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 Sujet du message: Roman et Révolution
MessagePosté: 25 Avr 2005, 08:31 
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Bonjour à tous,

je lance un débat pour savoir quels sont vos romans préférés sur la période révolutionnaire.
Avec Vanesa, nous en avons évoqué quelques-uns, mais il y en a tellement d'autres! :lol:

En ce qui me concerne, je dirais avant tout, bien sûr, Quatre-vingt-treize de Victor Hugo, pas de surprise. :oops:

Sinon, la série de Robert Margerit, La Révolution Française en quatre tomes (L'amour et le temps, Les autels de la peur, Un vent d'acier et Les hommes perdus).

Et la plus belle évocation des guerres révolutionnaires que je connaisse est celle qu'a faite Claude Simon dans Les Géorgiques. Un peu difficile à lire, mais pour moi inégalable.

Voilà, et vous? :?:

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 25 Avr 2005, 13:22 
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Bonjour Claudine,

Pendant très longtemps mon roman préféré, tout court, était Quatre-vingt-treize. Il me suivait partout! J'avais une illustration de Gustave Brion représentant Gauvain comme marque page! Pendant cette période-là je me suis vivement intéressée à la Révolution. Mais c'était il y a quelques années... Sinon, concernant la Révolution, mis à part Quatre-vingt-treize je n'ai lu que A Tale of Two Cities, de Dickens bien évidemment. J'ai beaucoup moins aimé. Donc le roman de V. Hugo reste de loin mon préféré... des deux!

Loin de pouvoir en discuter de manière claire et intéressante (comme Vanesa et vous le faites), je peux simplement dire que j'avais été fascinée par les dialogues entre Danton et Robespierre. D'autre part, je me souviens avoir été complètement partagée entre royalistes et républicains. Gauvain et le marquis de Lantenac me fascinaient tous les deux, chacun à sa manière. J'entrais dans ce roman et en ressortais sans savoir si j'étais pour le parti royaliste ou pour le républicain.

Mais ce ne sont-là que quelques souvenirs vides et non un avis argumenté... :oops: Il serait intéressant de le relire, étant donné que depuis que je viens sur ce forum, j'en sais un petit peu plus sur la Révolution, et comprends un peu mieux certaines choses.

Amicalement

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MessagePosté: 26 Avr 2005, 21:23 
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Bonsoir Aubépine,

ah, pour moi c'est pareil, Quatre-vingt-treize est sans égal.

Moi j'avoue, chaque fois que je le relis (c'est-à-dire très souvent :mrgreen: ) je suis à fond pour les Bleus... Mais c'est une malheureuse séquelle de mon robespierrisme primaire, et c'est vous qui avez raison :wink: :lol: . On ne peut pas choisir en réalité : Hugo a fait en sorte qu'on ne puisse pas.
Le roman creuse son propre mythe personnel, qu'il a résumé en un vers :

"Mon père vieux soldat, ma mère vendéenne!"

Bref avec un papa "bleu", acteur de la terrible guerre de Vendée en 93, et une maman "blanche", il était des deux camps à la fois :lol: . En réalité c'est une blague, sa mère était bien vendéenne, mais républicaine ; mais ça ne fait rien... c'était tout de même un gros problème pour lui.

L'impossible réconciliation entre les deux camps, en dehors même du théâtre sanglant de la Vendée, est une hantise chez Hugo : il l'a imaginée dans la page sublime des Misérables, où Monseigneur Myriel, l'évêque royaliste, juste admirable, découvre la sainteté aux genoux du Conventionnel mourant... Mais il en parle aussi ailleurs, dans des textes moins connus : par exemple dans cet étonnant passage des "tables" où il imagine que l'esprit de Robespierre adjure celui de Chénier de venir à lui : "Glorifie la Révolution que tu as outragée. Rouvre tes yeux morts, et qu'on voie le fantôme de Chénier se réconcilier avec Robespierre."
Chénier et Robespierre s'embrassant, c'était le rêve de Hugo... :wink:

Oui, l'épisode du cabaret de la Rue du Paon est magnifique... Il n'a aucun fondement historique :wink: , mais quel souffle! En fait ils s'affrontent à trois, Robespierre, Danton et Marat, les trois "juges d'enfer". Mais c'est vrai que le début entre Danton et Robespierre est fabuleux. Allez, je le cite, juste pour le plaisir et puis pour donner envie à ceux qui n'ont pas encore lu ça de s'y précipiter d'urgence.

