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MessagePosté: 05 Mar 2005, 09:29 
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Bonjour Louis-Auguste,

vous voulez un sujet sur Hébert dans votre forum? Mais, comment donc! Je le posterai ce soir. Je compte sur vous pour l'animer... :wink: :lol:

Je me pose une seule question : je le poste ici ou dans le forum sur la littérature? Car après tout, Hébert est un des grands écrivains du XVIIIe siècle... :wink:

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 05 Mar 2005, 20:41 
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Claudine a écrit:
vous voulez un sujet sur Hébert dans votre forum ?


Nous sommes ici pour parler de la Révolution. Toutes les factions ont donc droit de cité. Mes sentiments personnels à l'égard de Marat et d'Hébert n'ont pas à entrer en ligne de compte.
Leurs courants respectifs ont fait partie du mouvement révolutionnaire. Nous en parlerons donc.

Citation:
Je me pose une seule question : je le poste ici ou dans le forum sur la littérature? Car après tout, Hébert est un des grands écrivains du XVIIIe siècle...


Postez le ici. A terme, nous aurons ainsi toutes les grandes têtes révolutionnaires réunies dans le sous-forum de la Révolution. :P
D'ailleurs Claudine, si vous aviez dans vos relations des sympathisants girondins et/ou dantonistes, ils sont les bienvenus ici pour nous présenter leurs héros.
Je ne voudrais pas vous surcharger de travail :wink: et cela nous permettrait d'avoir une vision autre que robespierriste sur ces grandes figures... :wink:

Je ne puis malheureusement vous être d'aucune aide sur les courants révolutionnaires. :oops: Vous savez bien que, passé le 16 octobre 1793, j'attends 1815... :lol: et connais bien mal les luttes internes à la Convention...même si je tente de m'y intéresser depuis les quelques mois maintenant que nous conversons tous deux. :wink:

:arrow:
Claudine, en réponse au manque de Girondins et Dantonistes a écrit:
Quant à des amis dantonistes ou admirateurs de la Gironde que je pourrais inviter ici... Je crains de n'avoir que des amis robespierristes ou au mieux saint-justiens... :wink: :lol:
Mais j'aime bien Danton, donc je le présenterai un de ces jours. Les Girondins en revanche, aïe! J'avoue que j'ai du mal avec eux... Je les connais bien, mais ils ne sont pas enthousiasmants, les pauvres! :lol: Si nécessaire, je ferai un effort, mais en effet je ne peux pas tout assurer en même temps :oops: . Mais votre forum est appelé à durer et à se développer, j'espère, donc nous avons le temps : et des "brissotins" modernes le découvriront peut-être, qui sait? :lol:

Amicalement,
CC


Maintenant, place à Hébert... :roll: :(

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"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 05 Mar 2005, 22:27 
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Inscription: 20 Fév 2005, 18:49
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Bonsoir,

Comme promis, me revoici pour un message sur Hébert. Je vais essayer de le présenter brièvement, pour les lecteurs qui ne le connaissent pas, puis de poser une ou deux questions sur lui en vue d’un éventuel débat.

Hébert est, avec Camille Desmoulins et Marat, l’un des trois grands pamphlétaires de la Montagne durant la Révolution. Son journal, le Père Duchesne, était de loin la feuille la plus populaire de Paris ; c’est un journal très court, huit pages in-8°, qui ne comporte qu’un seul article, toujours intitulé Joie ou Colère du Père Duchesne, et porte sur un événement ou un personnage particulier. Il repose sur une fiction simple : le Père Duchesne, fumiste à grande gueule, commente l’actualité du jour en des termes colorés. Le ton est grossier, parfois même obscène ou scatologique, le propos violent, simple et très marqué contre le roi, les nobles, puis après la chute du trône les "hommes d'Etat" et les riches, toujours en faveur des « sans-culottes » dont le Père Duchesne est censé être le représentant .

