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 Sujet du message: Le tremblement de terre de Lisbonne (1er novembre 1755)
MessagePosté: 01 Oct 2007, 23:03 
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:arrow: Texte intégral de l'article de Grégory Quenet (L'Histoire, n°268 - septembre 2002)

"Vers 9h40 du matin, le 1 er novembre 1755, jour de la Toussaint, un terrible séisme touche Lisbonne. En neuf minutes se succèdent quatre secousses, tellement violentes que le ciel est obscurci par les vapeurs sulfureuses et la poussière des bâtiments qui s'écroulent. Le tremblement de terre est l'un des plus destructeurs de l'histoire, en particulier dans les quartiers les plus peuplés et le centre urbain occupé par la Cour et les activités commerciales.
Quelques instants plus tard, un tsunami (raz-de-marée) balaie la partie basse et littorale de la ville, le Terreiro do Paço;

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Le tsunami déferle sur la ville

il est suivi d'un gigantesque incendie. Les flammes causent la plus grande partie des dégâts, et atteignent une telle intensité qu'elles sont visibles depuis Santarem, à environ 70 kilomètres au nord-est de Lisbonne.

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Carte du Portugal -
position de Santarem par rapport à Lisbonne


Intensité

Le nombre de morts est estimé aujourd'hui à 10 000, sur une population d'environ 260 000 habitants (les estimations oscillent entre 60 000 et 10 000, chiffre considéré comme le plus vraisemblable).

Le bilan matériel est encore plus lourd. Sur les 40 églises principales que comptait la ville, 35 sont en ruine. La maison royale perd ses plus beaux fleurons, le Paço da Ribeira (le palais principal), l'église patriarcale et l'opéra, une partie de ses collections de bijoux et de tableaux, sa bibliothèque de 70 000 volumes et le trésor conservé dans les magasins des Indes.

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Lisbonne avant le tremblement de terre de 1755 (détail).
Panneau du Musée de l'Azulejo, représentant la ville de Lisbonne en 1700.
Haut d’environ 1,20 m et long de près de 23 m, il représente 14 km de côte et offre un beau panorama bleu de la ville et de ses monuments détruits en 1755.


Imprévisibilité

Imprévisible par nature, le séisme de 1755 a d'autant plus surpris que la population connaissait mal cette menace malgré les précédents de 1356, 1531, 1551 et 1597.
Il est vrai que l'absence de tremblements de terre sur de longues périodes empêche que le souvenir de ces catastrophes se transmette de génération en génération.
La période de récurrence des séismes est, en effet, extrêmement irrégulière, même si le nombre de secousses par siècle est théoriquement à peu près comparable.

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Ruines de l'église du couvent des Carmes

Retentissement

Le retentissement de la catastrophe est considérable dans toutes les capitales européennes. A Vienne, l'Impératrice Marie-Thérèse interdit les fêtes du Carnaval. Le Danemark observe un jour solennel de jeûne et d'actions de grâces le 14 mai 1756 pour remercier Dieu de l'avoir préservé.
A Versailles, Madame de Pompadour se sent obligée de renoncer à son rouge à joues.
Dans les mois qui suivent, le roi d'Espagne, celui d'Angleterre, la ville de Hambourg, la reine des Deux-Siciles font parvenir aux Lisbonnais des vivres, de l'argent, des matériaux de construction.

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Premier extrait du Recueil des plus belles ruines de Lisbonne paru à Paris, chez J. P. Le Bas, 1757.
Image trouvée sur : :arrow: http://www.theses.ulaval.ca/2003/20940/apb.html


Tous les périodiques, des centaines de pamphlets commentent les nouvelles. La catastrophe donne naissance à un jeu de société en Angleterre, à une parodie burlesque jouée avec succès à Paris pendant presque un demi-siècle, à une machine imitant le séisme exposée au Mans en 1778.

