Ce qu'il reste du Trésor de l'abbaye de Saint-Denis, des
Regalia (anciennement conservés dans le Trésor de l'abbaye de Saint-Denis) et des diamants de la Couronne, est aujourd'hui conservé au Musée du Louvre.
Les diamants de la Couronne sont visibles dans la galerie d'Apollon, récemment restaurée.

Toutes les photos présentées ici proviennent évidemment du site de ce musée et de l'agence photographique de la RMN, sauf mention contraire.
Les notices des oeuvres d'art sont quant à elles extraites du livre
Le Trésor de Saint-Denis paru aux éditions Assouline (1995).
Pour l'histoire et le plaisir des yeux, nous franchirons les bornes chronologiques de notre forum.
Vues de la vitrine des diamants - © R.M.N.
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Les
Regalia, "instruments du sacre des rois de France occupent une place à part dans l'histoire du Trésor.
L'habitude de les déposer à St-Denis ne s'est que peu à peu instaurée, au cours des siècles : bien que le Trésor ait alors renfermé des couronnes, cette coutume n'existait ni sous les Mérovingiens, ni sous les Carolingiens.
Les tentatives, aux XI
ème et XII
ème siècles, pour imposer le lien unissant St-Denis à la monarchie capétienne, trouvèrent un appui déterminant en Louis VI le Gros et auprès des abbés Adam et Suger; en 1120, Louis VI fit remettre à St-Denis, la couronne de son père, Philippe I
er, en se référant
"à la coutume des rois de France" de confier à Saint-Denis leur couronne de sacre.
La basilique de Saint-DenisCet exemple ne fut pas suivi par Louis VII et les couronnes de Philippe Auguste furent rachetées à l'abbaye par Louis VIII.
Il fallut la remise solennelle, par St-Louis, en 1260, de sa propre couronne et de celles de Philippe Auguste,
"pour couronner les rois et les reines", pour que l'habitude de déposer les
regalia fût enfin bien ancrée dans les moeurs royales.
Elle perdura jusqu'à la Révolution comme le montre la couronne de Louis XV, aujourd'hui au Louvre.
Lourds de signification historique et politique, ces objets requièrent une étude dont l'objectivité est souvent difficile à préserver.
Nos renseignements sur ces objets sont souvent lacunaires et parfois trop récents puisqu'ils sont, pour la plupart, postérieurs au XV
ème siècle.
Ils nous montrent l'abbé de St-Denis, responsable des instruments du sacre, les apportant à Reims pour la cérémonie, les surveillant puis les rapportant dans son trésor.
L'histoire de Saint-Denis indique pourtant que des
regalia ont pu être réutilisés pour l'exécution de nouveaux reliquaires et l'on sait que le manteau royal pouvait être transformé en vêtements liturgiques.
Certains des instruments du sacre étaient remaniés ou enrichis. L'utilisation de l'épée
"de Charlemagne" et, pour les couronnes, de la
"Sainte couronne" ou de la
"couronne de Charlemagne" n'a pas été systématique, du moins au Moyen-Age.
La réfection de plusieurs des objets du sacre, par Charles V ou par Henri II, révèle une certaine souplesse dans leur utilisation.
De façon assez paradoxale, plusieurs des instruments du sacre furent épargnés en 1793 et envoyés au Museum.
L'ensemble formé par
les éperons d'or, l'épée "de Charlemagne" et son fourreau, le sceptre de Charles V, fut complété au XIX
ème siècle, pour le sacre de Napoléon I
er, par la Main de Justice, le bâton du sceptre, la nouvelle
"couronne de Charlemagne"...réalisés avec des objets provenant du Trésor de Saint-Denis mais étrangers jusqu'alors à la cérémonie du sacre : l'anneau de Saint-Denis, les camées du chef de St Benoît, le bâton de Guillaume de Roquémont.
Tout comme dans le Trésor de Saint-Denis où les gravures de Félibien nous les montrent mêlés aux autres objets, les
regalia sont aujourd'hui présentés avec l'ensemble du trésor et à proximité immédiate d'oeuvres contemporaines : il eût été injuste de les réduire seulement à un rôle de témoignage historique, si prestigieux soit-il, en négligeant de souligner l'importance de leur apport dans le domaine de l'histoire de l'art."
Gravures de Félibien"L'ouvrage de Don Michel Félibien,
Histoire de l'abbaye royale de Saint-Denys en France, Paris (1706), est illustré de 5 planches représentant les armoires du Trésor ouvertes, les objets étant alignés sur des étagères ou suspendus au fond. Ces représentations sont essentielles pour toute recherche sur le Trésor de Saint-Denis car, si l'on y reconnaît des oeuvres sauvegardées, elles sont aussi souvent le seul témoignage graphique conservé sur les oeuvres disparues."
Planche I -
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Planches trouvées sur ce site :
http://vrcoll.fa.pitt.edu/medart/image/ ... emain.htmlA. Croix de Philippe-Auguste
B. Crucifix du pape Clément III
C. Coffre reliquaire
D. Reliquaire avec un clou de la croix de Jésus
E. Éloquence de Philippe-Auguste
F. Vierge à l'Enfant de Jeanne d'Evreux