Image


Je donne quelques exemples pour permettre de juger du style de la feuille.

La fuite de Louis XVI provoqua une attaque virulente d’Hébert contre le monarque parjure : Qu’allons-nous faire de ce gros cochon ? Qu’on le foute aux petites maisons dans les loges des insensés, puisqu’il n’existe plus de cloître pour l’y mettre à l’ombre et l’y tondre comme faisaient nos bons aïeux aux rois imbéciles et fainéants! Sa réhabilitation par la Constituante après son arrestation à Varennes est commentée en ces termes : Il règnera donc encore le Jean-Foutre de Capet ! Malgré la nation, le parjure va donc rentrer dans tous ses droits. Où est-elle donc, cette liberté dont on nous berce ? Non, foutre non : nous ne sommes pas libres, nous ne sommes pas dignes de l’être, puisque de sang-froid nous nous laissons foutre dedans de la sorte.
Un exemple un peu plus long, très caractéristique. Voici ce qu’Hébert dit à ses lecteurs de Louis XVI prisonnier au Temple et de sa famille : Que fait le gros templier, disent tous nos badauds ? Ce qu'il fait, foutre? Il mange. Que dit-il ? rien. A quoi songe-t-il ? quels nouveaux coups de chien médite-il ? le père Duchesne va vous l'apprendre, non sur des ouï dire, mais sur ce qu'il a vu, non pas par le trou de la serrure, mais après avoir examiné tout à son aise et de près l'ogre royal dans sa cage (…) Mon tour est venu, foutre, pour aller garder la ménagerie du Temple ; en qualité de municipal, je me suis fait une fête d'aller examiner les bêtes féroces : d'abord figurez-vous le rhinocéros, écumant de rage de se voir enchaîné, et haletant de la soif du sang dont il est dévoré ; c'est trait pour trait la ressemblance de Louis le traître, ronflant la nuit comme un pourceau sur son fumier, le jour ne faisant que grogner, joyeux seulement quand il voit arrivé le fricot, dévorant une poularde d'un coup de dent, et disant en lui-même, que ne puis-je en faire autant d'un jacobin, d'un sans-culotte !
Quant à l'Autrichienne, ce n'est plus cette tigresse nageant dans les flots de sang qu'elle avait fait verser à la journée de la Saint-Laurent. Elle a pris la figure maîtresse d'une chatte ; elle a l'air de miauler avec douceur, elle fait patte de velours pour mieux trouver son temps et donner encore quelques coups d'ongle. Les petits sapajous engendrés par cette guenon font des petits sauts et des gambades pour amuser ceux qui les entourent ; mais, foutre, ces bougres à poil ne se laissent pas payer en monnaie de singe ; ils savent qu'il est des monstres qu'on n'apprivoise jamais, que les princes et rois dévoreront toujours les hommes, et qu'il faut en étouffer l'espèce si on veut que la liberté et le bonheur règnent sur la terre.
J'oubliais la sœur de Monsieur Veto ; c'est une grosse gaillarde assez bien découplée et qui paraît de bon appétit ; c'est dommage, foutre, qu'elle soit née d'une pareille race ; elle a plutôt l'air d'une grosse meunière que d'une ci-devant princesse ; il faut qu'elle ait été fabriquée par quelques forts de la Halle ou par un gros rustre. Au lieu de faire l'orgueilleuse, parce que, soit disant, elle est sortie du sang des rois, elle devrait au contraire renier ce sang impur afin d'épouser un payeur d'arrérages qui ne lui ferait pas des enfants à la sourdine, mais avec lequel elle peuplerait l'état.
C'est là pourtant les individus pour lesquels toute l'Europe est sans-dessus-dessous ; c'est pour eux que Brunswick met nos villes au pillage, ravage nos campagnes, et menace de mettre Paris en cendres. Tout en sifflant la linotte, le gros Louis attend ces brigands comme les Juifs le Messie. Il espère voir bientôt la tour du Temple entourée d'Autrichiens et Prussiens, et sortir de sa geôle sur les cadavres de ses gardiens. Il coulera encore bougrement d'eau sous le Pont-Neuf avant que ton attente soit remplie, bougre de cornard. Si du fond de ton trou de chat huant tu étais témoin du zèle qui anime tous les citoyens ; si tu voyais de jeunes époux s'arracher du cou de leurs femmes pour voler au combats ; si tu étais un moment transporté au camp, où des millions de citoyens se précipitent et nous retracent le tableau du Champ-de-Mars ; si tu voyais arriver de toutes parts ces canons, ces forêts de piques et de baïonnettes qui couvrent la moitié de la France, tu saurais s'il est possible de vaincre une grande nation qui veut être libre.
L'imbécile ! Il a beau bâtir des châteaux en Espagne, et faire semblant d'être calme au fond du cœur, s'il est vrai qu'il en ait ; le diable n'y perd rien ; il éprouve le supplice des scélérats, et il est déchiré de remords.