Il laisse une trace durable dans les consciences. Les mémoires de Mme Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette, rapporte que la reine est restée frappée d'être née ce jour-là [Marie-Antoinette est en fait née le lendemain, jour des Défunts, 2 novembre 1755. Ses parrain et marraine étaient les souverains portugais. Louis-Auguste :wink: ]

Comment un phénomène physique, même exceptionnel, peut-il devenir un événement européen inscrit dans la mémoire collective ?

Les contemporains sont d'abord frappés par le tableau des désastres, d'autant que les premières rumeurs font état de 100 000 morts et d'une ville quasiment rasée.

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Second extrait du Recueil des plus belles ruines de Lisbonne paru à Paris, chez J. P. Le Bas, 1757.
Image trouvée sur : :arrow: http://www.theses.ulaval.ca/2003/20940/apb.html


De plus, même sur le déclin, la capitale portugaise bénéficie d'un prestige certain, entretenu par les reflets de l'empire colonial, le statut de métropole de la catholicité et de place marchande. L'or des Amériques continue de faire rêver.
Le tremblement de terre réactive l'archétype du déclin des empires et du renversement de la fortune, traditionnellement associé à l'imaginaire des séismes.

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Pillards pendus dans les ruines de Lisbonne

Cependant, l'étonnement des contemporains porte autant sur la ruine de la capitale portugaise que sur la diffusion extraordinaire des secousses, ressenties de l'Islande à l'Afrique du Nord, des Etats allemands à Boston et qui se répètent pendant des mois dans toute l'Europe. Dans un système de l'information en progrès mais encore rudimentaire, ces ébranlements unifient soudain l'espace, offrant une participation inédite à l'événement.

Conséquences

De ce fait, le regard sur la nature se modifie, une sensibilité aux secousses apparaît, très nette dans de nombreux livres de raison dans lesquels les chefs de famille tiennent la chronique et les comptes de la maison : on y relève dix ou vingt tremblements de terre dans l'année. Chacun vient s'agréger au séisme de Lisbonne pour constituer un événement monstre et persuader les contemporains de la multiplication de ces phénomènes.

Comment un événement survenu à Lisbonne peut-il être ressenti au même moment à des milliers de kilomètres de là ? La catastrophe donne naissance à un débat scientifique intense même s'il est aujourd'hui bien oublié. Kant lui consacre un mémoire en 1756 et l'Académie royale des sciences de Paris 92 interventions en un an.
D'innombrables publications avancent des théories minéralogistes ou chimiques sur l'inflammation souterraine, étudient la transmission du mouvement à travers les chaînes de montagne du globe, ou reconstituent l'explosion à partir des travaux des artificiers et des ingénieurs.

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étoile rouge = épicentre présumé du séisme

D'autres savants mettent en avant des mécanismes célestes et l'attraction solaire, la circulation des éléments à l'intérieur de la Terre, l'effondrement de cavités souterraines. La palme du succès revient aux modèles électriques qui remportent le concours de l'académie de Rouen en 1756 sur "l'origine des tremblements de terre et les moyens de les prévenir."

Le débat est aussi religieux : comment expliquer qu'un Dieu bon, doté d'une puissance illimitée et d'une sagesse incomparable, puisse vouloir le mal, ou même tolérer son existence ?

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An Attempt to assign the Cause of the late most dreadful earthquake & Fiery Irruption at Lisbon Or Suppression of Superstition & Idolatry & Persecution for Conscience sake the most probable means of averting National Calamities, 1755.
Image trouvée sur : :arrow: http://www.theses.ulaval.ca/2003/20940/apb.html

Un bel autodafé d'hérétiques pour prévenir les tremblements de terre, Sire ? :lol:


Les autorités religieuses répondent en mettant en avant les mystères de la Providence et, plus souvent, le péché originel et la responsabilité humaine. Les souffrances sont le moyen fourni aux hommes de se libérer de leurs péchés pour obtenir le salut, permis par le sacrifice du Christ.

