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 Sujet du message: L'imprimé, le manuscrit, la presse au XVIIIème.
MessagePosté: 24 Jan 2007, 23:56 
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J’ai écouté cette émission en début de mois.
Un peu pointue, mais assez intéressante, elle est encore disponible à l’écoute ici :

http://www.radiofrance.fr/chaines/franc ... n_id=48261

La référence de cette émission est :

:arrow: La plume et le plomb : Espace de l'imprimé et du manuscrit au siècle des Lumières.
De François Moureau, Robert Darnton (Préface)
Editeur : Pu Paris-Sorbonne

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Présentation de l'éditeur

L'invention de l'imprimé au XVe siècle - le plomb typographique - n'a pas totalement supprimé la diffusion manuscrite de certains textes - la plume du copiste. Le manuscrit de copie subsiste en France jusqu'à la Révolution comme un procédé de publication réservé, discret, parfois nécessaire, de toute manière échappant aux règles du marché du livre définies dans le règlement de 1723 compilé par le Code de la librairie (1744). Le livre parisien domine en apparence le marché français : il bénéficie de la plupart des privilèges, de solides appuis auprès de la direction du Livre et des censeurs, surtout parisiens, rattachés à la Chancellerie. Cette belle organisation, où le pouvoir politique et la Communauté des Libraires trouvent un intérêt commun, dissimule à peine des pratiques délictueuses aux yeux de la loi, mais explicables au nom de l'économie et d'une chalandise qui ne se satisfait pas des livres à privilèges. Contrefaçons provinciales ou étrangères de production parisienne, " permissions tacites " pour des livres vendus ouvertement mais qui n'existent pas en droit, fausses adresses typographiques, auteurs feints et vrais-faux anonymes : le livre échappe au carcan de la légalité, sinon de l'économie de marché. La censure a beaucoup à faire pour enrayer certains débordements, tout en sachant que le manuscrit interdit à Paris sera publié à Amsterdam ou à Genève pour entrer en fraude à Paris, au seul bénéfice de la librairie étrangère. Les ventes sur catalogue du XVIIIe siècle prouvent que le livre interdit prospère dans les bibliothèques les plus convenables au regard de la loi. Le manuscrit de copie, petite monnaie en apparence de la diffusion littéraire et philosophique, poursuit sa route sans trop se préoccuper de ces mouvements qui le concernent pourtant. Les nouvelles à la main et les correspondances littéraires secondent ou nourrissent les gazettes et les journaux savants imprimés ; les manuscrits philosophiques modernes se flattent d'une diffusion limitée qui les met à l'abri d'une censure d'ailleurs très peu active dans ce domaine tant que le texte ne passe pas au plomb. L'univers du livre imprimé ou manuscrit propose une galerie de portraits sans égale, où se rencontrent magistrats austères, libraires avisés, académiciens prudents, petits et grands délinquants du livre, bibliomanes et copistes à la feuille : un monde dont la Révolution signera la disparition.

J’en profite pour citer cet autre livre que j’avais lu il y a bien des années à l’université.
Pas facile, facile, mais très instructif.

:arrow: Gens de lettres, gens du livre
De Robert Darnton.
Editeur : Point Seuil

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Présentation de l'éditeur

La littérature se réduit-elle aux grandes oeuvres ? A coup sûr, la vie littéraire, et au premier chef celle qui a sécrété les ferments de la Révolution française de 1789, ne se limite pas aux désincarnés issus de quelques génies isolés. C'est précisément à une véritable sociologie de la culture au XVIIIe siècle, dans sa production comme dans sa diffusion, que nous convie Robert Darnton.
Mais les hommes et les femmes qui ont écrit, fabriqué et vendu des livres sont des créatures de chair et de sang. Pour donner vie aux idées, ils ont marchandé, bluffé, espionné, menti ; ils ont été ruinés et ils ont fait fortune. En cherchant à les connaître, on peut apprécier l'intensité de la passion investie dans les objets familiers que nous admirons sur les rayons de nos bibliothèques. Derrière les ouvrages de l'Ancien Régime, se dissimule une vaste comédie humaine dont Robert Darnton met ici en scène les éléments les plus pittoresques.