Danton venait de se lever : il avait vivement reculé sa chaise.

- Ecoutez, cria-t-il. Il n'y a qu'une urgence, la République en danger. Je ne connais qu'une chose, délivrer la France de l'ennemi. Pour cela tous les moyens sont bons. Tous! Tous! Tous! Quand j'ai affaire à tous les périls, j'ai recours à toutes les ressources et quand je crains tout, je brave tout. Ma pensée est une lionne. Pas de demi-mesure. Pas de pruderie en Révolution. Némésis n'est pas une bégueule. Soyons épouvantables et utiles. Est-ce que l'éléphant regarde où il met sa patte? Ecrasons l'ennemi.

Robespierre répondit avec douceur :
- Je veux bien.
Et il ajouta :
- La question est de savoir où est l'ennemi.
- Il est dehors et je l'ai chassé, dit Danton.
- Il est dedans et je le surveille, dit Robespierre.
- Et je le chasserai encore, dit Danton.
- On ne chasse pas l'ennemi du dedans.
- Qu'est-ce donc qu'on fait?
- On l'extermine.
- J'y consens, dit à son tour Danton.
Et il reprit :
- Je vous dis qu'il est dehors, Robespierre.
- Danton, je vous dis qu'il est dedans.
- Robespierre, il est à la frontière.
- Danton, il est en Vendée.
-Calmez-vous, dit une troisième voix, il est partout, et vous êtes perdus.

C'était Marat qui parlait.


L'Ami du peuple entre en scène, et j'arrête là la citation. :wink:

J'aime énormément ce passage, mais j'ai une tendresse particulière aussi pour la description de la Convention, et puis pour la fin. Le dernier dialogue entre Gauvain et Cimourdain et leur mort... Rhahh... Mais c'est que je suis une sentimentale... :oops: :lol:

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 26 Avr 2005, 23:14 
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Pour ma part, je n'ai jamais lu Quatre-vingt-treize mais ai beaucoup aimé Les Chouans de Balzac. :D

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"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 27 Avr 2005, 02:40 
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Bonjour, Aubèpine et Claudine:

"Quatre Vingt-Treize " est aussi mon roman préféré sur la RF. Et moi aussi j'étais partagé entre royalistes et "bleus". Les dialogues, comme le remarque Aubèpine sont excellents dans ce roman et vous font voir la réalité des yeux de leurs protagonistes, soient-ils républicains ou royalistes. Bon; je dois avouer que me sympathies sont toujours du côté Jacobin, mais j'admire le courage avec lequel certains royalistes ont su mourir par leur roi. Ils ont un côté romantique devant lequel je ne reste pas de marbre...Parce qu'au fond, je suis une romantigue inguérissable . :oops: Mais je n'arrive pas à éprouver aucune sympathie par les Girondins. Le coeur humain est ainsi...un peu selectif dans ses affections. Peut-être que ma froideur envers les Girondins vient du fait que je suis née le 31 Mai. :mrgreen:

Mais revenons au sérieux: Hugo a fait une vraie merveille de son "Quatre Vingt-Treize ". C'est son monument à la Révolution et a ses martyres. L'épisode du Cabaret de la rue Paon me donne des frissons. Je sais qu'il ne s'est jamais produit, mais il est tout à fait vraisemblable. La première fois que je l'ai lu, j'étais toute voulbersée. Je ne pouvais pas croire qu'un homme de chair et os ait pu écrire quelque chose d'aussi sublime. Je connaissais déjà Marat, Robespierre et Danton comme des personnages historiques, mais Hugo est parvenu à me les faire plus chers à mon coeur qu'ils ne 'étaient. Je n'avais que treize ans la première fois que j'ai lu ce livre et je me souviens très bien d'avoir pensée après avoir lu le célèbre scène du Cabaret de Paon: Que ces trois hommes étaient GRANDS! :roll: Mais la description de la Convention m'a fait fremir aussi. Il me semblait VOIR tous les hommes de la Révolution comme si je les touchait, comme si je les avait connus. Et alors, la pensée est encore venue à ma tête peu solide: "Que TOUS ces hommes étaient GRANDS!"