© R.M.N. / Martine Beck-Coppola
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G. Bras reliquaire de Saint Simeon
H. Martyre de Saint Hippolyte
I. Reliquaire de l'enfant Jésus
K. Bâton de Guillaume de Roquemont

© R.M.N. / Peter Willi
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L. Mitres d'Abbés de Saint Denis
M. Crosse de Charles de Lorraine
Na. Sceptre et main de justice de Henri IV
Nb. Couronnes de Henri IV
O. Reliquaire de la dent de Saint Pancrace
P. Calice et Patène
Q. Reliquaire des os de Saint Pancrace
R. Vase du mariage de Cana
S. Bras reliquaire de Saint Eustache
Planche II -
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A. Buste Reliquaire de Saint-Hilaire
B. Reliquaire contenant une tige de fer du gril de Saint Laurent
C. Reliquaire de Sainte Marguerite
D. Statue reliquaire de Sainte Madeleine
E. Reliquaire contenant l'os de l'épaule de St-Jean-Baptiste
F. Reliquaire de Saint Léger
G. Statue reliquaire de Saint Nicolas
H. Croix de Jérôme de Chambellan
I. Paxes de vermeil et d'or
K. Agrafe d'Anne de Bretagne
L. Vases de l'abbé Suger
M. Statue reliquaire de Saint Denis
N. Statue reliquaire de Sainte Catherine
O. Eglise reliquaire
P. Aquamanile et bassin
Q. Sceptre de Dagobert
R. Broche de Dagobert
S. Reliquaire de Saint Pantaleon
T. Reliquaire du prophète Isaïe
V. Reliquaire d'argent
X. Couronnes de Louis XIII
Y. Couronne d'Anne d'Autriche
Z1. Vierge à l'Enfant en ivoire
Z2. Manuscrit: Evangile
Z3. Plaque d'ivoire de David et Salomon
Z4. Plaques d'ivoire de scènes liturgiques
Z5. Evangile de Saint Denis
Z6. Plaque d'ivoire de David et Salomon
Z7. Manuscrit: Missel de Saint Denis

Planche III -
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Q. Couronnes de Louis XIV

Planche IV -
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-Aiguière en sardoine, don de l'abbé Suger à l'abbaye de St-Denis, visible en "E" sur la planche IV.
-Vase de porphyre dit "Aigle de Suger" visible en "EE" sur la planche IV.
-Vase dit "Vase d'Aliénor d'Aquitaine" visible en "Z" sur la planche IV.
© RMN / Caroline Rose - cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Planche V -
Cliquez sur l'image pour l'agrandirLes Regalia-L'épée de Charlemagne
© R.M.N. - cliquez sur l'image pour l'agrandir. 
"L'épée du sacre des rois de France est la légendaire
"Joyeuse", l'épée de Charlemagne que célèbrent les chansons de geste. Elle n'est cependant pas citée avant 1271, lors du sacre de Philippe III le Hardi, bien qu'elle puisse avoir été utilisée pour le second sacre de Philippe Auguste en 1180.
Fourreau -
(C) Photo RMN - ©Droits réservés