Une autre réponse qui rencontre alors un franc succès est le principe de l'optimisme, élaboré à partir de la Théodicée de Leibniz (1710) et ridiculisé par Voltaire dans Candide à travers le personnage de Pangloss.
Selon cette théorie, les catastrophes naturelles nous semblent un mal parce que nous ne distinguons du monde que des détails. A l'échelle de l'univers, ces défauts s'insèrent dans l'ordre divin car Dieu a choisi le meilleur parmi l'ensemble des mondes possibles.

Dans le Poème sur le désastre de Lisbonne, Voltaire affirme au contraire que le mal existe, qu'aucun bien n'en découle, nulle justification ne résistant à la description des souffrances humaines : dans ce monde en voie de laïcisation, la catastrophe est privée de fondement religieux; par l'usage de sa raison et en vertu de ses droits inaliénables, l'individu a la tâche écrasante de définir la condition humaine.

Rousseau, Kant, l'Eglise se dressent contre cette thèse radicalement nouvelle, qui révèle l'ambition des Lumières. Grâce à son retentissement, l'événement tellurique cristallise la volonté de lutter par tous les moyens contre le mal ici-bas, au nom du bonheur, de l'utilité, de la sociabilité.

Ce projet guide la reconstruction de Lisbonne, menée par le marquis de Pombal qui définit un urbanisme rationnel et éclairé.

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Le marquis de Pombal (1699-1782)

Le roi Frédéric le Grand le reprend aussi à sa manière en interdisant en 1756, sous peine de prison, d'affirmer que des tremblements de terre se sont produits en Prusse. Au royaume du despote éclairé, la catastrophe n'a pas sa place."

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"Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."

Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)


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MessagePosté: 02 Oct 2007, 19:29 
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Merci cher Louis-Auguste pour ce sujet très intéressant dont je connaissais mal les circonstances.

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Il n'y a que les passions et les grandes passions, qui puissent élever l'âme aux grandes choses. (Denis Diderot)


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MessagePosté: 02 Oct 2007, 23:50 
Passionnant exposé de cet impressionnant et redoutable séisme...

Quant aux réponses apportées au débat religieux, je ne puis qu'abonder dans le sens de Voltaire... :mrgreen: :lol: :oops:
Un tout grand merci pour les liens, cher Louis-Auguste ! :wink: et pour ce compte-rendu si instructif :love: Tout y est...


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MessagePosté: 07 Oct 2007, 18:41 
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En complément, ce passage du catalogue d'expo De l'esprit des villes (1720-1770), présenté ici. :wink:

:arrow: De la destruction des villes, par Pierre Pinon (pages 152 à 161) Passage cité ici (pages 160-161) )
"[...]

Si la destruction de Lisbonne est celle qui a rencontré le plus grand écho à travers l'Europe, et durant plusieurs années, c'est bien sûr parce qu'il s'agit de la capitale d'un royaume au faîte de sa richesse, grâce à l'or du Brésil, même si la ville n'a guère profité d'édifications remarquables nouvelles. L'étendue du désastre n'est donc pas tant la destruction de monuments, même si les vues gravées par Jacques-Philippe Le Bas (Paris, 1756) après le tremblement de terre s'intitulent cyniquement Recueil des plus belles ruines de Lisbonne, mais le nombre élevé de victimes (10 000 soit 4% de la population), en majorité dans les églises en cette matinée de Toussaint de 1755, et la disparition presque totale de 17 000 maisons sur les 20 000 que comptait la ville.
A ce tremblement de terre du 1er novembre aura succédé un incendie de plusieurs jours.

