Le catalogue de l'exposition qui se tient jusqu'au 6 avril à l'Assemblée Nationale :
Rousseau et la Révolution, collectif sous la direction de Bruno Bernardi (Gallimard, février 2012 - 40 €)
Présentation de l'éditeur :"1712-2012 : le tricentenaire de sa naissance est l'occasion de découvrir en Rousseau notre contemporain, que nous voulions repenser notre rapport à la nature, la singularité de chaque subjectivité, ou le lien nécessaire entre liberté politique et égalité sociale.
Cet ouvrage - qui accompagne une exposition qui se tiendra à l'Assemblée nationale - entend souligner, en évoquant ce moment fondateur que fut la Révolution française, le rôle joué par Rousseau dans la formation de l'idée moderne de démocratie. La Révolution affirme, dans la tourmente et les conflits, les principes indissociables de la souveraineté du peuple et des droits de l'homme : il n'y a de société légitime que celle qui se donne ses propres lois, qui ont pour objet de promouvoir et garantir les droits dont chaque homme doit jouir comme être libre.
Ces principes s'étaient frayé leur voie de la Renaissance aux Lumières. Les révolutionnaires les ont reçus de Rousseau, avec l'idée qu'une révolution, parfois, permet à un peuple de "renaître de ses cendres". Les révolutionnaires ont vu en Rousseau "un des premiers auteurs de la Révolution". Une sorte de culte se développe, à fois populaire et officiel, dont le point d'orgue est sa panthéonisation, décidée par les Montagnards et mise en œuvre par les Thermidoriens.
La première partie de l'ouvrage montre comment Rousseau a été constitué en figure tutélaire de la Révolution. Mais - comme le montre la seconde partie - une autorité reconnue peut être disputée : chaque parti veut mettre Rousseau à son service pour défendre, sur la souveraineté, les institutions, l'éducation, les mœurs, la religion, des positions opposées. Plus qu'un maître à penser ou une icône consensuelle, le Rousseau de la Révolution est objet de débat.
C'est dans ce contexte que se comprend l'étonnante quête de ses manuscrits dans laquelle s'est engagée la Convention, qui a réuni un ensemble unique de manuscrits, notamment de la Nouvelle Héloïse, de l'Emile, des Confessions, et des Dialogues (où Rousseau juge de Jean-Jacques). Issue du fonds de l'Assemblée, ainsi que de prêts consentis par la BNF, le musée Carnavalet, l'Institut de France (abbaye de Chaalis), le musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency, une riche iconographie permet de restituer toutes ces dimensions, qu'étudient une série d'articles dus à des spécialistes reconnus."Sommaire :Une icône partagée : Rousseau, figure tutélaire de la Révolution française -De Jean-Jacques Rousseau considéré comme l'un des premiers auteurs de la Révolution
-La réception publique et populaire de Jean-Jacques Rousseau pendant la Révolution française (1789-1794)
-L'icône de la République
Une pensée disputée : Rousseau dans les débats révolutionnaires -Le rousseauisme de Robespierre : une émancipation obligée
-Le tribunal de la censure du peuple : histoire d'une institution virtuelle
-Le culte de l'Etre suprême : est-ce seulement la faute de Rousseau ?
Une oeuvre patrimoine : les manuscrits et les éditions de Rousseau dans la Révolution -Les manuscrits de Rousseau dans la révolution française : le devenir patrimoine d'une œuvre
-Les manuscrits de Rousseau à l'Assemblée nationale
-Les éditions de Rousseau pendant la période révolutionnaire
-Le chat de la liberté