Pour moi, Hugo parle tout droit au coeur de ses lecteurs et beaucoup moins à leurs raisons. C'est bien pour ca qu'on n'arrive pas à prendre parti ni pour le marquis de Lantenac ni pour Gauvain et au même temps on les aime et les admire tous les deux, car on comprend que tous les hommes ont des raisons pour lutter pour un idéal, ou nous dirons mieux, tous les hommes se vouent à défendre ce que leur coeur leur dit qui est juste. Et ce n'était pas facile pour Hugo d'écrire comme il l'a fait, car il était un républicain sincère.

Quatre Vingt Treize est un roman monumental...que comme Claudine je relis de temps en temps. :oops:

Et que pensez vous de la description de "L'Evêché" et de Cimourdain? Ah! Cimourdain et Gauvain! Quels deux personnages qui representent la Révolution d'une facon magnifique! Deux visages de la Révolution ; deux facons de voir le monde... La sainte intransigeance et la révolution qui ne renie pourtant pas de coeur. Quel parti choisir?

Amicalement
Vanesa.

P.S: Et ajoutons à tout cela que Victor Hugo m'a fait une admiratrice de la France...Sans pourtant être ce qu'on apelle une "francophile" :fr:


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MessagePosté: 27 Avr 2005, 12:21 
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Bonjour à tous,

eh bien, Vanesa, mais c'est une vraie passion que vous avez pour Quatre-vingt-treize... Je ne risque pas de vous la reprocher, notez bien, vu que je la partage avec vous. :wink:

Choisir entre Gauvain et Cimourdain? Je pense que la plupart des gens choisissent "naturellement" Gauvain... Mais en ce qui me concerne, ma tendresse est toujours allée à Cimourdain, même s'il "incarne" pour Hugo, comme Robespierre à qui il ressemble par certains traits, la Terreur dans son essence la plus pure et la plus effrayante. Je sais, c'est très mal, mais j'assume. :oops: :mrgreen:

La description de l'Evêché n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus réussi dans le roman... Hugo, comme la plupart des admirateurs humanistes de la RF, avait des gros soucis avec les extrémistes. :lol: Je rappelle, pour les lecteurs "innocents", ce que c'est que l'Evêché, sinon je sens qu'il va y avoir des contre-sens. :mrgreen:
L'Evêché, c'était, en 1793, l'assemblée ultra-révolutionnaire qui "doublait" à sa gauche la Commune ; elle réunissait les représentants des Comités révolutionnaires des sections, et on l'appelait aussi "Assemblée Centrale de Salut Public" (merci de ne pas confondre avec le Comité de salut Public :wink: ). Son nom vient de ce qu'elle se réunissait dans l'ancien palais épiscopal. Son rôle le plus important est celui qu'elle a joué au 31 mai, où les Girondins ont été renversés et chassés de la Convention par un Comité Insurrectionnel élu en son sein. Sans entrer dans les détails de sa composition et de son action, c'était une structure illégale à l'origine, destinée, semble-t-il, dans l'esprit de ses promoteurs, à coordonner l'action des sections, et peut-être à renverser la Commune et gouverner Paris à sa place. :?: Née en Janvier 93, elle a disparu en juin, ou plus exactement elle a cédé la place au Comité de Salut Public du Département de Paris, élu plus régulièrement, mais aussi contrôlé par la Convention.
La description qu'en donne Hugo est assez fausse, quoiqu'il en souligne bien le caractère hétéroclite. Mais il a quand même joué à faire peur à son lecteur avec l'Evêché :wink: , ce qui marque bien son peu de sympathie pour les mouvements populaires. Pour lui, les sectionnaires sont essentiellement des "forcenés" bêtes et manipulables, mélangés de gredins, ce qui est loin d'être démontré. Là où il garde une perspective juste, quoique le fait soit faux sur le plan strictement historique (Cimourdain est un personnage fictif et l'homme qui servit de liaison dans la réalité était le juge Dosbent), c'est quand il dépeint l'alliance entre Cimourdain et Robespierre, entre l'Evêché et les Jacobins. C'est en effet cette alliance qui a conduit à la chute de la Gironde. Pour le reste... bof, ce n'est pas le sommet du livre. J'imagine, Vanesa, que malgré votre admiration pour Hugo vous devez fulminer chaque fois que vous lisez la phrase sur Hanriot... :lol:

Et vous-même, que pensez-vous de Marat vu par Hugo... Hugolien, non? :lol: :lol:

Louis-Auguste, ce n'est pas pour vous contrarier, mais je trouve que Les Chouans sont un des Balzac les plus faibles... Nous pouvons tout de même en discuter si vous en avez envie, bien sûr. Nous sortirons un peu du cadre de la Révolution (1799, ce n'est plus la RF) mais qu'importe... Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement dedans (en dehors de l'hostilité à la Révolution, qui n'est pas un critère de valeur littéraire bien que ce soit une constante chez Balzac :wink: )?
Par ailleurs, connaissez-vous, de Balzac également, Un épisode sous la Terreur : c'est une nouvelle, et c'est très beau ; très contre-révolutionnaire aussi, je vous rassure :lol:.

