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MessagePosté: 05 Oct 2008, 21:01 
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C’est moi qui prends la suite :oops: pour présenter, donc, les deux adaptations les plus connues qui existent du conte Nei Xiaoqian de Pu Song Ling.

Ce conte est l’histoire, comme l’a dit Claudine, d’une jeune fille morte prématurément, et transformée en fantôme affamé. Comme elle a été enterrée sous un arbre possédé d’un démon, son âme a été prise par le démon, et obligée de tuer des hommes pour nourrir ce dernier. Mais elle est devenue indocile, et son maître, pour se débarrasser d’elle, veut la marier à un autre démon, un prince des enfers qui règne sur les morts. A la veille du mariage, un collecteur d’impôt, dont la vertu est sans reproche, arrive dans le temple où se cache « Petite Grâce », et tombe amoureux d’elle, ignorant qu’elle est fantôme. La jeune fille hésite à le tuer, mais elle est touchée par sa pureté : il refuse de prendre l’or dont elle le tente, puis de coucher avec elle bien qu’il la désire, parce qu’il est déjà marié. Alors au contraire, elle lui demande du secours. Il parvient à la libérer du démon, en déterrant ses ossements et en les emportant avec lui, grâce également à l’art d’un immortel taoïste. Cela ne va pas sans des difficultés car le monstre les poursuit longtemps. Mais tout finit bien.

C’est une histoire très fameuse et répandue dans la culture chinoise, aussi elle a été adaptée très souvent, à l’opéra dès le XVIIIème siècle, puis au XXème, au cinéma et à la télévision.

Deux adaptations sont particulièrement belles et célèbres : Enchanting Shadow, de Li Han-hsiang, paru en 1960, et A Chinese Ghost Story, de Ching Siu Tung, paru en 1987.

La première est difficile à voir en France, ce qui est regrettable parce que c’est un film vraiment merveilleux. C’est un film d’opéra, qui est un genre très populaire à HK (moins aujourd’hui) : les décors et les costumes sont raffinés, les artistes, tous très connus dans les années 60, sont parfaits dans leur rôle. L’ensemble est gracieux et poétique, sans trop d’horreur. Le thème politique et moralisant de l’histoire, qui est une parabole sur l’emprise mandchoue dominant la Chine au moment où Pu écrivait, qui ne pouvait être vaincue que par la rigueur morale et la résistance des justes, est très bien conservé.

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La deuxième adaptation est bien différente : c’est un mélange de genres, entre comédie, mélodrame sentimental, kung-fu et horreur (mais très légère, on pourrait dire, presque, de l’horreur pour jeunes filles :lol: ). L’arrière-plan politique est moins présent mais il est reconnaissable : seulement, c’est le gouvernement anglais de la colonie qui est critiqué à travers les magistrats corrompus, alors que le fantôme, dont le percepteur est amoureux, représente la Chine à laquelle HK devait être rendu : séduisante mais inquiétante, et soumise à des monstres redoutables.

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C’est une œuvre très réussie, avec beaucoup de poésie et de finesse : elle s’attache à rendre visuellement le conte dans des images inspirées des gravures du XVIIIème siècle, celles des premières éditions populaires de Pu Songling, et le résultat est charmant. Il y a beaucoup plus de fantastique explicite que dans l’ancienne adaptation, avec des effets spéciaux diversement convaincants : les morts-vivants, (qui sont les victimes du fantôme), sont tristement ratés :oops: , mais les transformations, disparitions et apparitions des spectres sont très élégantes, comme l’envol dans les airs des personnages. Pour la langue géante du démon, qui est dans le conte mais que jusqu’alors, le cinéma n’avait pas représentée… C’est au spectateur de juger de sa réussite (mais c’est spécial et moi, j’aime bien :oops: :lol: ).

Voici des images…

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MessagePosté: 08 Nov 2008, 21:34 
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Voilà, j'ai pu voir, à Hong Kong, Painted Skin, le premier film présenté dans ce sujet... Et il est un peu décevant, à mes yeux. :oops: L'adaptation du conte de Pu est assez intelligente et réussie, il y a de la finesse mais certaines scènes ajoutées ne s'adaptent pas vraiment à l'esprit d'ensemble.
Mais, les effets spéciaux sont excellents, les costumes très beaux et l'atmosphère horrifique et poétique tout de même bien rendue.

