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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 30 Jan 2009, 00:19 
Citation:
Je crois que pour lire le conte, en français, on ne dispose que de la version courte de Feng Menglong

J'ai lu que le sinologue Stanislas Julien (1797-1873) avait également traduit la nouvelle.
L'ami Google :lol: cependant, ne m'a pas précisé s'il est possible de se procurer cette version bien ancienne, ni du reste, si elle était courte ou longue...


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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 30 Jan 2009, 07:32 
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C'est la version "courte" de Feng Menglong qu'a traduite Stanislas Julien. Il me semble que le recueil de textes où elle est incluse est encore disponible. Et je crois qu'elle a été reprise dans des anthologies plus récentes. C'est à vérifier (je le ferai et je remettrai un mot :oops: ).
Sam a raison pour la version longue, qui est surtout intéressante pour ses dialogues ; elle n'existe pas en français, pas plus le livret que la première adaptation à l'opéra, qui date de la fin du XVIIIème siècle et qui est d'une grande beauté littéraire. :(
Mais bon, déjà la lecture de la version courte et le visionnage du film, pour les éventuels curieux, constituent une bonne approche de cette histoire. On trouve aussi assez facilement des enregistrements de l'opéra sous ses diverses formes (y compris celles du XVIIIème siècle -celle de l'opéra de Pékin est magnifique) donc le public français n'est pas trop à plaindre. :lol:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 30 Jan 2009, 11:31 
Citation:
Mais bon, déjà la lecture de la version courte et le visionnage du film, pour les éventuels curieux, constituent une bonne approche de cette histoire.

Je souhaitais la lire afin de mieux appréhender le film, justement.
Et puis le petit résumé survolé sur Google m'en a donné envie, tout comme les propos de Sam et les vôtres.

Merci pour les renseignements, Claudine. :wink:


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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 30 Jan 2009, 22:17 
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Vous pouvez lire la version de Feng Menglong dans cette édition, qui se trouve facilement, Aude.

Feng Meng-lung, Le serpent blanc : Contes tirés du Jing shi tong yan, Editions en Langues Etrangères (1994).

Mais elle n'est pas celle qui a été adaptée dans le film, qui suit plutôt l'oeuvre du XVIIIème siècle.
Les différences sont importantes : elles existent dans la langue (Feng Menglong écrit en chinois vulgaire tandis que Fang Chengpei écrit en langue classique littéraire, très raffinée) mais surtout, dans le fond de l'histoire. Pour l'auteur Ming (je veux dire Feng qui est du XVIIème siècle), le serpent blanc est une démone malfaisante : elle brise l'ordre confucéen en dominant son époux, et son histoire est une mise en garde, un peu puritaine et misogyne, contre cette déviance. Au contraire, pour l'auteur Qing (Fang), le serpent est une déité bienfaisante, avide de perfection et supérieure aux hommes. Son point de vue est taoïste, donc féministe et favorable aux créatures animales. Il a même rajouté une "happy end", qui ressuscite le serpent après qu'un moine bouddhiste l'a détruit... :shock: :lol: Sa psychologie des personnages est développée et nuancée, alors que celle de Feng Menglong est sommaire, parce que ses figures ne sont que des masques sur des idées morales.

Le film est adapté du texte du XVIIIème siècle, moins sa fin heureuse artificielle : il est, clairement, taoïsant et hostile aux normes confucéennes et bouddhistes. Donc, si vous lisez la nouvelle en forme courte, vous sentirez une grande différence avec lui. Mais c'est bien aussi, parce que Feng Menglong est un très bon écrivain, très intéressant à lire. Et comme cela vous verrez les deux faces possibles du conte.

Je laisse à Claudine le soin de présenter le film en détail maintenant. :oops:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 31 Jan 2009, 01:55 
Il est clair que j'aurais préféré me délecter de la lecture de Fang Chengpei... :wink:
Ceci étant, j'ai au moins une référence à ma mesure, peut-être, et je vous en remercie, Sam.
:D

"il est, clairement, taoïsant"
Voilà qui ne peut que m'enchanter :lol: :oops:

Citation:
Et comme cela vous verrez les deux faces possibles du conte.

Ce qui, à tout prendre, n'est pas dénué d'intérêt.


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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 31 Jan 2009, 10:07 
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Je pense vraiment que vous aimerez la nouvelle de Feng Menglong, Aude. :oops: :D

Et du reste, je vous recommande tout ce qui existe en français de cet auteur (à savoir trois volumes, Le serpent blanc, La vengeance de Cai Ruihong et La tunique de perles, tous aux éditions en Langues étrangères de Pékin). Ce n'est pas pour rien que Feng est un des écrivains les plus chers au coeur des Chinois, et qu'il a enchanté des générations de lecteurs depuis le XVIIème siècle.

