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MessagePosté: 06 Oct 2007, 11:32 
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Comme il y a beaucoup de participants qui s’intéressent spécialement à l’histoire de l’art, je voudrais présenter dans cette série de messages quelque chose qui est très connu en Europe mais peut-être pas toujours très précisément : la peinture chinoise, ici seulement bien sûr pour le XVIIIème siècle. :D

Il faut savoir deux ou trois choses pour saisir comment fonctionne la peinture chinoise à cette époque. Ces choses sont encore vraies de nos jours, avec des très petits changements, pour les peintres qui travaillent en style traditionnel, qui sont encore assez nombreux en Chine.

La peinture classique de forme pure est composée au XVIIIème siècle de quatre, cinq ou six éléments :

- un titre qui décrit l’œuvre,
- un poème, en général mais pas toujours rédigé et calligraphié par le peintre lui-même,
- une image, qui peut être peinte dans plusieurs styles différents ; elle peut illustrer le poème ou non, mais elle a toujours un rapport, parfois très subtil, avec lui,
- la signature au pinceau de l’artiste,
- une ou plusieurs sentences en prose, calligraphiées souvent par d’autres personnes que l’artiste : un ami à lui, son patron, le client qui a acheté la peinture, une personne lettrée qui l’a contemplée et aimée. A l’époque Qing, les plus célèbres peintures produites dans l’académie impériale, ou achetées par le Palais, portent souvent une sentence de l’empereur lui-même pour marquer qu’il les a regardées,. Ces textes peuvent concerner le contenu de l’œuvre ou son histoire,
- un ou plusieurs sceaux gravés, imprimés en rouge, de nature différente selon celui qui les imprime. En principe il y a d’abord celui du peintre, celui de son patron, celui de son acheteur (comme pour les sentences). Là encore, les peintures fameuses portent le sceau impérial.

Tous les éléments ne sont pas obligatoirement là : les sentences manquent assez souvent pour les peintures produites dans la voie excentrique, parce que le peintre a pu ne pas avoir de patron, ou volontairement ne pas mettre de sentence. Le poème est absent de certaines formes particulières, surtout les formes en éventail. En principe, il y a toujours quand même le titre ou le poème, l’image, la signature ou le sceau au minimum. Donc image, texte, sceau : c'est cet ensemble qui constitue l'oeuvre. Les différents éléments souvent ne sont pas de même époque : les sentences et les sceaux, mis par les acheteurs et amateurs de l’œuvre, sont parfois bien plus tardifs que la peinture elle-même.

Un point important, c’est qu’il y a presque toujours du texte dans une peinture chinoise classique, et que ce texte, sa place, son style de calligraphie, fait partie pleinement de l’œuvre, même s’il n’est pas de même main que l’image. Les personnes qui ajoutent des sentences, des sceaux après l’artiste continuent l’œuvre ; celle-ci n’est jamais fermée ni totalement achevée, elle peut toujours être continuée par une autre personne à une autre époque ; au XVIIIème siècle, l’art des sentences sur des peintures d’époque Ming, par exemple, était très important et celui des sceaux, leur gravure, leur impression, leur position dans les peintures, également.

Les peintures étaient classées en trois catégories : fleurs et oiseaux (花鸟画 hua niao hua), paysages (山水画 shan shua hua) et personnages (人物画 ren wu hua). Dans chaque catégorie, plusieurs éléments pouvaient entrer, mais en principe on ne mélangeait jamais les catégories. Bien sûr, il y a des peintres qui ont mélangé, mais pas comme en Occident où on trouve souvent un paysage en arrière-plan d’un portrait, ou une nature morte en complément d’une scène de genre. On pouvait combiner le paysage et les personnages, mais ils devaient se suivre dans une structure précise, dont on a de bons exemples dans les grands rouleaux impériaux, qui décrivent des actions importantes des empereurs Qing.

Tous les éléments de l’oeuvre étaient codifiés et classés : les types de pinceau, les nuances d’encre, les façons de poser le pinceau sur le support, la forme des traits employés, l’ordre des éléments dépeints, l’orientation des lignes directrices dans le tableau, etc.
Je ne sais pas si cela intéresse quelqu’ un que je décrive les détails de cela, donc je laisse pour le moment, mais c’est très important dans chaque peinture au XVIIIème siècle.

