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 Sujet du message: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 08 Avr 2009, 19:22 
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Régicide
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Après Itô Jakuchû, comme annoncé voici un petit sujet de présentation de celui qui est considéré, aujourd'hui encore, comme le plus grand peintre « classique » japonais du XVIIIème siècle : Maruyama Ôkyo.

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Par « classique », j'entends un peintre employant les techniques anciennes, traditionnelles, mises au point dans les grandes écoles de peinture du Japon (les plus connues sont Kanô et Tosa), par opposition aux artistes « libres », qui ne se rattachaient à aucun courant défini et usaient de techniques révolutionnaires, comme les peintres et graveurs d'estampes. Ces derniers, apparus au XVIIème siècle, devaient devenir au cour du siècle suivant les rivaux des peintres traditionnels et finalement les supplanter... du moins dans les faveurs du public occidental qui du coup, connaît souvent trop peu les écoles classiques. :oops: :?

Bien que pleinement inscrit dans le courant traditionnel, Ôkyo n'en fut pas moins profondément représentatif d'une époque qui voyait le Japon en pleine mutation, entre partielle réouverture à la Chine, après des siècles de refus, et découverte des méthodes de peintures de l'Occident. Son art se situe au confluent de ces évolutions.

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Je ne détaillerai pas sa biographie, juste quelques lignes directrices :oops: : fils de paysans assez pauvres, il fut envoyé à la ville la plus proche, Kyôto, dès l'adolescence, par ses parents consternés par sa profonde incapacité aux travaux agricoles :shock: . Au lieu de soigner les plantes cultivées et d'exterminer mauvaises herbes et insectes, il passait son temps à dessiner ces derniers, refusant obstinément tout autre activité :shock: :bravo: :oops: .
Mal parti comme paysan, il se retrouva donc employé chez un marchand de jouets : il y découvrit la magie du stéréoscope, le dernier jouet à la mode dans les milieux urbains japonais en ce milieu du XVIIIème siècle (il était né en 1733). Il apprit de la sorte « sur le tas » la perspective occidentale, et se lança dans la création d'images optiques imitées des importations vendues dans la boutique de ses patrons. Décidé à devenir artiste malgré ses faibles moyens, il se forma sur son temps libre à la technique traditionnelle auprès d'un maître de l'école Kanô, et, en autodidacte, à celle de la Chine, en étudiant passionnément les peintures des maîtres des dynasties Song, Ming et Qing qui commençaient à circuler dans les milieux artistiques japonais malgré la fermeture du pays. Il admira et copia également les œuvres d'un artiste chinois contemporain, Shen Nan Ping, qui était - plus ou moins en fraude :shock: :oops: - venu au Japon durant un an, et y avait constitué autour de lui un petit cercle d'admirateurs et d'élèves.

Après des années d'obscurité, Ôkyo connut le succès, notamment dans la peinture bouddhique, où son style « naturaliste» et frappant fit grand effet : ses images « réalistes » des dieux et des démons, des Paradis et des Enfers se retrouvèrent prisées des grands temples du pays, car elles offraient un soutien visuel riche et neuf à la prédication. Sans entrer dans les détails de sa carrière, ce succès grandit régulièrement avec les années, et le conduisit finalement à honorer des commandes de la cour impériale elle-même :shock: :bravo: , et à fonder une nouvelle école de peinture : l'école Maruyama est encore active aujourd'hui malgré des scissions multiples.

Son style, devenu très populaire de son vivant, fut toujours aussi critiqué qu'il était apprécié, du moins jusqu'à une époque récente :shock: . Son réalisme, son élégance et son brillant lui valurent les faveurs du public, mais on lui reprocha sa vulgarité (très relative à mon avis :oops: ), son naturalisme et ses innovations parfois trop audacieuses : les perspectives occidentales ne plaisaient pas à tout le monde, et comble d'indécence, il avait osé peindre des nus, sujet interdit par le régime puritain du shogunat et qui choquait fortement le public des écoles traditionnelles. :lol:

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C'est un artiste que j'aime énormément pour ma part :oops: , et presque mon peintre japonais préféré. A mes yeux, son mélange des trois styles, entre Occident, Japon traditionnel et Chine, combine à merveille le meilleur de chacun et lui donne une dimension exceptionnelle. Ses figures les plus réussies associent la présence purement physique conférée par les effets de profondeur à l'occidentale, l'éclat visuel incomparable de l'école Kanô (dont il ne se détacha jamais réellement sur le plan purement technique) et la délicatesse, la vibrante sensibilité de l'art chinois. Son art du pinceau, sa touche tantôt fine, tantôt large, est quelque chose de prodigieux dans la variété et la puissance tandis que ses fondus sont... enfin bref, j'arrête :oops: , il faut avoir essayé de les reproduire pour mesurer le génie qu'ils expriment. On lui a souvent reproché d'avoir un peu trop donné dans la facilité et le décoratif une fois parvenu au succès... Ce n'est pas forcément faux. Les panneaux du Kompira-San (visibles sous le lien donné dans le sujet sur Jakuchû), peints dans la dernière année de la vie d'Ôkyo, fournissent un bon exemple de cette dérive. On peut juger leur splendeur un peu figée assez ennuyeuse au bout du compte... Mais tant pis, je le lui pardonne volontiers. :oops:

Sa production, énorme, est d'une telle diversité qu'il est difficile d'en donner un bon aperçu avec des vignettes de forum. Ce ne sont donc que quelques exemples que je montre ici. :oops:

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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 08 Avr 2009, 19:36 
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Merci pour ce sujet sur Ôkyo, Claudine.

Pour faire le lien avec votre avatar, Hayao Miyazaki avait lui-même dit qu'il devait beaucoup à la notion de profondeur qu'avait apportée l'école occidentale. Il avait pris l'exemple de Moebius, il me semble, dans l'interview que j'avais suivie.

J'aime beaucoup les pins que vous avez mis dans votre message. :bravo: C'est assez proche de ce que j'aime en terme d'art : naturaliste, épuré, avec une touche de sombreur... :bat:

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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 08 Avr 2009, 19:41 
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Oui, et Miyazaki doit énormément aussi... à Ôkyo :lol: -dans ses thèmes comme dans le traitement qu'il en donne. Il le cite souvent comme référence dans des interviews en japonais, et on pourrait sans doute assez facilement s'amuser à composer une série d'images de ses films directement inspirées de celles du grand peintre de l'époque Edo.

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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 00:55 
Je trouve qu'une douceur indicible émane de cette peinture.
Je fonds pour les "Papillons", les "Chiots", les "Daims".


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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 08:27 
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Ah, moi aussi, j'adore les petits chiens vus par Ôkyo. Il est très célèbre pour ses peintures de chiots, car il en avait la passion (un peu comme Jakuchû et ses poules :shock: :lol: ) : il en élevait chez lui, et consacrait de nombreuses heures à les observer et les dessiner. Il avait un peu tendance à en fourrer partout dans ses compositions, ce qui lui a parfois été reproché...
Tenez, Aude, juste pour vous faire plaisir. :D

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Ses pins sous la neige sont aussi l'un de ses points forts, notamment cette oeuvre créée en 1765, donc assez tôt dans sa carrière et qui garde la spontanéité de la jeunesse.

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On ne le voit pas bien dans la reproduction :oops: , mais ce qui lui confère son caractère particulier, c'est l'association des touches d'encre virtuoses pour définir le bois et les aiguilles, du blanc frais de la soie réservé pour la neige, et de l'or qui rehausse le fond : l'effet est saisissant, entre lyrisme poétique et réalisme, et la présence physique et tactile de l'arbre est très forte. Ce type d'association allait devenir "la" marque d'Ôkyo, jusqu'à finir par tourner au procédé dans ses oeuvres les plus tardives. Mais il a fourni auparavant des merveilles, malheureusement difficiles à trouver en reproductions de bonne qualité et libres de droits. Voici juste deux exemples, assez mal reproduits, le second surtout, en noir et blanc... :oops: :(

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Mais il faut l'avoir vu en vrai, pour juger de l'incroyable élan de la cascade et de la vie des eaux, qui jaillit littéralement des panneaux. Sans vouloir forcer le parallèle avec Miyazaki :lol: :oops: , chez ce dernier, le dieu de la rivière polluée nettoyé par Chihiro, et le dragon blanc, esprit de la rivière morte, devaient habiter des eaux de ce genre... C'est le vieil esprit shintô de la nature qui parle là de sa plus belle voix (Ôkyô était profondément shintoïste, bien qu'il ait travaillé pour des monastères bouddhistes, et cela se ressent dans ses oeuvres).

