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Localisation: Dans son monde...
Le mercredi 5 janvier 1757, Robert-François Damiens (1715-1757) frappa Louis XV d'un coup de couteau alors que le Roi s'apprêtait à monter en voiture, son carosse l'attendant sous la voûte reliant la Cour Royale au Parterre du Nord, le souverain devant coucher à Trianon.

Image

L'attentat de Damiens
(C) Photo RMN


Un peu avant six heures, le Roi quitta ses appartements, descendit par le petit degré vers la salle des gardes située sous son cabinet d'angle, entouré du Dauphin, du duc d'Ayen, capitaine des gardes, du Grand et du Premier Ecuyer. C'est alors qu'il était au bas de la dernière marche que Damiens fendit la haie de gardes et le frappa fortement pour aussitôt reculer et tenter de disparaître dans la trouée qu'il avait créée.

Le Roi saignait abondamment mais la blessure se révéla finalement peu profonde, les différentes épaisseurs de vêtement ayant "amorti" le coup.
Mais c'est moralement que le Roi fut très abattu. Lorsqu'on le rassura, lui disant que la plaie se révélait sans danger et peu profonde, il rétorqua :

Elle l'est plus que vous ne le croyez car elle va jusqu'au coeur.

Il s'avèra que l'attentat de Damiens était l'acte d'un déséquilibré à l'esprit échauffé par les propos des parlementaires dans leur lutte contre le pouvoir royal et par la querelle janséniste. Mais il n'y avait pas de mobile politique, même si certains ont voulu y voir la main des Jésuites et/ou des Jansénistes.
Le Parlement de Paris, qui condamna le régicide, fut d'autant plus sévère dans son arrêt qu'il tint à faire oublier que les propos de certains de ses membres avaient poussé Damiens à agir...

A lire, ici, les arrêts du Parlement de Paris concernant Damiens et sa famille.

Damiens fut écartelé en place de Grève, le 28 mars 1757. Il subit son affreux supplice avec une fermeté respectable.

Image

Robert-François Damiens
© BNF


Je vous propose ce soir, deux relations différentes mais complémentaires du supplice de Damiens : celle du duc de Croÿ et celle d'un anonyme, publiée aux PUL et aux éditions du CNRS (Paris, Lyon, 1979, in L'attentat de Damiens)

En sus, voici la présentation faite par l'historien Arnaud de Maurepas, de la relation du duc de Croÿ dans Les plus belles pages manuscrites de l'Histoire de France (BNF/Robert Laffont, 1993)

"Un peu avant six heures, ce soir du 5 janvier 1757, armé d'un petit couteau, un homme se jeta sur le roi Louis XV et lui porta un coup qui le blessa très légèrement.

Ce que l'histoire retint comme une égratignure sans gravité fut ressenti par les contemporains comme un acte d'une monstruosité telle qu'il ramenait le royaume à l'époque des assassinats d'Henri III et Henri IV. Il est vrai que depuis le meurtre perpétré par Ravaillac, les souverains n'avaient pas été atteints dans leur chair et qu'en ce siècle des Lumières et de la douceur de vivre ce type de violence paraissait inconcevable, surtout à l'égard de la personne royale, qui, quoique ayant un peu perdu de sa sacralité par la plume corrosive des philosophes, demeurait quand même un élu de Dieu.
Cet attentat qui paraît aujourd'hui presque ridicule, fut aussi à l'origine d'un bouleversement politique : la chute de grands ministres, comme Machault d'Arnouville ou le comte d'Argenson, et, après quelques mois d'instabilité, l'arrivée de Choiseul qui règnera pendant dix ans.

Le supplice insoutenable auquel nous fait assister le duc de Croÿ, qui fut chargé de l'enquête, est à la mesure de la commotion qui frappa les sujets du royaume à la nouvelle de "l'assassinat".
L'auteur du crime, Robert-François Damiens, devint la proie de toutes les insultes, de toutes les injures. Il fut le misérable, l'excécrable, le monstre.
Le spectacle des exécutions publiques n'était pas une chose rare, surtout à Paris, mais la sienne revêtit une importance particulière : c'était celle d'un régicide, qui n'avait pu réussir son forfait, certes, mais qui avait osé le concevoir et le tenter.