Sous les empereurs mandchous, la peinture était en principe très contrôlée par le gouvernement, par le biais de l’académie impériale qui regroupait les artistes et leur imposait des commandes et des règles strictes de style. L’académie fournissait au régime mandchou une production officielle, parfois à sens idéologique. Mais à l’extérieur de l’académie, beaucoup de gens ont fait quand même de la peinture, qui est alors non officielle et parfois même anti-officielle. On les appelle les excentriques, et on qualifie d’expressionnistes certains entre eux, à cause de leur style violent et abstrait.

Je ne vais pas présenter les peintres dans l’ordre chronologique, mais selon un choix privé. Je commencerai donc, pour faire plaisir à Claudine :wink: :lol: , par un des ses peintres préférés, qui est aussi (c’est très rare) une femme. :bravo3:


Yun Bing
恽冰



Elle était la fille du maître de l’époque Ming Yun Shou Ping, l’académicien le plus renommé de son temps pour ses peintures de fleurs. Fait exceptionnel pour cette époque, Yun avait enseigné son art non seulement à ses fils mais aussi à sa fille : celle-ci fut meilleure que ses frères à saisir le style et la technique de son père et devint une très grande artiste. Étant femme, elle ne put faire de carrière officielle, alors que son talent méritait bien d’entrer dans les cercles impériaux. Mais elle produisit beaucoup, dans la marge du système officiel, qui la reconnut dans une certaine mesure en l’autorisant à réaliser des commandes pour la cour, ce qui était extraordinaire pour une femme.

Yun Bing est surtout célèbre pour ses peintures de fleurs et d’insectes, ainsi que d'oiseaux, spécialement de coqs ; elle a aussi peint des scènes de personnages, et un tout petit peu des paysages. Elle était encore poète et calligraphe, et adepte du bouddhisme dans la voie de l’école Chan (ce qui est assez non-conformiste, le bouddhisme Chan étant mal vu du pouvoir, pour des raisons politiques). Ses poèmes développent une expression très fine de l’union mystique avec la nature, un des thèmes fondamentaux du Chan, et sa peinture reflète bien cette pensée.

En Europe, elle est connue, seulement presque, pour une série de Fleurs et oiseaux conservée au Musée Guimet, en France. C’est une de ses plus belles œuvres, à vrai dire, elle est vraiment merveilleuse, mais ce n’est pas la seule. Le style personnel de Yun Bing, comme celui de son père, combine deux des grands styles classiques de la peinture chinoise : le Gong Bi, (pinceau fin), qui est précis et brillant par ses détails, et le Mo Qu (sans os) qui est sans contour et ne rend les formes que par leur substance.


Les quatre premières illustrations donnent des exemples de la série du Musée Guimet. Chaque élément de la peinture est symbolique dans la tradition Chan. Le poème, qui les complète clairement et fournit une clef d’interprétation des symboles, y est calligraphié par Yun Bing elle-même, on reconnaît bien son pinceau délicat et très maîtrisé. Les autres illustrations reproduisent des œuvres conservées en Chine.

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MessagePosté: 07 Oct 2007, 17:13 
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Inscription: 10 Mai 2006, 12:32
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Merci, Sam Wong, d'avoir pris le temps de poster ce message si intéressant et de partager ainsi vos connaissances ! :bravo:
Au plaisir de lire la suite... :D

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MessagePosté: 12 Oct 2007, 16:52 
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Inscription: 06 Jan 2006, 21:32
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Merci pour ce sujet passionnant et si difficile à sentir dans toute sa richesse pour un esprit occidental... Nous attendons beaucoup de vos lumières!
Je voudrais savoir si les motifs que l'on retrouve dans les arts décoratifs chinois (papiers peints, porcelaines) sont l'exploitation de sujets créés par de grands maîtres comme ceux que vous citez, s'il étaient reconnus comme tels par le client chinois (un peu comme l'angélus de Millet sur une boîte à sucre si vous me permettez ce rapprochement peu heureux...).
Par ailleurs un peintre sur porcelaine (français travaillant les motifs XVIIIe) m'expliquait que la différence avec sa technique tenait aussi dans la rapidité virtuose d'exécution qui parle au regard chinois, qui donne une sorte de vibrato aux oeuvres qu'il nous est très difficile d'estimer.
Pourriez-vous le confirmer et nous l'expliquer?

