Vous savez que, depuis Louis XIV, toute une flottille voguait sur les eaux du Grand Canal à Versailles.
Vue du Grand Trianon prise du bras nord du Grand Canal de Versailles (1780), par Louis Nicolas de Lespinasse ( 1734-1808 ).
(C) Photo RMN - © Gérard Blot
Cliquez sur les images pour les agrandirOn construisait sur place galiotes, "yacks", galères, frégates, barques ou gondoles et les matelots étaient logés à la
Petite-Venise, village entre le canal et Trianon.
Le Musée de la Marine, à Paris, conserve la proue et la poupe du canot de Marie-Antoinette.
Si vous en avez l'occasion, allez les voir. Le musée recèle bien d'autres trésors (maquettes, tableaux...etc) et vous ne serez pas déçu(e)s par la journée que vous y passerez.
Proue du canot de Marie-Antoinette
© Musée national de la Marine
Anonyme
1777
Bois peint doré
H. 162 x l. 171 x P. 82
Inventory n°:39 OA 7.1
Musée national de la Marine - Paris
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Le Musée de la Marine a écrit:
Sur le Grand Canal
Ce décor ornait la proue du canot de promenade de Marie-Antoinette (1755-1793). Construite en 1777, cette embarcation de plaisance voguait silencieusement sur le grand canal des jardins du château de Versailles. Jusqu’au XIX ème siècle, l’élégante embarcation d’une dizaine de mètres avait sombré dans l’oubli dans les hangars abandonnés de la Petite Venise à Versailles. En 1899, seules la poupe et la proue du canot ont pu être conservées. La figure féminine à la proue tient une langouste dans ses mains. L’ensemble en bois rehaussé de dorures a été entièrement restauré afin de retrouver son éclat.
Les origines
Survivance de ces plaisirs réservés et frivoles dont la monarchie avait le secret, le canot de la reine faisait partie d’une flottille miniature dont l’origine remonte à 1669.
Naviguaient alors sur le Grand Canal du château un brigantin (navire à deux mâts), des chaloupes, une galiote armée de 32 petits canons, des felouques provençales... On fit venir du Havre et de Dunkerque des charpentiers de marine avec mission de construire à Versailles d’autres navires.
L’endroit où était entretenu cette flottille, à la tête du canal, prit dès lors le nom de « Petite Venise ». C’est en effet la Sérénissime qui avait offert en 1674 à Louis XIV une quinzaine de gondoles, accompagnées de leurs gondoliers.
Cette flottille fût bien sûr de toutes les fêtes qui illuminèrent Versailles. Le Roi était ainsi aux premières loges, glissant dans l’une de ces embarcations où il pouvait admirer les feux d’artifice tirés à l’extrémité du canal. La marquise de Sévigné rapportait alors : “ on a quitté le jeu à six heures... on va sur le Canal dans les gondoles. On y trouve de la musique. On revient à dix heures...”.
Marie-Antoinette
Le canot de Marie-Antoinette s’inscrivait dans cette tradition des embarcations utilisées à la cour de Versailles. Offert à la souveraine par le contrôleur général Calonne, il lui avait coûté la somme de 60000 livres. Le canot se présentait alors sous la forme d’«un salon flottant» muni d’un roof ouvert de plusieurs fenêtres.
La Révolution
Durant la Révolution, les bâtiments de la petite Venise furent laissés à l’abandon tandis que le canal était comblé et servit de terrain à blé. Louis XVIII restaura le Grand Canal mais ne se préoccupa guère des hangars où finissaient de pourrir les vestiges de la flottille. En 1899, le canot de Marie-Antoinette était trop dégradé pour permettre de le sauver intégralement. « (…) le toit crevé, les fenêtres disjointes et le plancher pourri ne pouvaient plus être restaurés ». Pierre de Nolhac, La résurrection de Versailles, souvenirs d’un conservateur (1887-1920). Ed Plon, Paris 1937, p.43
Seules la proue et la poupe purent être préservées.
© Musée national de la Marine / Arnaud Fux
© Musée national de la Marine