Et pour finir sur la puissance et la profondeur des compositions d'Ôkyo, un dernier exemple très célèbre, ses dragons dans les nuages... Impressionnants, non? :lol:

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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 10:51 
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Je pense que je reviendrai ce soir écrire un peu plus longuement sur Ôkyo, mais vous avez raison, Claudine, de signaler que sa peinture est d'essence religieuse. Ses pins et ses rivières sont des divinités pour lui et c'est important de le savoir pour les comprendre. :oops:

Sur ce lien japonais, on peut mieux voir la peinture de la Hozugawa, qui vous a tant plu. :)

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Kong Tseu, La Grande Etude


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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 13:26 
Cet artiste a su dispenser à son oeuvre, un harmonieux équilibre entre mes trois arts de prédilection, -- poésie, musique, peinture --.
Mais la dimension religieuse est bien évidemment importante, et là, mes lacunes sont innombrables.

Les prochains développements sont donc d'un intérêt crucial.

En tout cas, je suis sous le charme de Maruyama Ôkyo et vous remercie de ce sujet, Claudine et Sam.
Merci pour les vignettes, Claudine, c'est un bonheur. :D


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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 14:19 
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Aïe aïe aïe, Aude... :mrgreen: Si vous voulez des explications religieuses sur ce type de peinture, Sam sera ravi de vous en donner, mais, vous allez voir : la pensée et la terminologie shintoïste, c'est terrible :shock: :lol: . Il paraît que c'est très facile à comprendre, mais moi, comme je n'ai pas le sens mystique, je me sens toujours bête quand on m'explique. J'espère que vous vous sentirez plus à l'aise que moi avec les gongen et les suijaku... Vous me direz ça :oops: .

En attendant, alors, qui préférez-vous : Ôkyo ou Jakuchû? :?: Le shintoïste ou le bouddhiste? :lol:

Sam, merci pour le lien, en effet c'est beaucoup mieux comme ça. :oops:

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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 18:53 
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Inscription: 28 Sep 2007, 13:04
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C'est très aimable de vous engager pour moi comme cela, Claudine. :mrgreen:

Et puis, je sais que vous êtes de bonne volonté pour rendre le forum vivant et amusant, mais je trouve, malgré tout, que vous êtes un peu trop moqueuse envers les religions asiatiques :shock: :oops: . Elles ne sont pas plus bizarres, ou stupides, que les religions d'Occident, je pense, alors que vous donnez toujours cette impression. Enfin... :lol:

Je ne désire pas ajouter forcément beaucoup de choses sur Ôkyo, un ou deux points seulement :oops: .

Sur sa religion, il ne faut pas se méprendre : la plupart de ses peintures sont laïques, et il n'était pas comme Jakuchû, un esprit très imprégné de religiosité. Mais il est vrai cependant, que certaines œuvres que vous avez montrées sont des peintures particulièrement rattachées au shintô, et elles ont donc un statut un peu spécial qu'il faut connaître. C'est le cas des peintures de pins et des cascades.

Pour bien expliquer, je dois sortir très brièvement du XVIIIème siècle, et je m'en excuse :oops: .
Dans la religion shintoïste et aussi pour la plupart des écoles du bouddhisme japonais, certains êtres naturels comme des arbres, des animaux, des eaux vivantes, des pierres, etc., sont ce qu'on nomme des gongen : c'est cela que représente Ôkyo dans plusieurs de ses peintures (pas toutes, mais au moins trois, sur celles visibles dans ce sujet). Gongen est un mot créé à l'époque Heian, et appartenant au vocabulaire bouddhique, qui signifie « manifestation temporaire ». Il est souvent traduit par « avatar » mais cela n'est pas totalement exact. Il désigne le corps physique, périssable, dans lequel une déité, un Kami pour le shintô, un Bouddha ou un Bodhisattva pour le bouddhisme, se laisse pour un temps percevoir dans le monde terrestre.
Juste pour information :oops: , je montre ici le plus célèbre et le plus vénéré des « dieux de cascade » du Japon, le gongen du dieu de Kumano : c'est la cascade géante de Nachi, qui se trouve au sud de l'île de Honshû. Elle est l'objet d'un double culte, à la fois shintô et bouddhiste. Sur la photographie, on voit la pagode bouddhiste, le temple shintoïste est un peu plus bas, au pied de la chute d'eau.

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Ces gongen, ces manifestations, véhiculent dans leur corps l'aura sacrée de leur origine, aussi leur représentation artistique, en suivant des règles précises, peut-elle permettre de produire une « présence véritable » (honji-suijaku-ga) qui devient l'objet d'adoration de la part des fidèles. La divinité habitant le sujet de la peinture « passe » en quelque sorte dans la représentation. Ensuite, celle-ci est placée dans un temple ou dans un oratoire privé, et acquiert un statut sacré, digne de vénération.

