Je ne sais pas, je n'ai pas compris comme cela la préface de Madame Badinter -mais, je me trompe sans doute.
J'ai compris qu'elle disait que la princesse avait assisté à l'échec pédagogique des philosophes, surtout de Condillac, avec son frère, et qu'elle en avait retiré des idées novatrices sur l'éducation. Surtout la nécessité de respecter les enfant en tant que tels, et de fonder l'enseignement sur l'affection et non la contrainte. En quoi elle ressemble à Rousseau, mais sans l'avoir lu.
Elle dit aussi qu'elle avait pris de Keralio la conscience de l'importance de rénover l'armée, c'est tout, je crois. Elle ne dit pas qu'elle était spécialement moderne de pensée sur d'autres points, ni en politique ni en religion. Et elle ne l'était pas du tout, je pense, en tout cas on ne le sent pas dans ses lettres ni dans les écrits cités dans la préface. Son mysticisme macabre apparaît très clairement en tout cas, même pour quelqu'un comme moi, bien peu cultivé sur l'histoire des familles royales d'Europe.
Et si Madame Badinter affirme qu'Isabelle était supérieure intellectuellement à son frère et à son mari, peut-être que c'est simplement vrai?

C'est une chose possible, qu'une femme soit supérieure en cela aux hommes de sa famille...

Pour prendre un exemple différent mais célèbre, c'est connu, que Madame Dacier était bien plus brillante et profonde que son père et son mari, pourtant d'illustres savants. On ne le reconnaissait pas à cette époque, parce qu'on croyait les femmes inférieures aux hommes par nature, mais aujourd'hui on peut le dire.