Nous sommes le 19 Mai 2012, 21:01

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  Page 1 sur 1
 [ 9 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: La cour et la ville
MessagePosté: 24 Oct 2006, 18:13 
Hors ligne

Inscription: 24 Oct 2006, 16:12
Messages: 9
Bonjour,

J'aimerais traiter avec vous des oppositions mais aussi des similitudes entre la cour de Versailles et la vie parisienne.
Ainsi quatre lieues seulement séparent Versailles de Paris, deux heures suffisent à les parcourir, les mêmes personnes sont ainsi tour à tour les courtisans à Versailles et les gens du monde à Paris.
Passions communes (littéraires et artistiques) mais peut-être aussi des différences de prestige, de moeurs ?
J'espère que ce sujet comparatif vous plaira !


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: 25 Oct 2006, 00:00 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 10 Mai 2006, 12:32
Messages: 807
Localisation: Paris
Nous pouvons aborder le fossé, parfois immense, qui sépare la Cour de la vie littéraire et intellectuelle de la ville.
Et ce dès la fin du règne de Louis XIV.
Tout le monde connaît la plupart de ces salons littéraires qui se tenaient loin de la Cour.
Leurs animatrices pouvaient être d'ailleurs soit familières de celle-ci, soit étrangères, le fait demeure que Versailles perd progressivement le monopole de cette activité pourtant essentielle du siècle des Lumières.
Les invités de ces Salons étaient aussi des hommes ou des femmes de la Cour, qui se mélangeaient ainsi aux écrivains, penseurs, philosophes etc.
Mais l'inverse fut peu courant, à quelques exceptions près, comme ce fut le cas de Voltaire qui avait finalement l'âme d'un courtisan.
Avec le temps, même les pièces de théâtre se passaient volontiers du crédit de la Cour.
Il était même devenu à la mode que ces expressions littéraires soient aimées et encouragées à Paris, alors qu'elles restaient ignorées ou écartées à Versailles
Les gens de Lettres n'avaient plus besoin de Versailles, puisqu'ils trouvaient protection et aides à la ville.
Seule madame de Pompadour a tenté ce rapprochement, mais sans véritable succès puisque Louis XV se méfiait des écrivains et philosophes et que, de toutes les manières, ce genre de sujet de conversation n'était pas abordé à la Cour.
Jugé trop sérieux, raisonneur voir scandaleux quand il s'agissait de philosophie, l'usage était de parler d'autre chose.
Ce fossé continuera donc à se creuser, et de plus en plus des deux côtés jusqu'à aboutir à un véritable bras de fer entre la Cour et Paris qui gardera le monopole de l'écrit, de la pensée et finalement des idées et de l'opinion publique.
On connaît la suite... :wink:

_________________
Cœurs sensibles, cœurs fidèles qui blâmez l’amour léger, si l’amour porte des ailes n’est-ce pas pour s’envoler ?


Haut
 Profil Site Internet  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: 25 Oct 2006, 11:51 
Citation:
et finalement des idées et de l'opinion publique.

Oui, "l'opinion publique", véritable "fer de lance" des contestataires s'est imposée, avec les conséquences tragiques qui s'ensuivirent...


Haut
  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: 25 Oct 2006, 13:16 
Hors ligne

Inscription: 24 Oct 2006, 16:12
Messages: 9
Merci pour votre développement La nuit, la neige :D
Pensez-vous qu'il y'avait quand même des salons à l'interieur de Versailles pendant le règne de Louis XVI ? Même si comme vous l'avez dit, depuis Mme de Pompadour, ce n'était plus d'usage !


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: 25 Oct 2006, 16:49 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 10 Mai 2006, 12:32
Messages: 807
Localisation: Paris
Eryce a écrit:
Merci pour votre développement La nuit, la neige :D
Pensez vous qu'il y'avait quand même des salons à l'interieur de Versailles pendant le règne de Louis XVI ? Même si comme vous l'avez dit, depuis Mme de Pompadour, ce n'était plus d'usage!


Bien avant la marquise, ce n'était déjà pas d'usage.
Les contemporaines de Louis XIV et celles de la Régence animaient leurs salons à l'extérieur de Versailles.
La tendance s'est accentuée avec Louis XV, en dépit des efforts de Madame de Pompadour qui aurait pu être ce lien privilégié entre la Cour et Paris.
Mais la jalousie des uns, l'envie des autres, la position délicate de la marquise et le statut même de Versailles étaient incompatibles à ce rapprochement.
A sa mort, l'habitude est toujours bien prise de dissocier les activités, relations, habitudes de Cour avec celles de la ville.
Phénomène d'autant plus accentué par les propos mêmes échangés dans ces Salons.
Ils sont de plus en plus critiques vis à vis de la Cour, et le fameux ton y est différent.
A ma connaissance, il n'y a pas de Salons littéraires ou culturels à Versailles pendant le règne de Louis XVI, et notamment parce que ces animatrices/teurs ne faisaient qu'y passer (ou pas du tout).

