Claudine Cavalier a écrit:
Juste pour voir : si j'ai bien compris, il y a parmi nous des rousseauistes et des anti-rousseauistes... Que pensent donc les uns (qui sont peut-être du reste exclusivement les unes, c'est à voir

) et les autres des idées et des attitudes de Jean-Jacques à l'égard des femmes?
Normalement, ce devrait être plutôt du mal, mais... qui sait? Bien, j'attends vos réponses de pied ferme.

Aïe ! Aïe ! Je vois bien vos pieds au bas de cette pente

; mais j’accepte de me laisser glisser le premier, parce que je suis sans doute celui qui connaît le moins les écrits de Rousseau, et encore moins sa vie et son rapport aux femmes.
Je n’ai qu’un vague souvenir de ses "classiques" étudiés au Lycée (ou au collège), et j’avoue, sur le tard, ne pas avoir eu l’envie de lire ses
Confessions.
Aussi, mon opinion est superficielle et j'imagine réductrice ; mais puisque vous voulez ce test, ne me donnez pas un trop fort coup de pied Claudine.
En s’appuyant sur les différences naturelles entre les sexes, Rousseau fige les rapports hommes / femmes de manière opposée, même si complémentaire.
La nature de la femme (son corps, sa sensibilité) la prédestine à un rôle naturel tourné vers l’amouuuur, la tendresse, la maternité. Bref, elle donne.
A chacun son rôle, ses vertus et ses devoirs et du coup sa destinée.
Aussi, revendiquer l’égalité entre les sexes serait un non sens et un danger, puisque non naturelle et contraire à l’épanouissement des uns et des autres.
Ces différences sont pour Rousseau, une richesse, un gage de bonheur et d’équilibre. A condition que tout le monde reste bien gentiment à sa place…Pas bougé !
Aussi, pourquoi pas ?

Sans doute que certaines de ses contemporaines ont pu voir par là une reconnaissance affirmée de leur sexe : à l’homme ceci, à moi cela ; le tout équilibrant harmonieusement la balance des genres.
Si je ne me trompe pas, c’est une vision que je n’approuve pas, puisqu’elle tourne autour du concept de la prédestination.
Du coup, avec l’éducation, il condamne ainsi l’ensemble des femmes (ou des hommes) à suivre des rails qui ne leur étaient peut-être justement pas naturels au départ, du moins pour certain(e)s.
Manque pour moi la liberté de choix, et l’égal accès à cette liberté.

C'est idiot et hors sujet, mais enfin tout de même, je vous raconte une récente anecdote qui illustre un peu ce que je pense.
Nous avons organisé hier, avec les collègues de bureau, un petit pique-nique d'avant les vacances.
Aux filles le soin d'organiser le côté nourriture ; aux garçons le choix du lieu, l'apport des boissons et du...ballon !
Si toutes ne s'étaient pas cassées les reins à cuisiner chez elles la veille, ce sont bien celles qui avaient préparé les meilleures salades, avec leurs petites mains, qui ont été les plus complimentées.
Elles étaient ravies !
Aucune n'a souhaité jouer au foot.
Mais, moi non plus.
Aussi, quelle chance de n'avoir ni à préparer une salade, ni à me jeter dans l'herbe après un ballon !