Pourtant, malgré la cruauté du supplice, où l'horreur dépasse l'imagination, le récit du duc de Croÿ reste dépassionné, sans haine à l'égard du condamné, au contraire; il traduit les sentiments d'une certaine admiration que la foule ne manqua pas d'exprimer devant le courage, la piété et l'extraordinaire résistance physique de cet assassin maladroit.

Arnaud de Maurepas."



Image

Damiens, estampe allemande (1757)
(C) Photo RMN



:arrow: Extrait de la relation du duc de Croÿ de l'exécution de Damiens :

"[...] Vers trois heures, il fut mené, dans le tombereau, à Notre-Dame, faire amende honorable. De là, avant quatre heures à la Grève.

Image

L'Hôtel de Ville de Paris et la place de Grève au XVIII ème siècle.
Tableau de Jean-Baptiste Nicolas Raguenet (1715-1793)
(C) Photo RMN - ©Bulloz


Il y avait un monde affreux partout où il passait, mais le peuple et les Parisiens ne parurent que badauds, à leur ordinaire, et d'ailleurs indifférents. Ils ne témoignèrent ni haine, ni pitié.

Arrivé à la Grève, il examina tout, il alla à l'Hôtel de Ville, où il ne fut qu'une demi-heure. Il y dit nettement qu'il demandait pardon à Dieu, au roi, à la justice et à M. l'archevêque de tous les mauvais propos qu'il avait tenus contre lui. Il assurait d'ailleurs nettement qu'il n'y avait ni complot, ni complice. C'est par où il finit, et s'y tint sans chercher à retarder son supplice, et au contraire à finir.

On le mena vers quatre heures et demie, au milieu de la place de Grève, où l'on avait fait une forte barrière, laissant un espace d'un demi-arpent, au milieu duquel était une petite table basse, fortement scellée en terre par six grosses pierres.
Il n'y avait, autour de lui, que dix bourreaux et les deux confesseurs. Il aida lui-même à se déshabiller, ne témoignant ni crainte, ni étonnement mais envie de finir (on se souvient qu'il voulait se tuer, souvent.)

On l'étendit sur cette espèce de table où des cercles de fer de tous sens fixèrent son corps, deux en travers, un en fourche, laissant le cou libre, et un entre les cuisses, et tout se rejoignant au milieu, et se serrant par de gros écrous sous la table, de sorte que le tronc était absolument fixé.
On lui attacha la main droite à une menotte exprès, on la lui brûla au feu de soufre, ce qui lui faisait jeter des cris horribles, ensuite on lui lia très fortement les bras et les cuisses, d'abord en haut, et, de là, en tournoyant husqu'au poignet et au pied, et l'on attacha ces cordes aux harnais de quatre grands chevaux qui étaient placés aux quatre coins de la table, et, le signal étant donné par le bourreau, on fit tirer les quatre chevaux par secousses qui n'emportèrent rien, mais lui firent faire des cris affreux.

On redoubla les secousses sans pouvoir l'emporter, et ces cris affreux perçaient malgré le bruit du nombre prodigieux de spectateurs. On le fit tirer ainsi plus d'une heure que ses cris ne discontinuèrent pas.

Pour tâcher de l'emporter, on ajouta les deux chevaux du tombereau sur ses cuisses en tirant en écartant, et les six chevaux à la fois. Cela ne servit qu'à faire redoubler les cris qui se soutenaient avec la même force, tant cet homme était fort.
Les bourreaux, ne sachant que faire, furent demander à l'Hôtel de Ville. On dit qu'il fallait qu'il fût écartelé. On recommença les secousses. Les cris continuèrent, mais les chevaux se rebutèrent de toujours tirer sans avancer. Alors les juges permirent qu'on le dépiéçât, le bourreau lui taillada le haut des cuisses, en faisant tirer les chevaux. Il levait encore la tête pour voir ce qu'on lui faisait, et lui, qui était jureur, ne jura pas, mais il jetait souvent la tête du côté du crucifix et le baisait. Les confesseurs lui parlaient.

