Claudine Cavalier a écrit:
Après, est-ce qu'on y croit encore de nos jours...

Je ne sais pas, je suppose que oui, parfois, mais sans doute moins souvent qu'au XVIIIème et XIXème siècle.
D'autant que dès l’enfermement de la famille royale au Temple, certains des fidèles de la monarchie (avec ce qu’elle avait à l’époque de liens avec la religion catholique) ont accordé à ces reliques un caractère quasi sacré.
Dans ses
Mémoires, Cléry raconte que cette quête d’effets appartenant à ceux qui étaient considérés comme martyrs, touchait même certains des gardiens.
On a peut-être du mal aujourd’hui à appréhender quelle pouvait être la dimension religieuse ou symbolique de la personne du roi.
Avec la Restauration, le culte
religieux devient officiel : c’est l’inhumation des dépouilles à St Denis, les messes commémoratives, les cérémonies ou lieux que Louis XVIII souhaitait
expiatoires (cellule transformée de Marie-Antoinette à la Conciergerie, chapelle du cimetière de la Madeleine etc.).
Les reliques (vraies ou fausses

) refont donc surface chez les
fidèles, mais aussi chez les
charlatans (avides sans doute d’en obtenir un bon prix

) ; de même la diffusion de représentations allégoriques du
couple martyr est dès lors largement amplifiée.
La collection de Raymond Jeanvrot colle tout à fait à cette
tendance.
Aujourd’hui, je ne crois pas me tromper en vous disant que les choses sont plus apaisées, plus raisonnables, sans doute moins binaires (le bien, le mal), et en tout cas moins
mystiques, pour la plupart des gens. Aussi chacun pourra réfléchir sur la portée religieuse, symbolique, et/ou historique, du dépôt du cœur (supposé ou pas

) de Louis XVII à la même basilique St Denis...en 2004.