Vous trouverez, sur Gallica, ce court texte qui annonce les quelques illustrations qui suivent, témoignages d’un art de la reliure remarquable.

Au XVIIIe siècle le livre imprimé devient un vecteur de la philosophie des Lumières. La production du livre imprimé est en forte progression, en France à l'époque de la Révolution 2000 titres sont imprimés chaque année.
On se trouve face à l‘émergence de nouvelles catégories de livres : livres de science rendus plus accessibles au public et plus illustrés comme l'Histoire naturelle de Buffon, 38 volumes imprimés par l'Imprimerie Royale en 1749 ; le livre de voyage progresse rapidement, on assiste à un réel attrait pour les terres lointaines.
Le grand ouvrage du XVIIIe siècle reste l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert qui a recours à de nouvelles méthodes de commercialisation : affiches publicitaires, souscriptions, prospectus.
Le XVIIIe siècle voit aussi l'apparition de la bibliophilie et de grandes collections avec un art de la reliure qui brille particulièrement. L'apparence du livre se modifie : apparition des petits-formats, du format in-Octavo avec des notes en bas de page, le titre évolue également dans sa présentation et sa longueur.
L'illustration est représentée par le burin ou l'eau-forte avec l'apparition de la couleur à la fin du siècle.
Des dynasties d'imprimeurs, libraires, relieurs, papetiers se créent comme celle des Didot qui marquent le monde de l'édition avec les éditions de classiques, Virgile, Racine et la Bible ainsi qu'avec un nouveau caractère, utilisant également la stéréotypie pour ses publications. Charles-Joseph Panckoucke fonde également un empire éditorial, s'alliant avec des libraires et éditeurs étrangers.
C'est l'époque où des nouveaux lieux de lecture se développent avec des bibliothèques, 18 à Paris à la veille de la Révolution, et surtout les cabinets de lecture.
Les premières années de la Révolution apportent au livre et à la presse, très développés pendant tout le siècle, une liberté qui sera de courte durée.


:arrow: Reliure de velours rouge brodée de fils d'or, d'argent et de soie, avec un portrait de Louis XV peint à la gouache sur papier sous verre et dans un encadrement de bois. 1725.

Très en vogue au Moyen Âge et à la Renaissance, puis supplantées au milieu du XVIe siècle par les reliures en cuir, les reliures brodées continuent cependant d’être réalisées dans des cas particuliers. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, elles recouvrent majoritairement les livres religieux et les exemplaires d’auteurs offerts à de grands personnages. Ainsi cet ouvrage dédié par le juriste italien Agostino Paradisi au roi Louis XV, alors âgé de quinze ans.
L’originalité de cette reliure réside non pas dans les matériaux (velours cramoisi, fils d’or, d’argent et de soie) traditionnellement utilisés pour les exemplaires de dédicace, mais dans la présence en lieu et place des habituelles marques de possession brodées (armes, monogramme), d’une gouache sur papier à l’effigie de Louis XV. Celui-ci est représenté sur fond bleu dans un cadre ovale de papier découpé recouvert d’une glace sans tain. L’ensemble, enchâssé dans une épaisse moulure de bois recouverte d’un ruban de fil d’or et de feuillages brodés en filé d’or couché, est rehaussé par le velours cramoisi qui recouvre le reste des plats.


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:arrow: Reliure brodée en tapisserie au petit point sur canevas.1746.
La Journée du chrétien sanctifié par la prière et la méditation, Paris, Hippolyte Guérin.

