Victoire-Adélaïde a écrit:
néanmoins, je ne vois pas pourquoi Catherine avait à redouter cet ouvrage, alors que la noblesse russe savait pourquoi son époux avait disparu. Ce livre est-il si cruel?
Disons que Catherine II entretenait son
image, et notamment en France. Elle se voulait être l'amie des philosophes. Et toute cette histoire n'allait pas vraiment dans le sens de sa
posture politique.
On sait combien elle souhaitait se rapprocher des grandes figures des Lumières. Et ils n'étaient pas tout à fait dupes.
Ainsi, à peine montée sur le trône, elle invite d'Alembert à venir s'occuper de l'éducation de l'héritier Paul.
Dans une lettre à Voltaire, et faisant allusion à la mort de Pierre III, d'Alembert explique son refus par un : "
Je suis trop sensible aux hémorroïdes, et elles sont trop sérieuses dans ce pays".
On sait aussi que Rousseau refusa une invitation.
De même, elle propose d'installer une imprimerie à Riga pour faciliter la publication de l'Encyclopédie, elle soutient financièrement Diderot (rachat de sa bibliothèque en lui en laissant disposition à vie avec, en prime, une pension annuelle comme bibliothécaire etc.
La
consécration morale ou
éclairée de l'époque est l'amitié de Voltaire.
L'impératrice lui fait de nombreux appels du pied, comme aux autres philosophes, notamment pour
asseoir sa politique de réformes.
Elle sait le flatter dans le goût qu'il a d'entretenir une correspondance avec les têtes couronnées.
Plus concrètement, elle accordera aussi une aide matérielle à Madame Callas...
Bref, elle fait tout son possible pour attirer auprès d'elle tous ces grands penseurs, ou pour se déclarer leur amie.
Vraies/fausses bonnes intentions, avec succès ou non, cette trouble histoire de la
disparition de son mari faisait tout de même un peu tâche dans cette grande campagne de relations publiques.
J'imagine qu'elle ne souhaitait tout simplement pas
remuer le couteau dans la plaie.