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 27 Avr 2005, 15:03 
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Bonjour à tous,

Merci mille fois pour cet extrait qui m'a rappelé tant de bons souvenirs, Claudine! Oooh, que je vais me faire un plaisir de relire ce livre!

Vous évoquez la mère de V. Hugo. Juste une petite parenthèse, Le Roman de Sophie Trébuchet, par Geneviève Dormann, raconte sa vie. Si vous l'avez lu, savez-vous s'il est précis historiquement parlant?

Citation:
J'aime énormément ce passage, mais j'ai une tendresse particulière aussi pour la description de la Convention, et puis pour la fin. Le dernier dialogue entre Gauvain et Cimourdain et leur mort... Rhahh... Mais c'est que je suis une sentimentale...


Je suis tout à fait d'accord avec vous: la mort de Gauvain et Cimourdain est un moment déchirant. C'est si triste, si beau, si... grand quelque part!
Vous êtes une sentimentale, Vanesa aussi semblerait-il :wink: , et alors moi n'en parlons pas! :lol: J'avais le coeur serré et un noeud dans la gorge lorsque ce moment-là est arrivé... :roll:

Vanesa, vous avez si bien exprimé ce que vous avez ressenti en lisant le passage du Cabaret pour la première fois, qu'il ne me reste plus rien à dire, car j'ai ressenti la chose comme vous! :shock: :lol: D'un seul coup, ces hommes que je connaissais depuis toujours pour avoir vu leur portrait figé sur chacun de mes ennuyeux manuels d'Histoire, ces hommes avait un corp et surtout une âme, ils prenaient vie et je réalisais ce qu'ils avaient fait... Bon, cela devient compliqué à expliquer... Restons-en à ce que vous disiez vous... :wink:

Vous dîtes que Hugo parle au coeur de ses lecteurs plus qu'à leur raison. Je suis, là encore, tout à fait d'accord avec vous. Il le fait dans Quatre-vingt-treize comme dans ses autres romans et tous ses poèmes d'ailleurs. C'est une des raisons pour lesquelles j'aime énormément le lire. Mais ceci est autre chose... En tout cas, le résultat est tel que vous l' écrivez. Et je dois dire que je suis bien heureuse et rassurée de voir qu'il n'y a pas que moi qui avait du mal à prendre parti pour les blancs ou les bleus! :oops: :D

Citation:
Et ce n'était pas facile pour Hugo d'écrire comme il l'a fait, car il était un républicain sincère.


C'est vrai, il est devenu sincèrement républicain et il est d'ailleurs intéressant de lire ce qu'il en dit dans un de ses poèmes: "Ecrit en 1848" (Les Contemplations) Mais ceci est décidément encore autre chose... :wink:

Pour ce qui est de Les Chouans de Balzac, ou encore de Un épisode sous la Terreur, je ne connais pas du tout. :oops: Louis-Auguste, ou Claudine, pourriez-vous en parler un petit peu, svp?

Amicalement

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MessagePosté: 27 Avr 2005, 18:54 
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Localisation: Dans son monde...
Claudine Cavalier a écrit:
Louis-Auguste, ce n'est pas pour vous contrarier, mais je trouve que Les Chouans sont un des Balzac les plus faibles... Nous pouvons tout de même en discuter si vous en avez envie, bien sûr. Nous sortirons un peu du cadre de la Révolution (1799, ce n'est plus la RF) mais qu'importe... Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement dedans (en dehors de l'hostilité à la Révolution, qui n'est pas un critère de valeur littéraire bien que ce soit une constante chez Balzac :wink: )?
Par ailleurs, connaissez-vous, de Balzac également, Un épisode sous la Terreur : c'est une nouvelle, et c'est très beau ; très contre-révolutionnaire aussi, je vous rassure :lol:.