Enfin, après une heure et demie passée de ces souffrances sans exemple pour la longueur, la cuisse gauche partit la première. A quoi le peuple battit des mains. Jusque là, il n'avait paru que curieux et indifférent.
Ensuite, à force de taillader, l'autre cuisse partit. Les cris continuèrent avec la même force. Ensuite, on taillada une épaule, qui partit enfin. Les cris continuèrent, mais en baissant beaucoup de force, et la tête continua à aller. Enfin, on taillada la quatrième partie, c'est-à-dire l'autre épaule, et ce n'est que là que la tête tomba, quand elle fut emportée, ne restant que le tronçon.
On le défit des cercles de fer, et l'on dit qu'il palpitait encore quand on le plaça sur le bûcher, où on brûla le tout.

Telle fut la fin de ce misérable qui souffrit, à ce que l'on croit, le plus grand supplice que jamais homme ait essuyé, pour la longueur des grandes douleurs. [...]"


:arrow: relation anonyme de la même exécution :

"Damiens arriva dans un tombereau matelassé à 3h30 à la Grève avec beaucoup de fermeté et de résignation, baisant le crucifix, accompagné de M. Guéret, curé de St-Paul et de M. de Marsilly, docteur de Sorbonne : en entrant dans l'enceinte de la palissade où se devait faire l'exécution, il jeta un coup d'oeil sur la table où il devait être attaché.

Il fut porté sur le champ à l'Hôtel de Ville dans une espèce de hamac où il est resté trois quarts d'heure.
Il en fut descendu après et resta trois quarts d'heure assisté de ses confesseurs assis par terre sur son hamac à côté de la table de son exécution, pendant qu'on faisait fondre le plomb, l'huile, la poix et la résine dans une chaudière : un bourreau qui le soutenait lui donna deux fois du vin à boire.
Ensuite, on le dépouilla tout nu, sa chemise seulement attachée autour des parties honteuses; quand il se vit dépouillé il considéra avec attention son corps. Aussitôt on l'étendit sur la table de son supplice qui était élevée de terre environ de deux pieds en dirigeant ses quatre membres vers les encoignures et en lui mettant des ferrements aux deux extrémités du corps pour contenir le tronc, lesquels ferrements étaient arrêtés en dessus par une clef à vis, et au-dessous de la table avec des écrous; ce qui ne fut pas long. Il avait un traversin de paille sous la tête et pendant qu'on lui attachait les pieds, il se couvrait les yeux des deux mains et ne les leva que pour se gratter la tête.

Image

L'écartèlement de Damiens
:arrow: Image trouvée sur http://www.parisenimages.fr/fr/ :P

On lui étendit la main droite, dans laquelle on avait attaché le couteau avec lequel il avait assassiné le roi, sur une casserole de soufre où elle était assujettie, ensuite on mit le feu au soufre; il remua beaucoup la main en jetant les hauts cris et le couteau tomba par terre.
Le feu de la casserole s'étant par accident communiqué à son traversin de paille, on le lui ôta de peur que le feu ne prît à ses cheveux; au moyen de quoi il demeura le reste du supplice la tête appuyée sur la table.

Il fut après tenaillé aux bras, aux cuisses et sur les mamelles avec de simples tenailles dont les pinces étaient larges, ce qui lui fit de médiocres ouvertures; puis on lui versa, avec de longues cuillères sur ses plaies, le plomb, l'huile, la poix et la résine fondus ensemble, à l'exception des mamelles.
On mit tant à lui brûler la main qu'à le tenailler et à verser la matière ardente sur ses plaies dix minutes, pendant qu'on lui versait les matières sur ses plaies il jetait des cris affreux, et il y avait un mouvement convulsif extraordinaire dans tous ses membres. Il parut moins souffrir pendant le tenaillement.

Cette première partie de son supplice exécutée, on lui détacha les quatre membres des encoignures de la table sur laquelle il était couché pour attacher au-dessus de toutes les articulations de ses jambes et de ses bras les cordes que les chevaux devaient tirer, ce qui dura vingt minutes; dans cet intervalle, il jeta d'aussi grands cris que quand on lui versait les matières sur les plaies, il souffrait d'autant plus que les ligatures qu'on lui faisait étaient sur ses plaies toutes récentes. Il saisit même un bourreau d'une main par sa veste et on eut de la peine à le faire lâcher prise.

