Allons bon! Que se passe-t-il encore

: je ne comprends rien à l'intervention de Chou d'Amour ni à la réponse du Duc.

Donc à tous les deux, petit message de modération

: veuillez SVP ne pas régler ici des querelles commencées dans d'autres forums.
Et ne vous plaigniez pas, Duc, je vous ai préparé une longue réponse.
Mais non, voyons, je ne dis pas que vous êtes bête, mais j’avoue que je ne comprends pas votre façon de discuter.

Ce n’est pas vous que je dénigre, je ne vous connais pas, c’est elle que je refuse. Elle me paraît conduire à des débats inutiles, non dans le fond, qui serait intéressant, mais dans la forme.
Pour prendre un exemple : franchement, que croyez-vous que les lecteurs du forum comprennent à notre petit débat privé, où nous nous montrons tous les deux ridicules, moi la première je l‘avoue bien volontiers

, sur cette question de l’"élection" des sections?

Vous avez peut-être fait une plaisanterie sur la notion d’élection, c’est possible et d’ailleurs je le supposais dans ma réponse (sans en être certaine, parce que je ne savais pas si vous ne vouliez pas parler, en réalité, de l’élection des représentants sectionnaires à la Commune…Dans ce cas votre formule était pour le moins bizarre

) ; admettons, mais si plaisanterie il y a, qu’apporte-t-elle à la discussion, sinon l’embrouiller et lui conférer un tour "ésotérique" malvenu dans un forum public? Je vous rappelle que la plupart des personnes qui nous lisent connaissent mal, et c’est complètement normal, ces questions historiques très compliquées. Cela me paraît la moindre des choses que d’être clair et précis, et de ne pas les égarer. Par contre, la vraie question qui est derrière tout cela, celle du rôle tenu par le peuple en Thermidor, celle de savoir si la journée peut être qualifiée de "populaire" ou non, est très intéressante. Et je suis prête à expliquer en détail, sans économiser mon temps, pourquoi je ne suis pas d’accord avec l’idée d’une journée populaire, même avortée : mais il faut que je puisse le faire dans le cadre et dans les termes d’un débat acceptable pour moi, et pour le moment l‘espèce de ping-pong auquel nous jouons ne correspond pas à ce que j‘attends.
C’est pareil pour la question de la place tenue par Robespierre dans l ‘espace politique de cette période. C’est en réalité l’objet d’un gros débat historique, qui n’est toujours pas complètement tranché : ni vous ni moi, bien entendu, n‘avons qualité pour le faire ici, et si nous l‘essayons nous ne ferons que nous rendre ridicules

. Je ne dis pas, pour ma part, que les historiens qui ont écrit des synthèses mentent ou se trompent, ce serait arrogant et stupide : mais souvent, tout de même, ils simplifient les choses et ils le font, pour une part d’entre eux (pas tous, je ne sais si vous avez lu des gens comme Michel Biard par exemple?) dans un sens qui les conduit à majorer le rôle de Robespierre, tout simplement pour des commodités d‘expression. Quant à l’historiographie ancienne, celle d’Aulard, de Mathiez et de Jaurès, avec toutes ses immenses qualités, elle est indéniablement déformante en ce qu’elle accorde trop d’importance à certaines figures historiques, dont Robespierre (et pas seulement lui

). On est bien revenu, aujourd’hui, de cette tendance dans les travaux des spécialistes.
Si vous voulez des exemples de sujets politiques sur lesquels plusieurs membres du CSP n’étaient pas d’accord avec Robespierre, il y en des quantités : la question de l’Être Suprême, les fameux "décrets de Ventôse", la gestion pratique de la Terreur policière et du Tribunal Révolutionnaire, les limites à donner à la poursuite de la guerre… Mais il faut savoir que sur chacun de ces points, il y a débat entre les historiens, et que rien n’est simple.
Tout de même, pour vous faire plaisir

, je vais citer un petit résumé des relations entre les membres du CSP : il est écrit par un de vos auteurs préférés, Albert Soboul,

dans ses notes à l’
Histoire Socialiste de Jaurès. Il est assez simplificateur, du fait de sa brièveté, mais juste, je crois, dans sa perspective d‘ensemble.
Citation:
Dans le CSP, seuls Couthon et Saint-Just demeuraient fidèles à Robespierre. Jean Bon Saint-André et Prieur de la Marne, toujours en mission, sont hors de cause. Barère flairait le vent. Billaud et Collot, terroristes extrêmes, prirent parti contre Robespierre. Quant à Carnot, Lindet, Prieur de la Côte d’Or, hommes de la Plaine ralliés à la Montagne, ils affirmaient, surtout Carnot, leur conservatisme social. A quoi s’ajoutèrent, entre Carnot et Robespierre et Saint-Just, les querelles personnelles, ces deux derniers critiquant les plans militaires du premier. (…) Ainsi se décomposa la cohésion du Comité de salut Public, qui avait fait la force du gouvernement révolutionnaire.
Et sur le rôle précis de Robespierre, ceci, toujours de Soboul.
Citation:
Il n’exerçait au CSP, réélu de mois en mois par la Convention, aucun pouvoir propre, il ne pouvait agir qu’en accord avec ses collègues.
Ensuite, Soboul explique que Robespierre avait malgré tout une influence particulière dans la sphère politique, à cause de sa notoriété et de son autorité morale, et que c’est cette puissance d’opinion qui l’a rendu suspect à ses collègues, tout en faisant croire au public qu‘il était seul responsable de la politique conduite par les deux Comités (ses collègues, eux, savaient évidemment à quoi s‘en tenir sur ce point

). C’est possible et même probable, quoiqu’on pourrait nuancer tout cela, encore une fois Soboul est obligé d’aller vite.
Bref, tout ça pour dire qu‘il est possible, bien entendu, de débattre de chaque point que j‘ai signalé, et aussi de ce qu’on peut en tirer comme synthèse. Je n’ai rien contre : mais que voulez-vous (attention, ne le prenez pas mal, ce n’est pas du mépris de ma part, moi aussi je fais des erreurs

) quand je vous vois multiplier les formules catégoriques, à l’emporte-pièce, ou faire des raccourcis comme celui qui consiste à inclure dans ce que vous appelez sans la définir "la politique de Robespierre" des choses comme la loi du maximum… Eh bien j’ai des doutes sur la possibilité de conduire une discussion sur des bases saines.
Donc pour le moment, je ne souhaite pas continuer un débat qui a très mal tourné, en partie par ma faute encore une fois, j’en conviens. Je le relancerai peut-être un peu plus tard dans un nouveau post, pour repartir sur des bases plus saines, et reprendre au moins sur la question de la nature et du rôle des sections en Thermidor.
Ah et aussi : non, la formule de Bouloiseau n’est pas contradictoire avec ce que j'ai dit : par "les thermidoriens", il désigne les membres du Comité qui ont détruit de l’intérieur sa cohésion...