Certes, il est puritain et moralisateur à la mode confucéenne :lol: : ses trois grands ouvrages, que les Chinois appellent familièrement Les Trois Paroles, s'intitulent Paroles pour éveiller les hommes, Paroles pour informer les hommes et Paroles pour instruire les hommes... :mrgreen: Cela veut tout dire. :lol:
Mais c'est aussi un merveilleux conteur, au style simple et savoureux, touchant et souvent très drôle. A vrai dire, c'est un des premiers écrivains chinois que j'aie lus, d'abord en français, puis, (péniblement :oops: ) en chinois, et il demeure un des mes préférés. La morale rigide qu'il propose n'est pas (du tout) la mienne, ni probablement la vôtre, mais il la présente avec tant de grâce qu'il est impossible de ne pas la lui pardonner...

Fang Chengpei, dont je n'ai lu le texte qu'en anglais (son chinois est trop difficile pour moi :oops: ) est en effet plus littéraire, plus grâcieux, plus subtil. Mais il est aussi très lent, assez mièvre par moments et même un peu bête dans ses bons sentiments :oops: :lol: : la fin postiche, destinée à consoler le public éploré par le triste destin de "Madame Blanche" est insupportable, et Tsui Hark a très bien fait de l'enlever de son film.

Bref, je présenterai ledit film tout à l'heure, mais j'ai une question bête pour Sam. :lol: :oops: . Pourquoi dire qu'il est "taoïsant" et non simplement taoïste? :?: Je veux dire, il me semble que c'est une oeuvre imprégne de la pensée de cette religion, tout comme d'autres oeuvres chinoises où la religion constitue la matière même du film. Par exemple, pour moi on peut dire que Touch of Zen, dont nous reparlerons ici :wink: , est un film bouddhiste, ou que certains films de John Woo sont des films chrétiens... Pourquoi celui-ci ne serait-il pas taoïste?

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 31 Jan 2009, 12:45 
Citation:
ses trois grands ouvrages, que les Chinois appellent familièrement Les Trois Paroles, s'intitulent Paroles pour éveiller les hommes, Paroles pour informer les hommes et Paroles pour instruire les hommes... :mrgreen: Cela veut tout dire. :lol:

Tout un programme, en effet. :D
Vous décuplez mon envie de le lire.

Citation:
Pourquoi dire qu'il est "taoïsant" et non simplement taoïste? :?:

J'attends également le sentiment de Sam, à ce sujet, cette nuance m'ayant également étonnée. :D


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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 31 Jan 2009, 14:29 
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Je vois qu'il faut vraiment, ici, faire très attention au choix des mots car on est suivi sévèrement. Claudine et Aude ne laissent rien passer. :shock: :oops: :lol:

Je maintiens cet adjectif (j'ai bien vérifié le sens dans un dictionnaire :oops: ) : parce qu'on ne peut pas enrégimenter Tsui Hark complètement dans une religion quelconque, même pas la taoïste. Alors que les autres exemples que vous citez, Claudine, sont différents. King Hu et John Woo sont des adeptes religieux qui font oeuvre de démonstration de leur foi dans leurs films.
Ce qui intéresse Tsui Hark dans ses oeuvres "mythologiques" ou "littéraires", c'est le fond ancien de la tradition "authentiquement" chinoise. Cela s'explique par son histoire personnelle et par le courant où il est inscrit à Hong Kong. Il est né au Vietnam sous domination française, et il a été formé à la culture de la France, puis il a étudié aux Etats-Unis. Ce n'est que revenu adulte à Hong Kong, qu'il a "redécouvert" la culture chinoise. Il a choisi alors de la revendiquer fortement, contre la culture "occidentale" dont il jugeait qu'elle avait trop marqué Hong Kong, alors colonie anglaise. Il n'est pas le seul, plusieurs jeunes réalisateurs chinois dans les années 70 et 80 ont fait le même choix pour des raisons politiques - en réaction contre la dévalorisation de la culture "indigène" à Hong Kong par les colonisateurs.
Cette culture chinoise traditionnelle est évidemment très colorée de taoïsme : mais par ailleurs, Tsui Hark est trop hostile à toutes les religions, pour en adopter une à lui. Souvenez-vous, qu'il aime souvent citer Voltaire et Diderot comme ses inspirateurs et rappeler le fameux "Ecrasons l'infâme" comme une devise qui lui va bien. :francais:

J'espère que cette explication justifie mon choix de l'adjectif. :oops:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 31 Jan 2009, 20:13 
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OK, Sam, merci pour l'explication. Je suis assez d'accord avec vous. :D


Voici donc une brève incursion hors du sujet de départ :oops: , pour présenter l'adaptation cinématographique d'une œuvre fantastique chinoise du XVIIIème siècle assez différente des contes de Pu Songling : Le Miracle de la pagode du Pic du Tonnerre, plus connue sous le simple titre de Madame Serpent Blanc.

L'histoire, qui tire probablement son origine d'une vieille légende des Song, est l'une des plus célèbres du monde chinois et elle a connu d'innombrables adaptations, notamment dès le XVIIIème siècle à l'opéra. Je résume ici le début de la version de Fang Chen Pei, qui est une assez longue nouvelle dialoguée, datée de 1771, dont le texte a très rapidement été porté à la scène, et représenté à l'occasion d'une visite de l'empereur Qianlong dans la ville de l'écrivain.

