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 Sujet du message: Musique et histoire à Constantinople au 17ème-18ème siècles
MessagePosté: 21 Avr 2008, 19:03 
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.I.

Aborder l’histoire par le biais de la musique, ça peut surprendre. Mais le fait est que c’est ainsi que je suis venu à m’intéresser à l’histoire: grâce à la musique et à la peinture. Ayant pas mal de liens avec l’Europe “balkanique”, en “mal de pays” certainement, je me suis mis à écouter de la musique dite “byzantine”, grecque, essentiellement religieuse et vocale (les instruments sont interdits dans l’Eglise orthodoxe, encore aujourd’hui), mais aussi profane (là, les instruments sont largement utilisés). Et comme l’écouter seulement ne me suffisait plus, j’ai commencé à l’étudier plus sérieusement, pour apprendre à la chanter. Cela fait maintenant 16 ans que je la pratique de façon plus ou moins constante. Je me suis intéressé plus tard à la musique ottomane, pour découvrir à quel point elle était proche et pourtant si différente de la musique post-byzantine!
A l’écoute de la musique de ces exotiques contrées de l’Europe, on apprend beaucoup sur les rapports des sociétés post-byzantine et ottomane. La musique est un terrain d’entente, une sorte de territoire de la tolérance où toutes les querelles des deux sociétés majoritaires (post-byzantine/grecque/orthodoxe et ottomane/turque/musulmane) mais aussi les tensions entre ce que l’on appelle aujourd’hui “groupes ethniques” ou “minorités”, s’effacent et laissent place aux talents des musiciens d’origines diverses: grecs, turcs, arméniens, juifs, moldaves, valaques, polonais...
La société de Constantinople est très cosmopolite au 18ème siècle; tous les voyageurs, ambassadeurs ou envoyés en témoignent. Et pas les moindres: Lady Wortley Montagu, Choiseul-Gouffier, Vergennes, le peintre Liotard, pour ne citer qu’eux. En cela Constantinople est une grande capitale européenne avec laquelle peu d’autres villes peuvent rivaliser à l’époque: Paris, certainement, Londres, peut-être, Naples, Venise... Déjà très étendue à l’époque de son “parrain”, le saint empereur Constantin et d’Hélène, sa mère, elle est immense au 18ème siècle, tout comme d’ailleurs Istanbul aujourd’hui. En 1697, le compositeur André Campra avait composé une entrée “Turque” pour son ballet “L’Europe galante”; Rameau aussi dans son ballet “Les Indes galantes”, en 1735. L'éternelle question: à quel continent appartient ce vaste territoire, situé entre-deux?
Le 18ème siècle est une époque caractérisée par un mouvement d’ouverture de la musique de la Cour ottomane sur l'extérieur. Ce mouvement n'est naturellement pas étranger aux changements politiques et sociaux qui marquent alors l'empire ottoman. La période 1700-1780 constitue «la première période classique de la musique ottomane... où, pour la première fois, des compositeurs chrétiens et juifs sont parvenus au sommet de la hiérarchie musicale de la cour. Parmi eux figurent les Grecs, qui ont exercé la plus grande influence sur l'orientation de la musique ottomane au 18ème (Feldman2005). Cette supériorité des Grecs reflète la puissance et l'influence croissante de l’élite grecque locale, laquelle est constituée d’une population hétéroclite de négociants, d’instituteurs et de moines, de membres du bas et du haut clergé, de notables, d’artisans et de clercs, avec à leur tête les Phanariotes érudits et amis des arts, à qui l’empire confia la responsabilité de sa politique étrangère pendant deux siècles environ. “Ils étaient entourés de la puissance, de l’influence et des avantages matériels qu’assure l’accès au pouvoir, mais... Ils étaient aussi les premiers visés, chaque fois que l’autorité supérieure, l’environnement du sultan, cherchait des victimes expiatoires” (Spathis, 1995)
Plusieurs ensembles font découvrir aujourd’hui, à travers la musique, les splendeurs oubliées de la cour ottomane et de la société post byzantine du 18ème siècle. A l’instar de leurs homologues d’Europe occidentale, ils font des recherches historiques et jouent cette musique avec des instruments anciens ou des copies. Certains ensembles turques s’allient avec des musiciens ouest-européens pour créer des programmes “mixtes” de musiques ottomane et occidentale où l’on remarque bien les influences des musiques les unes sur les autres.
Parmi des nombreux anonymes, plusieurs compositeurs se démarquent, tous d’origines ethniques et sociales diverses, mais arrivant malgré tout à intégrer la cour, comme s’était aussi très souvent le cas en Europe occidentale, où les mérites artistiques donnaient des lettres de noblesse à des artistes talentueux issus de milieux sociaux variés. Bien sûr, ce n’était pas le cas des tous, et il fallait aussi intriguer un peu pour y arriver, bref, un peu comme de nos jours, rien de nouveau sous le soleil!
Dragos Moldoveanu aka Faublas
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MessagePosté: 21 Avr 2008, 19:13 
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.II.

