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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 24 Sep 2009, 17:09 
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Bien, ma question était sans malice :oops:.
Je pensais seulement qu'on pouvait rapprocher cette peinture de celle de Hokusai. Parce qu'elle provient d'un artiste étranger au Zen dans sa religion personnelle, mais capable d'en saisir la spiritualité et de le pratiquer dans l'art.
Je trouve cependant que vous dénigrez vite, et cruellement, Soga Shôhaku, sans donner d'explications, et je ne suis pas d'accord pour le qualifier de "malsain". C'est un peintre que j'aime beaucoup : peut-être, en effet, ouvrirai-je un sujet sur lui pour le défendre de vos attaques. :oops: :lol: . Mais il faudrait bien faire et le situer parmi les courants de son temps sinon, son art étrange paraîtra incompréhensible. :?

Et la figuration de Miroku par Itô Jakuchu, la connaissez-vous? :?: Elle devrait vous plaire, presque à coup sûr cette fois-ci, et bien convenir au sujet.

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Kong Tseu, La Grande Etude


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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 25 Sep 2009, 06:32 
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Faites-donc, faites-donc, défendez Soga dans un sujet à part ; je suis certaine que j'y apprendrai plein de choses :oops: , et que vous saurez nous montrer toutes les beautés de son oeuvre. :bravo:
Je me doutais bien qu'il était étranger au Zen... Dites-moi tout, il était de l'école du Lotus, non? :?: Celle que Hakuin avait décidé de combattre, justement, ah ah! :lol:

Oui, vous pouvez poster une peinture de Itô Jakuchu ici. Je n'ai jamais vu de représentation de Miroku signée par lui, mais vous savez que je le connais très mal. :oops: Je suis curieuse de voir ce qu'il en a fait, et c'était un véritable artiste Zen, lui... (un peu bizarre, mais bon) :mrgreen:

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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 26 Sep 2009, 14:56 
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Vous ne pouvez pas écrire cela sérieusement, Claudine! :shock: :oops:

J'entends bien, que votre sujet ne veut pas offrir une approche historique du Zen au XVIIIème siècle, mais juste une présentation selon votre goût. Mais est-ce que c'est une raison pour écrire des informations fausses? :?:

Hakuin Ekaku a fait bien des choses dans sa longue vie, et il a été un homme de combat souvent. Mais il n'a jamais "attaqué" l'école de Nichiren, simplement parce que cette école ne l'intéressait pas. Il ne voulait réformer que ce qui était à sa portée, donc le Zen. C'est aux écoles de ce courant seulement qu'il s'en est pris avec force. Il a simplement rédigé, tard dans sa vie, plusieurs textes autobiographiques, parfois contenus dans des "lettres de direction" où il a expliqué que dans son enfance, il avait souffert à la suite d'un sermon fait par un prédicateur de Nichiren : c'est là toute sa polémique.
Vous le présentez comme ce qu'il n'est pas. :oops: Il mérite mieux que ce traitement, je pense. :oops:

Et puis non, Soga n'appartenait pas à l'école du Lotus.

Voici la peinture de Jakuchu.

Image

Elle peut surprendre, mais il faut savoir qu'elle est très exactement un Zenga, une "peinture zen", au sens où ce mot était employé au XVIIIème siècle. C'est-à-dire une peinture faite par un homme de religion, qui donne un enseignement sur une vérité de la Voie. Ici, l'Être d'éveil est représenté sous la forme d'une poupée d'argile, ce qui renvoie au fait que pour le Zen, bouddhas et bodhisattvas sont des "poupées", des assemblages inconsistants et n'ont pas de réalité propre.

Je ne sais pas si j'ai bien fait de fournir cette explication : vous n'expliquez pas du tout les peintures que vous montrez? :?:

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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 26 Sep 2009, 20:49 
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Bon bon bon, je plaide coupable. J'ai écrit trop vite. :oops: :oops:

Vous avez raison de me rappeler que Hakuin et son oeuvre méritent d'être bien traités. A la réflexion, le mieux serait d'ouvrir carrément un fil sur le personnage, qui est une des figures les plus fascinantes du XVIIIème siècle japonais... et même de toute l'histoire du pays. Les Japonais ne disent-ils pas que des hommes comme lui, il n'en naît qu'un par millénaire? :shock: :bravo:

En attendant, quelques peinture de lui supplémentaires pour illustrer le thème de Miroku. J'aime particulièrement la première...