La peinture de la Hozugawa par Ôkyo, pour revenir à cet artiste, est de la sorte considérée comme la « présence véritable » du gongen du Kami Hozu, qui est la rivière proche de Kyôto. Elle est donc installée dans un oratoire dédié à ce Kami. Voici une photographie de la peinture « en perspective » dans son temple : elle est placée dans le tokonoma, la partie surélevée, la plus dignifiée de la pièce. En sa présence, on est (si l'on croit au shintô naturellement, ou au bouddhisme qui adore aussi ce dieu :lol: ) en présence de la manifestation du dieu-cascade, comme si l'on était sur le site lui-même.

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Il en va de même des peintures de pins qui ont plu à Pingui-Marigny, qui figurent le gongen d'un célèbre bosquet sacré du Japon.

Voilà pour l'aspect religieux. Je crois qu'il existe un équivalent de cela dans l'art chrétien, qui est l'art des icônes tel qu'il est pratiqué dans le christianisme orthodoxe. Mais je ne suis pas certain que ce soit pleinement comparable.

Je voudrais également compléter un tout petit peu, sur la situation d' Ôkyo dans l'histoire de la peinture japonaise :oops: . Pour le percevoir exactement, il est utile de savoir qu'il est le créateur d'une école, mais aussi d'une tendance large qu'on nomme le Shasei-ha, le « courant de la chose vue » (ou « école réaliste », mais j'aime moins cette traduction :oops: ). Il s'agit d'un courant qui s'oppose au Nanga, « courant du Sud », ou « courant idéaliste », une tendance de la même époque, fondée sur le refus de l'observation au profit de la simple idée.
Pour Ôkyo, l'idée ne pouvait jamais suffire, et il était fondamental de montrer le réel « tel qu'on peut le percevoir », selon ses propres termes : il appuyait donc la pratique du peintre sur l'observation personnelle, le croquis, et sur des techniques spécialement élaborées pour un rendu optimal de la perception. Ces techniques, qui sont au nombre de trois, se sont surimposées à celle de l'école Kanô dont il était à l'origine un membre. Elles ont des noms japonais, qu'il est sans doute inutile de donner :oops: , mais disons, qu'elles consistent dans le dosage savant entre des effets de flou, des contours marqués à certains endroits et, au contraire, des rendus de profondeur sans contours par le jeu seul de l'encre en fondu. Leur origine réside dans les techniques chinoises classiques du pinceau (dont je crois me souvenir que j'avais fait un petit résumé, dans un message sur le forum :oops: ), mais adaptées au style japonais. De Kanô finalement, Ôkyo a surtout gardé l'application de l'or en combinaison avec l'encre et la couleur, et l'usage des réserves pour définir l'espace.

J'ai terminé pour les ajouts que je voulais faire, et j'espère ne pas avoir été ennuyeux ou obscur. :oops:

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 Sujet du message: Re: Maruyama Ôkyo
MessagePosté: 09 Avr 2009, 20:36 
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Régicide
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Inscription: 20 Fév 2005, 18:49
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Merci de ces précisions, Sam. :D

Et puis non, vous savez bien que je ne me moque pas des religions d'Asie :oops: . Je ne me moque que de moi-même, et de ma triste incapacité à saisir les concepts religieux, quelle que soit la religion en cause... :fou: :mrgreen:

Sur le shintô, que voulez-vous? J'ai beau faire des efforts, je suis horriblement perdue, entre les gongen, les shintai et les tamashiro... Pour les derniers encore, ça va -je crois :oops: : ce sont les "signes du divin", les symboles matériels, abstraits, qui marquent l'aura du kami. Les plus courants sont les beaux pliages en papier blanc, qu'on voit dans tous les sanctuaires et dont il ne faut pas trop s'approcher, pour ne pas offenser le dieu. Mais les deux autres termes! Quelle est la différence, entre une "manifestation temporaire" et un "corps divin" (comme on traduit généralement shintai, qui est un terme chinois dont les deux idéogrammes veulent en effet dire "dieu" et "corps")?

Pour rester dans l'art du XVIIIème siècle, en voici un beau, de shintai, qui date de la fin de ce siècle.

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Quel est son rapport avec le kami qu'il "incarne"? Il lui sert à se manifester dans le monde visible, comme le gongen, non? :shock: :?:

Et je vais m'en tenir là pour ce soir, et vous épargner mes inquiétudes sur les "présences véritables" dans les représentations picturales, sinon on n'en finira pas. De toute façon, je pense que vos explications satisferont les autres lecteurs du forum qui sont plus doués que moi sur ce point... :lol:

Mais bon, vous voyez bien que je ne me moque pas : je suis à plaindre plutôt. :mrgreen:

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