Un des plus importants, grand théoricien mais aussi bon interprète et compositeur, très productif, laissant derrière lui une oeuvre monumentale touchant plusieurs domaines dont la musique mais aussi l’histoire et la littérature, très aimé encore de nos jours par les turques, malgré sa trahison finale envers la Porte, le prince moldave Dimitrie Cantemir.
Dimitrie Cantemir, cité dans les sources ottomanes sous les noms de “Kantemiroglu”, “Kantemir” et “Küçük (petit) Kantemiroglu”, est né le 5 novembre 1673 à Iasi en Moldavie. Gardé comme otage par la Sublime Porte pendant que son père Constantin régnait en Moldavie, Dimitrie passa vingt ans de sa vie à Istanbul où il était venu tout jeune: un accord qui était une façon de contrôler les actions du “domnitor” ou voïvode (prince régnant) installé sur le trône avec l’appui du sultan; les princes héritiers du trône étaient toujours élevés à la cour ottomane.
Il poursuivit à Istanbul ses études commencées à Iasi où il apprit plusieurs langues occidentales ainsi que la plupart des langues orientales comme le turc, l’arabe et le persan (il possédait 11 langues). Il s’intéressa aussi à la musique turque et il réussit dans ce domaine au point de produire des œuvres parfaites dans le style des musiciens ottomans dont il fut l’élève et transcrivit les compositions. Cantemir qui est aussi l’auteur d’ouvrages sur l’histoire ottomane, l’islam et la langue arabe, transcrivit dans son œuvre capitale "Kitab-i Ilmü’l-Musiki alâ Vechi’l-Hurufât", connue aussi sous le nom simplifié de "Traité de Cantemir" (Kantemiroglu Edvari), plus de 350 compositions instrumentales des XVIe et XVIIe siècles en utilisant un système de notation alphabétique qu’il élabora. Ces compositions ont pu parvenir jusqu’à nos jours grâce à ce traité. Toutefois, ce manuscrit important n’a pas attiré l’attention des musiciens et les œuvres notées par Cantemir ont dormi près de trois siècles si l’on ne tient pas compte de quelques transcriptions partielles effectuées par des spécialistes curieux. Le compositeur et musicologue turc Yalçin Tura, commença à publier vers le milieu des années 70 la transcription en caractères latins et la traduction en turc moderne de ce traité, mais cette entreprise heureuse resta inachevée. Ce n’est qu’en 1992 que le musicologue anglais Owen Wright a publié la totalité des œuvres figurant dans le traité de Cantemir, dans une transcription écrite selon le système couramment utilisé dans la musique turque de nos jours.
Fikret Karakaya, Dragos Moldoveanu
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MessagePosté: 21 Avr 2008, 19:15 
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.III.