Et c'est un succès énorme, presque du jamais-vu au box-office : donc sans doute on verra bientôt ce film disponible en Europe. :D

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 28 Jan 2009, 12:04 
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Ca yest, j'ai vu moi aussi Painted Skin.
Je ne m'attarderai pas, le film n'étant pas encore sorti en France, mais j'en dis un mot tout de même puisque j'ai lancé mon sujet à partir de lui. :oops:

C'est une grosse déception, à presque tous les égards. :shock: :(

Certes, c'est fort joli et plutôt bien fait. Gordon Chan sait toujours aussi bien filmer, et son directeur artistique a très agréablement reconstitué pour l'œil cet univers de « Chine ancienne » fantasmée, entre rêve et cauchemar, qui caractérise Pu Songling - et tout le XVIIIème siècle chinois. On entre dans les gravures d'époque, et rien ne manque : la petite ville pittoresque, l'auberge populeuse, les intérieurs clos et raffinés des riches, tout en boiseries et tentures, les jardins délicatement agencés où les belles mangeuses d'hommes se promènent languissamment au bord des lacs :lol: . La caméra visite gracieusement ce décor de songe, bien servi par une palette de couleurs assourdies très habilement choisie : gris rosés, mauves, ocres et jaunes pales, où ressortent quelques teintes vives, rose des pêchers en fleurs, rouge des ornements de femmes... et bien sûr, du sang.

Vraiment, c'est très joli, et très intelligent. Seulement, ce n'est que cela :? : une belle coquille malheureusement très vide. L'histoire originale de Pu, quoique assez triturée, et parfois sans raison (pourquoi avoir ajouté, par exemple, un démon-lézard au service de la démone? Pourquoi avoir féminisé le personnage du chasseur de monstres taoïste? Je n'ai pas compris :oops: ) n'est pas mal adaptée. Gordon Chan, bien aidé par ses acteurs, a su préserver l'ambiguïté des personnages, la complexité des relations entre les humains et les créatures qui les hantent. Là encore l'esprit de Pu Songling est intelligemment conservé. Mais c'est bien tout.
Pour le reste, il n'y a plus ni contenu politique (on comprend sans peine pourquoi la censure de Pékin, pourtant pointilleuse, a laissé passer le film :( ) ni contenu fantastique vraiment parlant : où est l'horreur, indissociable de l'univers de Pu, où est la peur, où est la souffrance dans cette histoire pourtant affreuse? Nulle part : tout au long du film, on s'amuse un peu, on s'ennuie beaucoup, on se laisse porter, mais jamais on ne tremble, jamais on n'est horrifié, ou ému, jamais on ne s'interroge.
Et la fin est une véritable trahison de l'esprit de l'œuvre originale, aussi stupidement consensuelle et inoffensive que celle de la nouvelle était poignante, bizarre et dérangeante.

Bref, un charmant produit commercial, très agréable à l'œil et légèrement ennuyeux. On est bien loin des adaptations poétiques, noires et virulentes de Chin Siu Tung et Tsui Hark. Et si c'est ça, le grand « retour  des films de fantômes » à Hong Kong, eh bien ce retour n'est pas une si bonne nouvelle qu'on aurait pu croire. :angryfire:

Quand même, je rajoute quelques images, pour illustrer mon propos et pour le plaisir... :D

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 28 Jan 2009, 12:24 
Citation:
Bref, un charmant produit commercial, très agréable à l'œil et légèrement ennuyeux. On est bien loin des adaptations poétiques, noires et virulentes de Chin Siu Tung et Tsui Hark. Et si c'est ça, le grand « retour des films de fantômes » à Hong Kong, eh bien ce retour n'est pas une si bonne nouvelle qu'on aurait pu croire. :angryfire:


Citation:
Et la fin est une véritable trahison de l'esprit de l'œuvre originale, aussi stupidement consensuelle et inoffensive que celle de la nouvelle était poignante, bizarre et dérangeante.


Comment expliquer alors le succès énorme dont parlait Sam ?
Une méconnaissance de l'oeuvre originale, ou une approche superficielle, peut-être ?

J'avoue que j'aimerais malgré tout voir ce film ; ne serait-ce que pour admirer l'image d'une "Chine ancienne fantasmée"... :wink:


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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 28 Jan 2009, 14:11 
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Oh, je crois que le succès s'explique très simplement par l'énorme battage médiatique fait autour du film... Peut-être aussi par la présence d'une distribution très brillante, mêlant habilement stars de Hong Kong et stars de Chine populaire. La question de la fidélité à l'oeuvre originale ne se pose guère pour le jeune public chinois et hong kongais, même si Hua Pi est une des histoires les plus connues du monde chinois, au même titre que Peau d'Ane ou La Belle et la Bête chez nous...


