séduction ."
D'abord il faudrait dire que cette définition s'applique dans le roman tout autant aux femmes et que dans cette société "occidentale"(7) elles ont été et sont encore libres d'être ou ne de pas être libertines .
Le libertinage dans "Les liaisons dangereuses" est plus féminin que masculin. La marquise de Merteuil en porte bien plus haut que Valmont les valeurs: la lucidité, la volonté de domination, le défi, l'insoumission, la transgression, l'orgueil, la liberté, autant de "principes" qui sont, bien au delà de la gloriole de la conquête sexuelle, les composantes essentielles du libertinage des héros du roman.
Quant à la réalité historique de ce "monde des libertins", nous nous contenterons de citer encore Michel Delon :« La littérature a eu une fonction essentielle dans la construction du mythe libertin.»(8)


CASANOVA

Casanova "vendeur" ! ça lui va bien! Ce vénitien, fils de comédienne, n'a de cesse de se vendre à l'étalage; quelle mascarade et que la vie fut belle!
Tour à tour agent secret, escroc, entremetteur, grand seigneur, mage, philosophe…le voici violeur! On en tient un, "de chair et d'os" avec des aveux écrits! Quelle aubaine; le crime est réel et les personnages deviennent des personnes ! La réalité autobiographique qui, chez Casanova, joue si souvent au poker menteur avec la fiction romanesque, aura ainsi bien joué sa partie: attester de la banalité du viol au XVIIIè, dénoncer les idéologues réactionnaires qui cherchent à vous le vendre pour "un doux parfum de féminisme" et instiller l'amalgame entre les trois œuvres incriminées. Après quoi on pourra se débarrasser, au nom de la culture du viol, de Casanova, personnage trop emblématique qui, à l'évidence, n'aura su déceler ce qui aurait pu le sauver : "la puissance critique et libératoire" à la différence du grand absent de ce billet; le marquis de Sade. Ce serait en effet faire bien honneur à ce «second couteau» que de lui prêter l'intention de problématiser, il n'en a cure ! S'il a aimé se donner des grands airs c'est comme un comédien, pas un moraliste.


«LE VERROU» DE FRAGONARD

1/ Une «telle scène»

C'est bien une première, qu' une exposition soit accusée d' "encourager une relation de proximité voire de connivence" entre l’œuvre et son public. (voir note 18) Outre le sous-entendu qu'il conviendrait de prendre ses distances avec une "telle scène" ("Le Verrou"), il y a là un aveu d'ignorance de la mécanique de l'image érotique.
L'auteur qui a vu l'exposition Fragonard amoureux, ne peut ignorer l'historique du tableau, il écrit néanmoins:
"…l'associer à l'amour, à la galanterie et au libertinage(…)me parait franchement à côté des enjeux de l’œuvre."
Dans le catalogue de l'exposition, nous trouvons un démenti sans appel à cette affirmation paradoxale: Guillaume Faroult, éminent connaisseur de la peinture du XVIIIè, nous apprend que "Le Verrou" a un pendant; "L'Adoration des bergers", tableau religieux, que cette paire délibérément choquante et irréligieuse est une commande d'un mécène et grand amateur dont la collection " fait la part belle aux petits tableaux érotiques"(9). Cette note a non seulement l'intérêt de définir le cadre des enjeux de l’œuvre, elle permet aussi de donner un peu de hauteur à la définition du libertinage, d'échapper au sens restreint et dégradé que lui donne l'auteur du billet. G. Faroult poursuit: "Le«Dictionnaire de l'Académie" dans son édition de 1740 entérine la corrélation entre sensualité et irréligion dans sa définition du "Libertin":"Personne qui a une conduite déréglée(…)qui fait(…) profession de ne point s'assujettir aux lois de la religion(…) "

2/ L'ambiguïté, paravent de l'ignorance:

"L'ambiguïté d'une telle scène (je souligne l'adjectif) permet in fine de montrer la face cachée de la séduction en régime patriarcal: le viol. "
Il n'aurait pas été inutile que l'auteur explicitât cette rhétorique paradoxale qui veut que le caractère ambigu de la scène serve à mieux nous révéler son sens, pas inutile non plus que le "in fine" ait procédé d'une argumentation . Mais argumenter, pourquoi faire? Puisque,
"ce n'est pas un secret", tout le monde le sait: "Le verrou= viol ". Merci Google !
(voir note 19)
Guillaume Faroult en redonnant au tableau son ancrage historique, lève toute ambiguïté sur l'interprétation de la scène: Sa corrélation avec principalement les romans de Crébillon et Duclos permet de comprendre "Le Verrou" comme étant la représentation d'un poncif de l'érotisme de cette époque où le consentement de la femme est "gazé" par les faux-semblants d'une résistance de convention(10). (Poncif repris dans "Les liaisons dangereuses")
L'ambiguïté, ainsi définie, retrouve donc logiquement sa place essentielle, comme l'un des principaux rouages de la mécanique érotique du tableau (avec la "connivence")
C'est peut-être dans le tableau ("qu'on oublie de regarder" avoue l'auteur) que l'on trouvera un dernier démenti à ses affirmations. En feuilletant le catalogue de l'exposition on ne peut pas ne pas remarquer les fréquentes similitudes entre le décor de "Le Verrou" et celui des nombreux dessins incontestablement érotiques, libertins, licencieux, sans ambiguïté possible puisqu'ils sont, pour la plupart, des illustrations, notamment, des Contes de La Fontaine. On a même parfois l'impression que seules la place des personnages et du peintre ont changé dans un décor très codifié, de convention pour l' évocation de l'attirance sexuelle. Est-il envisageable que le peintre ait voulu réutiliser ces mêmes codes pour exprimer, dans un registre opposé, la violence (même cachée) du viol?
Il est malhonnête de promouvoir l'idée que l'on puisse accéder à la connaissance d'une œuvre d'art par une lecture spontanée, décontextualisée, dans l'air du temps ou en se faisant le propagandiste d'une opinion prétendument publique. Il est bien inquiétant que l'auteur du billet ait pu préférer les occurrences de Google à ces analyses ! Aurait-il eu quelques réticences à les prendre en compte et pourquoi ?
La raison en est, pour nous, que cette ambiguïté,"figure"de l'érotisme au XVIIIè siècle tient son succès à la relation spécifique entre un public et certains codes de ce que l'auteur nomme "les subtilités de l'art de vivre français", cet art de vivre, cette sociabilité, qui ont leur racine dans les règles de la cour et dans la tradition française du roman d'analyse. (Mme de Lafayette, Crébillon, Marivaux , Laclos etc…) On comprend mieux, la gène de l'auteur du billet...
Si "Le Verrou" n'exprime pas, pour tous les publics, "la chorégraphie des ambiguïtés de l'attirance"(11), ne serait-ce pas le rôle du signataire du billet de leur en donner les clefs plutôt que de les verrouiller dans l'ignorance ?


CONCLUSION

Quels sont les vrais enjeux de ce billet ?