Ces propos outranciers, vulgaires, mais qui faisaient écho à des sentiments bien réels dans le peuple, avaient un énorme succès dans les rues de Paris, ainsi qu’aux armées où le ministère de la guerre les faisait distribuer à ses frais. Le style percutant, la drôlerie ajoutaient à leur pouvoir de séduction. Leur auteur était populaire dans les sections les plus révolutionnaires, et beaucoup de petites gens l’appréciaient fort et le jugeaient « franc patriote ».

Hébert, quoique lié aux Montagnards, ne tenait pas un discours politique élaboré : logiquement, il fit campagne contre la Gironde, et après sa chute appuya la nouvelle Constitution en termes simples. Si la nouvelle Constitution protège les propriétés, si elle conserve les droits de tous les hommes, si elle assure la subsistance des pauvres, des vieillards et des infirmes, si elle est claire et à la portée de tout le monde, elle est bonne, foutre! Il consacra de nombreux numéros à réclamer des mesures en faveur des plus pauvres, et usa du thème pour stigmatiser le pouvoir en place, surtout à partir de l’automne 93 : Que la Convention ôte l’autorité aux riches, qu’elle protège les pauvres et qu’elle ne souffre pas plus longtemps que tous ses oeufs soient dans le même panier comme sous l’Ancien Régime! . Il poussa à la Terreur à outrance, loua la guillotine et les mesures d’exception, appuya l‘armée révolutionnaire. En dehors de son journal, il ne jouait pas un rôle politique important, bien qu’il fût substitut du procureur de la Commune et orateur écouté aux Jacobins et surtout aux Cordeliers, le grand club populaire de Paris. Mais à partir de l’hiver 94, il s’attaqua violemment au Comité de Salut Public dans sa feuille et dans les clubs, et finit par prêcher l’insurrection aux Cordeliers. Il fut arrêté avec d’autres meneurs extrémistes qu’on baptisa « hébertistes », mais qui ne lui étaient pas forcément liés de façon claire. Il fut condamné à mort, après un procès bâclé, et guillotiné le 24 mars 1794.

Hébert est un personnage difficile à juger : dans sa vie personnelle, il ne ressemblait aucunement à son marchand de fourneaux violent et grossier, c’était un jeune homme doux, aimable, plutôt timide.

Voici le seul portrait relativement fiable qu'on connaisse de lui.

Image

Ses convictions étaient-elles feintes pour autant? On l’a beaucoup dit, et on est même allé jusqu’à supposer qu’il était un royaliste déguisé qui cherchait en secret à déshonorer la Révolution par ses outrances. C’est peu vraisemblable, mais la question peut être posée. Sinon, c’était évidemment un démagogue, qui flattait les passions populaires pour en tirer son succès. Était-il sincère dans son exécration des grands et sa défense des humbles? Difficile à affirmer. Je dirais personnellement que oui, très probablement, ce qui n’exclut pas qu’il ait nourri des ambitions politiques précises.

