L'authenticité de ce curieux texte a longtemps été mise en doute en raison de la publication, en 1829 et 1830, de 2 textes, mémoires, totalement apocryphes :
1.
Mémoires de l'exécuteur des hautes oeuvres pour servir à l'histoire de Paris pendant le règne de la Terreur, rédigé par Lombard de Langres sous le pseudonyme de M. A. Grégoire.
C'est, selon Monique Lebailly, "un fatras d'anecdotes, un ramassis de ragots sur la Révolution présenté sous la forme d'un invraisemblable dialogue entre le bourreau et son fils."
2.
Mémoires pour servir à l'histoire de la Révolution française, tout aussi apocryphes, présentent pourtant un certain intérêt puisque Balzac, sans doute à court d'argent, y a collaboré, rencontrant Henri Sanson - le fils et l'aide du bourreau de la Révolution.
Le texte de
Sept générations d'exécuteurs : mémoires des bourreaux Sanson (1688-1847) est dû à Henri-Clément Sanson (1799-1889), fils de Henri, petit-fils de Charles-Henri, le bourreau de la Révolution.
Il embrasse la carrière de bourreau à 20 ans.
En 1846, accablé de dettes, il est arrêté juste après avoir procédé à une exécution et conduit à la prison de Clichy.
Ayant tout vendu, il ne lui reste que sa bibliothèque dont il ne veut se séparer.
Il va alors chercher la guillotine dans son entrepôt et la remet à son principal créancier auquel il doit 3800 francs (environ 20000 de nos anciens "nouveaux francs"

).
Mais, le 17 mars 1847, il reçoit l'ordre de dresser
les bois de justice et doit alors avouer avoir mis la guillotine en gage.
Le ministre de la Justice se voit obligé de régler la dette pour pouvoir récupérer la machine...
L'exécution capitale réalisée, Henri-Clément est aussitôt licencié. Sa femme le quitte, ses créanciers s'emparent de sa maison.
Henri-Clément va se retirer à la campagne avec ses archives de famille. Il va déchiffrer les registres de ses ancêtres et rédiger 6 volumes in-8°.
Mais, lorsqu'il propose son texte à l'éditeur Dupray de la Maherie, son style est jugé excécrable. Dupray va donc lui adjoindre un nègre, le publiciste d'Olbreuse, chargé d'ajouter des chapitres romancés, au goût du jour.
Mais Henri-Clément et d'Olbreuse ne touchèrent pas au texte du bourreau de la Révolution, Charles-Henri, se contentant juste de moderniser les terminaisons des verbes, tranformant les
j'étois en "j'étais".
Henri-Clément recevra 30000
F de l'éditeur et d'Olbreuse 17500
F.Les 6 tomes seront publiés en 1862 et connaîtront un beau succès.
En 1988, Monique Lebailly a publié la partie des mémoires relative à Charles-Henri.

cf
La Révolution Française vue par son bourreau, Charles-Henri Sanson (collection "griffures", éditions de l'Instant.)
Le texte complet des mémoires,
Mémoires des bourreaux Sanson (1688-1847), Sept générations d'exécuteurs, par Henri Sanson, ancien exécuteur des hautes oeuvres de la Cour de Paris a été réédité en 2003, expurgé des ajouts dûs à d'Olbreuse, aux éditions Futur Luxe Nocturne.
A lire, un compte rendu de lecture de ce livre, par Philippe Bourdin, sur le site des annales historiques de la révolution française.