La dernière apparition publique de Marat a lieu le 17 juin, à la Convention. Il a toutefois continué d'écrire presque jusqu'à sa mort : son dernier article important est du 4 juillet.
De façon assez ironique, sa dernière campagne de presse était un généreux appel à l'apaisement, et une mise en garde contre la tentation de la violence inconsidérée : certains historiens y ont même vu une préfiguration de l'Indulgence dantoniste.
Juste pour le plaisir, je cite l'exemple de Michelet, grand admirateur de Charlotte Corday, qui détestait Marat et en a dressé un portrait particulièrement affreux

, mais qui avait bien saisi la transformation de l'Ami du peuple dans les dernières semaines de son action politique.
Citation:
Marat avait beau faire, il allait malgré lui, par la force invisible de sa situation, à l'écueil où périrent l'une après l'autre les générations révolutionnaires. Il arrivait finalement à son âge d'indulgence et de modération. (...)
S'écartait-il de sa nature, ou y revenait-il? Il avait eu dans tous les temps d'étranges accès d'humanité. Il était par moments généreux et sensible. Il sauva le physicien Charles, son critique et son ennemi.
C'est un problème de savoir s'il aurait conservé sa popularité dans son rôle nouveau de modérateur et d'arbitre.
Le seul homme pourtant qui eut pu hasarder de le prendre, c'était lui sans nul doute. Avec quelle force et quelle autorité aurait-il proposé ce qui perdit Danton et Desmoulins : le Comité de la clémence!
On retrouve ici, d'une certaine façon, l'opinion d'Albertine Marat, qui pensait, naïvement sans doute, que son frère aurait pu s'allier avec Danton, et réussir à endiguer l'hébertisme.
Nous verrons si cette dimension finale de Marat "indulgent" est montrée dans le téléfilm...
