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 Sujet du message: Livres d'Alain Cabantous
MessagePosté: 20 Mai 2007, 14:36 
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Localisation: Dans son monde...
Quelques livres - que j'ai lus contraint et forcé :lol: - fort intéressants même s'ils n'embrassent pas que le XVIII ème siècle. :wink:

par Alain Cabantous

Agrégé d'histoire, docteur ès lettres, chargé de recherche au CNRS, spécialiste de l'histoire des sociétés maritimes sous l'Ancien Régime.


:arrow: La vergue et les fers. Mutins et déserteurs dans la marine de l'ancienne France (Tallandier, 1984 - épuisé actuellement - 19,06 €)

Un descriptif de ce livre est disponible ici, pour ceux qui seraient intéressés (du bas de la page 713 au haut de la page 715)


:arrow: Le Ciel dans la mer. Christianisme et civilisation maritime (XVIe-XIXe siècle), (Fayard, 1990 - 23 €)

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Présentation de l'éditeur :

"Immense, violente, imprévisible, dévoreuse d'hommes, la mer convie au sacré, et depuis l'aube des temps la religion occupe une place essentielle dans l'existence des gens de mer. Est-il imaginable que leurs conditions de vie, si particulières, n'aient pas d'incidences sur leurs pratiques, voire sur leurs croyances ? Peut-on penser que le temps des Réformes - qui est aussi celui des navigations lointaines - ait fait d'eux des chrétiens semblables à ceux des communautés rurales ou urbaines ? Chez ces hommes séparés de leur famille, vivant dans un cadre et à un rythme si différents, dépourvus de lieux de culte et presque toujours privés de l'assistance de clercs, il semble par exemple établi que le recours aux intercesseurs (Vierge, saints) prenait le pas sur la dévotion au Christ, et que beaucoup de leurs gestes ou de leurs invocations relevaient davantage de la magie que d'un christianisme épuré. Bien d'autres indices encore permettent de déceler une fragilité, une ambiguïté certaines de leurs convictions. L'écho des préceptes et des conduites prescrits par les autorités religieuses leur parvient assourdi, affaibli, avec retard.

Ce n'est pas avant le milieu du XIXe siècle que les Églises se soucient vraiment d'une pastorale qui s'adresse à eux. C'est alors que se multiplient les paroisses côtières, que se répandent les bénédictions de l'océan et les pardons des pêcheurs morutiers, que les aumôneries navales se structurent durablement.

Mais, dans le même temps, tandis que s'amorce la déchristianisation des sociétés, les conditions techniques de la navigation se modifient, et le danger se fait moins pressant. Dès lors, le christianisme maritime perd une part de son originalité et de son unité, bien que ces mutations soient désormais masquées par l'image du marin fervent et fidèle façonnée par la littérature."



:arrow: Les côtes barbares. Pilleurs d'épaves et sociétés littorales en France (1680-1830) (Fayard, 1993 - 22 €)

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Présentation de l'éditeur :

Jusqu'au milieu du siècle dernier, les habitants de la plupart des régions littorales furent tenus pour des demi-sauvages rebelles à l'autorité venue du dehors et sur qui l'effort séculaire de civilisation des moeurs n'avait produit que peu d'effets.

Il est vrai qu'ils étaient à peu près coupés de l'intérieur et que leur environnement les différenciait des populations d'une France terrienne qui s'intégrait lentement mais sûrement. Pour une part, ils vivaient d'activités s'apparentant à la cueillette: pêche, récolte du varech et, quand les flots se montraient généreux, récupération de marchandises ou d'éléments de navires venus s'échouer sur les côtes. Tout ce que la mer apportait à ces gens pauvres et frustes était pour eux un don du Ciel : quelques bouts de bois pour se chauffer, un morceau de fer pour fabriquer un outil, une guenille, les grands jours une barrique de vin ou même quelque denrée coloniale à monnayer... Comment demander à ces communautés de croire, comme on voudrait les en convaincre, qu'ils commettent là un péché grave, qu'ils lèsent le roi, c'est-à-dire l'État (à qui reviennent en principe les épaves) et se comportent en barbares ? La répression, parfois brutale, souvent maladroite, toujours source de malentendus, ne fait que souder davantage encore des populations unies par une solidarité profonde: on refuse de parler et surtout on ment aux enquêteurs, et il n'est pas rare de voir des curés, des seigneurs fermer les yeux - quand ils ne tirent pas eux-mêmes profit de ces trafics illicites.