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Rien ne manque à Vénus, ni les lis, ni les roses,
Ni le mélange exquis des plus aimables choses,
Ni ce charme secret dont l’oeil est enchanté,
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MessagePosté: 12 Oct 2007, 18:23 
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Inscription: 28 Sep 2007, 13:04
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Merci de votre intérêt pour ce sujet. :D

Boze, oui, bien sûr, de nombreux motifs décoratifs dans la porcelaine, les tissus, les papiers peints, étaient tirés sous les Qing d'oeuvres de grands peintres. C'est difficile, je crois, de dire si le public les reconnaissait, parce que les oeuvres de départ n'étaient pas diffusées comme en Occident : il n'y avait pas d'équivalent des Salons, par exemple. Mais certaines oeuvres ont été rendues très célèbres tout de même, par la gravure surtout. Donc je pense que oui, cela devait être possible, probable même, que les clients qui achetaient les porcelaines ou les tissus les reconnaissent.

Il y a un autre cas où les motifs étaient "reconnus" par les acheteurs : celui des oeuvres faites d'après des peintures "politiques", sur commande impériale : la porcelaine surtout a beaucoup servi de moyen de propagande pour les empereurs mandchous. Les pièces destinées à la vente étaient faites dans les ateliers impériaux, sur des motifs tirés d'oeuvres spéciales, peintes pour le Palais par les maîtres académiques puis diffusées dans le pays en gravure. Là c'est certain, le public reconnaissait ces oeuvres dans les pièces qu'il achetait.

Je pourrais faire un sujet là-dessus, car il y a des cas très remarquables de cette sorte de diffusion, et très connus.

Pour le "vibrato" dans les peintures chinoises, je pense que la personne qui vous a dit cela faisait allusion au fameux Qi, le "souffle" qui est en effet très très important dans une oeuvre chinoise, peinture, calligraphie ou autre. C'est difficile à expliquer :oops: : on peut dire, je crois, que l'artiste doit communiquer à son oeuvre un mouvement intérieur, en accord avec le mouvement de l'univers : le mouvement initial qui est le principe de la vie... Si c'est bien de cela qu'il s'agit, le Qi est lié à la rapidité d'exécution, oui, mais pas seulement. C'est compliqué, je dois réfléchir pour essayer de l'exprimer mieux. :oops:


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MessagePosté: 15 Mai 2009, 18:24 
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Inscription: 28 Sep 2007, 13:04
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Aujourd'hui, j'ai un peu retouché le sujet sur Yun Bing, qui avait souffert et qui était mal présenté. :oops:
J'ai aussi ajouté, en plus des peintures de fleurs et d'oiseaux, deux exemples de ses oeuvres de paysages et de personnages, qui ne sont pas représentatives du style pour lequel cette artiste est fameuse, mais qui existent et constituent une petite partie de sa production.

J'ai également posté deux exemples de son style de calligraphie archaïque, du type sigillaire, car elle a été très admirée pour sa maîtrise de cet art, qui demandait de la perfection technique mais aussi une érudition véritable. Yun Bing possédait une telle érudition dans les matières antiques, ce qui la rend, encore une fois, une femme exceptionnelle de son temps.

Pour faire avancer un peu ce sujet, que j'ai beaucoup négligé, voici une petite présentation d'un très célèbre peintre de la dynastie Qing au XVIIIème siècle, qui est peut-être, l'exemple le plus accompli du peintre académique.

Jiang Tingxi (1669-1732)


Sur le plan personnel, il n'y a pas grand chose à dire de ce peintre :oops: , qui appartenait à une famille de mandarins déjà en cour et connus dans le monde des arts, et qui accomplit parfaitement le destin qui devait être le sien. C'est le parfait contraire des excentriques que j'ai présentés dans un autre sujet.