Comme bon nombre de reliures brodées anciennes, cette reliure recouvre un livre de dévotion à usage privé. Elle est ornée de motifs floraux stylisés en volutes qui couvrent chacun des plats. La broderie est exécutée au petit point de filé or couvert pour le fond, de soies polychromes pour les fleurs entourées d’un filé argent. Les doublures sont de soie verte. Cette reliure a la particularité insigne d’avoir conservé sa pipe brodée au petit point à laquelle sont attachés six signets de soie verte, rose et blanche resserrés en bas par un filé or, ainsi qu’un long ruban de taffetas moiré rose fixé au bord de chacun des plats. Pour la protéger et la mettre en valeur, le relieur Renaud Vernier a conçu en 1995 une boîte de buffle sable avec, à l’intérieur, un écran de protection en altuglass, et des compensations et réserves pour la pipe, les signets et le ruban.

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:arrow: Reliure aux armes de Marie Leczinska.1750.

Ces superbes reliures mosaïquées, non signées, sont attribuées à Jacques-Antoine Derôme (1698-1760) ou à son fils Nicolas-Denis (1731-1788). Sur veau blanc à fond pointillé d’or, on trouve un décor différent pour les trois volumes. Au centre des plats, les armes de Maria Leczinska, peintes sous mica.
Trois dynasties de relieurs célèbres marquent le XVIIIe siècle français : les Padeloup, les Monnier et les Derôme, celle des Derome couvrant presque tout le siècle. Leurs compositions se caractérisent par l’emploi d’une petite roulette, toujours la même, arrêtée aux angles par un petit fer en forme de trident.
Roulette et fer se voient tous deux ici.

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:arrow: Reliure de Pierre-Paul Dubuisson. 1753.
Maroquin vert, à la plaque, aux armes du marquis de Paulmy. Décor à la dentelle. Les armes du marquis de Paulmy, au centre, sont peintes sous mica.
Almanach royal, Paris, Le Breton.

Pierre-Paul Dubuisson, l'un des plus fameux relieurs de son temps, succède en 1758 à Antoine-Michel Padeloup comme relieur du roi. Dessinateur et peintre, il est l’auteur de plaques qui ont permis d'orner les plats de la volumineuse série de l'Almanach royal. La reliure de cet Almanach de 1753 est en maroquin vert avec un décor à la dentelle, et les armes du marquis de Paulmy, peintes sous mica, fine pellicule transparente. Bibliophile avisé, Antoine René de Voyer d’Argenson, marquis de Paulmy (1722-1787), fut grand maître de l'artillerie et le fondateur de la bibliothèque de l'Arsenal ; il possédait de très belles reliures comme celle-ci. Le chiffre que l'on peut déchiffrer sur le plat inférieur laisserait penser que cette reliure a appartenu auparavant à Marc-Pierre, comte d'Argenson (1696-1764), oncle du marquis de Paulmy, à qui il légua sa propre bibliothèque.

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:arrow: Reliure en porcelaine de Sèvres blanche à décor et inscription dorés. 1785.
" La richesse de l'Etat [gerbe de blé] concilée avec le bonheur et la tranquillité des peuples. ".
Projet nouveau sur la manière de faire utilement en France le commerce des grains. Bruxelles.

Véritable objet de curiosité, cette reliure en porcelaine blanche à décor et inscription dorés est une création de la Manufacture de Sèvres. Elle recouvre un recueil de conseils pour éviter la famine adressés au Roi et à la Nation s’opposant nettement aux idées de Necker. Si les deux plats ont reçu la même bordure imitant une dentelle de petits fers marquée aux angles d’une corne d’abondance, leur thème iconographique central diffère : à l’inscription du plat supérieur, " La Richesse de l’État conciliée avec le bonheur et la tranquillité des Peuples ", entourant une gerbe de blé et illustrant les théories physiocratiques, répondent, au dos, les fleurs de lis, et au plat inférieur les armes du comte de Provence. Le frère de Louis XVI, futur Louis XVIII (1755-1824), était en effet un défenseur de ces nouvelles idées économiques. Cet exemplaire se trouvait dans sa bibliothèque personnelle à Versailles avant d’être confisqué par la Bibliothèque nationale à la Révolution.


