-par Jean Bérenger :
Joseph II d'Autriche, serviteur de l'Etat (Fayard, novembre 2007 - 27 €)
Présentation de l'éditeur :"Lorsqu'il accéda au trône, Joseph II (1741-1790), fils de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, se lança dans une vaste politique modernisatrice qu'il avait mûrie durant le règne de sa mère. En butte à la résistance de l'aristocratie et du clergé qui imposèrent des limites à son oeuvre aux aspects multiples, il mena à bien ses réformes dans le domaine de la culture : il mit fin à la censure ecclésiastique, ouvrit Vienne aux idées des Lumières, accéléra les progrès de la scolarisation, imposa un édit de tolérance qui donna un statut social aux protestants et aux juifs, parvenant malgré tout à ne pas se brouiller avec le pape. De plus, il abolit le servage et créa l'administration nécessaire au gouvernement de son empire, posant les bases de l'essor économique que connaîtra l'Empire austro-hongrois au XIX ème siècle.
Personnage peu étudié malgré la fascination qu'il exerça sur ses contemporains et sur la postérité, notamment au XIX ème siècle, Joseph II nous est rendu accessible par Jean Bérenger qui s'est appuyé sur la correspondance qu'il entretenait avec son entourage, écrite le plus souvent dans un excellent français. Cet ouvrage novateur nous présente enfin ce monarque à la lumière tant de ses échecs que de ses réussites que leur portée tardive avait dissimulées au jugement de ses contemporains."
Histoire de l'empire des Habsbourgs (1273-1918) (Fayard, ,1998 - 32 €)
Présentation de l'éditeur :"Originaires de Suisse alémanique, les Habsbourgs ont élargi leurs possessions au Bassin danubien dès la fin du XIII ème siècle, avant d'affirmer, au XVème siècle, leur destin européen (en obtenant pour de nombreuses générations la dignité impériale) voire, avec Charles Quint, leurs prétentions à la monarchie universelle grâce à l'Espagne et à ses possessions puis de demeurer jusqu'en 1918 (avec des hauts et des bas) une puissance de premier plan (notamment en jouant pour l'Occident le rôle de bouclier face à la menace ottomane). Les Habsbourgs d'Autriche régnèrent toujours, en Europe centrale et orientale, sur des nations déjà existantes, la hongroise, la polonaise ou la bohême, ou bien gouvernèrent des Etats qui n'étaient que des fragments d'une nation plus vaste (Naples et Milan pour la nation italienne, la Styrie, le Tyrol ou la Basse-Autriche pour l'allemande).
Indifférents au concept d'Etat-nation, ils lui ont préféré celui de monarchie supranationale dans laquelle la fidélité au souverain constituait le lien fondamental entre les peuples et tenait lieu de patriotisme. Ce concept, rétrograde en apparence, avait l'avantage de ne les identifier à aucune culture ni à aucune nation privilégiée. Il leur permit, au contraire, de respecter les langues vernaculaires, les cultures, souvent les religions, les autonomies des peuples qui s'étaient plus ou moins volontairement placés sous leur tutelle.
C'était la meilleure garantie de ce que l'on peut appeler le "droit à la différence" des minorités. L'autre secret de "l'archimaison" fut de savoir collaborer avec les forces sociales dominantes - Eglise et noblesses puis grande bourgeoisie d'affaires - tout en créant progressivement une classe d'homme nouveaux - fonctionnaires et officiers - en attendant de s'accommoder du suffrage universel et des sociaux-démocrates acquis à son maintien à condition qu'elle accorde plus d'autonomie aux divers groupes ethno-linguistiques.
Cette histoire d'une maison souveraine se veut tout autant politique et sociale que culturelle et économique. Elle permet de comprendre comment cette construction originale a fonctionné, contribué à l'équilibre européen, facilité l'évolution de plusieurs nations et aussi pourquoi, sans avoir démérité, elle a été condamnée en 1918 par des vainqueurs incapables de lui substituer un système plus juste et plus efficace..."Qui est l'auteur ?
"Professeur à la Sorbonne, Jean Bérenger est spécialiste d'histoire militaire et des pays d'Europe centrale et orientale à l'époque moderne."
Marie-Thérèse d'Autriche, par Jean-Paul Bled (Fayard, 2001 - 25 €)
Présentation de l'éditeur :"Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780) siège en bonne place au panthéon de l'Europe monarchique.
A peine sur le trône, elle met au service de l'Etat une énergie qui fait l'admiration de tous, même de son ennemi Frédéric II, auquel va l'opposer un long duel. Bien qu'élevée dans les valeurs du catholicisme baroque, elle sait se montrer pragmatique. Archiduchesse d'Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, elle noue avec ses sujets une relation de personne à personne, et, grâce à son charisme, affirme l'autorité des Habsbourgs dans les différents territoires de la monarchie.
Elle-même se veut la mère de ses peuples : "Quoique aimant ma famille et mes enfants, je n'aurais pas hésité à être avant tout la mère de mes Etats et à leur donner la préférence si cela avait été nécessaire", écrit-elle dans son Testament politique.
