
Texte extrait du catalogue
L'art européen à la cour d'Espagne au XVIIIème siècle (RMN, 1979)
L'exposition avait eu lieu :
-à la Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux (5 mai - 1
er septembre 1979)
-aux Galeries nationales d'exposition du Grand Palais à Paris (28 septembre - 31 décembre 1979)
-au Musée du Prado à Madrid (25 janvier - 25 avril 1980)
© R.M.N./R. G. Ojeda
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portrait de Ferdinand Guillemardet (1765-1809), ambassadeur de France en Espagne (1798-1800)
par Francisco José Goya y Lucientes (1746-1828)
1798 / 1799
L'oeuvre fut exposée à l'Académie San Fernando, à Madrid, en 1799.
Huile sur toile
1,86 x 1,24 m
Légué en 1865 au Musée du Louvre par Louis Guillemardet, fils du modèle
Paris, Musée du Louvre"Selon Laurent Matheron, l'un des premiers biographes de Goya, qui tenait ses informations de la famille Brugada, intimement liée avec le peintre, Goya aurait déclaré
qu'il avait une prédilection marquée pour le portrait de Guillemardet et qu'il n'avait jamais rien fait de mieux.Or Ferdinand Guillemardet, né en 1765 à Couches en Bourgogne, qui avait embrassé la profession médicale, n'a pas laissé une place très importante dans la vie politique de son temps. Témoin à la naissance d'Eugène Delacroix et propulsé ensuite comme ambassadeur de France en Espagne par Talleyrand, alors ministre des Relations extérieures, sans Delacroix ami de ses fils et sans Goya qui l'a peint, Guillemardet, quoique conventionnel et régicide, aurait été complètement oublié; il mourut aliéné, dit-on, en 1809.
Détail du visage
© R.M.N./R. G. OjedaPour quelles raisons le maître aragonais a-t-il sympathisé avec ce médecin bourguignon, amateur de bon vin ? Car, à l'évidence, Goya admire l'allure décontractée de son modèle et le regarde amicalement; il n'oublie pas de mettre en valeur d'une manière presque symbolique la superbe écharpe bleu blanc rouge frangée d'or et le chapeau à plumet tricolore.
Traité avec la même qualité de facture que les portraits de David, auquel, selon la tradition, Goya vouait une grande admiration, notre tableau en diffère par le naturel et la vérité de l'observation psychologique. Pour Goya peut-être Guillemardet représentait-il l'image de la réussite démocratique en France ?
Détail de l'épée
© R.M.N./R. G. OjedaLes fils de l'ambassadeur conservèrent le portrait de leur père, dont Delacroix parle dans son journal en 1853, à propos d'une demande de renseignement présentée par Matheron. Léguée en 1865, ce fut jusqu'à la fin du XIX
ème siècle la seule oeuvre de Goya exposée au Musée du Louvre.
Jeannine Baticle."
Pour un complément d'information, vous pouvez lire le commentaire de l'oeuvre sur le site du Louvre :
Ferdinand Guillemardet, par Goya