Ensuite on fit tirer les quatre chevaux légèrement et on les arrêta sur-le-champ et le greffier s'approcha pour savoir de lui s'il avait quelque chose à déclarer. Il répondit mais il n'y avait que ceux qui étaient proches qui pouvaient l'entendre. On assura qu'il n'a rien déclaré. Le bourreau tira sa montre et lut son ordre à ses camarades et au bout de cinq minutes on lui donna encore une légère secousse; en faisant tirer les chevaux, il criait pendant toutes ces secousses. On cessa pour laisser aborder les confesseurs qui chantèrent le Salve et l'exhortèrent; ce qui dura huit minutes.

Après on fit tirer les chevaux avec violence et en faisant rebrousser ceux qui étaient aux jambes du côté de la tête afin de déboîter plus promptement les os. Mais ils se rebutèrent tellement qu'ils ne voulurent plus tirer, on fut obligé d'en ajouter deux de plus aux jambes, et malgré les efforts des six chevaux on ne put jamais venir à bout de l'écarteler. Le tiraillement des chevaux dura vingt-huit minutes. Les bourreaux qui étaient près d'une vingtaine avaient perdu la tête, il n'y en avait qu'un qui eût un fouet, les autres se servaient de houssines de fagots pour exciter leurs chevaux, le greffier et un exempt de robe courte les grondèrent beaucoup à différentes fois, pendant tout ce temps le patient jetait des cris affreux.

Enfin il vint un ordre de ses juges pour diviser ses membres. Le bourreau, qui n'avait pas prévu le cas, n'avait rien pour cela. M. Fouber, chirurgien de la Conciergerie, lui prêta deux bistouris : il en donna un à l'un de ses camarades et garda l'autre.

Alors les confesseurs, qui pendant l'exécution avaient exhorté Damiens à différentes fois, s'approchèrent de lui pour la dernière et après que le curé de St-Paul lui eût fait baiser le crucifix, on fit de nouveau tirer les chevaux.

Pendant ce temps, les deux bourreaux qui avaient les bistouris lui divisèrent les membres ce qui ne dura que quatre minutes; il cria moins pendant cet intervalle, mais il était très attentif à chaque membre qu'on lui coupait, il les voyait partir en les suivant des yeux; il expira au dernier bras coupé qui était le bras gauche, la tête retournée vers celui qui le lui coupait et son tronc resta dans le même état qu'il y avait été assujetti.
On remarqua après la division de ses membres qu'il était resté très peu de sang sur la table.
Le curé de Saint-Paul, après la division des membres s'était encore approché, le bourreau lui dit qu'il était mort, il se retira sur le champ avec l'autre confesseur et messieurs du Parlement partirent de l'Hôtel de Ville aussitôt que le feu fut mis au bûcher sur lequel on avait jeté ses membres et son tronc. Il n'y eut que le greffier qui resta pour terminer le procès verbal d'exécution.
Pendant toute cette exécution où Damiens souffrit des douleurs horribles, il montra une grande fermeté et ne proféra pas un seul jurement."

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"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 19 Sep 2007, 22:08 
Merci, Louis-Auguste, de présenter le contexte historique et politique, qui éclaire quant à la sentence "disproportionnée" du Parlement de Paris...
Insoutenable supplice...
Cette affaire m'est à présent moins obscure...
Votre sujet est passionnant et si bien étayé !
(Les images sont superbes ! - L'estampe allemande est intéressante.)
Merci pour le lien ! :D


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MessagePosté: 19 Sep 2007, 23:45 
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Inscription: 23 Mai 2007, 01:17
Messages: 108
Nous voilà dans le XVIIIe qui m'intéresse particulièrement. Le passage des mémoires de Casanova sur cet événement est encore plus choquant par le décalage entre ce que subit Damiens et ce que subit une dame penchée au balcon devant un ami de Casanova. Voici un lien vers Gallica et un lien en anglais (html, donc cherchez "damien" dans la page pour accéder plus rapidement au passage)


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MessagePosté: 20 Sep 2007, 08:18 
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Localisation: Dans son monde...
Merci pour les liens, Thomas. :wink:

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Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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MessagePosté: 20 Sep 2007, 13:01 
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Inscription: 30 Jan 2006, 16:42
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Localisation: Touraine
Je savais que le supplice de Damiens avait été des plus horribles, mais à ce point...
La cruauté humaine a souvent bien peu de limites.

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Il n'y a que les passions et les grandes passions, qui puissent élever l'âme aux grandes choses. (Denis Diderot)


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