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 Sujet du message: La lingère
MessagePosté: 21 Mar 2010, 20:51 
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:arrow: texte extrait du catalogue La volupté du goût. La peinture française au temps de Madame de Pompadour (Somogy, éditions d'art, 2008).


Image

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

:arrow: La Lingère
:arrow: par Hubert Robert (1733-1808)
:arrow: huile sur toile, 1761.
:arrow: 35,1 x 31,6 cm
:arrow: signé et daté, à gauche, au centre : H. Roberti ROM / 1761
:arrow: signé et daté, à droite, au centre sur le drap : Roberti / Roma / 1761
:arrow: Sterling & Francine Clark Art Institute, Williamstown (Massachusetts)



"Hubert Robert peignit la Lingère en 1761 à Rome, où il était en résidence à l'Académie de France grâce à son protecteur, le comte de Stainville, ambassadeur de France à Rome (contrairement aux autres élèves de cette académie, il n'avait pas obtenu le grand prix).
Cette toile est caractéristique des tableaux de genre de petites dimensions que Robert et son ami Jean-Honoré Fragonard produisirent pendant leur séjour à Rome, comme par opposition aux exercices académiques rigoureux qui constituaient encore l'essentiel du programme d'enseignement de l'Académie.

Fragonard s'exposait avec ces productions hors cursus à la désapprobation de la hiérarchie tant à Rome qu'à Paris. Robert, quant à lui, jouissait d'une plus grande liberté en raison des circonstances particulières de sa présence à l'Académie. Mais pour lui aussi, la toile intimiste La Lingère s'inscrivait en marge d'une production habituellement plus ambitieuse, essentiellement consacrée dès cette époque à la représentation de l'incomparable patrimoine architectural de Rome.
Cette oeuvre n'était cependant pas sans précédent : Robert, à l'instar de Fragonard, était attiré par la vie quotidienne de la population locale, les petites rues pittoresques et les piazze sans importance qui avaient de fortes chances d'échapper même au regard des étrangers faisant preuve de curiosité au cours de leur Grand Tour.
Il décrivit tout cela, mêlant à des degrés divers observation et imagination, dans une série de dessins, aquarelles et toiles évocateurs, exécutés en Italie et après son retour à Paris en 1765.

Ce tableau, avec sa palette crème et sa touche fluide, est très proche d'oeuvres contemporaines de Fragonard; à vrai dire, jusqu'à ces dernières décennies, on confondait encore parfois les premières toiles de ces deux peintres.
Mais, comme si Hubert Robert avait voulu prévenir ce genre de confusion, il signa cette petite toile deux fois, utilisant une forme italianisée de son nom : "H. Roberti" apparaît une fois sur le socle sculpté de la fontaine en marbre, comme s'il y avait été gravé; et une seconde fois, à droite, tracé avec le manche du pinceau dans la peinture encore fraîche des plis du drap. Cette dernière signature n'est perceptible que lorsque, tenant le tableau, on l'expose à une lumière rasante, une particularité qui dut plaire à son destinataire, sans aucun doute un collectionneur privé.Le détail légèrement scatologique, mais sûrement humoristique, représenté dans la scène dénote en effet la dimension privée de l'oeuvre.

Sur une place ou dans une cour envahie par la végétation, une jeune lingère étend des draps sur une corde à linge tendue entre les deux extrémités d'une fontaine antique. Au-dessus de la fontaine, une sculpture impressionnante disparaît dans l'obscurité d'une niche. Robert a placé au pied de la fontaine, près de la tête de lion crachant de l'eau, un petit garçon qui a relevé sa chemise pour se soulager et ce, si près du chien endormi que l'opération semble périlleuse. Le spectateur ne peut qu'imaginer la réaction de la lingère, dont il ne voit pas les traits : elle veille sans aucun doute à ce que les draps qu'elle vient de laver restent propres. La torsion de son corps, qu'enveloppent les plis volumineux de sa jupe, la rend séduisante, mais l'érotisme souvent associé à la figure de la lingère se trouve en l'occurrence atténué par l'action du petit garçon.
Cette figure réapparaît dans une toile plus grande d'Hubert Robert, une vue du pont des Sphinx. Dans la toile de Williamstown, comme dans quelques rares autres, l'artiste a accordé autant d'attention à la majesté de la Rome antique qu'aux détails quotidiens de la vie contemporaine.


Richard Rand."

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Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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