De là à diaboliser les gens des côtes et à leur prêter les pratiques les plus inhumaines, il n'y a qu'un pas, qui sera franchi à l'époque romantique par les écrivains et les folkloristes des villes. On assure qu'ils allument des feux la nuit pour tromper les navires en difficulté, qu'ils massacrent impitoyablement des équipages entiers, qu'ils mettent ensuite les cargaisons en coupe réglée... Le mythe acquiert alors une vigueur telle qu'il a encore cours aujourd'hui, même si les historiens ne trouvent rien de tel dans leurs dossiers et même si les plus élémentaires règles de la propagation de la lumière s'inscrivent en faux contre cette fable..."



:arrow: Les citoyens du large. Les identités maritimes en France (XVIIe-XIXe siècle) (Editions Aubier, 1995 - 21,34 €)

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Présentation de l'éditeur :

"Une enquête sur l'identité réelle et multiple de ce milieu réparti en trois grands groupes : les pêcheurs, les navigateurs et les capitaines et officiers de marine."

et enfin le dernier livre paru - plus général - et que je n'ai pas lu :

:arrow: Les Français, la terre et la mer (XIIIème - XXème siècle), (Fayard, 2005 - 32 €)

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Présentation de l'éditeur :

"Certes, la France n’a pas de tradition maritime aussi vigoureuse et aussi exclusive que celles des Pays-Bas ou de la Grande-Bretagne, certes, elle a été une puissance engagée sur le continent et une colonisatrice tardive, mais comment croire qu’elle ait vécu sans la mer et que la mer n’ait pas modelé ses campagnes et ses villes, ses échanges commerciaux, ses circuits financiers, ses flux migratoires, ses modes de vie, ses questionnements intellectuels, ses goûts artistiques comme culinaires, bref son mode d’être comme nation et comme Etat depuis au moins le xiiie siècle ? Ce pays est à cet égard servi par la géographie, qui fait de lui un lien entre le Levant et le Ponant et l’a doté de plus de 5 000 km de côtes ; aucun lieu de France ne se trouve à plus de 400 km de la mer et ses DOM-TOM lui confèrent le troisième domaine maritime du monde. Jamais les populations du littoral n’ont été coupées de l’intérieur, depuis des siècles la viticulture, la sylviculture, l’industrie travaillent avec et pour la mer et les horizons lointains. Quant à la connaissance du monde, à la recherche scientifique et aux imaginaires, ne sont-ils pas, eux aussi, largement tributaires de la mer ? La littérature, les beaux-arts, la pensée en témoignent en permanence, et l’état florissant de la navigation sportive et de loisirs le montre aujourd’hui.
Ce n’est donc pas une supposée « France maritime », distincte du reste, qui est envisagée ici. L’équipe d’historiens et de géographes qui a mis cette très originale somme en œuvre a préféré observer sur la longue durée comment la France a attaché (et attache toujours) le même prix à l’intégration politique de l’espace côtier, à son aménagement et à son développement économique qu’à ceux de l’ « intérieur », et comment les Français du xxie siècle sont les héritiers d’une société tout à la fois terrestre et maritime."


Sous la direction d’Alain Cabantous, professeur à l’université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, André Lespagnol, professeur à l’université de Rennes II et Françoise Péron, professeur à l’université de Brest, ont collaboré à cet ouvrage Nacima Baron-Yellès, Jacques Bottin, Gilbert Buti, François Chappé, Jean-René Couliou, Patrick Descamps, Antoine Frémont, Jean-Claude Hocquet, Gérard Le Bouëdec, Jacques Paviot et Giulio Romero-Passerin.

_________________
"Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."

Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)


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