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MessagePosté: 02 Mar 2007, 20:58 
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:arrow: Dire et mal dire. L'opinion publique au XVIIIème siècle, par Arlette Farge (Seuil, 2001 - 23,10 €)

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Cliquez sur les images du sujet pour les agrandir.

Présentation de l'éditeur :

"Quelque chose se passe au XVIIIème siècle qui permet au peuple d'exister en politique. Le goût pour l'information, la curiosité publique se développent dans un espace urbain qui met les individus en position de "savoir sur l'autre".

Le public vit entre le vrai et le faux, l'information et le secret, la rumeur et la publicité, le possible et l'invérifiable ; ses incertitudes, aiguisées par les manipulations politiques et policières, renforcent encore sa soif de savoir. Car le menu peuple veut connaître les ressorts qui animent les rumeurs sur l'assassinat du roi, ou encore les affaires de diables, de poisons, d'alchimie et d'autres magies.

Dans ce livre, Arlette Farge montre comment se construit une parole publique que les autorités craignent, pourchassent et incitent tout à la fois. Elle observe quelles sont les tactiques d'approche de la chose publique pour ceux qui en sont les exclus. Avec Dire et mal dire, Arlette Farge nous donne un livre sur un sujet inédit qu'elle défriche dans les archives : l'opinion publique au XVIIIème siècle."


Qui est l'auteur ? :?:

"Arlette Farge est directeur de recherche au CNRS. Elle a publié dans la même collection, Le goût de l'archive (1989) et Le cours ordinaire des choses (1994)."



:arrow: La censure royale des livres dans la France des Lumières, par Raymond Birn; préface de Daniel Roche. (Editions Odile Jacob, collection Collège de France, février 2007 - 26 €)

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Présentation de l'éditeur :

"Dans la France du XVIIIème siècle, la censure fut moins l'ennemie que l'alliée des Lumières. Comment l'appareil de l'Etat monarchique en est-il venu à promouvoir la tolérance ?
Faisant revivre les figures des censeurs royaux - savants, hommes de lettres, ecclésiastiques ou commis de l'Etat -, analysant leurs discours et leurs pratiques, racontant les innombrables affaires, des plus célèbres (l'Encyclopédie, Helvétius, Rousseau) aux plus obscures, Raymond Birn explique comment ils ont protégé la liberté d'expression contre les foudres du Parlement et de l'Eglise, et contribué à l'émergence d'un espace public en France."


Qui est l'auteur ? :?:

"Professeur à l'Université d'Eugene (Oregon, Etats-Unis), Raymond Birn est l'un des meilleurs historiens du livre et du XVIIIème siècle français.
Il est notamment l'auteur de Crisis, Absolutism, Revolution : Europe and the World 1648-1789 et de Forging Rousseau : Print, Commerce and Cultural Manipulation in the Late Enlightenment."

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"Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."

Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)


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MessagePosté: 28 Oct 2007, 17:01 
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Pour compléter les excellents choix de La nuit, la neige, quelques autres livres de Robert Darnton, à consulter en bibliothèque car plusieurs sont épuisés :

-par Robert Darnton :

:arrow: L'Aventure de "l'Encyclopédie" (1775-1800), un best-seller au siècle des Lumières (Points-Seuil Histoire, 1992 - 10,50 €) Epuisé hélas. :(

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Présentation de l'éditeur :

"A la veille de la Révolution, vingt-cinq mille collections des dix-sept volumes de l'Encyclopédie étaient déjà vendues à travers l'Europe. Robert Darnton, dans ce "grand livre sur l'Encyclopédie" (Roger Chartier), raconte l'histoire de ce succès. Il y révèle un aspect peu connu de l'histoire de la France au siècle des Lumières. "La plus grande entreprise de tous les temps" n'y est pas considérée sous l'angle des idées philosophiques qu'elle contient mais comme la plus grande affaire commerciale du XVIIIème siècle.
L'histoire de la fabrication, du mode de vente et de distribution de ce best seller amène de la sorte à une connaissance réelle de la vie des Français au travail."



