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Pensez-vous que l'oeuvre particulièrement licencieuse de la "philosophie dans le boudoir" de Sade, soit une transcription fidèle des débauches de la haute aristocratie, en ce fin de XVIIIème siècle ?
Pour ce que j'ai compris de l'oeuvre de Sade, il me semble que ce sont plutôt des écrits provocateurs, destinés à secouer la société, Sade se posant en spectateur et rapporteur pessimiste des noirceurs de l'âme humaine et en hussard de l'athéisme.
Certains de ses contemporains ont témoigné qu'il a eu des comportements un peu brutaux avec des femmes (notamment des femmes de petite vertu). Mais, s'il a passé une partie non négligeable de sa vie en prison (près de 30 ans en tout, si je me souviens bien), il a été enfermé pour des délits très divers : "empoisonnement" (en particulier pour usage de mouches cantharides réputées aphrodisiaques), voyeurisme, homosexualité, et, bien plus tardivement (au début des années 1800) pour pornographie.
Il me semble que si ses écrits avaient été ce que vous appelez "une transcription fidèle des débauches de la haute aristocratie", il n'aurait probablement pas été le seul auteur du genre, quitte à faire imprimer les livres au-delà des frontières françaises.
Pour ma part, et sans prétendre être un connaisseur académique de cette littérature, j'incline à penser qu'il s'agit plutôt de récits qui caricaturent, qui exagèrent, qui confinent au fantasme.
Je ne prends pas
La philosophie dans le boudoir comme un reportage ethnographique sur une licence aristocratique généralisée de la fin du XVIIIe siècle, pas plus que je ne prends
Hannibal le Cannibale pour un reportage sur la dérive psychopathique de la société états-unienne, ou un film X comme un élément représentatif de la moyenne de la sexualité de notre époque.