Giovanno Batista Nini naquit à Urbino en 1717. Il apprit la gravure auprès de son père puis étudia à l’Académie Clémentine de Bologne.
Après 1740, il se rendit en Espagne où il dirigea un cristallerie près de Madrid. C’est là qu’il rencontra son épouse, Isodora Laurus.
Le couple s’installa à Paris en 1758. Là, Nini commença à réaliser des portraits moulés en forme de médaillons de terre cuite, travaillant d’après gravure ou d’après nature. La ressemblance aux modèles, l’élégance et la minutie de ses réalisations firent la renommée de Nini.
Nini, 1767, Guy Le Gentil, marquis de Paroy

Nini, 1771, Catherine II de Russie

Nini, Voltaire

En 1772 Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont, grand maître des Eaux et Forêts du Blésois, du Berry et du Vendômois et Intendant de l’Hôtel Royal des Invalides, passa un contrat avec Nini pour se l’attacher sa vie durant comme directeur de ses manufactures ( cristallerie et poterie) installées à Chaumont-sur-Loire. Le contrat permettait à Nini de continuer sa production de médaillons.
Il réalisa alors des portraits de Le Ray et de sa famille, de divers notables locaux et de proches.
Nini, J.D. Le Ray de Chaumont

Nini, 1775, Marie Catherine Marais et Orien Marais, notaire et régissuer du domaine de Chaumont pour J.D. Le Ray

Il continua par ailleurs à produire des médaillons des plus grands. Parmi eux, Benjamin Franklin (hébergé à Passy par Le Ray), notamment d’après un dessin de Walpole.
Nini, vers 1774, Louis XVI

Nini, 1779, Louis XVI

Nini, 1780, Louis XVI

Nini, 1777, Benjamin Franklin

Nini, Benjamin Franklin

Nini qui n’avait plus quitter Chaumont depuis 1772 y mourrut en 1786.
En ce qui concerne sa technique, Nini tirait des moules de modèles en cire puis retravaillait le médaillon avant sa cuisson. Ainsi malgré la duplication à partir d’un même moule, les médaillons présentent une grande diversité.
Aujourd’hui deux collections Françaises nous permettent d’admirer ces médaillons : celle réunie par le Prince Henri-Amédée de Broglie à Chaumont-sur-Loire au XIXème siècle ( soixante-dix neuf médaillons) et celle du musée des Beaux-Arts de Blois. A l’étranger, le Metropolitan Museum of Art de New-York conserve trente-neuf médaillons.
Par ailleurs de nombreux musées conservent des eaux-fortes de Nini. Par contre sa production de gravures sur verre reste peu connue.