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MessagePosté: 28 Mar 2014, 14:58 
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Inscription: 20 Mar 2014, 18:40
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Localisation: Bourges
Rendons tout d’abord hommage à Michel Bourlet et à son ouvrage "les grandes heures du château de la Chevrette" (Ed. du Valhermeil). L'auteur y reproduit l'état des lieux effectué par les experts chargés de la succession du fermier général M. Lalive d'Epinay (en 1783). On y découvre dans le détail un domaine de 37 hectares, un château de 50 mètres de façade, la distribution des pièces, étage par étage... C'est dans cette superbe demeure située à Deuil, au nord de Paris, que la famille d’Epinay venait chaque année passer la belle saison. C'est ici que Louise accueillit Jean-Jacques Rousseau en 1756, avant de l'installer dans son Ermitage, en bordure de la forêt de Montmorency.

Les deux ailes extérieures étaient affectées aux appartements privés : d'un côté, ceux de M. Lalive d'Epinay, ainsi que les communs réservés aux domestiques ; ces pièces communiquent avec les cuisines par un passage souterrain. Lesdites cuisines se trouvent dans un pavillon isolé, à droite dans la cour d'honneur.
De l'autre, ceux de Louise (côté jardin), agrémentés d’un boudoir, d’un cabinet de toilette et d’un cabinet d’aisance. Ils communiquent avec l’appartement réservé à son amant Melchior Grimm (côté cour).
C'est la pièce de réception du château (grand salon) qui attire ensuite notre attention. Si on observe le plan, on découvre qu'elle donne sur le jardin par deux croisées et une porte. Au centre de la pièce se trouvent quatre tableaux de Natoire (peintre du XVIIIème) qu'on peut hisser par un système de contrepoids afin de doubler la taille du salon. C'est dans cette pièce que Louise d'Epinay reçut Rousseau, Grimm, puis Diderot lors de ses séjours estivaux.
Fichier(s) joint(s):
maquette chevrette[1].jpg

Le 1er étage comporte une dizaine d'appartements, vraisemblablement réservés aux invités de marque et à leurs domestiques. En arrière-corps, côté cour, se trouve la chapelle.
Le 2nd étage se situe dans les combles du château : c'est là que logent les domestiques de la Chevrette. Une pièce sert de garde-meuble.
Ajoutez à cela les différents pavillons isolés : celui afférent aux cuisines (à droite dans la cour) et à la laverie ; celui réservé au jardinier, au concierge (à gauche de la cour), précédant les écuries.
Dans le parc, on rencontre un bâtiment nommé l'orangerie. M. Lalive y avait aménagé une immense salle de spectacle. Derrière cette orangerie se trouve la ferme de la Chevrette.

Pour rendre compte des dimensions de ce domaine :
- un ensemble intra-muros de 37 hectares.
- un château de 51 mètres de façade.
- une avant-cour de 48 mètres sur 35.
L'achat du château de la Chevrette par Monsieur Lalive de Bellegarde en 1731 illustre la volonté de ce fermier général issu de la roture d'imiter le mode de vie des aristocrates versaillais. A l'instar de Claude Dupin à Chenonceau, Monsieur Lalive est avant tout en quête d'honorabilité. Pendant les vingt ans où il y demeurera, le financier n'aura de cesse d'embellir cet édifice déjà centenaire. Il commence par l'ajout d'un pavillon à droite de la cour d'honneur, où il fait probablement installer ses appartements en 1749.
A sa mort en 1751, son fils Denis poursuit les travaux en faisant construire un bâtiment en avant-corps au centre de la façade, puis un nouveau pavillon à l'extrémité gauche du château. Vers 1757, la Chevrette forme enfin ce E majuscule (et majestueux) qu'on lui connaît.
C'est également en ce lieu que se noua le psychodrame (en 1756-57) entre Louise d’Epinay, Sophie d’Houdetot et Jean-Jacques Rousseau.
En 1762, après avoir été dessaisi de sa charge de fermier général, Monsieur d’Epinay dut se résoudre à louer la Chevrette. A Boullonge de Prénonville, tout d’abord, un fermier général, puis à Monsieur de Magnanville, et enfin à un gentilhomme espagnol.
La mort de Monsieur d’Epinay (en 1782) sonnera le glas des belles heures de la Chevrette.

De toute évidence, le château fut démantelé puis détruit peu avant la Révolution, pour des raisons demeurées obscures. C'est ainsi que disparut dans sa quasi totalité ce domaine que certains surnommaient le Versailles deuillois.


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MessagePosté: 28 Mar 2014, 18:49 
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Inscription: 14 Fév 2005, 23:47
Messages: 5650
Localisation: Dans son monde...
Merci Olivem pour cette description du château de la Chevrette. :P

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"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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