Bonsoir,
L’autre jour, sous forme de boutade, j’ai annoncé la date de fin de l’exposition sur les Merveilleuses à la manière révolutionnaire. Mais, je me suis fais la remarque que personne n’avait parlé de ce calendrier et expliqué son fonctionnement ! Alors, je me lance.
Ce calendrier a nécessité plus d’un an de débat avec la participation notamment de Monge, Chénier et Fabre d’Eglantine. Ils avaient la volonté de rompre totalement avec l’ordre ancien (ou
la période dite vulgaire). Il a été adopté le 24 octobre 1793 avec effet immédiat pour l’administration et les usages civiles (tribunaux, actes notariaux, législation…). Néanmoins, il est rapidement tombé en désuétude (ne servant qu’à l’administration).
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Fabre d’Eglantine[/align]
Le début de la nouvelle ère est fixé au 22 septembre 1792 (I Vendémiaire an I), jour de proclamation de la République Une et Indivisible.
Il sera définitivement aboli sous l'Empire le 11 nivôse an XIV ( 1er janvier 1806 ).
Voici, le « premier calendrier » proposé à la Convention signé par Fabre d’Eglantine et conservé aux archives nationales.
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Le fonctionnement
L’année commence le jour de l’équinoxe d’automne pour l’Observatoire de Paris pour se terminer au prochain équinoxe d’automne. On peut noter, qu’il s’agit de l’équinoxe « vraie », c’est-à-dire que la nuit est aussi longue que le jour ou encore (pour vous en persuadez) que le soleil passe par le plan de l’équateur (on comprend le rôle de Monge

).
Ce jour est fixé par décret et tombe dans le calendrier grégorien le 22 ou 23 ou encore 24 septembre !
Nous remarquerons que la durée d’une année est soit de 365 jours soit de 366 (rien de bien révolutionnaire ici).
L’année est décomposée en 12 mois de 30 jours chacun (soit 360 jours).
L’année est complétée par 5 jours dits jours
« sans-culottides ».
L’année bissextile est appelée
« franciade » et est complétée par un jour supplémentaire :
« le jour de la Révolution ».
Chaque mois est décomposé en 3 décades.
Voyons maintenant les noms attribués aux mois et au jours de ce calendrier. Je trouve que c’est ce qui fait son charme (nous voyons ici l’inspiration de Chénier).
Pour les mois, les noms rappellent la saison ou les productions de la terre. Nous remarquerons aussi la terminaison commune pour les mois d’une même saison : « aire » pour l’automne, « ôse » pour l’hiver, « ial » pour le printemps et « dor » pour l’été.
Pour les mois d’automne
Vendémiaire 
septembre – octobre, évoque les vendanges.
Brumaire 
octobre - novembre, évoque les brouillards et des brumes basses lors de la transsudation de la nature.
Frimaire 
novembre - décembre, évoque les froids
Pour les mois d’hiver
Nivôse 
décembre – janvier, évoque la période des neiges.
Pluviôse 
janvier - février, évoque les pluies.
Ventôse 
février - mars, évoque le vent.
Pour les mois de printemps
Germinal 
mars - avril, évoque la fermentation et la montée de la sève.
Floréal 
avril - mai, évoque l’éclosion des fleurs.
Prairial 
mai – juin, évoque l’épanouissement des prairies et la récolte des prairies.
Pour les mois d’été
Messidor 
juin - juillet, évoque les moissons.
Thermidor 
juillet – août, évoque la chaleur.
Fructidor 
août – septembre, évoque les fruits dorés au soleil.
Le lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche n’ont plus cours et sont remplacés, comme il suit :
Pour le 1, 11, 21 de chaque mois : primidi.
Pour le 2, 12 , 22 : duodi.
Pour le 3, 13, 23 : tridi.
Pour le 4, 14, 24 : quartidi.
Pour le 5, 15, 25 : quintidi.
Pour le 6, 16, 26 : sextidi.
Pour le 7, 17, 27 : septidi.
Pour le 8, 18, 28 : octidi.
Pour le 9, 19, 29 : nonidi.
Pour le 10, 20, 30 : décadi.
Nous notons la forte inspiration latine de ces noms de jours avec le « di », forme contracté de « dies » (le jour).
Dans le calendrier grégorien, à chaque jour est associé un saint. Dans le calendrier révolutionnaire, à chaque quintidi est associé un animal, à chaque décadi un instrument aratoire, et aux autres jours un élément de la faune et de la flore. Ainsi, le législateur pensait permettre à tous les citoyens " de faire insensiblement et sans s'en apercevoir une étude élémentaire de l'économie rurale, les noms de ses vrais trésors..." (je vous les donnerai mis en forme dans un prochain post).
Les 5 jours complémentaires, dits « sans-culottides » étaient dédiées (jours de fêtes) :
La fête de la vertu, la fête du génie, la fête du travail, la fêtes des récompenses, la fête de l’opinion, la fête des récompenses.
Je pense avoir dit l’essentiel.