Les hommes et femmes qui participaient à ces assemblées différenciaient très bien leurs activités à la ville et celles de la Cour (qui pour certains d'entre-eux étaient perçues comme une corvée publique et officielle, recherchée certes et parfois plaisante, mais corvée tout de même :lol: ).
Pire, si certaines femmes de haut rang se sont données la liberté d'inviter dans leurs appartements versaillais (sur la fin du siècle, à une époque où l'étiquette et les convenances se relâchaient) des penseurs, des écrivains, artistes...etc, ce n'était guère apprécié, voire même fortement critiqué.

_________________
Cœurs sensibles, cœurs fidèles qui blâmez l’amour léger, si l’amour porte des ailes n’est-ce pas pour s’envoler ?


Haut
 Profil Site Internet  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: 25 Oct 2006, 17:16 
Hors ligne

Inscription: 24 Oct 2006, 16:25
Messages: 74
Je ne puis que confirmer ce qu'a très bien souligné La nuit, La neige.
Effectivement dans ces salons parisiens (les D'Helvetius, les Condorcet et autres..)le ton n'était pas toujours très "complaisant" envers la cour !
C'est pour cela que ces salons n'étaient pas toujours très appréciés par les courtisans purs et durs :lol:
Les salons servaient de temps en temps à aborder des sujets "délicats"et souvent soumis à polémique comme par exemple des sujets de politique étrangère, économique...parler même de l'esclavage, de la remise en cause de la liberté et vers l'approche de la Révolution le sujet c'est à dire la remise en cause de la monarchie absolue!
Au cours de mes études, j'avais trouvé des comptes-rendus en quelque sorte, de ces fameuses discussions "houleuses" et en effet, le ton était de plus direct et les idées de réformes foisonnaient!


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
MessagePosté: 26 Oct 2006, 00:10 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 10 Mai 2006, 12:32
Messages: 807
Localisation: Paris
Trinity a écrit:
et en effet, le ton était de plus direct et les idées de réformes foisonnaient!

Toujours pour en revenir à la question posée par Eryce, j'ai souvent lu dans les nombreux Mémoires, Souvenirs et autres Lettres de ce siècle, combien ces hommes et ces femmes qui fréquentaient Versailles aimaient à souligner l'importance du juste ton, du juste langage.
On retrouve souvent ce genre de commentaires concernant l'utilisation ou pas de bons mots, des meilleures tournures de phrase etc.
Nous avons vu dernièrement, avec la fiction consacrée à Madame de Pompadour, un exemple de cette formation aux usages parlés (dialogues d'ailleurs empruntés aux Mémoires de Mme de Genlis qui donne toute une liste du même genre).
On ne dit pas du champagne... :lol:
Il s'agissait de n'être ni grossier, ni ennuyeux, ni maladroit, ni trop raisonneur.
Le film Ridicule illustre bien cette tendance, redoutable pour certains.

A la ville, on essaiera d'abord d'imiter ce ton Versaillais, puis on s'en libèrera.
C'est sans doute un détail, mais ceci peut expliquer aussi, à travers le langage parlé et son importance dans le lien social, combien la Cour et Paris étaient différents, et finirent par ne plus se comprendre.

_________________
Cœurs sensibles, cœurs fidèles qui blâmez l’amour léger, si l’amour porte des ailes n’est-ce pas pour s’envoler ?


Haut
 Profil Site Internet  
 
 Sujet du message: Re: La cour et la ville
MessagePosté: 25 Avr 2012, 19:37 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 19 Mar 2011, 16:02
Messages: 71
Louis Auguste m'avait gentiment trouvé cet article, que je trouve passionnant ; une étude de la consommation d'un échantillon de cinq hôtels particuliers aristocratiques, entendez cinq familles de la très haute noblesse. L'extrait conséquent reproduit ici se penche particulièrement sur les dépenses vestimentaires.

:arrow: Hôtel, luxe et société de cour : le marché aristocratique parisien au XVIIIe siècle


Haut
 Profil Envoyer un e-mail  
 
 Sujet du message: Re: La cour et la ville
MessagePosté: 26 Avr 2012, 20:35 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 14 Fév 2007, 00:15
Messages: 573
Localisation: Paris
Louis-Auguste est notre dénicheur XVIII Image

_________________
"De tous les legs du passé qui commandent notre présent, le legs du XVIII siècle est un des plus importants". Pierre Chaunu.
http://lesmenus-plaisirs.com


Haut
 Profil Envoyer un e-mail Site Internet  
 
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  Page 1 sur 1
 [ 9 messages ] 

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages
Vous ne pouvez pas joindre des fichiers

Rechercher:
Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group
Traduction par: phpBB-fr.com & phpBB.biz
phpBB SEO
Chronicles phpBB2 theme by Jakob Persson. Stone textures by Patty Herford.
With special thanks to RuneVillage