Hubert de Calcadis a écrit:
4. La "construction" de l'escalier de l'aile Gabriel qui permet aujourd'hui l'accès aux Grands Appartements date des années 1980 et ne choque plus personne.
Cela n'a pas toujours été le cas...
Cf, par exemple, l'avis de Jean-Marie Pérouse de Montclos sur cet escalier dans son livre consacré à Versailles :
Au XIXème siècle, alors que l'on possédait encore l'art de profiler, porté par Gabriel à une sorte de perfection, on aurait réussi une telle restitution.
Au XXème siècle, on n'a su faire qu'un onéreux praticable de théâtre. et encore :
[...] La construction d'un grand escalier projeté par Gabriel à l'extrémité de l'aile droite de la cour royale pose les problèmes de la restitution à une tout autre échelle.
Les crédits de la restauration devaient-ils aller à une entreprise aussi dispendieuse ?
Si cet escalier était nécessaire, comme on l'a afirmé (il est encore aujourd'hui hors des circuits de visite), la solution du parti moderne n'aurait-elle pas été plus conforme au génie de Versailles ?
Objection : le pastiche est une pratique courante sous l'Ancien Régime, à preuve Mansart reproduisant des élévations de Le Vau, Gabriel lui-même s'inspirant de Mansart.
Le projet exécuté n'a-t-il pas de défauts ? Cet enroulement du limon qui fait au départ comme des porte-parapluies ou des caisses à plantes grasses, ce traitement étriqué du repos à mi-volée ne paraissent pas dignes de Gabriel.
Objection : la réalisation est parfaitement conforme au projet dûment coté laissé par Gabriel.
A la réserve toutefois que les formes sont restées épannelées. Dans leur état présent, en l'attente d'une improbable sculpture, elles rappellent l'art de Bofill plus que celui de Gabriel.
Tel qu'il est, l'escalier plaît : à preuve le public qui le préfère même aux merveilles un peu surannées auxquelles il conduit, comme ce public préfère les transpositions de la pop-musique à la musique classique qui les inspire.Maria-Antonia a écrit:
Les Grands Appartements commencent par le salon d'Hercule dont le plafond fut peint sous Louis XV pour se poursuivre par des salons Louis XIV.
L'exemple me semble mal choisi car le salon d'Hercule, tel que nous le voyons aujourd'hui, n'est pas le résultat d'une présentation muséographique contrairement à d'autres pièces du château.
Il a été créé en 1710, une fois la nouvelle chapelle achevée. Sa décoration, commencée en 1712 n'était pas achevée à la mort du Grand Roi. On l'acheva seulement en 1736, donc sous Louis XV mais on n'a jamais qu'achevé le dernier projet de Louis XIV et les lambris de marbre du salon annoncent le décor de la Galerie des Glaces.
Hubert de Calcadis a écrit:
Reste le défilé des grandes compositions historiques qui retracent l'épopée des armées révolutionnaires et impériales et occupent une partie de l'attique du corps central et tout le rez-de-chaussée de l'aile du midi. Personnellement je n'en pleurerai pas le déménagement ou la mise en réserve mais ce n'est là qu'une opinion...
Jusqu'à preuve du contraire, Versailles est toujours dédié
à toutes les gloires de la France donc ces peintures ont leur place dans le musée, mais ce n'est, là aussi, qu'une opinion...
Châtillon a écrit:
Pour ma part, je pense que ces tableaux qui sont d’intérêt national majeur, devraient quitter Versailles pour Chantilly, vu le peu de cas qu'on en fait.
N'y a-t-il pas là une contradiction, Châtillon ? Vous estimez ces tableaux "d'un intérêt national majeur" mais souhaitez leur faire quitter Versailles - où l'on peut les voir même sans visite de groupe, je l'ai fait plusieurs fois - pour les envoyer dans un obscur château de province ?
Outre que je doute que le testament du duc d'Aumale le permette

, je ne vois pas pourquoi vous iriez encombrer Chantilly de ces tableaux. Quitte à les enlever de Versailles, autant les accrocher au Louvre.