Image Image Image

Pour ce qui est de commenter les images que je poste, pourquoi pas, même si vous seriez sans doute plus qualifié que moi pour le faire... :oops: La première représentation de Miroku, celle du sac et de l'éventail, est particulièrement célèbre par sa force symbolique. L'image illustre un thème du Zen, celui du "sac" comme plénitude de l'éveil, en tant que lieu "vide" où s'annule la dualité et où se révèle la vérité du monde (la métaphore vient du taoïsme, où le sac désigne le Tao). Le poème inséré dans l'espace du sac en est une autre illustration.

Dans le sommeil
Dieux et bouddhas :
un sac de toile.

On est davantage dans la convention avec la représentation par Sengai : le bodhisattva, hilare, désigne la lune dans un geste qui lui est attribué dans l'iconographie, en Chine, depuis l'époque des Song. C'est le fameux "doigt qui montre la lune mais n'est pas la lune" : l'enseignement humain, sutra ou prédication, ne peut que désigner la vérité mais jamais l'incarner.

Je n'entrerai pas dans les détails pour toutes les images, mais si vous voulez enrichir mon propos, ou le corriger, n'hésitez pas. Remarques et questions sont également bienvenues... :bravo3:

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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 10 Déc 2009, 18:16 
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Hakuin Ekaku (1686-1769)

Je poursuis aujourd'hui ce sujet en consacrant un message entier à présenter cette figure extraordinaire du Zen au XVIIIème siècle dont il a été question dans les posts précédents, mais sans jamais beaucoup de précision. :oops:

C'est probablement par son art pictural que Hakuin est le plus à même de parler aux lecteurs français du XXIème siècle ; toutefois il faut bien avoir conscience que ce n’est pas là, pour les Japonais, et généralement pour les bouddhistes, que se situe sa véritable grandeur, mais dans son œuvre de réforme religieuse. C’est le grand restaurateur de la tradition du Zen Rinzai, qui avait atteint en son temps un degré de décadence catastrophique, et qu’il revitalisa profondément ; mieux encore, il conféra à cette tradition religieuse austère et ésotérique, à l’origine réservée à une élite de moines coupés du monde, une portée universelle comme personne avant lui n’avait su le faire, hormis peut-être le génial Ikkyû –mais c’était à une autre époque et par des moyens entièrement différents.

Image
Hakuin vu par lui-même


Hakuin était né en 1686 dans un petit village du Tokaido, au pied du mont Fuji. De son nom laïc Iwajiro, « garçon de pierre », c’était en réalité un enfant au cœur tendre, hyper-sensible, d’une grande fragilité psychologique qui devait durer toute sa vie, mais qu’il sut transformer en force. Son père était samouraï et dans sa famille, on pratiquait le bouddhisme rigide et doloriste de l’école de Nichiren.
A dix ans, Hakuin accompagna sa mère pour entendre un prédicateur célèbre de cette école, et fut terrorisé par son évocation de l’enfer :shock: :angryfire: ; il a raconté lui-même comment la peur des souffrances infernales dès lors ne le quitta plus, au point de lui occasionner des troubles nerveux… et de décider de sa vocation religieuse. :roll:

Image Image
Deux exemples de sentences bouddhiques par Hakuin, qui illustrent bien la puissance de sa calligraphie.


A quinze ans, il fut ordonné moine dans l’école Rinzai, sous le nom d’Ekaku, « crane de la sagesse » au monastère de son village. Quatre ans plus tard, une nouvelle expérience psychologique douloureuse (il fut saisi d’angoisse et de désespoir au récit de la fin tragique d’un moine célèbre :shock: :oops: ) le convainquit de renoncer temporairement à la vie communautaire.

Il erra dès lors de monastère en monastère, méditant les koans et se livrant à des pratiques ascétiques extrêmes –une voie dont il aurait dû se méfier comme il le reconnut plus tard. A vingt-deux ans, au terme d’une semaine ininterrompue de Zazen (méditation en posture assise), il connut une première expérience d’ « éveil », une illumination si l’on veut, qui le poussa à se croire devenu un maître :shock: :? . Heureusement pour lui, la rencontre d’un autre moine le conduisit à rechercher la certification de son expérience par un maître véritable, réputé pour sa dureté et son incorruptibilité. Le légendaire Dôkyô Etan (1642-1728) vivait alors retiré du monde dans une cabane isolée, où il fuyait la richesse et les honneurs : Ekaku se rendit auprès de lui et, comme on pouvait s’y attendre, fut fraîchement reçu. Etan lui refusa la confirmation mais, pressentant en lui un religieux d’exception, l’accepta comme disciple.

Après plusieurs années d’effort, Ekaku quitta Etan sans en avoir reçu le sceau, mais seulement l’ordre de « ne jamais se contenter de réalisations ordinaires » :bravo: . Il reprit sa vie d’errance mais tomba bientôt malade. Sa maladie était d’origine psychique : après avoir tenté tous les traitements, il en fut finalement guéri par un ermite taoïste qu’il dut aller chercher dans la grotte de montagne où il se cachait –le taoïsme étant évidemment interdit dans le Japon des Tokugawa. L’influence de ce maître, qui lui enseigna de nombreuses pratiques dont il devait par la suite enrichir le Zen, marqua profondément le jeune moine.

