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Inscription: 14 Fév 2005, 23:47 Messages: 4238 Localisation: Dans son monde...
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-par Alain Blondy : Des nouvelles de Malte. Correspondance de l'abbé Boyer (1738-1777) (Peter Lang, 2000 - 30,80 €) Présentation de l'éditeur :"Les lettres écrites par l’abbé Boyer, prêtre conventuel de l’Ordre de Malte à la vie hésitant entre scandale et malhonnêteté, sont davantage des "nouvelles à la main" qu’une chronique de l’Ordre de Malte au XVIII ème siècle.
L’Ordre, à cette époque, n’était plus qu’un conservatoire prébendé pour des cadets de familles nobles et des fils de juristes. Toutefois, à la différence des autres ordres, il avait une aura sociale très importante et la croix octogonale à ruban noir valait toutes les autres décorations car, tout comme aujourd’hui les grandes écoles, le plus difficile était de passer les sélections à l’entrée. Mais l’Ordre était aussi une principauté de Méditerranée, avec un rôle politique important, d’autant qu’à partir de la Guerre de Sept Ans, il fut totalement intégré à la diplomatie française, d’abord par le biais du Secret du Roi, puis, plus ouvertement, par la direction que Choiseul et Vergennes exercèrent sur lui. Petite Cour de province, république conventuelle élective, des nobles de tous âges et de toutes nationalités s’y entassaient, exaspérant leurs ambitions et exacerbant leurs passions, avec les Maltais pour spectateurs.
Boyer, trublion patenté, se fit rapporteur de ragots pour gagner quelques écus d’un grand seigneur français, dignitaire de l’Ordre, le bailli de Breteuil, alors ambassadeur de la Religion de Malte à Rome et qui songeait à se porter candidat au magistère. Grâce à lui, on voit l’Ordre et la vie de Malte par le petit bout de la lorgnette. Il notait tout, d’un style bref, sans fioritures littéraires, mais il livrait une mine d’anecdotes qu’il convient de lire en ne succombant pas aux déformations que ses haines et ses inimitiés imposèrent à la vérité. Témoin important - il était Secrétaire du Pilier de la Langue d’Allemagne qui deviendra le dernier Grand Maître -, il connaissait tous les secrets et, en bon informateur, il ne manqua jamais d’en révéler un. Pour déplaisant que soit le procédé, l’abbé Boyer est pour tout historien et pour tout curieux de la vie de l’Ordre, l’équivalent de ces corbeilles à papier d’où l’on tire mille fois plus d’informations que d’un rapport officiel." L'Ordre de Malte au XVIIIème siècle. Des dernières splendeurs à la ruine (éditions Bouchène, 2002 - 53 €) Présentation de l'éditeur :"Le XVIII ème siècle vit l'apogée et l'effondrement de l'Ordre de Malte, mais, en même temps l'émergence du rôle économique et diplomatique de l'archipel où il avait son siège depuis 1530. Etudier l'Ordre et Malte à cette période c'est voir l'extraordinaire transformation d'un ordre monastique et chevaleresque en une principauté au coeur de la Méditerranée, enjeu diplomatique entre des puissances aussi diverses que la France, l'Espagne, le royaume de Naples, le Saint-Empire et la Russie; c'est voir, résumé en un infime point de la carte européenne, toutes les luttes entre ces puissances, mais aussi tous les combats intellectuels qui animaient alors les sociétés, les Etats et l'Eglise; c'est voir aussi la transformation d'un îlot stérile en un entrepôt essentiel pour le commerce européen, et principalement marseillais.
Cette double évolution entraîna la contradiction qui allait être fatale à l'Ordre : organisation obsolète dans un monde de plus en plus laïcisé, il gênait autant les Etats que les Maltais soucieux de commercer librement en Méditerranée. L'Ordre était littéralement porté à bout de bras par la monarchie française qui en tirait toutes sortes d'avantages, mais la Révolution française, qui mit fin à l'Ancien Régime français, sonna le glas de la présence des Hospitaliers à Malte. En mettant fin, sur sa route vers l'Egypte, à la vieille milice hospitalière en 1798, Bonaparte crut avoir pris de vitesse la Russie et l'Angleterre qui cherchaient à s'emparer de l'île. Mais le Directoire était alors incapable de se maintenir à Malte et après deux ans d'occupation, force fut faite aux Français d'abandonner l'île et de la laisser à l'Angleterre dont l'Amirauté ne voulait guère, mais dont la City avait compris l'énorme intérêt. Miroir brisé de la noblesse européenne qui renvoyait l'image de privilégiés dépassés par l'histoire, l'Ordre avait néanmoins su moderniser un minuscule archipel qui devint, durant deux siècles, le maillon essentiel du commerce levantin, d'abord de la France, puis de l'Angleterre." Parfum de Cour, Gourmandise de Rois. Le commerce des oranges entre Malte et la France au XVIIIème siècle (Bouchène/CIHEAM, 2003 - 25 €) Une présentation de ce livre sur le site de la Fondation de Malte, ici.Qui est l'auteur ? "Alain Blondy est professeur à la Sorbonne (Paris IV). Spécialiste du monde méditerranéen à l'époque moderne, il s'est principalement intéressé à Malte et aux Régences barbaresques. Auteur de nombreux articles sur ces sujets, parus dans des revues françaises ou étrangères, il a publié un guide culturel de Malte (Arthaud, 1997), une Histoire de Chypre (Que sais-je ?, Puf, 1998), et présenté et annoté l'Histoire abrégée de Tripoly de Barbarie (1794) d'Anne-Charles Froment de Champlagarde (Bouchène, 2001)."
_________________ "Les habitants de Tahiti envoyèrent à M. Cook un cochon et une jeune fille en signe de bienvenue. Moyen de combler deux sortes d'appétit."
Georg-Christoph Lichtenberg (1742-1799)
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