Cantemir fut proclamé voïvode de Moldavie en 1710 par le sultan ottoman Ahmed III. Son idéal politique était une Valachie et une Moldavie unies et indépendantes. C’est pourquoi il n’hésita pas à s’allier avec la Russie contre l’Empire ottoman mais il fut obligé de s’enfuir en Russie en 1711, sept mois après qu’il fut nommé voïvode, à la suite de la défaite de l’armée russe par les ottomans à Prut. Très bien reçu par le tsar Pierre le Grand, il obtient le titre de prince de l'empire russe, avec des domaines considérables en Ukraine. Il fut parmi les fondateurs de l’Académie des arts et sciences de Saint-Pétersbourg. Elu aussi en 1714 membre de l’Académie de Berlin, Cantemir mourut le 1er septembre 1723 à Kharkov, à l’age de cinquante ans.
La première histoire ottomane à être écrite à partir des sources de première main est son "Incrementa atque decrementa aulae othomanicae" ("Histoire de l’agrandissement et de la décadence de l’Empire ottoman", publié en traduction française dès 1743 par de Jonquières) qu’il rédigea entre 1714 et 1716 en latin et qui fut publiée en tant qu’œuvre posthume dans une traduction anglaise en 1734 à Londres par son fils Antioch, alors ambassadeur russe dans ce pays.
L’abbé Toderini qui était entre 1781 et 1786 au service d’Agostino Garzoni, bailli de Venise à Istanbul, dans son ouvrage sur la littérature turque intitulé "Letteratura turchesca" indique que Cantemir avait écrit à la demande de Lâtif Çelebi, trésorier du palais, et d’ Ismail Efendi, responsable du trésor impérial, un ouvrage en turc sur la théorie musicale intitulé "Kitab-i Ilmü’l-Musiki alâ Vechi’l-Hurufât" ("Livre de la science musicale à travers les lettres") et l’avait dédié à Ahmed II. Dans la première partie de cet ouvrage Cantemir donne des indications sur l’échelle musicale turque, les rythmes et l’interprétation, comme c’était le cas dans ces traités anciens. Il s’agit là de très précieuses données qui nous permettent de connaître la musique ottomane de cette époque. La deuxième partie de cet ouvrage comprend des peshrevs et des semais —dont certains sont composés par Cantemir lui-même— transcrits avec un système de notation de son invention. Une partie de ces œuvres figurent déjà dans le recueil de Ali Ufkî, antérieur d’une cinquantaine d’années à celui de Cantemir. Mais cette reprise devient un avantage parce qu’elle nous permet de voir les petites modifications survenues dans ces œuvres pendant cette période de cinquante ans. Les deux recueils sont d’une importance capitale non seulement parce qu’ils ont sauvé de l’oubli des centaines d’œuvres, mais aussi parce qu’ils les ont transmis à nos jours dans leur structure mélodique de l’époque où elles ont été transcrites.
Fikret Karakaya
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MessagePosté: 22 Avr 2008, 19:14 
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Un sujet intéressant, Faublas. Je lirai la suite avec attention. :D

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MessagePosté: 23 Avr 2008, 09:07 
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.IIII.Quelques compositeurs

Ahmed Çelebi : Sa vie est très peu connue. Selon Cantemir, c’ était un “converti”. Il a appris le kemânçe du grand virtuose Kemanî Mustafa Aga, a enseigné à l’Enderun (école du palais) et au harem. C’ était l’un des principaux professeurs de Cantemir. Seulement quelques unes de ses œuvres ont été conservées.

Dervis Mustafa : On ne connaît rien sur sa vie. On pense qu’il a vécu dans la première moitié du XVIe siècle. Selon Ali Ufkî, il était un joueur de kemânçe. Quelques unes de ses compositions de musique intrumentale ont pu parvenir jusqu’à nos jours grâce à Ali Ufkî et Cantemir.

Gazi Giray : Khan de Crimée. Né en 1554, il a reçu une bonne éducation. Il est allé à Istanbul en 1585. Nommé en 1588 khan de Crimée par le sultan ottoman Murad III, il a regné pendant 19 ans. En 1591 ses troupes ont avancé jusqu’à Moscou. Il est mort en 1608 près de Simféropol. Gazi Giray qui était à la fois un calligraphe, un musicien capable de jouer plusieurs instruments et un grand poète, est considéré comme un des grands compositeurs de peshrev et de semai. Ses œuvres ont survécu dans la tradition orale et grâce aux recueils d’Ali Ufkî et de Cantemir.

“Solakzade” Mehmed Çelebi : Compositeur, chanteur, historien, joueur de miskal, poète, peintre et illustrateur, il est né à Istanbul vers la fin du XVIe siècle et mort dans cette même ville en 1658. Il a été formé à l’Enderun où il est entré très jeune. Courtisan du sultan Murad IV, il a écrit une histoire de l’Empire ottoman depuis les origines jusqu’au milieu du XVIIe siècle. La plupart de ses œuvres instrumentales ont pu parvenir à nos jours par le biais de Ali Ufkî, de Cantemir et de Kevserî (musicien du XVIIIe siècle qui a préparé un recueil de partitions similaire à celui de Cantemir, en utilisant le même système de notation que celui-ci). Certaines compositions qui lui sont attribuées pourraient appartenir à d’autres compositeurs qui portent aussi le surnom “Solakzade” (fils du gaucher). Il est considéré comme un des plus grands compositeur de peshrev non seulement de son époque mais aussi de toute l’histoire de la musique ottomane.

