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C’est un ensemble monumental et excessif, autant un spectacle qu’une œuvre d’art, une gigantesque et étincelante démonstration de richesse et de pouvoir. C’est aussi totalement, au moins dans sa conception d’origine, réservé à une élite fermée, petite et puissante. Et enfin, c’est parfois très laid et de mauvais goût : ce n’est pas moi qui le dit seulement
En fait, je crois que je rejoins un peu Sam sur Versailles. Est-ce qu'on peut vraiment dire que Versailles est beau ? Sincèrement, je ne sais pas si le terme est approprié. Impressionnant, certainement en revanche. Il y a dans l'ensemble une surenchère qui fait qu'on s'expose toujours à frôler le mauvais goût de toute façon.
D'autre part, le Versailles réel ne correspondant à aucun des Versailles rêvés au fil du temps, il me semble qu'il s'oppose nécessairement à une sorte de beau idéal. Ca ne me dérange donc pas non plus qu'il s'oppose au Versailles rêvé par les touristes ou les nostalgiques d'une époque.
Pour ma part, ce qui me le rend attachant, ce sont plutôt les petites adjonctions deci delà qui sont apparues comme autant de verrues qu'on n'a jamais réussi à corriger et qui témoignent finalement d'un Versailles vivant.
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De plus, il me semble que ce terme de "rococo" est surtout utilisé pour le style exubérant, excessif, qui sévit particulièrement au XVIII ème siècle en Allemagne, Autriche...etc, synthèse du baroque italien et du style rocaille français qui est plus "sobre".
Je souscris à ce que dit Louis-Auguste sur ce point, c'est une différence qui est souvent présentée mais je me demande dans quelle mesure ce n'est pas une distinction réservée aux seuls historiens de l'art français, du genre "le mauvais goût c'est les autres".
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Enfin, si l'on voulait absolument installer Koons à Versailles, on aurait pu, par exemple, le mettre à l'Orangerie. Le volume est là et le touriste aurait eu le libre choix de l'aller voir ou pas.
Je trouve honteux d'imposer sa présence dans le Grand Appartement.
Oui, mais je crois que dans l'Orangerie, l'exposition aurait perdu une part de ce que j'appellerais son caractère salutaire. Si j'ai défendu l'exposition jusqu'à présent, sans être une grande admiratrice de Koons par ailleurs, c'est que je trouve justement utile qu'elle s'oppose à une certaine sanctuarisation du lieu. Je ne dis pas cela pour Louis-Auguste, mais il y a souvent un phénomène d'auto-appropriation de Versailles assez sectaire. Des gens qui se piquent de quelques connaissances sur le sujet, souvent rien de plus qu'un simple vernis d'ailleurs, estiment qu'ils sont presque les propriétaires légitimes des lieux et qu'ils doivent lutter de toutes leurs forces contre ce qu'ils considèrent comme une atteinte à leur représentation de Versailles. On les rencontre fréquemment dans les visites de la Société des Amis de Versailles. Ca me rappelle même les propos d'Olivier de Rohan, président de la société en question, tenus dans le documentaire consacré récemment aux travaux des Pinson-Charlot. Il se voyait une mission de protecteur du patrimoine parce que, héritier de l'histoire de sa famille, il se sentait propriétaire de la France.
En même temps, j'ai conscience que le choix de Koons vise à diversifier le public du château mais s'adresse surtout à une autre petite élite, finalement peut-être pas si éloignée de la précédente, mais qui se pique, elle, de quelques connaissances en art contemporain. C'est un peu l'opposition de deux types de dîners en ville : ceux où l'on se glorifiera d'avoir manifesté contre Koons et ceux où l'on pourra dire fièrement qu'on y est allé.
Pour moi, je ne sais pas si Versailles devrait s'adresser à un public en particulier et au fond, je me demande même si au lieu de réfléchir à diversifier les publics on ne devrait pas se poser la question de savoir pourquoi, de son côté, le château de Potsdam limite le nombre d'entrées quotidiennes.