Pour permettre à Sam de relancer ce sujet déjà ancien

, je reprends, brièvement, les explications sur les objets relatifs à l’ornementation de la Torah présentés plus haut.
Les trois napperons sont des objets de grand luxe, en satin brodés d'or et d'argent, qui étaient employés lors des grandes fêtes (ils auraient pu apparaître dans la troisième partie du sujet

). Chacun représente donc un objet ou un symbole attaché à la fête correspondante : le saule est une des « quatre espèces » d’arbres (avec le datier, le cédratier, et le myrte) rituellement employées pour célébrer Soukhot, la fête des cabanes. On balaie le sol de la synagogue avec un faisceau de cinq branches de saule, comme celui représenté sur le napperon. Le fil rouge est un porte-bonheur lié à la « joie » de Simhat Torah, où on le porte en signe d’exultation face au don de la Loi. Le nuage chargé de pluie symbolise le don de la vie que Dieu accorde à son peuple en danger de mort, lors de l'Exode que commémore Pessah. Il existe un quatrième napperon, qui représente le shofar, la corne de bélier dans laquelle on souffle lors de Rosh Hashana.
Les
rimmonim sont toujours des objets remarquables, certains ayant atteint un degré d’élaboration extrême. Ils reprennent très souvent des motifs architecturaux empruntés au patrimoine du pays d’origine. Les
rimmonim chinois, postés par Sam, illustrent très bien, et de façon amusante et surprenante, cette tendance à récupérer les éléments architecturaux locaux au profit de l’ornementation synagogale.
La paire de la deuxième illustration est célèbre pour avoir été dédiée à la synagogue de la Haye, en 1763, par Isaac de Pinto, le chef de la grande famille « marrane » de la ville. Les Pinto étaient des Juifs portugais reconvertis au judaïsme, dont la piété et la richesse ont beaucoup fait pour le développement de la culture juive aux Pays-Bas, où ils s’étaient installés dans la seconde moitié du XVIIème siècle : on leur doit des synagogues et des
Yeshivot illustres. Et bien sûr, c’est un membre de cette famille, Samuel de Pinto, qui se chargea de répondre aux horreurs que Voltaire avait proférées sur les Juifs

. Son
Apologie pour la Nation Juive, qui connut un vif succès, date de 1762, donc un an avant la dédication de nos
rimmonim.
Certains
rimmonim combinent de manière intéressante des éléments proprement juifs , des éléments ornementaux laïcs et des éléments politiques : par exemple, ceux-ci, qui datent de la fin du XVIIIème siècle, associent l’aigle austro-hongrois, un vase fleuri et des personnages bibliques.

Quant aux clochettes, presque toujours présentes, elles servent à signaler auditivement le passage de la Torah dans la synagogue, au cas où un étourdi oublierait de la saluer…
Voilà, sauf remarques et questions, je pense qu’on peut passer aux objets de la vie quotidienne.