:arrow: Bohème littéraire et révolution. Le monde des livres au XVIIIème siècle (éditions du Seuil, 1983 - 17,40 €) Epuisé.

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:arrow: Edition et sédition, l'univers de la littérature clandestine au XVIIIème (Gallimard, 1991 - 20,58 €) Epuisé.



:arrow: Le rayonnement d'une maison d'édition dans l'Europe des Lumières. La Société typographique de Neuchâtel (1769-1789)

Publication de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel et de la Faculté des lettres de l'Université de Neuchâtel. Actes du colloque de Neuchâtel (31 octobre-2 novembre 2002). Textes publiés par Robert Darnton et Michel Schlup avec la collaboration de Jacques Rychner. Index établi par Marie-Christine Hauser en collaboration avec Marcel Guerdat et Michael Schmidt. (éditions Gilles Hattinger, 2005 - 79 €)

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Présentation :

"Fait un bilan des connaissances sur la Société typographique de Neuchâtel. Rappelle le cadre institutionnel, politique, économique et intellectuel neuchâtelois qui a vu son apparition, fait un état des lieux de la typographie et de l'édition suisses à la fin des Lumières et propose des études sur la production et la diffusion du livre à partir des archives de la Société."

Qui est l'auteur ?

"Professeur d'histoire à l'université de Princeton (Etats-Unis). Parmi ses ouvrages traduits en français, citons Bohème littéraire et Révolution : le monde des livres au XVIIIème siècle (1983) et Le Grand Massacre des chats "

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MessagePosté: 28 Oct 2007, 17:05 
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:arrow: Typographes des Lumières suivi des Anecdotes typographiques de Nicolas Contat, ouvrier typographique du XVIIIème siècle, par Philippe Minard (éditions Champ Vallon, 1989 - 25 €)

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Présentation de l'éditeur :

"Ce livre conte l’histoire de ceux qui ont donné vie concrète aux œuvres de Voltaire et de Rousseau. Derrière les mythes de l’âge artisanal, Minard retrouve la culture des gens de métier au XVIIIème siècle : il restitue le poids du labeur quotidien, l’épaisseur des jours et des nuits; il fait entendre la parole ouvrière, ses foucades et ses accommodements subreptices, mais aussi sa soif de dignité. L’orgueil de son "art" fait l’identité de l’artisan, et le sentiment corporatif postule l’unanimité du corps de métier.
Pourtant, par-delà les rites collectifs, les solidarités et la fraternité du labeur partagé, l’atelier s’avère un monde instable et agité. Dans les conflits qui surgissent, l’idéologie du métier apparaît comme un instrument de régulation des relations sociales. Pourquoi alors les compagnons, futurs sans-culottes de la Révolution, croient-ils encore à leurs mythes ? L’approche anthropologique éclaire ici l’histoire sociale et autorise une compréhension renouvelée du monde des corporations dans la France de l’Ancien Régime."


Qui est l'auteur ? :?:

"Philippe Minard, ancien élève de l'ENS Fontenay-Saint-Cloud, est maître de conférences à l'université Lille-III et chercheur associé au CNRS. Il a publié Typographes des Lumières (Champ Vallon, 1989) et co-dirigé l'Atlas de la Révolution française, vol. 10 : Economie (EHESS, 1997)."