C'est cette image, transmise de génération en génération, que retiendra la postérité. Le bilan de son long règne est impressionnant : malgré trois guerres, Marie-Thérèse a posé les fondements de l'Autriche moderne et a redonné à Vienne sa place dans le concert des monarchies européennes.
Le bilan de sa vie de femme ne l'est pas moins : elle a épousé l'homme qu'elle aimait, François-Etienne, duc de Lorraine ; elle a donné le jour à seize enfants, dont dix ont survécu, et a veillé de près à leur éducation, mais elle s'est aussi employée à les utiliser pour tisser les fils d'un système diplomatique au service des intérêts autrichiens, comme en témoigne le mariage de Marie-Antoinette avec le futur Louis XVI."-Sommaire :-Dans l'attente (1717-1740)
-L'héritage
-Le grand péril (1740-1745)
-Le redressement (1745-1748)
-L'entre-deux-guerre : les réformes intérieures (1749-1756)
-Le renversement des alliances (1756)
-La guerre de Sept Ans (1756-1763)
-Vers un nouvel élan (1763-1765)
-Les travaux et les jours
-La "coquette d'esprit"
-Nouveaux défis
-Vienne au temps de Marie-Thérèse
-L'Europe de Marie-Thérèse
-Derniers combats (1778-1780)
Qui est l'auteur ?
"Jean-Paul Bled, ancien directeur du Centre d'études germaniques de Strasbourg, est professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne, où il est titulaire de la chaire d'histoire de l'Allemagne contemporaine et des mondes germaniques. Il est l'auteur, notamment, d'une biographie de François-Joseph (Fayard, 1987) et d'une Histoire de Vienne (Fayard, 1998)."
Joseph II. Un Habsbourg révolutionnaire, par François Fejtö (Perrin, édition revue et corrigée, 2004 - 22 €)
Présentation de l'éditeur :"Européen, acquis aux Lumières et d'une tolérance religieuse inhabituelle, voilà qui fait de Joseph II, empereur d'Allemagne, roi de Hongrie, d'Autriche et des Romains, un personnage proprement révolutionnaire.
Sa jeunesse est européenne : roi des Romains à 23 ans (1764), élu empereur l'année suivante, il visite ses Etats, l'Italie, la Prusse, la Russie, et surtout Paris. En compagnie de sa sœur, Marie-Antoinette, il découvre la cour la plus brillante de l'époque, se lie avec des philosophes et des économistes. C'est là qu'il définit les principes de son action politique : le despotisme éclairé.
Autour de 1780, il abolit le servage, la corvée et met en chantier une réforme fiscale; il promulgue un édit de tolérance, instaure le mariage civil, cantonne l'autorité du pape au dogme, sécularise la moitié des couvents mais soutient les ordres enseignants, et assure aux juifs une paix religieuse et sociale.
Il ordonne un recensement de la population, ce qui ébranle les bases mêmes de l'ordre féodal en introduisant le principe de l'égalité des citoyens dans les institutions.
Menacé par la Prusse et l'Empire ottoman, il tient son empire par la force de sa poigne et le conduit, jusqu'à sa mort en 1790, à être le seul concurrent, mais pacifique, de la France."-Sommaire :Livre Premier-Naissance d'un héritier
-Vitam et sanguinem
-Un diplomate d'envergure : Kaunitz
-Le jeune archiduc
-Education difficile
-Les divertissements de l'Altesse royale
-La Guerre de Sept Ans
-La duchesse de Parme
-Joseph, roi de Rome
-La mort du père
-Les conceptions politiques du nouveau corégnant
-La réaction de l'Impératrice et de Kaunitz
-Joseph et Léopold
-Eleonore de Liechtenstein
-L'empereur rencontre le roi de Prusse
-Le premier partage de la Pologne
-Famine en Bohême
-De l'abolition du servage à la réforme de l'administration
-Tolérance et intolérance
-Joseph II en France
-La succession de Bavière
-La guerre de la Succession de Bavière fait long feu
-Joseph chez Catherine II
Livre II-Le nouveau monarque
-Le style Joseph II
-La liberté de la presse
-Joseph ou la passion de l'unité
-Le culte de l'Etat
-Visites impériales
-La politique religieuse de l'empereur
-Le "comte du Nord" à Vienne
-L'affaire des Pays-Bas
-Le mariage d'Elisabeth et de François
-La guerre contre la Turquie
-La maladie de l'empereur
-La prise de Belgrade
-La "mode" française
-Hoc ibit
-"Pourquoi ne suis-je pas aimé de mon peuple ?"
-L'agonie et la mort de l'empereur
-Dans la crypte des Capucins
Qui est l'auteur ?
"François Fejtö s'est imposé d'abord comme l'historien des démocraties populaires puis de l'empire des Habsbourgs et de la Mitteleuropa. Il est un des derniers grands acteurs et analystes vivants des combats intellectuels des années 1950-1990."