Bah, pour ma part, je ne me permettrais pas de disqualifier en bloc toute l'oeuvre d'Elisabeth Badinter, il ne faut pas exagérer

. Mais je pense sincèrement qu'
Emilie, Emilie est un livre sinon carrément mauvais, du moins bien décevant au regard de l'intérêt de son sujet. Les voies prises par l'ambition féminine au XVIIIème siècle, les images de la femme dont ces voies procédaient et celles qu'elles ont contribué à créer pour la modernité étaient autrement plus diverses et complexes que ne le laisse penser ce double portrait -qui n'est même pas bien réussi (à mes yeux

) en tant que portrait. Je reconnais en revanche que c'est un bouquin agréable à lire -comme tout ce qu'écrit Elisabeth Badinter.
Je préfère, tout en lui trouvant au fond des défauts assez similaires,
L'Amour en plus. C'est un livre qui a compté, même s'il était moins novateur qu'on ne l'a parfois proclamé. Et il me semble qu'il est plus solide, sur le fond, que l'essai sur les deux Emilies : c'est un ouvrage à thèse, certes, peu rigoureux, et parfois irritant dans les approximations de sa méthode historique. Mais sa perspective globale me paraît juste...
Et la bio de Condorcet, ma foi... Je le trouve très recommendable.

Bon, il y a bien quelques sottises sur Robespierre, mais quoi!

C'est de bonne guerre lorsqu'on écrit sur l'"infâme Caritat" comme le désignait charitablement l'Incorruptible...
Mais je laisse à
La nuit, la neige, le plaisir et l'honneur de défendre Madame Badinter : il fera cela bien mieux que moi, je n'en doute pas.
Et j'ajoute, Sam, que je suis surprise de votre candeur

: un féministe extrême comme vous, fin connaisseur des
Gender Studies, devrait bondir à certaines phrases d'
Emilie, Emilie...
