Claudine Cavalier a écrit:
J'aime assez ce style, moi. Le noir met bien en valeur la pureté des lignes... Evidemment, dans le cas des "vases montés", l'effet est détruit.
Je vous comprends, que faut-il penser des objets en porcelaine « montés » ?
Comme vous le soulignez, ces
transformations gâchent sans doute la pureté des lignes, et peut-être bien d’autres choses encore.
Quel
contraste avec ceux que Sam vient de nous montrer !
Enfin, c'est autre chose.
Il nous donnera peut-être son sentiment au sujet de ces
chinoiseries…
La volonté des marchands qui
personnalisaient ainsi les porcelaines, était de les intégrer aux décors intérieurs, et de les détourner vers les goûts décoratifs de l’époque.
Mais aussi pour en faire monter la valeur à la revente !
Ces agréments (ou massacres à vous de voir) sont dans la tendance de ce que l’on faisait aussi avec les meubles, ou objets en laque.
De montures simples (protection des parties fragiles, socles), on passe bien vite à un travail plus
compliqué.
Selon le talent et l’inspiration de l'artisan, l’harmonie entre les bronzes et la porcelaine était plus ou moins heureuse…
En effet, on utilisait souvent le même modèle de montures pour des supports en porcelaine différents.
Le résultat n’était donc pas toujours très plaisant.
En général, j’aime ! Le surchargé ne me fait pas peur.
Mais pas toujours, ou disons plus toujours.
J'en profite pour vous remercier Claudine et Sam !
Depuis quelques semaines maintenant, l'ensemble de vos exposés sur les arts et cultures asiatiques m'ont permis de mieux les comprendre et donc, de mieux les apprécier.
Merci donc pour toutes ces clés...
Voici quelques exemples de ces vases ou autres pièces en porcelaine de Chine toutes XVIIIème (au moins pour les montures

) ainsi…
transformés.
A vous de juger.

Sur cette paire de vases montés (vers 1730-35), conservée au Louvre, les anses font écho au tronc des pins, mais les dragons sont de trop n’est-ce pas ?

Pour cette aiguière attribuée à Duplessis (monture vers 1745), je trouve le bronze trop chargé par rapport au délicat craquelé de la porcelaine.

Pas mieux pour ce vase monté, en céladon craquelé, pour la garde robe de Louis XV à Versailles.
Le pied est disproportionné !

Conservés à la Wallace :

Dans le salon de Mesdames, à Bellevue :

Coupe couverte montée, pour le comte de Toulouse :

D’autres pièces, de style rocaille au néoclassique, que Claudine Cavalier n’aimera sans doute toujours pas

:

Un ensemble en porcelaine de Chine du règne de Kangxi, monté à Paris vers 1780, collection Marie-Antoinette, au Musée du Louvre.
Harmonieux pour le coup non ?

Ce nécessaire offert par Louis XV à Marie Leczinska, à l’occasion de la naissance du dauphin (porcelaine de Chine et argent cette fois) :
Son élégante théière…

Enfin, pour en revenir aux
noirs évoqués par Louis-Auguste et Sam, j’avoue aussi les aimer pour le contraste qu’ils opposent aux dorures.
Un effet que j’aime retrouver avec les laques, comme ici :
Pots-pourris en laque (Japon

) et bronze, pour la marquise de Pompadour au château de Bellevue.
Et avec ces aiguières en laque (Japon

), montures en France dans les années 1770 pour la collection de Marie-Antoinette (
je ne suis plus très sûr).