Shérif Çelebi : On connaît peu de choses sur sa vie à part le fait qu’il est né en Anatolie et qu’il s’est installé au Caire. On pense qu’il est mort vers la fin du XVIIe siècle. Bien que certaines textes de ses compositions vocales figurent dans les anthologies de chansons, seules ses œuvres instrumentales ont parvenu jusqu’à nos jours. Sans les recueils de Cantemir et de Kevserî , celles-ci aussi seraient probablement perdues. Il est considéré comme un des plus grands compositeurs de peshrev avec une quarantaine d’œuvres qui figurent dans le répertoire.

Ali Ufkî/Wojciech Bobowski : Né à Lwow, capitale de la Galicie polonaise, en 1610, probablement d’une famille aisée. Il reçut une éducation musicale “ouest-européene, mais son instrument de prédilection, le cymbalum, faisait partie plutôt des instruments “folkloriques” est européens. Enlevé par les tartares et réduit à l’esclavage, il fût conduit à Constantinople et attaché comme page au palais de Topkapî pendant 19 ans. Libéré de son emploi de “musicien –esclave” suite à sa conversion à l’Islam, il devient plus tard “Dragoman” (interprète, guide, traducteur de la Cour). Plus tard il intègre l’ordre religieux des Celvetî en tant que derviche. Respecté pour sa culture et grâce à la connaissance de plusieurs langues, Bobowski/Ali Ufkî était très apprécié par les ambassadeurs européens, les marchands et les voyageurs. Il nous a laissé des nombreuses oeuvres, parmi lesquels des psaumes bibliques mis en musique, une courte description du Sérail et de sa vie musicale et son oeuvre majeure, “Mecmûa-i Sâz ü Söz” ( “Collection d’oeuvres instrumentales et vocales”). Il meurt en 1675.

Tanbûrî Isak : Isak “Fresko-Romano” (1745-1814) est l’une des figures de proue de toute l’histoire de la musique turco-ottomane. D’origine judéo-espagnole, issu d’un milieu fortuné, il fût protégé par son élève, le Sultan Selim III, lui-même poète et musicien. C’était un virtuose du tanbûr (sorte de luth), comme d’ailleurs son surnom l’indique. Isak est mentionné dans tous les écrits comme le créateur de la technique du tanbûr moderne. Il composa des peshrev et des
saz semâ’î, ainsi que des beste et semâ’î vocaux. Alors que la plupart de ses oeuvres instrumentales ont été conservées par son contemporain (arménien) Baba Hamparsum dans sa notation arménienne, très peu de ses oeuvres vocales nous sont parvenues.

Kemânî Miron : Violoniste (kemânî) d’origine moldave; il domina l’instrument sous le regne de Selim III et plus tard sous celui de Mahmud II.
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MessagePosté: 23 Avr 2008, 10:07 
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Localisation: Paris
Et pour ne pas vous étouffer avec ce sujet parfois sec, voici un peu de divertissement: de la musique ottomane sur youtube interprétée par l’excellent ensemble turc “Bezmara”, sous la direction de Fikret Karakaya. Ils ont enregistré plusieurs albums, dont un à l’occasion de l’exposition à Versailles en 1999, “Topkapi à Versailles, trésors de la Cour ottomane”: “Splendeurs de Topkapi”; mais aussi un album sur Tanbûrî Isak, un autre sur Ali Ufkî/Bobowski, etc..

http://www.youtube.com/watch?v=p8jRXRriQ_Q

http://www.youtube.com/watch?v=Y1Bn5R6B ... re=related

et ainsi de suite, à découvrir par vous-mêmes...

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MessagePosté: 23 Avr 2008, 14:12 
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Localisation: devant mon ordi!
Merci beaucoup! J'adore les deux vidéos! :love:
J'adore la musique des pays de l'Est au sens large (de la Turquie et la Grèce jusqu'à la musique des khazars et mongole, c'est pour dire que l'Est est large chez moi) et sous toutes ses formes (religieuse, profane, classique et populaire). Je ne connais rien en musique, mais je ne pourrais pas m'en passer! C'est la plus grande partie de ma discothèque, en tous cas!
Elle me fait vraiment vibrer... serait-ce le sang cosaque nomade qui parle en moi?


A propos, de nombreux concerts sont organisé par La Toison d'Art... J'ai assisté à un du choeur Sirine de Moscou et je pense y aller de temps en temps. La qualité est très bonne et les prix pas trop chers! J'ai craqué, j'y est encore acheté un cd à la sortie!

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On devrait toujours être légèrement improbable. Oscar Wilde.


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