clioxviii a écrit:
J'en tiens un que je n'ai jamais vu : hôtel des ambassadeurs de Hollande, seulement les cours mais rempli de souvenirs...
clioxviii a écrit:
L'hôtel est situé au 47 de la rue Vieille du Temple ; seules les cours seront visibles . J'y vais demain , je raconterai....
Monsieur de C a écrit:
N'est-ce pas là que Beaumarchais, espion en dentelle, avait installé sa société-écran, Roderigue Hortalez et Cie, pour fournir du soutien aux Insurgents d'Amérique du Nord ?
Il me semblait bien me souvenir de cela, lu dans la trilogie de Gilles Perrault Le Secret du Roi.
Mais je n'ai jamais pris la peine de passer voir ce bâtiment lors de mes passages à Paris. Il faudrait que je me note un petit circuit XVIIIe à suivre
Merci clioxviii pour cette idée de visite.
Très bel hôtel particulier que je surveillais toujours d'un oeil, car frustré de voir sa sublime et inquiétante porte cochère désespérément close depuis des années !

L'histoire de cette demeure s'étend sur près de six siècles, et pour celui qui nous intéresse :
L'hôtel échut ensuite, en 1689, à l'une de ses filles, Charlotte-Angélique Amelot, qui épousa Jean-Baptiste du Deffand ; leur fils sera le mari de la célèbre marquise. (...)
A partir de 1714, l'hôtel passa de mains en mains et fut le plus souvent loué ou sous-loué.
En 1759, Louis Le Tellier, architecte du roi, contrôleur des bâtiments de Versailles, en devint propriétaire et loua l'hôtel, à partir de 1776, à Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais jusqu'en 1788. Ce dernier y installa sous le nom espagnol Rodriguez, Hortalez et Cie, une maison de commerce, qui envoya armes et munitions aux colons américains insurgés contre le gouvernement anglais.
Il y termina en outre le mariage de Figaro en 1778, puis le livret de Tarare, donné à l'Opéra en 1787 - il avait pour habitude de travailler dans la bibliothèque que venait d'installer Le Tellier.
Après Beaumarchais commença la déchéance de l'hôtel.
Pendant la Révolution, une partie des locaux fut affectée à un bal public.
L'hôtel passa de locataires en propriétaires qui le laissèrent se dégrader jusqu'en 1924, date à laquelle il fut racheté par les Brenot qui commencèrent à en entreprendre la restauration.
Il fut classé monument historique sur leur intervention en 1924.La première cour, celle sur laquelle donnait l'appartement du 1er étage de Beaumarchais :
Quatre panneaux, peints en grisaille représentant sept cadrans solaires, ornent les façades orientale et occidentale. Ils ont été dessinés, vers 1679, par Sébastien Truchet (1657-1729), mathématicien et membre de l'Académie des sciences.(...)
Les fenêtres sont surmontées de masques figurant les quatre saisons et les quatre éléments : Eau (chevelure de roseaux), Terre (femme soutenant une tour), Air (chevelure éventée), Feu (chevelure de flammes).Cliquez sur les images pour les agrandir
Le porche entre les deux cours :
La seconde cour :
plus vaste que la cour d'honneur et dont la façade a un caractère plus ancien (plaquage sur l'ancien hôtel des Rieux, de niveaux différents), donne l'aspect d'une grande salle des fêtes, d'un beau théâtre en plein air.
Complètement rénovée en 2000, elle a retrouvé sa splendeur originelle.

Cliquez sur les images pour les agrandir Texte de Pierre HOUSIEUX en italique