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MessagePosté: 11 Nov 2007, 20:58 
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:arrow: Les journaux de Marivaux et le monde des "spectateurs", par Alexis Lévrier; préface de Françoise Gevrey (PUPS, septembre 2007 - 38 €)

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Présentation de l'éditeur :

"Les "spectateurs" ont constitué, tout au long du XVIII ème siècle, un phénomène journalistique d'une extraordinaire vitalité.
Des dizaines de périodiques se sont inspirés, en France, du "Spectator" de Steele et Addison, qui venait de connaître en Angleterre un succès sans précédent dans l'histoire de la presse. Le "Spectateur français" de Marivaux est le seul de ces journaux dont l'audience dépasse aujourd'hui le cercle des spécialistes. Ces périodiques oubliés méritent pourtant d'être redécouverts. Qu'ils se baptisent "censeur", "misanthrope", "spectatrice", "spectateur suisse" ou "inconnu", les auteurs de ces feuilles volantes ont largement contribué à renouveler le ton du journalisme littéraire.

Les trois périodiques de Marivaux occupent, bien entendu, une place centrale dans l'histoire de ces journaux. Mais, aux yeux mêmes de ses confrères, l'auteur du "Spectateur français" est demeuré un modèle insaisissable, trop singulier pour être vraiment imité. C'est la naissance de ce "monde des spectateurs", dominé par la figure inclassable de Marivaux, que cet ouvrage tente de raconter."


-Sommaire :

-Le phénomène des spectateurs

-Quand les spectateurs inondent la scène
-L'envol désordonné des feuilles volantes
-Spectateur : le prestige ambigu d'un terme

-Fragile cohésion

-La consécration d'un nouveau type de journal
-Un genre spectatorial

-Les découvertes franco-bataves

-Les misanthrope ou la fidélité silencieuse
-La portée limitée d'une censure
-La bagatelle ou l'échec des discours ironiques

-Les audaces d'un imitateur inattendu

-Un journaliste sur les traces de ses devanciers
-La mise en épreuve d'une forme

-Marivaux, modèle paradoxal

-Des pratiques intertextuelles variées
-Une influence inégale
-Un journaliste incompris

-Conclusion

-Les feuilles se dispersent

Qui est l'auteur ? :?:

Docteur en littérature française du XVIIIème siècle, Alexis Lévrier est maître de conférences à l'Université de Reims. Ses recherches portent sur le journalisme littéraire au XVIIIème siècle, et notamment sur les "spectateurs" d'expression française.

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 Sujet du message: The Times. Archives en ligne depuis 1785
MessagePosté: 26 Juin 2008, 22:59 
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:idea: Les éditions du Times, depuis celles de 1785, numérisées et scannées, sont disponibles en ligne avec moteur de recherches.
Voici par exemple et au hasard, des nouvelles de France, en date du 22 septembre 1789.

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 Sujet du message: Re: The Times. Archives en ligne depuis 1785
MessagePosté: 27 Juin 2008, 17:16 
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C'est tout simplement génial.

Merci beaucoup pour ce lien!


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MessagePosté: 20 Oct 2008, 18:13 
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Localisation: Dans son monde...
Je vous propose ce soir un petit lien vers La Lettre clandestine, une collection fort intéressante des Presses Universitaires de Paris-Sorbonne (PUPS). :P

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MessagePosté: 24 Oct 2008, 18:15 
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:arrow: La fureur des voyages. Les récits de voyage dans la presse périodique (1750-1789), par Yasmine Marcil (Honoré Champion, 2006 - 105 €)

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Présentation de l'éditeur :

"La floraison des relations de voyage, durant la seconde moitié du XVIII[sup]ème[/sup] siècle, trouve écho dans les journaux littéraires. Ceux-ci ne sont pas de simples informateurs des ouvrages nouvellement parus : ils guident leurs lecteurs dans leur choix de livres, stimulent leur désir de lecture et orientent la lecture même des récits. Parallèlement à l'étude des conventions d'écriture éla borées par les journalistes, cet ouvrage traite de leurs stratégies de captation des lecteurs et de leurs critères d'évaluation des relations. Outre le récit en Italie de Dupaty et celui en Égypte de Savary, ce livre porte sur les relations de voyage scientifique qui soulèvent de manière particulièrement aiguë la question de la validation des faits et des résultats rapportés par le s voyageurs. Au fil de leurs commentaires, les journalistes s'orientent progressivement vers l'exercice d'une critique autonome."

