Atalante a écrit:
Quelqu'un connaît-il ces deux ouvrages de Louis- Sébastien Mercier, "Paris en l'an 2440" et "Tableau de Paris" ?
Je ne connais pas "
Paris en l'an 2440", mais "
L'an 2440,
rêve s'il en fût jamais" que je n'ai pas davantage lu.

Je sais seulement que c'est un texte utopique que Mercier considéra, après coup, comme une prophétie de la Révolution.
Pour son
Tableau de Paris, je n'en connais que quelques extraits, bien sûr.
Je crois savoir que le
Mercure de France avait édité l'intégralité des
tableaux, mais cette édition est désormais épuisé.

Pour les plus courageux, on retrouve
Le tableau de Paris sur Gallica.
Enfin, est encore disponible cette parution que je connais humblement (et probablement d'autres encores, dont quelques-unes commentées avec attention) :

Pour rappel, notons que les deux premiers volumes furent publiés en 1781 et le dernier en 1788.
Je lis enfin que notre homme a quelque peu
craqué après la Révolution et le succès de ses
Tableaux.
Contre toute attente, il fustigera les idées de Descartes et de Voltaire; prétendra que la Terre est plate et se trouve au centre de la Galaxie; préfèrera le cri du crapaud au chant du rossignol ("Tais-toi, vilaine bête"); il entrera dans l'administration de la Loterie nationale après en avoir vertement rejeté le principe, et rejoindra l'Institut après avoir raillé les académies.
Mais il ajoutera crâneur :
"Depuis quand n'est-il plus permis de vivre aux dépens de l'ennemi".
Au cours de ces années, il fut membre de la Convention, puis du Conseil des Cinq-Cents, professeur d'histoire aux Ecoles centrales, et passera quelques jours aussi en prison.
Atalante a écrit:
J'aimerais savoir ce que vous pensez de ces textes, notamment dans les domaines de l'hygiène et de la sécurité dans le second ouvrage. Est-ce réaliste ? Si oui, en quoi ?
Je suis bien en peine de pouvoir vous confirmer ou non la pertinence historique de ses écrits.
Je ne peux avoir cette prétention, et je n'en ai d'ailleurs pas les compétences.
Tout ce que je sais, c'est que ses
tableauxsont souvent cités ou repris, et cela dans de nombreux ouvrages.
Il sont une référence incontournable, il me semble.
Pour celles et ceux qui, comme moi, sont
amateurs de ces chroniques de société bien qu'
amateurs dans leurs mises en perspectives, je conseille de les prendre comme un plaisant et intéressant témoignage.
Mais je n'ai certes pas de thèse à rédiger...
Atalante a écrit:
Avez-vous des ouvrages à me conseiller sur ce sujet ?
Je ne m'adresse pas à vous, chère Atalante, car ces trois livres que je propose aux
amateurs/amateurs sont trop peu
consistantspour vos recherches.
(Quoique, leurs notes bibliographiques sont...impressionnantes !!).
Bref, ils sont -à mon niveau- une mine d'informations bien agréable à parcourir :
Présentation de l'éditeur:
Du siècle des Lumières si souvent visité, il restait une image audacieuse à donner : laisser parler les témoins. Voix singulières et variées : Mercier, Saint-Simon, Morellet, d’Argenson, et d’autres issues de toutes catégories sociales et de tous les âges, Brancas, Ligne, Vigée-Lebrun, Wille.
Chacun a un style, une manière de raconter, des préoccupations et des sentiments divers. Tous ensemble nous sommes conviés à un véritable enchantement où l’humour, les sens de la beauté ou celui de l’anecdote, la profondeur des réflexions et le sentiment du tragique, parfois, attisent tour à tour l’attention ou comblent les sens. Tout est raconté de ces choses qui ont fait le caractère d’une époque : des perruques toujours plus hautes aux intrigues de la Cour, de l’attentat de Damiens au sacre de Louis XVI. Assortie de notices biographiques, d’un index et d’introductions, la présente anthologie promet à ses lecteurs de vrais bonheurs à la mesure de la grande diversité des textes présentés. De telles promesses sont parfois illusoires : elles ne peuvent ici qu’être exaucées.
Argumentaire de l'éditeur :
Le XVIIIe siècle n’a jamais été aussi vivant qu’aujourd’hui, que ce soit en littérature, au cinéma ou au plan de la réflexion théorique. Nombreuses sont les œuvres d’imagination qui s’en inspirent, dans le roman comme à la scène. C’est ainsi que Voltaire et Rousseau, Diderot et Beaumarchais, Julie de Lespinasse et Sade sont eux-mêmes devenus des personnages de théâtre, tout en restant des inspirateurs ou des modèles. Les écrivains français ne sont pas les seuls à subir cette fascination.