Mais je laisse la place aux commentaires…

Alors Louis-Auguste, il vous plaît, Hébert? :wink: :lol:


Amicalement,
CC


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MessagePosté: 06 Mar 2005, 00:15 
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Chère Claudine,

Je répondrai avant Sa Majesté ! Qu'Elle daigne me pardonner ! :wink:

Personnellement, je n'aime pas beaucoup le personnage ! Je ne parle pas de l'homme privé, dont vous avez cité les qualités, mais l'homme aux écrits vulgaires et calomnieux du Père Duchesne !

Il est donc à mon avis ce que la Révolution a pu engendrer de pire et l'a même desservie.

Ce qui est dommage, c'est que certaines de ses calomnies soient encore crues de nos jours.

Je vous suis gré de ne pas avoir posté dans les Lettres :wink:

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MessagePosté: 06 Mar 2005, 11:29 
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Eh bien non, Claudine, je ne l'aime pas, Hébert ! :wink: :lol:

Je remarque que vous ne dîtes mot de l'accusation d'inceste pratiqué à des fins politiques, lancée contre la Reine par ce misérable, accusation tirée des prétendues confidences du Dauphin ! :shock: :twisted:
J'entends déjà vos objections - que vous m'aviez déjà faites - selon lesquelles ce ne serait pas lui qui l'aurait forgée mais qu'il n'aurait fait que rapporter des propos tenus par d'autres...Il n'était en rien obligé d'y souscrire et cette infâmie supplémentaire est cruauté gratuite.
Cela a au moins permis à la Reine de faire l'une de ses plus belles réponses et de retourner, l'espace d'un instant, l'assistance en sa faveur.

Herman, "citoyen président" au procès de la Reine, avait peut-être senti que la salle ne suivrait pas car il n'avait pas fait remarquer à Marie-Antoinette qu'elle n'avait pas répondu sur la question soulevée par Hébert.
C'est l'un des jurés qui le lui souligne :

-"Citoyen président, je vous invite à vouloir bien observer à l'accusée qu'elle n'a pas répondu sur le fait dont a parlé le citoyen Hébert, à l'égard de ce qui s'est passé entre elle et son fils."

C'est alors que la Reine, debout, lance la réponse cinglante demeurée célèbre :

-"Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère. J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici."

Un murmure d'approbation secoue l'assistance et Herman passe à autre chose...

Il m'importe peu, Claudine, de savoir si c'est Hébert qui a forgé l'accusation ou s'il n'en est que le rapporteur. Qu'il l'ait simplement rapportée me suffit à le juger méprisable. C'était une cruauté inutile, qui ne servait en rien l'accusation, le sort de la Reine étant déjà scellé de toute façon.
Il a sans doute voulu alimenter une dernière fois le mythe de "l'Antoinette, ogre-femelle, véritable Messaline, Agrippine, Frédégonde, Brunehaut...etc". C'est une fois de trop.

Et lorsque l'on a pris l'habitude d'agonir d'injures tous les condamnés à l'échafaud, de rire outrancièrement de leurs derniers instants, on a au moins la décence et la dignité élémentaires d'endurer de façon stoïque le sort subi par tous ceux dont on s'est moqué auparavant et on ne pleure pas tout le long du chemin qui vous mène au pied de la "roide échelle de Sanson" :twisted:

Vous aurez beau me dire que c'était un gentil garçon au langage châtié, en privé, un grand journaliste...etc
Cela ne change rien à l'affaire pour moi. Je le mépriserai toujours.