Tout d'abord, l'absence d'approche analytique des trois œuvres nous a interpellés, jusqu'à la lecture édifiante de la note 11 dans laquelle l'auteur appelle de ses vœux la dé-spécialisation et la dé-autonomie des études littéraires dont les effets sont assez bien décrits dans ce billet : études tamisées puis formatées selon l'orthodoxie idéologique de la dernière "bien-pensance": il ne reste plus grand chose de "la réalité des textes" . Peu importe puisque les enjeux de ce billet ont peu à voir avec les textes mais beaucoup avec le positionnement de l'auteur autour des débats entre les différents courants du féminisme actuel. "La séduction à la française", débat très médiatisé, se devait donc d'avoir sa place dans ce billet et dans notre réponse :
Femme, co-auteure de cette réponse, je revendique le jeu de la séduction de mon choix. Qu'un homme ait la galanterie de m'ouvrir la porte, ne fait de moi ni une femme soumise ni une future victime. J'aime le badinage, les compliments et parfois même "la surprise des baisers volés". Cet échange très codifié n'a jamais admis les gestes déplacés, les abus de pouvoir et surtout pas le viol. Hommes et femmes connaissent parfaitement les limites qui sont là où le respect s'efface. La séduction à la française est ce quelque chose de léger, d'implicite qui se transmet par la mère comme tout ce que nous appelons «la culture». Sous prétexte de lutter contre les violences faites aux femmes, ce qui est tout à fait bien fondé, il faudrait se vêtir d'une cotte mal taillée ! Je n'aime pas, la normalisation, l'autorité, ce ton de donneuses de leçon de certaines féministes américaines. Ma liberté de femme est "à la française". Faites un tour dans le monde et vous verrez que la séduction, l'érotisme, le féminisme s'y vivent de mille façons différentes selon des modes d'expression culturels qui façonnent chacun(e) d'entre nous (et quelle chance que cette diversité ! ) et vous comprendrez alors pourquoi l'érotisme des romans du XVIIIè siècle français peut laisser indifférent un fermier du Minnesota.
Dans ce billet et ses nombreuses notes, l'auteur exprime sans réserve son adhésion à un courant idéologique dont la rhétorique est particulièrement perverse : c'est au nom même des grands principes fondateurs de la culture occidentale ( dont un grand nombre furent établis au XVIIIè siècle) qu'est instillé le poison qui les tuera(12). Le concept de culture du viol tel qu'il est appliqué ici à la littérature, à la peinture, loin d'avoir ce «doux parfum de féminisme» et d'ouvrir des perspectives, enferme, appauvrit, étouffe, avec un arrière-goût de censure.
Qui, après la lecture du billet signé M.T., aurait envie de connaître ces chefs d’œuvre que sont "Les liaisons dangereuses", "Le Verrou", "Histoire de ma vie"? Tout au contraire, tout est dit et sous entendu pour que le public s'en écarte. La culture du viol est une contre-culture.
Dans le domaine qui semble être le sien: la littérature du XVIIIè et à son échelle, l'auteur du billet a-t-il sans doute l'intention de contribuer au profond travail de sape des fondements culturels de notre société auquel s'est voué une grande partie des médias, ce qui rend encore plus courageux et salutaire le combat des intellectuels conscients et libres comme A. Finkelkraut que l'auteur du billet, bien évidemment, condamne. (voir note 17)
Même si le temps n'est pas encore venu de s'attaquer de front à ces "objets culturels" (dénomination intentionnellement dépréciative pour «œuvre d'art») emblématiques de notre patrimoine national que sont "Les Liaisons dangereuses" et "Le Verrou", l'emploi de la prétérition le laisse seul dupe de sa tartufferie(13). Comment comprendre autrement que comme une défaite de l'intelligence, prix de la soumission du regard sur l’œuvre à une orthodoxie idéologique, ce billet qui tente d'accréditer, sans la moindre analyse, que "Le Verrou" est une scène de viol et que le projet de Laclos est de montrer la violence de la domination masculine ?
Comment comprendre cette aversion si mal dissimulée dans le billet pour tout ce qui est "à la française" que comme une autre soumission, celle-ci au projet mondialiste de nier toute spécificité culturelle française dénoncée comme identitaire, réactionnaire ?
Comment comprendre la prééminence donnée à l'opinion publique (les occurrences de Google) sur la connaissance, la«raison»des Lumières, autrement que comme un exemple de ré-appropriation de certaines théories sur les enjeux politiques de la Culture ? "Défaisons-nous de l'Histoire et de la Culture, outils de domination et de colonisation, terreau du nationalisme"… et l'auteur du billet pourrait ajouter: "martelons ce fleuron national qu'est le XVIIIè, piétinons ce florilège artistique qui n'est que l'expression de la violence d'une société patriarcale et inégalitaire"…. et rejoignons tous séparément le concert mondialisé de la monophonie libérale.

J. & J.C. Vitau

NOTES:
1. Jean Starobinski,"L'Invention de la liberté", Skira, p.9
2. La presse nord-américaine fait parfois remonter au pouvoir des femmes sous l'ancien régime l'origine culturelle des faiblesses, selon elle, de la politique française actuelle.
3. Olympe de Gouges publie en 1791 la "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne"
4. Laurent Versini,"Le roman le plus intelligent", Champion.
5. Michel Delon , Préface de "Les liaisons dangereuses" Le livre de poche, p.29
6. Michel Delon, "Le savoir-vivre libertin", p.295
7. Alain Finkielkraut, dans son émission sur France Culture, "Répliques", du 23/04/2016, lisait cette observation d'un visiteur musulman en France au XVIIIè siècle qui se disait:"frappé par l'impudeur et l'indocilité des femmes occidentales, leur incroyable liberté et l'absurde déférence qui leur était prodiguée."
8. Michel Delon, "Le savoir-vivre libertin", p.59
9. "FRAGONARD AMOUREUX", Catalogue de l'exposition, p. 208
10. idem, p.210: "nous souhaitons relever ce que la toile doit aux poncifs des stratégies de séduction libertine dont le romancier Crébillon fils fut le brillant divulgateur(...)C'est lui qui porta à l'état d'axiome qu'au moment de la consommation sexuelle la résistance féminine n'était qu'une feinte, tribut des femmes aux conventions morales et sociales et puissant assaisonnement pour le plaisir de l'homme."
11. idem, p. 210
12. Ainsi, c'est au nom de la laïcité et des libertés individuelles qu'est défendu le port du voile islamique.
13. Avant dernier chapitre du billet: "Comprenons-nous bien: mon propos n'est absolument pas d'attaquer des œuvres d'art qui exposent des scènes de viol..."


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