Joyeuse dans le portrait de Louis XIV par Rigaud (1701)
Joyeuse dans son fourreau -
(C) Photo RMN - ©Daniel Arnaudet
Joyeuse dans le portrait de Louis XV par Van Loo (1760)Composée de parties de différentes dates, elle est, dans son ensemble, postérieure à l'époque carolingienne.
Sa lame a été remplacée au début du XIX
ème siècle.
Son pommeau, dont la forme évoque les épées scandinaves, porte un décor au repoussé où 2 oiseaux affrontés, au cou noué, sont enlacés dans un réseau végétal, décor qui trouve des parallèles dans l'enluminure à la fin du X
ème et au XI
ème siècles.
Pommeau -
(C) Photo RMN - ©Daniel Arnaudet
Les quillons comportent 2 magnifiques éléments en forme de dragons ailés, antithétiques, aux yeux incrustés de perles, de la 2nde moitié du XII
ème siècle. [...]"
Quillons -
(C) Photo RMN - ©Droits réservés
-Le sceptre de Charles V
© R.M.N. - cliquez sur l'image pour l'agrandir.Charles V avait fait porter, avant sa mort en 1380, à Saint-Denis, les vêtements et instruments préparés pour le sacre de son fils. Parmi ces objets, se trouvait ce sceptre.
"Sur le noeud, 3 médaillons travaillés en repoussé montrent des scènes de la légende de Charlemagne.
Au-dessus, s'épanouit la grande corolle de lys, autrefois émaillée de blanc, sur laquelle trône une figure de Charlemagne.
Le sceptre manifeste aussi clairement, par son iconographie (l'image de Charlemagne sur un lys), l'ambition de la dynastie des Valois et leur désir de rappeler leurs ascendances carolingiennes, tout en faisant allusion au prénom du roi et de son fils" (le futur Charles VI)


Le sceptre fut par la suite utilisé lors de tous les sacres des rois de France.

Charlemagne, détail -
© R.M.N. - cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Noeud, détail -
© R.M.N. - cliquez sur l'image pour l'agrandir
Main de Justice et Sceptre de Charles V.
© R.M.N
Sceptre de Charlemagne, détail.
Portrait de Louis XV par Alexis-Simon Belle (1674-1734), en 1723.
(C) RMN (Château de Versailles) / Gérard Blot-La couronne royale
Couronne personnelle de Louis XV, par Augustin Duflos, d'après Rondé (1722) -
© R.M.N. - cliquez sur l'image pour l'agrandir"La couronne du Sacre, conservée à Saint-Denis, étant trop lourde et trop ancienne, ne servait qu'au moment du couronnement, lors du Sacre. Les rois de France avaient coutume de faire exécuter, pour cette même occasion, une couronne personnelle, et même, pour les Bourbons, 2 couronnes personnelles : Louis XV eut 2 couronnes personnelles, l'une d'or, l'autre d'argent.
C'est cette dernière qui a été préservée.

Oeuvre du joaillier Augustin Duflos, d'après un dessin du joaillier Claude Rondé,
© 2002 Fundação Calouste Gulbenkianelle est composée d'une structure d'argent, légère, à jour, sur laquelle avaient été sertis 282 diamants - dont le Régent placé sur l'une des fleurs de lys frontales, le Sancy et les autres Mazarins - 64 pierres de couleur et 230 perles.
Vue de dessus -
(C) Photo RMN - ©Martine Beck-Coppola