Je vous rassure tout de suite, Claudine, vous ne me contrariez pas. :lol:
J'ai lu les Chouans à l'adolescence, cela m'avait beaucoup plu. C'est tout. :lol: Je n'analyse pas, comme vous, le pourquoi du comment. Je l'ai lu, cela m'a plu sur le moment, je n'ai pas remis le nez dedans depuis et serais même incapable de vous citer les noms des personnages alors ne m'en voulez pas mais il me sera difficile d'en converser plus avec vous. Si je garde un bon souvenir des Chouans, c'est probablement plus parce que c'est l'un des rares Balzac que j'ai pu lire jusqu'au bout que pour autre chose. :shock: :lol: Balzac m'ennuyant profondément généralement. :( :wink:
De plus, il est rare que je relise les romans que j'ai pu lire. Je n'ai pas de roman-fétiche que j'aurais lu et relu x fois. :oops:

Citation:
Et ce n'était pas facile pour Hugo d'écrire comme il l'a fait, car il était un républicain sincère.

Républicain sincère, peut-être oui mais il l'est devenu par opposition au Second Empire surtout. Il était au départ Orléaniste, a été fait Pair de France par Louis-Philippe en 1845 et a réclamé en vain la Régence pour la duchesse d'Orléans en 1848. :wink:

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MessagePosté: 28 Avr 2005, 02:05 
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Bonjour, Claudine, Aubépine et Louis-Auguste:

Et oui; je suis une vraie passionée de "Quatre Vingt-Treize", et ce n'est pas que je l'ai lu lorsque j'étais une adolescente. J'ai le même sentiment pour cette génialité d'Hugo maintenant que j'ai presque 33 ans! :lol:

Evidemment, tant la raison que le coeur me font choisir Gauvain et non Cimourdain, mais on arrive a respecter ce dernier, parce qu'il croyait vraiment à ce qu'il pensait. Et bien sûr, il n'était pas depourvu de sentiments, mais il les rejette par le salut de la Révolution. C'est même un peu Saint-Justien ca, n'est-ce pas? :wink: Là, je dois dire , que Cimourdain me fait penser plutôt à "l'Archange" qu'à nôtre cher, doux Maximilien. :lol: Surtout dans le dernier dialogue. Ce dialogue déchirant final avant la mort de Gauvain dont vous nous parliez tellement bien, Claudine. Vous avez raison...Quel dialogue! :pleur:

Je n'ai pas dit que la description Hugolienne de l'Evêché soit "vraie". Je dirai plutôt qu'elle est forte. Justement elle est là pour nous faire peur. Et elle nous fait peur. Je suis le membre d'un forum de discussion sur Saint-Just , en Anglais et quand nous avons discuté "Quatre Vingt-Treize", tous ont confirmé ce que vous avez dit, et que moi, je partage: "l'Evêché" d'Hugo fait vraiment peur. C'est pour ca qu'il a reussi quand il l'a décrit. Il voulait faire peur...et il a fait peur. Je ne dis pas que je partage l'opinion d'Hugo sur l'Evêché.D'ailleurs vous le savez, Claudine...L'un des membres de l'Evêché m'est particulièrement sympathique... :mrgreen:

Et oui, Claudine...Vous avez dit juste. Je deteste la petite phrase sur Hanriot de Victor Hugo. C'est affreuse. :lol: Mouchard , espion, voleur, saltimbanque (ma version de Quatre Vingt -Treize est en Espagnol, alors je ne sais pas s'il dit exactement cela), laquais...Mon Dieu! :gun: :angryfire: Mais bon; je considère Hugo mon ami. Et on tolère tout aux amis! Même parler aussi mal de mon cher Hanriot. :ptdr:

Quant à Marat vu par Hugo...Il fait peur aussi. Mais il y a quelque chose d'intéréssante dans sa description. Marat y est la voix de la lutte de l'homme de la rue devant le pouvoir. C'est l'homme qui se moque d'un Robespierre correcte et surnois et d'un Danton passioné, mais bon bourgeois. Il est la voix de ceux qui n'ont pas de voix, une espèce de furie vengeresse des Sans-Culottes. Le Marat Hugolien n'est pas un homme mais plutôt un fantôme, l'esprit de la lutte populaire à travers les siècles. Il est laid, il est violent, il est même un peu fou. C'est Marat lui meme qui nous le dit "...J'ai toujours vecu; je suis l'ancien patient humain; J'ai sixmille années..."