Le quartier le plus touché est le plus central, celui de la Baixa, dans la petite plaine où s'est développée la ville de la Reconquête, entre la colline du château Saint-George à l'est (occupée par la vieille ville maure) et celle de Sao Francisco, quartier intégré dans l'enceinte de la fin du XIV ème siècle, entre la place Terreiro do Paço sur le Tage et celle du Rossio à l'intérieur des terres.
Ce quartier avait une structure complexe (assez semblable à la ville maure par ses rues tortueuses et ses impasses), avec cependant pour centre évident l'église Sao Nicolau vers laquelle convergeaient plusieurs rues.

La gestion du désastre a été particulièrement bien maîtrisée, puisque le marquis de Pombal, chef du gouvernement, dès le premier jour, a pris des décisions qui engageaient déjà une certaine conception de l'opération : interdiction aux habitants de quitter la ville (d'où la construction de "baraques" pour leur relogement) et annonce d'un plan de reconstruction.

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Le marquis de Pombal devant une vue de Lisbonne, par Louis-Michel Van Loo (1766)

Pombal charge immédiatement l'ingénieur major du royaume, Manuel Da Maia, de concevoir cette reconstruction. Dans une première "dissertation" remise le 4 décembre, celui-ci propose en fait une méthode qui consiste à envisager plusieurs scénarios, à en sélectionner un, à faire ensuite élaborer divers plans par plusieurs équipes à partir du scénario retenu, avant de choisir le projet définitif. Maia pense que qu'il existe cinq solutions : la première serait de reconstruire les mêmes maisons sur le même plan, sans élargir les rues, la deuxième de rebâtir les mêmes maisons mais le long de rues élargies, la troisième identique à la précédente mais avec des maisons ne dépassant pas deux étages.

Si la première solution est celle qui s'est pratiquée précédemment, les deux autres répondent évidemment aux préoccupations d'une part urbaines d'améliorer la circulation et d'autre part architecturales de rendre les bâtiments moins vulnérables.

Les deux solutions suivantes ne peuvent prétendre répondre seulement à des questions techniques puisqu'il s'agit de donner à la ville un plan régulier : on voit mal en quoi un plan urbain plus géométrique résisterait mieux à un tremblement de terre qu'un plan irrégulier.
Il s'agit tout simplement de procéder comme si l'on édifiait une ville neuve, projet logique sous le crayon d'un ingénieur militaire. La quatrième solution est donc de raser ce qui reste de la Baixa, de surélever le sol (ce qui le mettra à l'abri des inondations) avec les matériaux de démolition, de l'aplanir et de le reconstruire sur un autre plan urbain.
Maia envisage aussi, comme cela s'est pratiqué en Sicile et se pratiquera en Calabre, de reconstruire Lisbonne ailleurs, en l'occurence à côté de Bélem, ce qui lui éviterait de se préoccuper du déblaiement, de la redistribution des terrains, de la reconstruction de la Baixa. Le roi y aurait songé au lendemain du tremblement, et Maia y voit bien des avantages pratiques : il sait construire une Vila Nova.

Mais Pombal opte pour la reconstruction in situ, solution la plus fréquemment retenue pour les villes incendiées. Il hésite cependant à faire reconstruire selon un plan entièrement nouveau. Maia préfèrerait une telle solution, mais commence à étudier la possibilité de percer de nouvelles rues en en conservant quelques anciennes.
Il tient par contre absolument à l'uniformité architecturale des nouveaux bâtiments. Maia choisit début 1756, trois de ses ingénieurs militaires pour diriger trois équipes qui vont rendre six projets fin mars : Eugénio Dos Santos, Elias Sebastiao Poppe et Pedro Gualter da Fonseca.

Le n° 5, dû à Dos Santos et l'ingénieur-architecte Carlos Mardel imposant un quadrillage strict à la Baixa proprement dit, était dénué de tout effet monumental. C'est ce dernier qui sera retenu par Maia et Pombal, et réélaboré pour être exécuté à partir de juin 1758.
Ce plan quadrillé, dont il n'est pas nécessaire de chercher un modèle étranger, est bien de la veine d'ingénieurs militaires : il ressort sans surprise de leur savoir-faire. Sa particularité est d'être composé d'îlots étroits et allongés formant des blocs évidés, constitué par des maisons uniformes de quatre étages (alors que Maia aurait préféré les limiter à deux).
Ces îlots sont orientés selon l'axe qui va du Rossio au Terrairo do Paço, à l'exception des dernières travées parallèle à cette dernière place.

