Merci de cette première contribution, Pingui-Marigny.
Bizarrement

, l'aspect de Rousseau qui vous incline à la sympathie envers lui est exactement celui qui m'irrite le plus chez lui

. Sa manie de l'auto-accusation, de la culpabilité et de la réparation, qui lui vient de son fonds chrétien, calviniste plus exactement, et qui donne des boutons à quelqu'un comme moi...
Mais c'est la preuve que chacun est différent, et heureusement!
Sinon, oui, Rousseau a toujours essayé de réparer ses fautes (ou ce qu'il percevait comme tel dans sa conduite) : il l'a fait notamment, sur le point dont il a déjà été question, à savoir l'abandon de ses enfants. Il a essayé de les retrouver... sans succès, ce qui l'a plongé dans des transports d'amertume. Par ailleurs, il est hors de doute qu'à ses yeux, l'écriture de l'
Emile a constitué, quoi qu'en pense Louis-Auguste

, une tentative de réparation.
Et sur l'autre grande "faute" de sa vie, qui est le "détournement" de Thérèse et son comportement envers elle, là aussi il a essayé de réparer-compenser-rattraper les choses envers sa victime. Il l'a fait à la manière du temps, c'est-à-dire en l'épousant

, malgré sa grande hostilité personnelle au mariage. Ce n'était pas rien pour l'époque -Thérèse était une servante d'auberge, issue d'un milieu misérable, autant dire rien sur le plan social, et Rousseau était devenu très célèbre quand il l'a épousée. Sans compter le fait qu'il s'agissait qu'un mariage interreligieux (Thérèse était catholique), donc d'une aberration pour à peu près toute la société de l'époque, et qu'il y fallait donc un certain courage politique.
Il y a de nombreux autres exemples de tentatives de Jean-Jacques pour réparer ses fautes, et je ne vais pas rentrer dans les détails

. Mais je pense que vous pouvez lui accorder, sur ce point, le statut d'être humain à part entière...
