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MessagePosté: 16 Oct 2008, 19:30 
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Dunkelgraefin a écrit:
Il ne faut pas oublier qu'elle se contenait toujours devant Joseph, si bien qu'il s'est persuadé qu'elle avait été folle amoureuse de lui.

Je profite de votre intervention (et parce que je l'ai lu pas plus tard que hier soir) pour citer Charles de Ligne, qui l'évoquait ainsi :
Joseph II était tout à moitié : presque bon, presque aimable, presque grand souverain.
:tomato:

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Cœurs sensibles, cœurs fidèles qui blâmez l’amour léger, si l’amour porte des ailes n’est-ce pas pour s’envoler ?


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MessagePosté: 16 Oct 2008, 22:58 
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Je pense que le problème d'Elisabeth Badinter est qu'elle a abordé Isabelle à partir de son frère. J'avais noté, lors de sa présentation de l'infant de Parme qu'elle constatait les résultats catastrophiques de son éducation sans noter que la même éducation avait eu un effet tout à fait inverse sur sa soeur.
Pour ma part, je ne connais pas d'écrits où elle manifeste son mécontentement à Condillac par rapport à son frère, mais peut-être Elisabeth Badinter en a-t-elle trouvé. Au contraire, d'après les écrits d'Isabelle que j'ai pu lire, j'aurais plutôt tendance à penser que l'influence de Condillac n'a pas été négligeable. Il est vrai cependant qu'Isabelle est assez souvent contradictoire. Ses périodes mélancoliques tendent notamment à la renvoyer à une sorte de mysticisme.
Vous trouverez des extraits de ses autres écrits chez Sanger en effet. C'est à partir d'eux que j'ai tenté de me glisser dans les pensées d'Isabelle pour mon roman. Pour les Prussiens, elle ne semble pas avoir porté Frédéric le Grand dans son coeur mais il est vrai qu'elle avait tendance à se ranger au point de vue de Marie-Thérèse et l'on ne sait pas toujours si c'est par intérêt ou par conviction.


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MessagePosté: 17 Oct 2008, 12:49 
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Inscription: 28 Sep 2007, 13:04
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Non, je crois que Madame Badinter dit qu'il n'existe pas de textes de ce genre : c'est à son silence, qu'elle reconnaît le mépris d'Isabelle de Parme pour le philosophe. :shock:

Merci de votre réponse en tout cas. :D

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MessagePosté: 17 Oct 2008, 14:55 
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Inscription: 06 Nov 2006, 09:49
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Bonjour,

Si je puis me permettre, il me semble que l'infant de Parme lui-même ne parle pas de Condillac, encore moins lorsqu'il se remémore les traitements anormaux qu'il a subis, alors que les témoins de l'époque ont tendance à dire qu'il va beaucoup plus loin que Keralio.
Sinon, de la préface de Badinter et de son Infant de Parme, j'ai une impression plutôt mitigée. Ce qui me dérange, c'est qu'il en ressort un peu (dumoins je l'ai ressenti comme cela) un côté "ah ben Isabelle, elle a profité de tout ça, elle est brillante, pas comme le pauvre petit bichon avec ses reliquaires". Or, s'il y a bien quelque chose que la sœur et le frère ont en commun, d'une certaine façon, c'est une conscience aigüe de la nécessité de la dissimulation pour arriver à ses fins.
Il est certain qu'Isabelle a écrit sur tout plein de choses, qu'elle est - comme son frère d'ailleurs - extrêmement cultivée. Mais Elisabeth Badinter, dans sa préface, ne parle pas - ou a demi-mot - de la dimension profondément mystique d'Isabelle, de sa conviction profonde de certaines choses - l'age qu'elle aura à sa propre mort, le fait que sa fille ne sera jamais grande - qui n'ont rien des réflexions que l'on pourrait attendre d'une femme des Lumières.
Tout ça pour dire que chez l'un comme chez l'autre, il y a un côté obscur de la Force :mrgreen: et que j'ai un peu le sentiment - et là je rejoins Aurore - qu'elle nous cherche le génie né de l'éducation du raté, et ça me gène un peu.