Je passe sur les détails de la suite de sa vie spirituelle : en 1717, après la mort de son père, il retourna au village de son enfance et s’installa dans le temple de ses débuts, tombé en ruine et qu’il restaura avec l’aide de ses premiers disciples. C’est alors qu’il prit le surnom de Hakuin, « caché dans le blanc ». Il ne devait plus quitter ce temple. Au fil des années, il devint une figure très célèbre, pour son enseignement, ses prédications et ses écrits.

A la cinquantaine, il se mit à la peinture en plus de ses autres activités :shock: :bravo3: . La direction religieuse et l‘écriture lui avaient apporté la célébrité : la peinture lui apporta la gloire. Son style, très influencé par l’art chinois importé par l’école Obaku, la plus « chinoise » et taoïsante des trois écoles du Zen, ressemblait à certains égards à celui des grands « excentriques », ces artistes rebelles à la discipline académique qui à la même époque que lui, peignaient en Chine : il fascina le public par sa puissance, sa sensibilité et son humour ravageur. C’est seulement dans les dernières années de sa vie, semble-t-il, que Hakuin mit définitivement au point sa manière la plus frappante : violence de l’attaque du pinceau, formes « embuées » ou empâtées par l’excès d’encre, noirs insondables, déformations extrêmes.

Il est assez facile aujourd’hui de se familiariser avec Hakuin. Le meilleur ouvrage sur lui disponible en français est sans doute : Rien qu’un sac de peau. Le Zen et l’œuvre de Hakuin de Kazuaki Tanahashi, Evelyne Smedt, et Vincent Bardet (Albin Michel 1987). On peut lire également son « autobiographie », sous le titre Moi, bouilloire à portée de main (L’Originel, 1991). Outre la puissance de son style pictural, et la beauté de son écriture, notamment poétique, le principal intérêt de ce maître bouddhiste réside, à mon avis, dans la qualité de sa pratique introspective. Il est l’un des rares penseurs du Zen à avoir pleinement intégré à son enseignement sa propre expérience existentielle. En cela il est excentrique au sein de sa propre tradition, me semble-t-il, puisque l’expérience personnelle y est normalement soit dévaluée, soit jugée incommunicable. Or Hakuin a consacré de nombreuses pages à s’examiner avec beaucoup de scrupule dans le but de faire servir à autrui son propre exemple : en cela on pourrait presque lui trouver des points communs avec Rousseau… :oops:

Image


Pour finir, quatre de ses peintures les plus célèbres… Les deux premières sont des illustrations de thèmes zen très connus, les deux suivantes sont des portraits de grandes figures du bouddhisme chinois (nous avions déjà évoqué Bodhidharma, le fondateur du Chan) : on y reconnaît bien l'essentiel du style de Hakuin, notamment la stylisation des visages...

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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 22 Déc 2009, 18:39 
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J'aime bien votre présentation, Claudine, mais peut-être, je reviens pour préciser une ou deux choses. :oops:

Je pense que lorsque vous comparez Hakuin et Ikkyu comme de grands réformateurs du Zen de l'école rinzaï, vous risquez d'induire en erreur les lecteurs :oops: : parce que je pense, Ikkyu est assez connu en France où il apparaît comme séduisant, alors que Hakuin, non, et il ne faut pas se figurer le second sur le modèle du premier. :oops:
Ikkyu n'a pas du tout été un réformateur :oops: : il a été une figure puissante en son temps, mais étrange, et difficile à connaître. De son vivant il était vilipendé, et il est toujours demeuré un marginal ; mais assez longtemps après sa mort, au XVIIIème siècle en fait, il est devenu une sorte de légende, et a son souvenir a été "reconstruit", et utilisé pour faire de la propagande contre certaines dérives de rinzaï.
Au contraire, Hakuin était un personnage certes, hors normes, mais qui a toujours été respecté et qui a opéré une réforme institutionnelle et morale véritable, de son vivant. Il n'a jamais suivi la voie de contestation extrême de Ikkyu qui lui était étrangère. Il a eu de nombreux successeurs, alors que Ikkyu est demeuré sans élèves.