Ces pierres précieuses faisant partie des "Joyaux de la Couronne", la couronne fut déposée à Saint-Denis, selon l'usage, mais en 1729, lorsque des copies eurent remplacé les pierres d'origine."
Ecrin de la couronne de Louis XV (1722)
© R.M.N.
Couronne de Louis XV dans différents portraits du Roi.
par Jean-Baptiste Van Loo (1684-1745), vers 1723-1729.
par Carle Van Loo (1705-1765), vers 1745-1748.
par Louis-Michel Van Loo (1707-1771), en 1760.-Les éperons d'or
© R.M.N. -
Cliquez sur l'image pour l'agrandir"Les éperons sont, avec l'épée, les plus anciens
regalia conservés. Leur partie recourbée est intérieurement renforcée par une épaisse lame de cuivre, moderne.
Sur la courbure extérieure alternent des éléments d'or ajourés, formés de minuscules dragons entrelacés, dont le dos est souligné d'un pointillé et de plaques filigranées, enrichies de grenats; ces dernières furent en partie refaites pour le sacre de Henri II, mais les plaques filigranées actuelles pourraient dater du XIX
ème siècle.

En revanche, les dragons entrelacés, tout comme les boules ajourées des extrémités, remontent à la seconde moitié du XII
ème siècle : il est donc possible que les éperons, que l'on reconnaît dans les enluminures du
"Livre du sacre" de Charles V, aient servi pour la première fois pour la chevalerie de Philippe Auguste ou de Louis VIII.

Les éperons furent restaurés par l'orfèvre Biennais, en 1804, avant de figurer au sacre de Napoléon I
er parmi les
"honneurs de Charlemagne" : c'est alors que furent faites les douilles gravées de feuillages qui soutiennent les boules ajourées et, probablement, les plaques filigranées."
© R.M.N. - Peter Willi
Cliquez sur l'image pour l'agrandirLes apports napoléoniens-La couronne de Charlemagne et ses camées
© R.M.N. -
Cliquez sur les images pour les agrandir"La couronne médiévale du sacre des Rois de France, dite
"du Roi" ou
"de Charlemagne" était conservée à Saint-Denis.
Mais en 1590, les Ligueurs s'en emparèrent et la dépecèrent.
N'osant avouer cette disparition, les religieux de Saint-Denis lui substituèrent celle
"de la Reine", semblable à celle
"du Roi" mais un peu moins belle et plus petite, qui servit désormais pour le couronnement des Rois de France.
La couronne
"de la Reine" fut fondue à la Révolution.

Lorsqu'en 1804, Napoléon I
er voulut rassembler, pour son sacre, les anciens
regalia, les "honneurs de Charlemagne", on décida de refaire une couronne.
© R.M.N.Cette nouvelle
"Couronne de Charlemagne", fut ornée de camées et intailles qui provenaient, pour la plupart d'un grand buste reliquaire de Saint-Benoît [(cf planches de Félibien)], que Jean, duc de Berry, frère du roi Charles V et comme lui amateur passionné de camées, avait offert à l'abbaye de Saint-Denis, en 1401."
Détail de 2 camées - © R.M.N.-La main de Justice
© R.M.N. pour toutes les photographies sauf mention contraire."La Main de Justice fut exécutée pour le sacre de Napoléon I
er. Son noeud fut alors enrichi de l' "anneau de saint Denis", de camées et d'une intaille provenant du trésor de Saint-Denis."



Vue avec la hampe
Louis XIV, en grand costume royal, par Hyacinthe Rigaud (1701) : détail sur les RegaliaLes diamants de la Couronne et quelques joyaux...
Créé en 1530 par François I
er, maintes fois complété, dispersé, le trésor des Diamants de la Couronne a suivi, comme un témoin privilégié, la grande aventure de l'Histoire de France.
Le 15 Juin 1530, François I
er sélectionna dans les collections royales, huit bijoux qui devaient constituer le noyau du trésor inaliénable des Diamants de la Couronne.
Ils provenaient, pour la plupart, de son épouse Claude de France qui les tenait elle-même de sa mère Anne de Bretagne.
Outre le collier de Claude de France, portant onze beaux diamants, le trésor comportait également 3 gros spinelles ou "rubis balais" dont la précieuse
Côte-de-Bretagne, retaillée en dragon pour Louis XV et conservée aujourd'hui au Louvre comme l'unique et vénérable souvenir de ce premier ensemble.
Rubis dit "la Côte de Bretagne" - © R.M.N.