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Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 06 Mar 2005, 15:07 
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Bonjour Louis-Auguste,

ne craignez rien : je ne chercherai pas à vous convertir à l'hébertisme :wink: . Au robespierrisme, oui, mais rien de plus méchant! :wink: :lol: :lol:

J'ai fait exprès de ne pas parler de l'épisode du Tribunal Révolutionnaire, d'abord parce qu'il est très célèbre, ensuite parce que je me suis dit qu'ainsi vous auriez le plaisir de le faire vous-même :lol: . Votre avis concorde pleinement avec celui de Robespierre, c'est pour moi une joie de vous l'assurer : des gens qui connaissaient l'Incorruptible ont même estimé qu'il s'était mis à détester Hébert à partir du jour du procès de la Reine... Possible :wink: .
En tout cas j'ai cité longuement un des plus violents passages du Père Duchesne, où il se moque avec une grande cruauté de la famille royale prisonnière au Temple, donc ne me dites pas que j'ai cherché à tricher sur les aspects désagréables de son activité.

Je ne sais pas si Hébert était un homme méprisable : il a incontestablement commis des actes détestables, c'est tout ce que je puis dire, et le témoignage contre Marie-Antoinette n'est même pas le pire ; mais c'était un révolutionnaire probablement très convaincu, et je persiste à penser que sa défense des pauvres et des petits était sincère. Il avait connu la vraie misère, la faim et la rue, et ce sont des choses qui ne s'oublient pas. Sa rage contre les puissants et les riches n'était probablement pas feinte, et certaines de ses Colères ou de ses Joies sont d'une grande générosité : j'avoue être sensible à ce genre de choses... Par ailleurs il connaissait bien la rue parisienne, aucun doute là-dessus, même s'il en était sorti, et la comparaison de ses feuilles avec les rapports de police montrent qu'il en était souvent un écho très précis. A ce titre il est irremplaçable.

Pour ce qui est de son style... là je plaide coupable, Pierre-Augustin, j'aurais pu poster sur lui dans les Lettres sans aucun scrupule : je l'apprécie énormément, et je classe sans hésitation Hébert parmi les écrivains du XVIIIe siècle. Un de ses premiers commentateurs modernes, Fernand Braesch, l'avait surnommé l' Homère de l'ordure, ce qui est à fois injuste et faux... Son usage de la grossièreté est très habile, et souvent percutant, sa reconstitution de la langue populaire, qui est une pure construction littéraire et non une imitation servile, est magnifique de force et d'invention, quant à sa verve et à son sens de la satire... Eh bien je dirai simplement que je marche à fond pour ma part... :wink: :lol:

A-t-il au bout du compte servi ou desservi la Révolution? Difficile à dire : je crois qu'il l'a servie, par le rôle qu'il a joué auprès des sans-culottes, par son soutien aux insurrections populaires... Il a été une de ses voix majeures en tout cas, je ne pense pas qu'on puisse le nier. Sa condamnation pose un vrai problème, qui est celui de ses rapports réels avec l'"hébertisme" et ses crimes, avec les bouchers de Vendée, avec Ronsin et compagnie. Il n'est pas simple de trancher là-dessus et je ne le ferai pas. Je laisserai à Hébert le bénéfice du doute... même si mon cher Robespierre ne le lui a pas laissé.

Amicalement,
CC


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MessagePosté: 22 Mar 2005, 18:43 
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Bonjour à tous,

Connait-on la jeunesse d'Hebert ? De quel milieu venait-il ? quelles études a-t-il faites ? merci de vos réponses.
Je l'avoue, je connais trés mal le personnage mais les quelques éléments qui me sont restés de sa vie pendant la période révolutionnaire notamment ses prises de position dans son journal Le Père Duchesne et ses accusations honteuses lors du procès de la reine ne m'ont pas rendu le personnage sympathique à mes yeux. Mais je pense que l'on peut en parler sans s'étriper... Je pense que nous sommes d'accord. :wink:


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MessagePosté: 22 Mar 2005, 19:32 
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Inscription: 20 Fév 2005, 18:49
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Localisation: Paris
Bonjour Dominique,

la jeunesse d'Hébert est bien connue. Elle plaide plutôt en sa faveur, du moins il me semble.
Il était "de bonne famille" comme on dit. Il était né à Alençon, d'un père orfèvre très à l'aise, échevin de la ville, lieutenant de la milice bourgeoise. Sa maman était... noble :shock: :lol: . Eh oui, c'était une Bunaiche de la Houdrie, d'une petite mais solide noblesse locale.

