Vu en librairie…
Vient de paraître le tome 3 d’une série qui me semble (ait) très intéressante.
Peut-être moins ambitieux que ceux-ci, j’avais lu d’autres livres d’E. Badinter : la plume est gracieuse, et ses réflexions sont riches et documentées.
Voilà. A mon humble avis.
Les Passions Intellectuelles - Tome 3 : Volonté de pouvoir (1762-1778) de Elisabeth Badinter
Chez Fayard (18 avril 2007)
Prix éditeur : 22 euros.

La critique du quotidien Le Monde :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 876,0.html 
Et celle de Mona Ozouf, dans Le Nouvel Observateur du 12 avril 2007 :
Dans le tome III de ses «Passions intellectuelles», Elisabeth Badinter décrit le goût des monarques pour les penseurs.
Le merveilleux XVIIIe siècle, où Elisabeth Badinter circule avec l'intelligente souplesse que donne une longue familiarité, a son moment béni, sur lequel elle clôt son exploration des «passions intellectuelles» : les années, entre 1762 et 1778, où la philosophie peut se croire la reine des rois.
Ces derniers viennent en effet de s'aviser que «les princes seulement princes» ne sont rien sans l'onction des philosophes, seule capable de les faire passer à la postérité. Quant aux philosophes, devant ces despotes désormais «pénétrés de leurs obligations», ils croient toucher la terre du gouvernement rationnel.
Entre les uns et les autres, Elisabeth Badinter excelle à dessiner le ballet de la séduction réciproque.
Les passions intellectuelles, tome 1 : Désirs de gloire (1735-1751) de Élisabeth Badinter
Chez Fayard (19 août 2002)
543 pages, prix éditeur : 22 euros
Note de l’éditeur : L'intellectuel ambitieux, disait Diderot, "c'est un être qui se plaît à méditer ; c'est un sage ou un fou, comme il vous plaira, qui fait un cas infini de la louange de ses semblables et qui tente une grande découverte pour se faire un grand nom, et éclipser par son éclat celui de ses rivaux, l'unique et le dernier terme de son désir".
Au XVIIIe siècle, l'éloge de ses pairs ne suffit plus. La naissance d'un opinion éclairée que l'on veut séduire modifie la donne. Désirs de gloire, quête des honneurs, volonté de pouvoir, telles sont les grandes passions qui agitent nombre d'intellectuels depuis le siècle des Lumières, lequel voit se développer la puissance de la presse et, avec elle, le tourment de la célébrité.
Philosophe, observatrice de l'évolution des mentalités et des moeurs, Elisabeth Badinter ouvre ici le premier volet d'une fresque sur ces passions intellectuelles qui sont toujours les nôtres.
Les Passions intellectuelles, tome 2 : Exigence de dignité (1751-1762) de Elisabeth Badinter
Toujours chez Fayard (4 septembre 2002)
460 pages, prix éditeur : 20 euros.
Amazon.fr :Le XVIIIe siècle français, l'école nous l'a appris, fut le siècle des philosophes. Mais comment les Diderot, d'Alembert, Voltaire, Rousseau firent-ils valoir les droits de la raison et le goût pour l'indépendance d'esprit dans une société dominée par les honneurs de la Cour et la censure de l'Église ?
Ce n'est pas en pures intelligences animées par le seul amour de la vérité que les philosophes formèrent leur "parti". Au sein du réseau de collaborations et d'amitiés qui se tissa, bien au-delà des frontières françaises, autour du formidable projet de l'Encyclopédie, les passions furent à l'œuvre.
Les querelles et les rivalités ne manquèrent pas, les conflits de personnalités purent même atteindre une extrême violence.
Ces tensions entre partisans du savoir et de la liberté de pensée affaiblissaient la cause de leur combat commun, cause qui était loin, à l'époque, d'être véritablement soutenue par l'opinion.
Les charges régulières des jésuites contre les savants sans religion témoignaient, par leur fréquent succès, de la fragilité de l'autorité dont jouissaient les grandes figures intellectuelles du siècle.
Élisabeth Badinter, dans le deuxième volume de son ouvrage consacré à la vie intellectuelle française du XVIIIe siècle, circonscrit son investigation à une séquence d'une dizaine d'années où le camp des encyclopédistes frôla plus d'une fois la dislocation et parvint in extremis à se recomposer, derrière Voltaire, dans le combat pour la révision du procès Calas.
En nous faisant circuler dans la complexité d'une période qu'elle connaît bien, l'auteur nous livre une chronique érudite et claire sur les hommes des Lumières.
Présentation de l'éditeur :Les Passions intellectuelles éclairent de façon inédite la société des Lumières, cette " tribu " intellectuelle qui inaugure les temps modernes, ses grandeurs et ses faiblesses. Dans le premier volume : Désirs de gloire, on a vu se dessiner une nouvelle figure du savant, incarné par Maupertuis, qui rêve de l'onction de l'opinion publique naissante.
Ce deuxième volume : Exigence de dignité s'ouvre sur l'image des philosophes aux prises avec leurs propres contradictions.
A présent plébiscités par l'opinion publique, les Encyclopédistes, par la voix de D'Alembert, appellent désormais au respect de leur indépendance. En effet, que valent la gloire et l'argent s'ils se paient de la compromission et de la soumission à l'égard des grands ? Si rivalités et ambitions personnelles ont un temps raison de leur posture morale, le combat de Voltaire pour la réhabilitation de Calas va restaurer la crédibilité entamée de ceux qu'on risquait de ne plus percevoir que comme de pédants donneurs de leçons.
Edit (mai 2008) 
En complément, le lien vers cette émission radio, entretien avec E. Badinter, archivée
ici. 