107,88 carats métriques
Collection de Marguerite de Foix, duchesse de Bretagne, puis de sa fille Anne de Bretagne, reine de France.
Taillé en forme de dragon par Jacques Guay en 1750 pour orner la Toison d'or de couleur de Louis XV.
Les guerres de Religion de la fin du XVI
ème siècle furent fatales à la collection, presque totalement dispersée à l'avènement de Henri IV (1589).
Henri IV et Louis XIII s'efforcèrent de reconstituer une collection digne de la Couronne de France. Le cardinal de Richelieu, en 1636, fit un don considérable.
Le règne de Louis XIV marque une période brillante d'acquisitions importantes : legs de Mazarin en 1661, Diamant Bleu (actuel diamant "Hope"

), Diamant Hortensia. A sa mort en 1715, Louis XIV négociait pour acheter "le Régent".
Peu de grandes acquisitions sous Louis XV et Louis XVI.
En 1785, Louis XVI décide de transférer les Diamants de la Couronne, de Versailles à Paris, dans le nouveau garde-meuble élevé place Louis XV (actuelle place de la Concorde), où il avait été décidé de les montrer au public.
C'est là qu'eut lieu entre les 11 et 17 septembre 1792, la première grande catastrophe : le vol des joyaux de la Couronne, effectué en plusieurs visites nocturnes.
Les plus grosses pierres furent rapidement retrouvées (Régent, Sancy, Hortensia, les Mazarins) mais le Diamant Bleu, dit "Bleu de France", fut à jamais perdu pour notre pays.
Le rubis Côte-de-Bretagne ne sera de retour en France que sous Louis XVIII.
La Révolution vendit ou mit en gage les diamants : 14 des Mazarins furent perdus. Le Régent fut "dégagé" et rejoignit les collections nationales.
L'Empire et la Restauration reconstituent les collections avant le nouvel âge d'or : le Second Empire.
En 1870, l'ensemble formé par les diamants de la Couronne a retrouvé un éclat, une ampleur et une somptuosité digne de son histoire aussi prestigieuse que mouvementée.
La III
ème République va commettre l'irréparable : en 1887, elle procède à la vente des Joyaux de la Couronne

dont seuls furent préservés les pièces historiques (Régent...etc) et de rares bijoux aujourd'hui partagés entre le Louvre et le Muséum d'Histoire Naturelle.
Les superbes joyaux de l'Impératrice Eugénie, notamment, ne nous sont plus connus que par les photographies prises en 1887, peu avant la désastreuse vente aux enchères.

Certains sont aujourd'hui aux USA.
Depuis 1945, le Louvre mène une politique active de rachat de pièces ayant appartenu aux joyaux de la Couronne, dès qu'elles se retrouvent en vente sur le marché de l'art.
-Le RégentLe plus célèbre des diamants de la Couronne.
Il fait 140,64 carats métriques.
Découvert en Inde (1698).
Acquis par Thomas Pitt, gouverneur du fort de Madras (1702).
Taillé en Angleterre. Il faisait, à l'origine, 426 carats.
Acheté à Pitt par le Régent Philippe d'Orléans pour la Couronne de France (1717) et rebaptisé
Le Régent à partir de 1722.
Il fut régulièrement porté par Louis XV et Marie Leszczynska puis Louis XVI et Marie-Antoinette.
Utilisé sur la couronne de Louis XV (1722), la couronne de Louis XVI (1775), l'épée du Premier Consul (1801), le glaive de Napoléon I
er (1812), la couronne de Charles X (1825), le diadème à la grecque de l'Impératrice Eugénie.
Projet pour le diadème porté par l'Impératrice Eugénie à l'inauguration de l'exposition de 1855
(C) RMN / Michèle Bellot"Son eau, d'une transparence exceptionnelle, et sa taille parfaite le font considérer comme le plus beau diamant du monde."
Durant la Seconde Guerre Mondiale, le Régent fut dissimulé dans du platre, derrière le marbre d'une cheminée du château de Chambord.

