
Texte extrait du catalogue
L'art européen à la cour d'Espagne au XVIIIème siècle (RMN, 1979).
(C) RMN / Stéphane Maréchalle
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portrait de la marquise de Santa Cruz
par Francisco José Goya y Lucientes (1746-1828)
vers 1800
Huile sur toile
1,420 x 0,970 m.
Acquis par dation en 1976
Paris, Musée du Louvre"Jusqu'à ces dernières années, l'identité du modèle de ce superbe portrait posait une difficile énigme aux spécialistes, car l'assimilation de l'inconnue en mantille et d'une marquise de Las Mercedes, proposée par Beruete, ne pouvait être retenue puisque ce titre n'existe pas en Espagne (cf Lafuente Ferrari, 1928, n°44).
Par chance, Guillemardet avait rapporté de Madrid une petite copie de ce portrait, portant au revers l'inscription suivante "Goya 1799" (entrée au Louvre en 1865 avec le legs Guillemardet).
© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard
portrait de la marquise de Santa Cruz
par Francisco José Goya y Lucientes (1746-1828)
1799
Huile sur toile
0,52 x 0,34 m.
Legs Louis Guilemardet, 1865
Paris, Musée du Louvre
notice de ce petit portrait sur le site du LouvreEn recherchant dans la correspondance diplomatique le nom de la personne à laquelle l'ambassadeur s'était attaché, apparut celui de la marquise de Santa Cruz; il s'agissait dès lors de retrouver une effigie de cette dame qui opportunément se livrait aux joies de l'art de peindre. L'un de ses autoportraits conservé aux Offices de Florence devait nous prouver que notre supposition était la bonne.
Le visage de Mariana Waldstein, marquise de Santa Cruz, peinte par elle-même, ressemblait trait pour trait à celui représenté par Goya.
Née à Vienne en 1763, Marie Waldstein appartenait à la grande noblesse autrichienne; elle avait épousé en 1781 le neuvième marquis de Santa Cruz, l'oncle de la duchesse d'Albe, alors veuf d'un premier mariage. Intelligente, cultivée, jolie femme, elle était devenue en 1782 membre de l'Académie de San Fernando.
Goya l'a représentée très probablement vers 1800, au moment où la mode du costume national, mantille et jupe noire à basquines battait son plein; la duchesse d'Albe et la reine Marie-Louise se sont fait peindre par Goya habillées de la sorte en 1797 et 1799. Certaines planches des
Caprices publiées en 1799 attestent la vogue de ces toilettes "à la maja".
L'exécution est magistrale et sans reprise; Goya a traduit merveilleusement la vitalité rayonnante de ce visage à l'expression garçonnière et désinvolte qui fixe l'artiste avec confiance et amitié. Rares sont, dans l'oeuvre de Goya, les portraits comportant un paysage. La superbe silhouette s'enlève sur un fond clair qui laisse toute son importance à l'opposition des noirs et du rose, harmonie chère à l'artiste.
Jeannine Baticle."
© R.M.N./D. Arnaudet