Alors...Nous sommes trois sentimentales ici! Aubépine, Claudine et moi! Bon; je dois assumer que Louis -Auguste est aussi un sentimental, puisqu'il aime la magnifique Marie-Antoinette de Norma Shearer - comme moi d'ailleurs! :oops: - Nous sommes quatre sentimentaux... :D

Je dois vous dire, Aubépine, que j'ai eu le même sentiment que vous en lisssant la description qui fait Hugo, des hommes de la Convention, souvent rien qu'en se servant de deux petits mots. Les descriptions des manuels d'Histoire sont froids, et comme vous l'avez dit, il y ajoute l'âme qui leur manquait. Je partage avec vous le goût de connaître les hommes de la RF comme étant de chair et os et non des charactères un peu flous parce qu'ils sont morts il y a maintenant plus de 200 ans. J'aime à connaître les hommes de la RF "chez eux", ce que les livres d'Histoire "serieux" ne permettent souvent de faire.

Desolée, Louis-Auguste, je n'ai pas lu "Les Chuans" de Balzac, même si j'aime beaucoup cet auteur. Je n'ai lu qu'un petit extrait de "Les Chouans" dans mon livre de littérature Francaise; Je crois que c'était la description d'un certain Marche-à-Terre. Je ne m'en rappelle plus... :oops:

Vous avez raison quand vous remarquiez l'Orléanisme d'Hugo. Il détestait d'ailleurs, Napoléon III, mais, en révanche il amait Napoléon I. Il avait un vrai desordre en matière d'idées, mais c'était surtout son coeur qui restait républicain. Je sais que c'est bizarre de dire cela, mais quand on parle d'Hugo, on parle du coeur et bien moins de la tête.

Mais il y a encore une autre chose qui m'intéresse dans "Quatre Vingt-Treize": comment Hugo nous présente la Vendée et les royalistes. J'aime surtout le début du roman, lorsque le Sergent Radoub interroge la paysanne Fléchard. Qu'en pensez vous?

Amicalement
Vanesa.


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MessagePosté: 28 Avr 2005, 20:13 
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Bonjour à tous,

Aubépine, je vous réponds en deux mots sur les Balzac. Les Chouans raconte un épisode de la résistance bretonne à la Révolution en 1799 (l'attaque par des Chouans d'une colonne de conscrits "bleus", suivie d'une tentative avortée de prendre Fougère), mélangé à une histoire d'amour échevelée entre un chef chouan, le Marquis de Montauran, et une jolie "agent secrète" de Fouché, Marie de Verneuil, supposée (par Balzac, n'allez pas croire ça :wink: :lol: ) avoir été autrefois la jeune épouse de Danton. Le tout est assez bizarre, très très embrouillé et mal fichu, mais romantique : le roman fait partie de la veine "Walter Scott" de Balzac, qui n'est franchement pas sa meilleure, mais quand on aime...
Un épisode sous la Terreur est très différent. C'est un texte court et très fort, que je ne vous raconterai pas, pour ne pas vous en gâcher le contenu si vous décidez de le lire :wink: . Il tourne autour de l'exécution de Louis XVI.

Vanesa, je suis d'accord, sur le plan littéraire l'Evêché est réussi... mais sur le plan historique, hum! :lol: Quant à Marat, quoique sans rapport aucun avec la figure historique de l'Ami du peuple, pour moi c'est une des plus extraordinaires créations de Hugo. "Marat-Misère", ce spectre destiné à hanter l'humanité tant que la question sociale ne sera pas résolue, est vraiment terrifiant, et le propos de Hugo à travers lui demeure aujourd'hui encore d'une triste et redoutable actualité. C'est à mes yeux une des dimensions majeures du livre.

Moi aussi, j'adore le début du roman, les personnages de La Flécharde et de Radoub. Leur dialogue est une merveille. Evidemment, la vision des Blancs par Hugo est très sommaire, et ne correspond pas trop à la réalité historique :wink: , mais c'est un peu comme pour les ultra-révolutionnaires de l'Evêché : ce qui est, historiquement parlant, faux et simplificateur, voire un poil méprisant, devient génial par la magie du style, et s'intègre magnifiquement à l'unité du roman.

Amicalement,
CC


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