Il rejoignit son écrin du Louvre après le conflit.
© R.M.N.-Le Sancy Il fait 55,232 carats métriques.
"Acquis par Nicolas Harlay de Sancy, surintendant des Finances de Henri IV.
Vendu par Sancy à Jacques I
er, roi d'Angleterre (1604), vendu par Henriette-Marie de France, reine d'Angleterre au cardinal Mazarin (1657), légué par le cardinal Mazarin à Louis XIV (1661), 1er Mazarin."
Utilisé sur les couronnes de Louis XV (1722) et de Louis XVI (1775).
Mis en gage en 1796 et non dégagé.
Collections Manuel Godoy, Nicolas et Paul Demidoff, Sir Jamsetjee Jeejeebhoy, vicomtes Astor.
Acquis en 1976.
© R.M.N.-"Les Mazarins"A sa mort en 1661, le cardinal Mazarin lègue à son filleul, Louis XIV, 18 magnifiques diamants qui portèrent dès lors son nom.
Le plus gros, que l'on vient de voir, n'était autre que
le Sancy.Les 17 autres diamants, taillés de diverses manières, en tables, en roses ou en pendeloque, pesaient environ de 9 à 36 carats.
Jusqu'à la Révolution,
les Mazarins, dont plusieurs furent retaillés au XVIIIème siècle, restèrent parmi les plus prestigieux des Diamants de la Couronne.
Trois seulement

subsistent aujourd'hui dans les collections du Louvre : Le Sancy et les 17e et 18e, ces 2 derniers étant intégrés dans la broche de l'Impératrice Eugénie.
Broche, dite "broche-reliquaire", de l'Impératrice Eugénie (1855) -
© R.M.N.
-Le Diamant HortensiaDiamant rose dit "Diamant Hortensia"
21,32 carats métriques
"Acquis par Louis XIV, taillé en 1678. Utilisé en dernier lieu sur un peigne en diamants de l'impératrice Eugénie (1856).
Ancienne collection des Diamants de la Couronne
Attribué au Muséum d'histoire naturelle en 1887, puis au musée du Louvre."
© R.M.N.-Le Diamant Bleu, dit "Bleu de France", et actuellement "Diamant Hope".Ce grand diamant d‘un bleu intense est peut être la pierre qui a la plus mauvaise réputation.

Un grand nombre de ses possesseurs furent malmenés par le sort si bien que l‘on croit à un maléfice.