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Plan de Lisbonne aujourd'hui

La reconstruction a été gérée par la Casa do Risco, composée des ingénieurs entourant Maia. La construction des immeubles a été standardisée, ce qui a été rendu possible par l'uniformité des bâtiments. Elle a été conçue avec une structure en bois, comme un colombage, appelé "gaiola", non triangulé, la rigidité étant donnée par la maçonnerie (avec chaînages d'angles et bandeaux en pierre de taille).

A Lisbonne comme ailleurs, ce sont des ingénieurs, militaires ou civils, ou des ingénieurs-architectes (la distinction n'étant pas encore définitivement établie) qui ont été chargés des projets de reconstruction. Il y a à cela plusieurs raisons, de compétence d'abord, mais aussi d'opportunité. Le problème est à la fois technique et territorial : les ingénieurs semblent mieux à même de gérer des déblaiements, de répondre à des questions de construction, ils ont l'expérience des travaux publics, et aussi celle de dessiner des plans de villes, qu'il s'agisse de villes fortifiées ou coloniales.
D'autre part, les ingénieurs ont le double avantage d'être présents sur tout le territoire - alors que dans la plupart des villes, petites surtout, il n'y a pas d'architecte - , et d'occuper des fonctions officielles qui les rendent immédiatement disponibles. Mais leur implantation territoriale ne les a cependant pas toujours mis à même de s'adapter aux exigences et aux situations locales; leur culture était autre, et leurs ordres venaient des capitales.

Il ne s'agit pas là du seul point commun entre ces destructions-reconstructions à travers l'Europe au cours du XVIIIème siècle : promptitude mais souvent insuffisance des secours, levée de plan et projet modernisateur rapide et incontournable, résistance des habitants et des autorités locales.
Les pouvoirs centraux du XVIII ème siècle expérimentent un urbanisme qui n'était envisageable que dans les rares fondations de villes neuves, et qui ne s'imposera à l'ensemble des villes dans le cours du XIX ème siècle qu'avec les grandes réformes, comme celle mise en oeuvre avec les Grands Travaux de Paris sous le Second Empire."

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MessagePosté: 13 Oct 2007, 13:16 
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Un lien pour écouter le poème sur le désastre de Lisbonne. :P

:arrow: http://www.ville-ge.ch/bge/imv/musee/ar ... ement.html

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MessagePosté: 31 Oct 2007, 19:09 
Un bonheur, d'entendre Voltaire aussi délicieusement déclamé :P :mrgreen:
Merci infiniment, Louis-Auguste ! pour cet intéressant lien :wink:


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MessagePosté: 02 Nov 2007, 20:10 
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En complément, je vous propose un lien vers ce site qui présente la réponse de Rousseau à ce poème de Voltaire : http://www.site-magister.com/volrous2.htm#poelisb

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MessagePosté: 02 Nov 2007, 21:51 
Intéressante analyse ! à laquelle j'adhère.
Je ne connaissais pas la réponse de Rousseau.
Ah ! La sensibilité à "fleur de peau" de Jean-Jacques...

Merci infiniment, cher La nuit, la neige !


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 Sujet du message: Re: Le tremblement de terre de Lisbonne (1er novembre 1755)
MessagePosté: 10 Déc 2011, 11:09 
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Un article de Michèle Janin-Thivos paru dans la revue Rives méditerranéennes (n°27, 2007 - pages 51 à 63) :

:arrow: Réaction et réactivité du monde des marchands devant le tremblement de terre de Lisbonne

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