Nous avons vu les grands personnages de l'Etat, mettons les au travail !
Commençons d'ailleurs avec le Travail du Roi.
Le Travail du Roi
Cette expression recouvre en fait les rendez-vous qu'a Le Roi avec ses ministres. Sous Louis XIV, le travail s'appelait la liasse, puisque chaque ministre se présentait avec l'ensemble des documents à soumettre au Roi serrés dans portefeuille. Cette séance de travail a lieu chaque semaine à jours et heures fixes. Malgré les jours et heures attitrés au ministre pour
leur travail, l'annonce d'une incartade des Parlements, une importante dépêche diplomatique bousculaient les habitudes.
Je n'ai parlé que des ministres. Or ils n'étaient pas les seuls à avoir
"un travail", en effet, nous pouvons citer :

Le Chancelier,

Les Secrétaires d'Etat,

Le Contrôleur Général des Finances,

Le prélat chargé de la Feuille des Bénéfices,

Le Directeur des Economats,

Le Surintendant des Bâtiments,

Le Premier Architecte,

Le Gouverneur du Château de Versailles,

Le Directeur des Fortifications,

Le chef du Conseil temporel de Saint Cyr,

Le colonel de Son Régiment,

Les chefs de Sa Maison militaire et des Grands Services de la Cour,

Le Lieutenant Général de Police (à partir de 1749).
De plus, j'ai parlé de séance en tête-à-tête avec le Roi, ce n'est pas exact, puisque le Premier Ministre, s'il y en a un, assiste au Travail. A noter, que lorsque M. le Duc était Principal Ministre, le Cardinal Fleury assistait à tous les entretiens. Le Cardinal y assista jusqu'à sa mort.
Ainsi, le Roi examinait, discutait et décidait de certaines matière avec le ministre concerné.
Le ministre venait au travail avec rapports, mémoires, projets, propositions, demandes, listes et placets. Beaucoup de ces documents se terminaient par une phrase où Sa Majesté était "suppliée de trouver bon", ce qu'on Lui proposait. Le Roi écrivait alors de sa main :

"Néant"

"Ne se peut"

"Approuvé"

"Bon"
C'est ainsi, que ces documents autographes son devenus les
Bons du Roi !
Néanmoins, si le sujet abordé semblait requérir une discussion plus large, le Roi renonçait à statuer et portait l'affaire en Conseil. Le travail permettait donc de discerner ce qui était "courant" de ce qui nécessitait une saisie du Conseil. Néanmoins, les ministres pour éviter des discussions avec leurs collègues pouvaient solliciter le Roi sur des résolutions qui aurait dues être prises en Conseil (et tant mieux pour eux si ça passait). Le Travail pouvait donc faire concurrence au Conseil, même si logiquement ils étaient complémentaires.