Le Hope fut découvert en Inde; non taillé, il pesait 112 carats. Il parvint en France en 1668 avec la réputation de porteur de malheur, un voleur l‘ayant dérobé à une statue de Sita, déesse hindoue et épouse de Rama. Tavernier qui avait rapporté ce diamant des Indes, le vendit à Louis XIV qui le fit tailler en une pierre de 67 carats, en forme de coeur, et l‘appela le Diamant de la Couronne. A son retour en Inde Tavernier fût, dit-on, déchiré par des chiens sauvages.
En 1792, cette pierre fut volée avec tous les autres joyaux de la Couronne. On en retrouve quelques uns, mais pas le diamant bleu.
En 1830 à Londres, on vit apparaître sur le marché un diamant de 44,5 carats bleu intense, de forme ovale; les experts s‘accordèrent à déclarer que c‘était le bleu de France retaillé pour dissimuler son identité.
Il fut acheté par Henry Hope et connu, depuis lors, sous le nom de "diamant Hope".
Il est curieux de relever qu‘une pierre ressemblant au Hope est portée par la reine Marie-Louise d‘Espagne dans un portrait que Goya fit d‘elle en 1800.
Le Hope fut vendu chez Christie‘s en 1867, et depuis lors, changea plusieurs fois de mains. Evalyn Walsh Mc Lean, riche excentrique américaine de Washington, acheta le Hope en 1911.
Après la mort de Mrs. McLean en 1947, le bijoutier new-yorkais Harry Winston acheta ses bijoux y compris le Hope. Il fit don de ce diamant à la Smithsonian Institution, à Washington, en 1958.
© Smithsonian InstitutionEt pour finir, quelques joyaux...-Reconstitution de la parure d'émeraudes de l'Impératrice Joséphine
L'Impératrice Joséphine, d'après Gérard -
(C) Photo RMN - ©Yann Martin
Châteaux de Malmaison et Bois-Préau.
diadème, collier, boucles ou pendants d'oreilles, bracelets -
(C) Photo RMN - ©Yann Martin
Châteaux de Malmaison et Bois-Préau-Parure de l'Impératrice Marie-Louise
L'Impératrice Marie-Louise, par Gérard"Collier et boucles d'oreilles de l'impératrice Marie-Louise
© R.M.N. pour toutes les photographies.1810, réalisés par le joaillier François-Regnault Nitot (1779-1853)
Paris
Collier : 32 émeraudes ; 1138 diamants ; or ; argent
Boucles d'oreilles : 6 émeraudes ; 108 diamants ; or ; argent
Les boucles Provenant d'une parure offerte par Napoléon I
er à Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, au moment de leur mariage en 1810 ; léguée par l'Impératrice au Grand-Duc Léopold II de Toscane.
Le collierAcquis en 2004 avec la participation du Fonds du Patrimoine et de la Société des Amis du Louvre
Département des Objets d'art"
Le collier - détail -Diadème de la duchesse d'Angoulême (1778-1851), fille de Louis XVI & Marie-Antoinette.
La duchesse d'Angoulême, par Gros, en 1819"1819 - 1820, par Évrard Bapst & Frédéric Bapst.
Paris
Or ; argent doré ; 40 émeraudes ; 1031 diamants
Ancienne collection des Diamants de la Couronne
Vendu en 1887
Acquis avec la participation du Fonds du Patrimoine, 2002"
© R.M.N. pour toutes les photographies.
Détail de la partie centrale
Vue de profil
Vue du revers-Bracelets de rubis et diamants de la duchesse d'Angoulême (1778-1851)"Paul-Nicolas Menière
Maître à Paris en 1775
Paire de bracelets de la parure "rubis et diamants"
d'après Jacques-Eberhardt Bapst
1816
Paris
Or ; rubis ; diamants
Exécutée pour la duchesse d'Angoulême à partir d'éléments de la parure de diamants et rubis de l'impératrice Marie-Louise.
Ancienne collection des Diamants de la Couronne.
Vendue en 1887.
Legs Claude Menier, 1973."
© R.M.N.
-Couronne de l'Impératrice Eugénie"Gabriel Lemonnier
Couronne de haut de tête de l'impératrice Eugénie
1855
Paris
Or ; 2 490 diamants ; 56 émeraudes
H. : 13 cm. ; D. : 15 cm.
Exécutée pour l'impératrice Eugénie à l'occasion de l'Exposition universelle de 1855 ; léguée par elle à la princesse Marie-Clotilde Napoléon, comtesse de Witt.
Ancienne collection des Diamants de la Couronne
Don M. et Mme Roberto Polo, 1988"
© R.M.N. pour les trois photographies de la couronne
L'Impératrice Eugénie, par Edouard Dubufe (1853) -
Château de Compiègne.
Détail de la partie centrale
Détail de la partie supérieure-Diadème de l'Impératrice Eugénie"Gabriel Lemonnier
Diadème de l'impératrice Eugénie
1853
Paris
Argent doublé or ; 212 perles ; 1 998 diamants
H. : 7 cm. ; L. : 19 cm. ; Pr. : 18,50 cm.
Vendu en 1887.
Collection des princes de Tour-et-Taxis.
Ancienne collection des Diamants de la Couronne
Don Société des Amis du Louvre, 1992"
Pour toutes les photos du diadème, © R.M.N.
L'impératrice Eugénie devant une vue du parc de Saint-Cloud
atelier de Winterhalter
(C) RMN (Château de Versailles) / Gérard Blot






Voilà, notre voyage s'achève.
Merci aux souverains qui ont commandé ces somptueux objets, merci surtout aux artistes virtuoses - joailliers, sculpteurs...etc - français et européens qui les ont créés et enfin merci à notre chère République de les entretenir, de tenter de faire revenir ceux qui ont quitté notre pays afin de pouvoir les exposer à nos regards émerveillés.