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 Sujet du message: Louis XIV recevant l'ambassadeur de Perse
MessagePosté: 25 Sep 2009, 21:28 
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:arrow: Texte extrait de La peinture à Versailles. XVII ème siècle, par Thierry Bajou (une coédition RMN - Buchet/Chastel, 1998)


Image

(C) RMN / Gérard Blot
Cliquez sur les images du sujet pour les agrandir.

:arrow: Louis XIV recevant l'ambassadeur de Perse Mehemed Riza Beg
:arrow: attribué à Antoine Coypel (1661-1722)
:arrow: huile sur toile
:arrow: H. : 0,700 m
:arrow: L. : 1,530 m
:arrow: Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon

:arrow: Historique : collection Gustave Rothan; vente, Paris, galerie Georges Petit, 30 mai 1890, n°205.
1898, acquis par le château par l'intermédiaire de M. Kramer; M.V. 5461




"Le voyage diplomatique à Paris de l'ambassadeur perse Mehemed Riza Beg se déroula de novembre 1714 à août 1715. Son séjour culmina avec l'audience solennelle accordée par Louis XIV à Versailles le 19 février. Elle devait être la dernière réception officielle du monarque qui mourut le 1er septembre suivant.

L'ambassade aiguisa la curiosité des Parisiens dont Montesquieu rendit compte dans ses Lettres persanes (1721); elle donna lieu à la publication de nombreuses gravures et à d'innombrables témoignages littéraires. Elle contribua efficacement à lancer la mode du turc.

Louis XIV décida de conférer un faste particulier à l'audience versaillaise, figurée par ce tableau. Elle se déroula dans la Galerie des Glaces, à l'extrémité de laquelle le trône avait été érigé, comme cela avait été déjà le cas pour la réception du doge de Gênes en 1685 ou de l'ambassadeur du Siam en 1686. Le trône représenté est celui qui fut réalisé après l'envoi à la fonte du mobilier d'argent en 1689.
Sur la tribune avaient pris place les princes du sang, en particulier, de part et d'autre du souverain, le duc d'Anjou, futur Louis XV, et Philippe d'Orléans, futur Régent, que l'on voit ici.

En dépit de l'importance de l'événement, le nom de l'artiste reste inconnu. Depuis son acquisition par Versailles, la toile, dont il existe deux autres versions de dimensions comparables (Niort, musée municipal; Cracovie, Muzeum Narodowe), est considérée comme l'oeuvre d'Antoine Coypel sur la foi du témoignage de Saint-Simon, qui rapporta que l'artiste assistait à la cérémonie. Toutefois, le style de cette peinture ne permet pas de maintenir cette attribution. D'autre part, les archives des Gobelins relatent une commande passée à Louis-Michel Dumesnil (1680-après 1746) qui travailla surtout pour la manufacture.
Il n'est pas impossible que la toile de Versailles soit le modello mentionné pour un certon (1716-1717; perdu) qui ne fut pas tissé. Pourtant, les rares oeuvres connues de cet artiste, La Reine Christine de Suède et sa Cour en 1656, Le Sacre de Louis XV (tous deux Versailles, château) ou La Réception de l'ambassadeur de Hollande (Amsterdam, Rijksmuseum) trahissent un style très différent.

Dès lors, en l'attente de la découverte de nouveaux documents, force est de situer cet élégant tableau, d'une éblouissante virtuosité de facture, par l'analyse de son style.
De la foule présente à la cérémonie, l'artiste n'a accordé d'attention qu'aux acteurs principaux de la scène, le roi et les princes d'une part, la délégation perse d'autre part. Tous sont traités avec réalisme et force détails authentiques, tandis que les spectateurs sont évoqués de manière allusive sans être individualisés. La lumière très crue du premier plan trouve écho dans l'assistance, par la multiplication arbitraire des zones de clarté qui trouent l'obscurité et provoque un effet poétique qui contraste avec la sagacité de l'observation et s'enrichit des reflets vibrant dans les glaces de la galerie.
La matière picturale, très généreuse, est posée en aplats qui accrochent la lumière scintillant en filaments.

Si l'attribution ancienne à François de Troy peut paraître tentante, sans satisfaire pleinement, le nom de Pierre Dulin (1669-1748), artiste encore mal connu, a parfois été avancé pour cette oeuvre dont l'auteur est peut-être à chercher parmi l'importante colonie d'artistes italiens qui séjournaient à Paris au début du XVIIIème siècle."



En complément, ce portrait de l'ambassadeur Mehemed Riza Beg par Watteau :

Image

(C) RMN / Jean-Gilles Berizzi

:arrow: pierre noire, sanguine
:arrow: H. : 0,300 m
:arrow: L. : 0,200 m
:arrow: Paris, Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques

_________________
"Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."

Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)

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