Il a donc été le secrétaire de l'académie impériale de peinture, sous Kangxi puis sous Yongzheng. Ce dernier empereur prisait extrêmement son art, qui lui paraissait la quintessence du style chinois pur, et il avait assez raison. Aussi, devint-il le réviseur officiel de la grande encyclopédie de peinture chinoise qui fut compilée sous les Qing : elle se nommait le Gujin Tushu Jicheng et elle prétendait recenser, et reproduire en gravure, toutes les oeuvres chinoises connues et jugées dignes de passer dans la postérité.
Jiang Tingxi consacra l'essentiel de ses forces à cette entreprise, aussi est-ce pour elle qu'il est surtout resté célèbre.

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Toutefois il a également produit une oeuvre personnelle non négligeable et qui est encore côtée, aujourd'hui, chez les collectionneurs d'art. Comme Yun Bing, il était maître dans le domaine des fleurs et oiseaux, et ses paysages et personnages sont secondaires, bien qu'il ait traité ces domaines également.

Ses peintures sont vraiment parfaites, et rien n'y surprend ou n'y blesse le regard. L'harmonie est idéale. La ligne, la composition, la couleur, tout est fait pour reposer les yeux et le coeur. Elles illustrent bien ce que j'ai écrit précédemment, sur l'association de l'écriture et du trait dans la peinture. Je montre quelques exemples que j'apprécie particulièrement :oops: . Plusieurs portent le secau de l'empereur Yongzheng.

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Jiang était admiré pour la virtuosité brillante de son trait et pour la perfection de son réalisme. On en voit de bons exemples dans ces oeuvres-ci, que ce soit sur soie ou sur papier, je pense :oops: .

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Enfin, bien qu'il ait toujours privilégié les couleurs légères et la douceur du trait, il a parfois réalisé des oeuvres plus brillantes, notamment des séries en peinture d'or sur fond bleu, qui sont très recherchées aujourd'hui. On peut en contempler une, particulièrement fameuse, sur ce lien.
Il faut cliquer sur les vignettes, on voit alors un agrandissement en bonne qualité de reproduction. C'est un peu clinquant, peut-être, mais cela montre l'habileté de Jiang à son sommet.

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Kong Tseu, La Grande Etude


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MessagePosté: 15 Mai 2009, 20:53 
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Régicide
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Oui, c'est beau... Mais je préfère Yun Bing, et de loin. Et non, pas parce que c'est une femme. :mrgreen:

Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres lecteurs, mais à mes yeux, l'art de Mademoiselle Yun est beaucoup plus naturel et vivant : peut-être est-ce l'influence du Chan, ou alors simplement le talent d'observation.
Juste pour préciser une chose, Jiang Tingxi et Yun Bing étaient tous les deux élèves du même maître, si mes souvenirs sont bons, qui était aussi le père de la seconde, le génial Yun Shouping. Bon, on ne devrait pas en parler :oops: , puisqu'il est mort en 1690, mais c'était vraiment "le" maître académique des fleurs et des oiseaux, et quelque part, on peut considérer qu'il est resté sans rival. Mais tout de même, sa fille avait beaucoup mieux pris son coup de pinceau que son disciple... :bravo: Par contre, assez bizarrement, si on voit bien l'imitation dans le trait (ou dans son absence...), qui va jusqu'à la servilité parfois chez Jiang, aucun des deux artistes n'a apparemment repris les audaces de coloriste, parfois presque folles, de leur maître commun. Il y a une raison à cela? :?:

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MessagePosté: 16 Mai 2009, 19:32 
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Moi aussi, je pense que Yun Bing était une bien meilleure artiste que Jiang Tingxi. Si elle n'avait pas été une femme, elle aurait fait une carrière officielle et certainement, elle serait allée plus haut que lui. C'est une injustice. :( Vous savez, je crois, que ce dernier avait également une soeur, qui était plus brillante que lui mais dont le talent a été limité par son statut social de femme, tout comme celui de Yun Bing. :oops:

C'est exact que ces deux artistes, et un certain nombre d'autres, ont appris leur art auprès de Yun Shouping. S'ils sont moins hardis que leur maître, cela tient sans doute à un certain affadissement du goût dans l'art des fleurs et des oiseaux, qui est relié à la pression des milieux de cour :oops: . Yun avait, à la fin de sa vie, opté pour un style assez extrémiste, très coloré et où le trait avait disparu entièrement : il avait alors reçu le reproche de peindre comme un individualiste :shock: :oops: , et de manquer aux canons de l'art véritable, au point qu'il est mort ruiné. Après lui, prudents, ses successeurs sont généralement revenus à des couleurs plus modérées et du trait plus sage. :lol:

Juste pour donner une idée, je poste deux peintures de la dernière période de Yun Shouping. On peut voir de la sorte la ressemblance, et la différence, avec sa fille et son élève.

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MessagePosté: 16 Mai 2009, 20:12 
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Régicide
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Inscription: 20 Fév 2005, 18:49
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Ah, d'accord, merci de la réponse.

Yun Shouping, un individualiste... :shock: Il ne faut pas exagérer, non? Ils étaient un peu rigides, à l'époque :mrgreen: , car malgré son immense talent, Yun ne me paraît pas s'être dégagé du conformisme académique. Et il faut bien avouer que tout cet art officiel des Qing est certes délicieux, mais il reste bien sage et même fade, en comparaison de celui des individuels authentiques et autres "excentriques". Yun, Jiang, Li Bingde et compagnie peuvent toujours courir derrière Bada Shanren, Shi Tao, Huang Shen et Luo Ping, pas de risque qu'ils les rattrapent. :lol:

Je me demande si ce ne serait pas intéressant de montrer quelques exemples en parallèle, pour donner une idée de cet abîme entre la voie classique et la voie excentrique dans la peinture chinoise du XVIIIème siècle. On pourrait commencer par des peintures de fleurs et oiseaux, puisque vous êtes sur ce thème, et par la suite, passer aux paysages, où c'est la même chose : les peintres officiels, comme les "quatre Wang", Wu Li et les autres étaient fins techniciens, mais les génies hors norme du siècle les écrasent totalement.

Je ne sais pas ce que vous en pensez... :oops:

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MessagePosté: 16 Mai 2009, 21:07 
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C'est possible de faire ainsi, Claudine. Mais ce n'était pas comme cela que j'avais imaginé ce sujet. Je pensais y présenter uniquement les peintres académiques, en gardant les excentriques dans des fils à part, comme ceux sur les "Huit de Yangzhou", ou sur Shi Tao. Je vais d'ailleurs reprendre le premier, où des images ont disparu :oops: , et peut-être j'en profiterai pour dire un mot d'une exposition très attirante, sur Luo Ping peintre de fantômes, qu'on peut voir en ce moment à Zurich. :oops:

Bien entendu, je peux changer cette disposition. :oops: Cependant, il faut savoir que l'opposition rigide entre "voie académique" et "voie excentrique" pour la Chine du XVIIIème siècle est un peu dépassée en termes d'histoire :oops: . Aujourd'hui, on déclasse de l'une ou l'autre voie certains artistes, et l'on pense que ces arts sont complémentaires, plus qu'opposés. Donc si nous construisons le sujet sur cette opposition, le résultat sera bien parlant, c'est vrai, mais pas trop rigoureux.

Mais ce sera comme vous voudrez. Ou peut-être, Louis-Auguste peut nous dire l'approche qu'il préfèrerait, qui lui paraît la plus intéressante : puisque cet espace est à lui, le mieux sera de suivre son avis. :)

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MessagePosté: 17 Mai 2009, 08:04 
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Inscription: 14 Fév 2005, 23:47
Messages: 5753
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Bonjour Sam,

merci pour les superbes illustrations du sujet. :P
Je préfèrerais que vous conserviez votre disposition d'origine : les peintres académiques d'un côté, les "excentriques" d'un autre. :wink:

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"La vie est comme une bicyclette. Tant que vous continuez de pédaler, vous avancez."
Otto de Habsbourg-Lorraine (20 novembre 1912 - 4 juillet 2011)


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