Jacques-René avait tout pour être heureux, et il a eu une enfance dorée. Il a fait ensuite de bonnes études au collège d'Alençon. Mais à dix-huit ans, le ciel lui est tombé sur la tête :cry: . Suite à une injustice commise par un médecin, gros bourgeois de la ville, envers un ami à lui, il a piqué... "la première Colère du Père Duchesne", pourrait-on dire :wink: . Il a placardé une nuit dans la cité six affiches manuscrites... Je vous cite le texte, ça vaut la peine.

L’an de grâce 1776, le 16 mai, par devant nous Honneur, vengeur de toutes les bassesses et de tous sentiments qui peuvent dégrader l’homme : ouï le cri public et les plaintes de l’innocence opprimée.

Gilles-Fiacre-Barrabas Clouet, docteur, dit-on, de la Faculté de Montpellier, atteint et convaincu d’avoir voulu, par une conduite inouïe, ajouter au titre d’empoisonneur celui d’assassin ; voulant pourvoir à la sûreté publique, avons déclaré et déclarons ledit Gilles-Fiacre-Barrabas Clouet indigne de toutes sociétés humaines ; par ce l’avons condamné et condamnons à être banni de tous lieux où pourraient se trouver l’honnêteté, l’humanité et la raison ; enjoignons de plus par sentences auxdites honnêteté, humanité et vertus de n’habiter jamais les lieux où ledit Clouet se trouve.


C'était méchant, mais de la part d'un gosse de dix-huit ans... Clouet a mal pris la chose, on a procédé à des poursuites, et Hébert a été condamné à une amende énorme : 1000 livres. Il a craqué, il s'est enfui de chez lui... On ne sait pas très bien ce qui lui est arrivé par la suite, sinon qu'il a sombré dans la misère. Il en est sorti quatorze ans plus tard seulement, pendant la RF, grâce à son succès. Mais il avait payé beaucoup trop cher un mouvement d'indignation plutôt généreux. Sa profonde détestation des autorités constituées et des riches ne vient pas de nulle part...

Amicalement,
CC


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 Sujet du message: Re: Hébert
MessagePosté: 09 Juil 2010, 09:56 
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Inscription: 01 Juil 2010, 23:58
Messages: 4
Les Hommes De La Liberté. Le Vent D'amérique. 1778-1782
Claude Manceron
France Loisirs - 1974

Bonjour:
Dans ce livre vous pouvez trouver des informations intéresantes sur la jeunesse d'Hébert.
Pour ma part je trouve qu'il est un des personnages le plus dégoutants de la Révolution, plein d'haine et de rancoeur.
Bien à vous


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 Sujet du message: Re: Hébert
MessagePosté: 13 Juin 2011, 19:37 
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Inscription: 11 Juin 2011, 21:12
Messages: 56
Bonjour!

Je n'aime pas vraiment Hébert, mais il faut le comprendre au temps de ces troubles de la Révolution, il fallait de la rigueur.
Mais Hébert ne demandait pas seulement de la rigueur, il souhaitait faire un maximum couler le sang, et osait prétendre que Robespierre était tiède. Je comprends sa guerre aux dantonistes! Par contre il n'aurait jamais dû vouloir autant de violence, c'est cette violence qui l'a conduit à sa perte. Mais sa mort ne me rend pourtant pas particulièrement joyeuse.

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Cordialement
Gelliesette.

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N'est-ce-pas que c'est beau? La sainteté au service de la justice.
Christophe Bigot "L'Archange et le Procureur"
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