Elle se retrouve, avec la même force, en Angleterre, en Allemagne, en Italie et aux États-Unis. Au cinéma, Casanova est devenu un personnage sans cesse revu et redécouvert, tout comme le couple Laclos-Merteuil dans un autre registre. On réédite l’Encyclopédie en version papier et en compact-disque, tandis qu’on pille allègrement son illustration aux fins les plus diverses. Dans les débats actuels sur les grands enjeux éthiques et politiques, le recours à la pensée des Lumières reste toujours aussi enrichissant qu’éclairant.
Cette vague de fond impressionnante correspond à une recherche de références et de valeurs de la part de notre société. Elle a eu pour effet de favoriser une certaine image du XVIIIe siècle où se mêlent les notions d’élégance et de désinvolture, d’esprit critique et d’impertinence, de raffinement et de libertinage, de subversion et d’utopie. Image à la fois littéraire et sélective, centrée sur une société de privilégiés parfois pour les critiquer mais qui n’est qu’un reflet très partiel de cette époque qui fut mouvante et bigarrée.
Le présent ouvrage se propose un objectif différent en se fondant sur des textes écrits conçus dans une autre perspective que celle de la fiction. Il laisse délibérément la parole aux contemporains afin de dégager, dans toute la mesure du possible, la conscience que les hommes et les femmes du XVIIIe siècle ont eue de leur environnement, de leur destin, de leurs attentes et de leurs espoirs, de leur mode de vie et de leur singularité, à travers la correspondance, les notations ponctuelles des journaux intimes, les mémoires et parfois, à la fin du siècle, chez Mercier et Restif, dans la volonté explicite de témoigner de leur époque.
Le tableau qui s’en dégage souligne les disparités autant que les analogies avec notre temps. Il pourra parfois surprendre le lecteur moderne, qu’il s’agisse des odeurs, des prisons, du bourreau, des galériens, des grisettes, de la police, de la misère urbaine et paysanne, ou de l’étiquette de cour.
Un tel ouvrage ne saurait être exhaustif, ne fût-ce que par la masse des matériaux fournis par les textes, dans lesquels il a fallu opérer
un choix qui est forcément subjectif, quelle que soit la volonté d’objectivité. Il est aussi limité par l’apport des auteurs, qui correspond à leurs goûts, et donc aussi à leurs exclusives.
Certains secteurs apparaissent comme favorisés, alors que d’autres resteront longtemps en friche.
La voix de l’ouvrier y est rare et d’autant plus précieuse.
Il faut en remercier le vitrier Jacques-Louis Ménétra, et son découvreur Daniel Roche 
, même si la syntaxe de l’artisan parisien nous désarçonne parfois.
Si la signature de Mercier revient souvent, plus encore que celle de Restif de la Bretonne, obsédé par sa subjectivité, c’est que son Tableau de Paris est, et reste, une œuvre unique, irremplaçable, et qui n’a guère d’équivalent ailleurs 
, et même dans la littérature ultérieure.
La vision de ces nombreux interprètes, issus de milieux sociaux très divers, est évidemment marquée par leurs convictions, voire leurs partis pris. Elle n’en a pas moins valeur significative et reste donc représentative à sa manière, même quand les voix s’y contredisent.
Leur témoignage n’est pas à prendre comme une vérité, d’ailleurs inaccessible dans sa multiplicité, mais comme l’expression d’une personnalité 
qui a voulu, très consciemment, la consigner pour en faire part, à autrui d’abord, et à la postérité à plus long terme.
Notre espoir est de faire mieux connaître de l’intérieur, et de faire mieux aimer dans sa réalité vécue, une époque qui reste, avec ses faiblesses et ses défauts, un des grands moments de la culture européenne. Elle y apparaît réfractée sous la plume de ceux qui ont bien voulu nous laisser, ou nous adresser, ces précieux messages.
Présentation de l'éditeur:
«Temps des Lumières» n’est pas une simple formule : le siècle est vraiment celui des Lumières, et ce livre le fait voir. Il montre comment la pensée des Lumières et ses valeurs d’utilité et de tolérance ont transformé les rapports sociaux, changé les esprits et les coeurs et jusqu’à l’âme des peuples.
On goûtera au fil des pages les charmes de ce monde ancien, sa douceur de vivre et sa politesse, la grâce raffinée de ses œuvres d’art. Mais on pourra aussi découvrir ce qu’il y avait en lui d’insensible et d’inhumain, la nouvelle dureté des rapports sociaux, l’abandon de l’enfant, l’avilissement de la femme et le consentement unanime à l’asservissement par l’esclavage. Nul siècle n’est plus contrasté. Nul n’est plus désenchanté. D’un côté il appelle le bonheur, et de l’autre il répond : il n’y a pas de bonheur. «De l’ange à l’huître, écrit Mme du Deffand, rien n’est heureux.» Nulle époque peut-être ne ressemble davantage à la nôtre, et c’était une raison de plus de n’en cacher aucun aspect.