Bonsoir à tous,
pour ce premier post sur l'Histoire Naturelle, je conjugue deux sujets qui m'intéressent, Lumières et botanique.
Le XVIIIe siècle a été un siècle d'immenses progrès en botanique, à deux niveaux du reste indissociables : l'élaboration d'une nomenclature cohérente du monde végétal, et la création de vastes collections systématiques : en effet, si les plus anciennes collections classées de plantes séchées datent du XVIe siècle, et que la pratique en devint courante au XVIIe siècle, le siècle des Lumières fut le siècle qui vit se constituer les grands herbiers qui allaient servir de base à la formation des collections nationales.
Les ressources d'Internet sont très riches dans ce domaine : on peut désormais admirer sur la toile plusieurs de ces herbiers de référence ; ce message a simplement pour but d'en présenter quelques-uns.
En France, l’Herbier général, futur Herbier du Muséum, fut fondé en 1640, et commença à être rassemblé pour le Cabinet du Roi dès 1683 sous la direction de Tournefort ; mais c’est à partir de l’entrée de l’herbier de ce dernier dans les collections, à sa mort en 1708, qu’on date généralement le vrai début de son existence. Les récoltes de Vaillant, de Tournefort, d'Adanson et de la dynastie des Jussieu permirent de constituer rapidement un fond de plusieurs milliers d’espèces. Il en comptait 14 000 en 1742, et l’adjonction de l’énorme collection de Commerson, en 1774, en fit le premier herbier scientifique de l’époque. L’année 1789 vit Lamarck nommé Garde des Herbiers du Roi, suite à la notoriété acquise dans l’entreprise colossale de rédaction de la partie botanique de l‘
Encyclopédie méthodique de Panckoucke ; mais ce sera surtout Jussieu qui se chargera de la collection, à partir de la Révolution, et spécialement de 1793 lorsque la création du Muséum le conduira à la chaire de botanique (Lamarck prenant celle de zoologie des invertébrés).
Quelques planches de l’herbier de Jussieu sont visibles ici
http://www.louisiana.culture.fr/fr/jds/ ... _bot.html#
L’herbier de Lamarck, un des plus beaux qui soient, est en cours de numérisation sur ce site.
http://www.crhst.cnrs.fr/i-corpus/lamar ... hp?lang=fr
Le Cabinet acquit également en 1778 l’herbier dit "de Rousseau" , qui est en réalité une collection achetée par le philosophe peu avant sa mort et non son oeuvre propre. Les véritables herbiers de Rousseau, qu’il nommait ses "herbailles", mais auxquels il avait consacré tous ses soins d’amateur, sont malheureusement en grande partie perdus, notamment le
Grand Herbier, détruit dans l’incendie du Muséum de Berlin en 1944 (cinq boîtes furent néanmoins sauvées ; elles ont été acquises en 1979 par la Bibliothèque Universitaire de Neuchâtel). Toutefois, les curieux de l’activité botanique du Citoyen de Genève peuvent se consoler avec le délicieux petit herbier qu’il avait constitué pour illustrer ses
Lettres élémentaires sur la Botanique, à destination de Madame Delessert et de sa fillette.
Désormais exposé au Musée Rousseau de Montmorency, cet herbier est décrit et en partie numérisé sur cette page, en même temps que la correspondance le concernant.
http://www.tajan.com/pdf/2001/autographes16102001.pdf
En dehors de France, le XVIIIe siècle vit la constitution de nombre d’autres grands herbiers destinés à devenir des outils taxinomiques et biologiques de référence. Le plus illustre d’entre eux, celui de Linné, est partiellement consultable ici :
http://linnaeus.nrm.se/botany/fbo/welcome.html.en
Si des lecteurs connaissent d'autres liens sur les herbiers des Lumières, il seront les bienvenus.
Amicalement,
CC