Vous vous souvenez sans doute de l'annonce de la mort du chêne dit "de Marie-Antoinette", en février dernier. Petit rappel :
Le chêne de Marie-Antoinette a été abattu à 324 ans VERSAILLES (AFP, 9/02/05) - Le chêne de Marie-Antoinette, le doyen des arbres du parc du château de Versailles (Yvelines) planté il y a 324 ans, a été abattu mercredi peu après 12h30.

Tiré par deux tracteurs, l'arbre, victime de la canicule de l'été 2003, est tombé au sol en moins de deux minutes dans un dernier craquement et un bruit sourd.
Haut de 35 mètres, avec une circonférence du tronc de 5,5 mètres, le chêne planté en 1681 était l'un des rares arbres à avoir échappé à la régénération du parc ordonnée par Louis XVI en 1776.
Planté à proximité de l'allée de la Reine, entre le Grand Canal et le Grand Trianon, il a ainsi été dénommé car la reine Marie-Antoinette (1755-1793) aimait profiter de son ombrage lorsqu'elle séjournait à Trianon.
Ce chêne tricentenaire se trouvait dans un bosquet de grands arbres qui a été dévasté par la tempête de 1999. Il s'est ainsi trouvé davantage exposé aux rayons du soleil et a perdu de sa vigueur. Au printemps 2003, il n'avait produit que quelques feuilles et n'a pas survécu à la canicule de l'été.
Le chêne de Marie-Antoinette sera remplacé en mars par un nouvel arbre, un Quercus Robur, espèce réputée pour sa résistance et sa vigueur, installé exactement à la même place.
Dans un ultime craquement, le chêne de Marie-Antoinette est tombé.En moins de deux minutes, deux tracteurs forestiers ont eu raison du chêne de Marie-Antoinette, le doyen (324 ans) des arbres du parc du château de Versailles victime de la canicule de 2003, qui est lourdement tombé au sol mercredi dans un dernier craquement.

Pendant de longues secondes, les employés du château présents ont regardé le long squelette débarrassé de ses branches gisant au sol, hésitant entre applaudissements et larmes, conscients "qu'une page d'histoire venait d'être tournée".
Pour Christine Albanel, présidente de l'Etablissement public du château de Versailles, "c'est quelque chose d'extrêmement fort d'entendre le craquement de l'arbre, un des fleurons de Versailles, de le voir tomber et, brusquement, ce fracas, c'est très fort". Elle y voit "un arrachement et pas seulement un arrachement à la terre" mais "un peu un arrachement à notre mémoire".
Peu à peu, chacun s'approche de la dépouille du chêne planté il y a 324 ans dont la circonférence du tronc dépasse les 5,5 mètres et dont les racines, à peine sorties de terre, se dressent à plusieurs mètres de hauteur.
Très ému, Alain Baraton, jardinier en chef du parc de Versailles, reconnaît qu'il " y a beaucoup de tristesse, car quand on est jardinier notre rôle est de conduire les arbres et de veiller à leur santé. Voir un arbre de cette dimension à terre, c'est quand même très triste".
A ce moment, il pense aux "générations entières de jardiniers qui ont veillé sur le chêne de Marie-Antoinette". "Moi, je suis celui qui l'aura accompagné en fin de vie, qui l'aura emmené de nouveau dans les pépinières où il a vu le jour", lâche-t-il, reconnaissant "une certaine fierté finalement".
Le chêne ne quittera pas Versailles car une fois relevé il sera exposé près des pépinières de Trianon. Pour Alain Baraton, il est "normal que Versailles conserve les arbres qui ont fait sa réputation au même titre que le mobilier ou les tableaux. Versailles, c'est un musée, mais c'est aussi un parc".
Un nouvel arbre sera replanté en mars, un Quercus Robur, espèce réputée pour sa résistance et sa vigueur, il sera placé non loin du lieu où le chêne de Marie-Antoinette sera exposé.
Quant au bosquet où régnait depuis plus de trois siècles le chêne majestueux, la descendance est assurée puisque des glands, prélevés il y a plus de dix ans, ont été replantés et donnent déjà de beaux arbustes.
Voici une photo du chêne, exposé devant le Grand Trianon, qu'un ami s'étant récemment rendu à la Cour m'a fait parvenir.
©SL.