Mais oui, je connais un peu l'histoire des débuts de l'orchidée de culture en Europe.
Le point des orchidées chinoises apportées par Mr Fothergill est intéressant, bien sûr. Les belles plantes chinoises ne voulaient pas fleurir dans le climat de l'Angleterre, vous savez, alors il était très déçu

: heureusement, il y a eu une femme, sa nièce, qui a réussi à les faire produire chez elle, dans le Yorkshire, en les soignant spécialement... Elle a retrouvé sans le savoir des méthodes chinoises de culture pour faire éclore les fleurs.
Bien sûr, les Chinois cultivaient l'orchidée depuis l'époque Tang, donc c'est un art très ancien et développé chez eux au XVIIIème siècle. On peut en parler, certainement, peut-être dans un autre sujet.
L'orchidée est une fleur très spéciale pour la Chine, qui se dit 兰, lan, et qui a une signification importante et particulière dans la pensée chinoise. Dans la pensée confucéenne elle symbolise l'élégance et la modestie, et son parfum nuancé représente la subtilité des sentiments entre amis. Dans la pensée taoïste c'est tout autre chose, le contraire presque

: elle représente l'amour physique, la sexualité, et l'enracinement du corps humain dans la terre. Elle est une plante magique et parfois un peu inquiétante. C'est aussi un vieux, vieux symbole royal en Chine.
Pour ce qui est du XVIIIème siècle, bien sûr, il y a eu de très beaux travaux publiés à cette époque sous les Qing, mais c'est surtout au Japon qu'est paru le chef-d'oeuvre de la science extrême-orientale des orchidées, le traité
Igansai-Ranbin. C'est un traité de Matsuoka, un célèbre botaniste japonais, et je pense qu'il mérite absolument un sujet à part, tant il est beau et riche. Les gravures qui l'ornent sont merveilleuses, purement japonaises.
Donc nous ferons comme vous voulez : peut-être parler de ce traité à part, et de l'orchidée au XVIIIème siècle en général, entre Chine et Europe par exemple...

Je ne sais pas, c'est vous qui verrez.