On constate le même phénomène ces temps-ci avec Red Cliff, l'adaptation des Trois Royaumes réalisée par John Woo (dont Sam fait gratuitement la promotion dans le forum en ce moment, grâce à son avatar et à sa signature :mrgreen: :bravo: ). Le film est assez médiocre, et cruellement infidèle au chef-d'oeuvre littéraire dont il est tiré, mais le public se bat pour entrer dans les salles. :shock: :?

Je crois que vous pourrez bientôt voir Painted Skin en France, Aude :wink: ; je ne pense pas que vous serez déçue par la reconstitution visuelle de la Chine ancienne, c'est vraiment le point fort du film.

Sam me fait remarquer que je pourrais profiter de ce sujet pour parler d'un très beau film de "monstre chinois" adapté d'une autre oeuvre du XVIIIème siècle, Le Serpent Vert de Tsui Hark. Il n'a pas tort, bien que l'oeuvre d'origine ne soit pas de Pu Songling :oops: . Je pourrais faire en sa faveur un petit écart dans mon propre fil de discussion, car le film est disponible en DVD français, et si vous êtes amatrice de visions oniriques de la Chine ancienne, Aude, et de reconstitutions de gravures du XVIIIème siècle, il devrait tout particulièrement vous charmer...
En plus c'est un film que j'adore, donc je crois que je vais me laisser tenter et faire dévier mon sujet. :oops: :mrgreen:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 28 Jan 2009, 14:29 
Citation:
Je crois que vous pourrez bientôt voir Painted Skin en France, Aude

C'est une très bonne nouvelle, Claudine. :D
Je suis impatiente.

Citation:
Je pourrais faire en sa faveur un petit écart dans mon propre fil de discussion, car le film est disponible en DVD français, et si vous êtes amatrice de visions oniriques de la Chine ancienne

oh, j'en serais vraiment charmée, car je suis une amatrice fascinée. :D

Merci pour toutes les précisions, Claudine !


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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 28 Jan 2009, 16:10 
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Bon, c'est entendu, je vais présenter l'histoire du Serpent Blanc de Fang Chengpei, et son adaptation Green Snake dans ce sujet. Si Louis-Auguste trouve que cela fait désordre, il n'aura qu'à me le dire et je créerai un sujet séparé, mais je ne pense pas que ce soit utile. :oops:

Je vais faire quelques captures d'écran, pour donner une idée un peu précise de l'atmosphère du film qui est très particulière (je ne pense pas qu'il existe quelque chose d'équivalent dans le cinéma occidental, en tout cas je n'ai jamais rien vu de semblable :shock: ). Donc, vu mon habileté à utiliser les logiciels nécessaires :lol: , il faudra peut-être patienter un peu :oops: :mrgreen: . Mais je posterai ça dès que possible.

Personne ici n'a lu cette histoire, ni vu le film, par hasard? :?:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 28 Jan 2009, 17:55 
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Je n'ai, pour ma part, ni lu l'histoire, ni vu le film. :wink:

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 29 Jan 2009, 20:22 
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Moi non plus mais j'attends la suite avec impatience. :)

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 Sujet du message: Re: Pu Songling au cinéma
MessagePosté: 29 Jan 2009, 22:18 
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Je vous trouve un peu injuste envers l'adaptation de la Peau Peinte, Claudine. Ce n'est pas un film aussi dénué d'intérêt que vous dîtes. Et je ne crois pas, non plus, que la fin soit une trahison ridicule. :shock: Bien entendu elle est un peu différente de celle de la nouvelle mais elle est fidèle à l'esprit de Pu Songling, où les personnages agissent toujours par passion, les spectres et les démons tout comme les hommes.
Ce qui manque vraiment, dans le film, pour moi, c'est l'érotisme :oops: :. Le pouvoir du démon sur sa victime, dans le texte de Pu, est toujours un pouvoir physique violent, qui ne paraît pas dans l'image, parce qu'elle est trop timide. Mais cela, c'est une transformation de Pu qui est très courante : j'en avais parlé pour les traductions, qui de nos jours affadissent beaucoup le contenu sexuel de l'oeuvre. Et puis le film aurait été censuré en Chine, s'il avait osé davantage. Mais certainement, c'est dommage.

Bien sûr j'ai vu Green Snake mais je suppose que je ne compte pas. :mrgreen:
Je crois que pour lire le conte, en français, on ne dispose que de la version courte de Feng Menglong qui est plus ancienne, mais moins intéressante que la version adaptée au cinéma et à l'opéra en Chine. :oops: Pour lire la forme longue il faut trouver le texte en anglais -ou en chinois naturellement, ce qui est le mieux car il est d'un très beau style.

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