Je m'excuse de répondre aussi tard.
Vous avez raison pour le mot de "mandchou", Claudine : il est apparu en 1635 seulement, et c'est une invention pour unifier les tribus toungouzes et mongoles qui avaient conquis la Chine, aux côtés du premier empereur Qing. Quand on parle de "cuisine mandchou", cela veut dire un type de cuisine pratiqué dans ces peuples, qui ont tous en commun une alimentation assez similaire (aujourd'hui encore peu différente du XVIIIème siècle) : celle de pasteurs nomades, qui pratiquent la chasse, la cueillette et la pêche, mais non, ou très peu, l'agriculture.
Alors que l'alimentation chinoise est une alimentation de peuple agriculteur, de blé pour le Nord, et de riz pour le Sud : donc une alimentation céréalière.
C'est vrai aussi pour les mélanges d'aliments

; toutefois, il faut savoir, que même si Qianlong, qui était gourmand, faisait connaître ses désirs pour ce qu'on lui servait, en principe les associations n'étaient pas décidées par lui, mais par le Bureau des Affaires intérieures. C'était un choix très important, car tout acte de l'empereur, même manger, était symbolique et religieux, donc affectait l'état du monde. Alors, on ne peut pas vraiment lui reprocher d'avoir eu des goûts bizarres ou compliqués.
On sait très bien comment Qianlong mangeait, on en a des rapports absolument précis, comme de tous ses actes quotidiens. Pour les plats chinois, il les prenait avec du riz, par bouchées, comme le fait un Chinois ; et le riz était spécial : c'était un riz de trois couleurs, jaune, pourpre et blanc, qui provenait du champ que l'empereur avait labouré au printemps lors de la cérémonie du Premier Sillon. Il mangeait "le riz de son champ", pas par hasard mais là encore, pour des raisons symboliques et politiques.
Aude, non, l'alccol de la Source de Jade n'était aucun alcool moderne (mais le Maotai existe depuis le XVIIème siècle). Il était réervé à l'empereur, et distillé avec l'eau de la Source de Jade, qui est une source sacrée de Chine, qui alimentait en eau tout le Palais impérial : Qianlong ne buvait pas de liquide venu d'autre source, en principe. Cet alcool servait rituellement à des voeux particuliers.