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MessagePosté: 17 Oct 2008, 20:05 
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Inscription: 28 Sep 2007, 13:04
Messages: 550
Je ne sais pas, je n'ai pas compris comme cela la préface de Madame Badinter -mais, je me trompe sans doute. :oops:
J'ai compris qu'elle disait que la princesse avait assisté à l'échec pédagogique des philosophes, surtout de Condillac, avec son frère, et qu'elle en avait retiré des idées novatrices sur l'éducation. Surtout la nécessité de respecter les enfant en tant que tels, et de fonder l'enseignement sur l'affection et non la contrainte. En quoi elle ressemble à Rousseau, mais sans l'avoir lu.
Elle dit aussi qu'elle avait pris de Keralio la conscience de l'importance de rénover l'armée, c'est tout, je crois. Elle ne dit pas qu'elle était spécialement moderne de pensée sur d'autres points, ni en politique ni en religion. Et elle ne l'était pas du tout, je pense, en tout cas on ne le sent pas dans ses lettres ni dans les écrits cités dans la préface. Son mysticisme macabre apparaît très clairement en tout cas, même pour quelqu'un comme moi, bien peu cultivé sur l'histoire des familles royales d'Europe. :oops:

Et si Madame Badinter affirme qu'Isabelle était supérieure intellectuellement à son frère et à son mari, peut-être que c'est simplement vrai? :?: C'est une chose possible, qu'une femme soit supérieure en cela aux hommes de sa famille... :lol: Pour prendre un exemple différent mais célèbre, c'est connu, que Madame Dacier était bien plus brillante et profonde que son père et son mari, pourtant d'illustres savants. On ne le reconnaissait pas à cette époque, parce qu'on croyait les femmes inférieures aux hommes par nature, mais aujourd'hui on peut le dire.

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MessagePosté: 18 Oct 2008, 12:53 
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Inscription: 06 Nov 2006, 09:49
Messages: 36
Localisation: Paris
J'approuve tout ce que vous dites, Sam. Je suis loin de penser - même si j'ai beaucoup d'affection pour la duchesse d'Angoulême :wink: encore qu'effectivement son intelligence politique n'était pas forcément beaucoup moins fine que celle des hommes qui l'entouraient - que les hommes des familles régnantes sont nécessairement supérieurs aux femmes, et je pense effectivement qu'Isabelle était plus intelligente que son frère cadet.
Disons que ce que j'aurais un peu tendance à reprocher à Elisabeth Badinter, c'est de considérer - avec raison - que la bigoterie finie de Ferdinand est le grand échec de son éducation et l'un des multiples paradoxes de sa personnalité, sans se poser la question dans les mêmes termes pour le mysticisme d'Isabelle. C'est un peu comme si le fait qu'elle soit fondamentalement brillante "excusait" ce genre de dérives, qui font certes pleinement partie de ce qu'elle est mais sont un peu étonnantes pour quelqu'un d'aussi rationnel sur bien d'autres points.

Je ne sais pas si je suis très claire... disons que Ferdinand, malgré l'éducation que lui ont prodiguée Keralio et Condillac, est la risée de l'Europe à cause de sa bigoterie ridicule alors qu'Isabelle, elle, a su profiter de sa chance, et qu'accessoirement elle est bien un peu mystique et pas très raisonnable de ce point de vue là, mais bon...

J'ai eu en lisant le sentiment qu'elle les jugeait, l'un et l'autre, et que les explications qu'elle donnait variaient en fonction de ce jugement là. Je trouve à Isabelle et Ferdinand le même esprit de révolte, la même dissimulation. Ce qui ne m'empêche pas de penser, comme Badinter, qu'Isabelle était effectivement plus brillante que son frère. A ceci près que je pense également qu'elle était nettement moins exposée.

Et disons qu'il va falloir que j'arrête d'employer disons dans mes messages, disons que c'est redondant :D.

Maialen


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 Sujet du message: Re: Je meurs d'amour pour toi. Isabelle de Bourbon-Parme
MessagePosté: 31 Mar 2009, 17:03 
Pour celles et ceux désireux d'en savoir un peu plus sur l'ouvrage, Canal Académie propose ceci:

:arrow: A voix lue : lettres à l'archiduchesse Marie-Christine


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