Autre chose : ce qui a été traduit sous le titre Moi, bouilloire à portée de main et qui se nomme en japonais Orate Gama, La bouilloire à côté, n'est pas une autobiographie : c'est un recueil de lettres de direction religieuses. La bouilloire n'est pas Hakuin, c'est la bouilloire dans laquelle il puisait l'eau pour son thé, pendant qu'il écrivait ces lettres. Le titre français est bizarre :shock: :oops: . Certaines lettres racontent des épisodes de la vie de Hakuin mais l'essentiel en est de réflexion sur la juste pratique du Zen et non de contemplation de soi.
Cependant il est juste que Hakuin a souffert de narcissisme et le savait bien. Peut-être il faut citer son poème à ce sujet, qui est en marge de l'autoportrait que vous avez montré :mrgreen: .

Les mille bouddhas du paradis des bouddhas me haïssent,
Les démons des hordes de démons me haïssent,
Moi, vieux crâne chauve, aveugle et puant.
Pourtant sur le papier, c'est encore moi qui apparais!
Tonnerre!


Enfin, pour ce qui est de sa peinture, on considère comme vous dites qu'il a peint ses chefs-d'oeuvre véritables à la toute fin de sa vie : exactement entre quatre-vingts et quatre-vingt trois ans. Mais il est inexact de dire que c'est de la peinture qu'il a tiré la gloire. Il était vénéré presque comme un dieu, dès avant la cinquantaine.

La comparaison avec Rousseau pourrait être intéressante aussi, mais je ne sais pas si elle pourrait fonctionner vraiment. Il faudrait la développer pour voir. :mrgreen:

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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 22 Déc 2009, 20:59 
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Vous n'êtes pas un admirateur d'Ikkyû, n'est-ce pas, Sam? :mrgreen:

Notez que je n'ai pas vraiment comparé les deux personnages en tant que réformateurs. J'ai dit qu'ils avaient l'un comme l'autre revitalisé la tradition de l'école rinzaï en lui conférant une portée plus large qu'à l'origine. Il me semble que c'est exact.

Et je n'ai jamais pu m'empêcher d'avoir l'impression que certains épisodes de la vie de Hakuin "reproduisent" assez bizarrement ceux de la vie d'Ikkyû, du moins telle que la légende la rapporte. Le choix d'un maître extrémiste et ennemi des honneurs, le refus du sceau par ce dernier, l'expérience précoce de l'illumination et la "douche froide" reçue par la suite... Peut-être s'agit-il d'une coïncidence. :oops:
Après, je ne nie pas la différence profonde entre les deux personnages, évidemment. La voie de Hakuin n'était pas celle d'Ikkyû, je suis d'accord. Pas question pour lui de rechercher l'illumination par la pratique assidue du sexe et de l'excès de boisson. :shock: :oops: :oops:

Merci pour les autres précisions et pour la citation du petit poème. Il avait le sens de l'humour, Hakuin, et c'est justement l'un de ses traits les plus intéressants. C'est aussi une nette différence avec Rousseau... :oops: :mrgreen:

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 Sujet du message: Re: Un peu de Zen
MessagePosté: 24 Déc 2009, 08:51 
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Pas du tout : j'admire et je respecte Ikkyu, autant que Hakuin.
Seulement je dis que leurs voies étaient si différentes, qu'il est un peu trompeur de comparer leurs actions en faveur de leur école religieuse.

Il est très difficile, je crois, de bien comprendre quelle a été la démarche de Ikkyu et ce qu'il a recherché. Peut-être a-t-il voulu ouvrir l'accès au Zen à un plus grand nombre, c'est possible bien que cela soit contestable : il a dit un peu le contraire... :oops: :lol: Je ne crois pas, quoi qu'il en soit, qu'il ait cherché à lui donner une portée universelle, parce que c'est une chose qui n'avait pas beaucoup de sens en son temps. :oops:
On peut davantage dire cela de Hakuin, bien qu'il faille toujours être prudent, dès qu'on parle d'"universel" pour un homme de culture japonaise. :oops: Mais il est vrai qu'il a beaucoup élargi l'accès à son école, tout en l'épurant et en la rendant plus austère qu'elle ne l'était, ce qui est admirable.

Pour la ressemblance entre les débuts de carrière des deux religieux, je pense que c'est une coïncidence, qui tient peut-être à une certaine ressemblance vague de leurs caractères. Tous deux étaient des hommes très sensibles, sujets à des troubles de l'esprit, et portés au scrupule de morale : cela les a conduits à rechercher leur voie par l'isolement, et par la fréquentation de maîtres exigeants plutôt que par les succès d'école, et aussi à rencontrer des difficultés un peu semblables (le refus du sceau par exemple). Qu'ils aient connu l'éveil assez jeunes n'est pas tant que cela exceptionnel, et c'est compréhensible quand on pense à leurs conditions de vie. De toute façon ce n'était que le "petit éveil", qui n'est pas une expérience bien considérable pour le Zen.

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