Qui est l'auteur ? :?:

Sa bio, ses livres et articles, ici. :wink:

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 Sujet du message: Re: L'imprimé, le manuscrit, la presse au XVIIIème.
MessagePosté: 05 Fév 2010, 21:47 
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Une réédition :

:arrow: Bohème littéraire et révolution, le monde des livres au XVIIIème siècle
De Robert Darnton
Chez Gallimard (février 10)
308 pages. Environ 11 euros

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Présentation :

La place des philosophes du XVIIIe siècle dans la préparation de la Révolution française a fait l'objet de controverses passionnées. Mais les historiens ne s'étaient guère, jusqu'à Robert Darnton, penchés sur le rôle des écrivains de second ordre – qu'ils tirent à Paris le diable par la queue en fabriquant une littérature pornographique et politique ou qu'ils se soient exilés à Londres, voire ailleurs, pour éviter l'embastillement. Ces ratés de la littérature tiendront un rang important dans le personnel révolutionnaire.
Vu des ateliers, des boutiques des libraires ou des officines de la police, le paysage des Lumières change du tout au tout : s'esquisse alors, à la croisée d'une histoire de l'édition et d'une double sociologie des auteurs et des lecteurs, le monde des livres au XVIIIe siècle.
Cette étude pose en termes novateurs la question de la lecture au siècle des Lumières et de la part qui revient à la fermentation intellectuelle dans le temps long des origines de la Révolution.


Et toujours chez Gallimard, ce mois-ci :

:arrow: Le diable dans un bénitier, L'univers des libelles en France, 1650-1800
De Robert Darnton
Chez Gallimard (février 10)
704 pages. Environ 28 euros

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Présentation :

Le Gazetier cuirassé ; Le Diable dans un bénitier ; La Police de Paris dévoilée ; La Vie secrète de Pierre Manuel : quatre libelles parmi des centaines d'autres, pornographiques, délateurs, politiques.
Leur accumulation fait corpus, tisse un récit si riche en intrigues et en anecdotes où les vies privées deviennent des affaires publiques qu'il semble que son invraisemblance ne peut être véridique. Mais les archives de la police et des services diplomatiques le confirment en tout point. Surtout, ce corpus est une mine concernant le statut de l'écrivain, le marché du livre, le journalisme, l'opinion publique et l'idéologie dans la France du XVIIIe siècle.
L'art et la politique de la calomnie, développés sous les régimes de Louis XV, de Louis XVI, de la monarchie constitutionnelle de 1789-1792 et sous la République jacobine de 1792-1794, créent un univers en soi.
Une foule de plumitifs et d'écrivailleurs, fruit de l'explosion démographique de la république des lettres, crèvent la faim à Paris, subsistent grâce à des travaux alimentaires pour quelques mécènes, et, lorsque l'embastillement pour dettes menace, se réfugient à Londres notamment, où ils se font précepteurs, traducteurs, colporteurs de brochures, tout en produisant en série plagiée, grâce aux rapports fournis par des informateurs secrets à Paris et à Versailles, des opuscules qui diffament le souverain et ses ministres, les danseuses et les hommes du monde, et dénoncent la dépravation et le despotisme.
Leurs ouvrages sont édités par les imprimeries qui prolifèrent aux frontières du royaume d'où elles ont tissé des réseaux complexes de contrebandiers qui fournissent partout en France libraires et colporteurs.
Le gouvernement français réplique en envoyant des agents secrets pour assassiner, enlever ou soudoyer les libellistes.
La calomnie dans la France du XVIIIe siècle est un courant littéraire et un genre politique qui, après avoir sapé l'autorité de la monarchie absolue, s'intégra à la culture politique républicaine pour atteindre son point extrême sous Robespierre.
L'évolution des contenus conforta la permanence de la forme.

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