Un grand serpent blanc, capturé par un chasseur, est sauvé par un jeune garçon qui l'achète et lui rend sa liberté. Il fait le vœu de devenir humain, afin de remercier son bienfaiteur dans une existence ultérieure. Mille ans plus tard, les pouvoirs acquis grâce à la méditation lui permettent de réaliser son but, en compagnie d'un autre serpent, vert et plus petit, qui partage son désir de s'humaniser. Les deux serpents prennent la forme de deux belles jeunes femmes, et retrouvent rapidement la réincarnation du jeune garçon. C'est un lettré pauvre, apothicaire sans grand avenir. Rien de plus facile pour les deux reptiles que de le rencontrer : Madame Blanche a tôt fait de le séduire et de l'épouser, tandis que Petite Verte se transforme en fidèle servante du couple. Le jeune homme connaît alors une grande félicité conjugale, tandis que grâce aux pouvoirs magiques des serpents, sa boutique de remèdes prospère. Lors d'une épidémie, elle permet même de sauver la population de la ville...
Mais ce bonheur ne saurait durer : les serpents sont poursuivis par un moine bouddhiste, ennemi juré des vieilles déités animales et qui, aveuglé par ses préjugés, ne voit que leur nature de bêtes et non leur puissance bienfaitrice...

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Je ne dévoilerai pas la suite de l'histoire, pour ne pas gâcher le plaisir des éventuels curieux qui pourraient avoir envie soit de la lire, soit de regarder le film :wink: . Je dirai juste qu'elle est d'une grande tristesse, et qu'on peut y voir une image pessimiste du taoïsme, dont les anciennes divinités féminines et animales, amies des hommes, sont vouées à la destruction par la religion puritaine et misogyne importée d'Inde (et qui est, à l'époque, la religion du conquérant mandchou :? ).

L'adaptation la plus célèbre de ce conte, et la seule facilement disponible en France, est le très beau film du réalisateur hong kongais Tsui Hark, intitulé Green Snake (le titre s'explique par l'importance donnée dans le scénario au petit serpent vert, personnage relativement secondaire à l'origine). La nouvelle de Fang est assez fidèlement suivie, jusque dans sa noirceur et dans son pessimisme, que Hark, grand ennemi des religions, tire vers une charge virulente contre tous les obscurantismes religieux.

Réalisée en 1993, l'œuvre met en scène, pour incarner les deux serpents, deux des plus belles actrices de Hong Kong, Maggie Cheung (devenue célèbre en Occident ces dernières années :wink: ) et Joey Wong, tandis que leur ennemi prend les traits d'un excellent artiste martial au charme ambigu, Chiu Man Cheuk. Autour des deux beautés "reptiliennes" et du moine, se déploient des images somptueuses inspirées à la fois de l'opéra et des illustrations gravées de la légende, et reconstituées en studio à grand renforts de maquettes et de toiles peintes. Malgré des effets spéciaux terriblement vieillis, voire devenus ridicules :oops: , le film est imprégné d'une intense poésie et demeure l'une des œuvres cinématographiques les plus étranges et magiques jamais tournées. Tsui Hark a fait le choix d'une naïveté savante, extrêmement bien adaptée à son matériau : cascades illuminées d'arcs en ciels, bassins constellés de lotus d'un rose invraisemblable, temples bouddhiques effrayants, noyés d'ombres violettes, barques et pavillons aux mille couleurs dessinent les contours d'une Chine de légende, à la fois délicieuse et inquiétante. Les personnages volent au gré des vents et chevauchent les nuages, traversant en tous sens une image souvent prise de vertige, tourbillonnante, parfois nimbée d'un halo sanglant, parfois noyée dans des filtres bleus et roses.
A la différence du film de Gordon Chan dont il a été question, Green Snake n'est pas une coquille vide, et ne ménage à son spectateur ni les émotions, ni la réflexion. Il conserve toute la complexité thématique et l'ambiguïté de sa source littéraire, mêlant à une histoire d'amour impossible, assez traditionnelle au fond, une riche réflexion sur l'humanité. De nombreuses scènes sont inoubliables, et font longtemps rêver et penser : le moine bouddhiste en méditation, contemplant un peuple de villageois que la sévérité de son regard transforme en monstres, les serpents géants protégeant une jeune accouchée de la pluie dans un bosquet de bambous, les larmes du petit serpent vert, ressentant sa première émotion humaine face à la souffrance d'un malheureux... On pourrait multiplier les exemples. Bien que le comique ne soit pas absent, la fin violente et désespérée laisse un goût amer, mais aussi le sentiment d'avoir regardé un grand film.

En complément, quelques images. Aucune malheureusement ne donne une juste idée de la beauté du film. On ne peut y percevoir qu'un reflet de son atmosphère : mais c'est toujours mieux que rien... :oops: :wink:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 01 Fév 2009, 01:13 
Citation:
J'espère que cette explication justifie mon choix de l'adjectif. :oops:

C'est le moins que l'on puisse dire, Sam. :D

Merci pour le résumé de ce superbe conte, Claudine.

Votre analyse du film Green Snake est enchanteresse et pleine de profondeur.
Ce film doit être d'une beauté à couper le souffle.
Je brûle de le voir. :wink:
Les images sont féériques...Délicieux avant-goût.


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